samedi 27 mars 2010
CHARDONNAY, ADAMS ROAD, 2006, MARGARET RIVER, VASSE FELIX
La région de Margaret River est située sur la pointe sud-ouest de l’Australie. Le climat y est sec et relativement frais. Selon mes lectures, au niveau de la chaleur, c’est comparable à Bordeaux. Bien sûr, là comme ailleurs, la location exacte et l’exposition des vignobles sont importantes. Vasse Felix furent les premiers en 1967 à s’installer dans cette région pour y produire du vin. Concernant cette cuvée Adams Road, elle n’est pas référencée sur le site du producteur. J’ignore pourquoi et je n’ai donc pas de détails à propos de son élaboration.
Belle robe à la teinte dorée bien soutenue. À l’olfactif, l’intensité est modérée, avec un beau profil aromatique incluant la pêche, le citron, la poire, la noisette et la fumée. Beau nez intriguant, difficile à bien décrire, où le fruit est bien présent, sans être dominant. Au plan gustatif, on remarque d’entrée un bel équilibre. Le vin est ample et souple, avec des saveurs fruitées bien affirmées, mais bien complétées par de fines notes de noix et de caramel. L’impression d’équilibre se poursuit en milieu de bouche. Rien n’est excessif dans ce vin qui coule sans efforts sur une texture légèrement onctueuse. La finale montre un beau fondu de saveurs, avec le petit côté caramelisé qui ressort un peu plus, le tout sur une allonge très respectable.
Beau vin de Chardonnay, à la fois fidèle au cépage, mais en même temps qui évite le piège de la standardisation. J’ai particulièrement aimé l’heureux mélange entre le fruité et les autres types d’arômes. Ce vin n’est actuellement plus disponible à la SAQ, mais à un peu moins de 25$, c’était un bon achat, même si on ne peut pas, dans l’absolu, le qualifier de grand RQP. Tout de même, ça demeure une façon abordable de découvrir le côté plus frais de l’Australie.
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lundi 22 mars 2010
CABERNET SAUVIGNON/MERLOT, NOVAS, 2007, VALLÉE CENTRALE, VINEDOS EMILIANA
Vinedos Emiliana est une maison qui appartient à famille Guilisati. Cette famille est aussi l’actionnaire principal de Concha y Toro, le géant vinicole du Chili. Ce qui distingue Vinedos Emiliana, c’est son approche biologique, voire biodynamique, voie empruntée il y a une dizaine d’années, après l’embauche d’Alvaro Espinoza, le précurseur et le leader de ce mouvement au Chili. Les deux vins au sommet de la hiérarchie de la maison, les cuvées “G” et “Coyam”, sont les deux premiers vins certifiés biodynamiques du Chili. Les vins des autres gammes, sont issus de raisins certifiés de culture biologique. C’est le cas de ce Cabernet/Merlot de la gamme Novas. Il est composé de Cabernet Sauvignon à 62% et de Merlot pour les 38% restants. 70% de l’assemblage a été élevé en barriques de chêne pendant 12 mois, le reste étant garder sous inox. Le vin titre à 14.5% d’alcool et montre un très faible taux de souffre libre à 17 mg/L, ce qui est en ligne avec la philosophie biodynamiste de la maison.
La robe est sombre et opaque. Le nez est frais et assez intense, avec un mélange d’arômes de fruits rouges et noirs, auxquels s’entremêlent des notes d’épices douces, de menthol, ainsi qu’un léger trait torréfié. En bouche, l’attaque est équilibrée, pleine et ample. Le doux fruité montre un bel éclat et une bonne intensité, et est heureusement supporté par une juste dose d’amertume. Le milieu de bouche révèle un vin de corps moyen, avec une belle richesse de matière. La concentration est de très bon niveau et la texture tannique toute en finesse. Le finale voit les saveurs gagner encore en intensité, sur une allonge de fort calibre aux relents de chocolat noir.
Un vin de très belle qualité, immanquablement chilien, car typique de ce que l’on peut attendre de ces deux cépages lorsque cultivés sur le plancher de la chaude vallée centrale chilienne. Avec des saveurs mûres et intenses, enrobées d’une agréable fraîcheur mentholée, et complétées par un apport boisé bien mesuré. Ce vin ne réinvente rien, mais il livre la marchandise à la perfection. Je ne sais pas si la culture biologique y est pour quelque chose, mais le fruit montre un éclat et une intensité que l’on rencontre rarement, surtout dans un vin de 15$. À ce prix, c’est sans l’ombre d’un doute un excellent RQP.
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vendredi 19 mars 2010
MALBEC, 2008, MENDOZA, ACHAVAL FERRER
Achaval Ferrer est un producteur argentin qui en moins d’une décennie a su se tailler une réputation fort enviable sur la scène mondiale, en restaurant et exploitant de vieux vignobles dans la région de Mendoza. Les rendements sont sévèrement contrôlés, à peine 33 hl/ha pour ce Malbec de base, avec une philosophie d’intervention minimale en cours d’élaboration et un usage modéré de la barrique. Ce vin est non collé ni filtré et titre à 14% d’alcool pour un pH de 14%.
La robe est bien colorée, sombre, avec des reflets violacés et parfaitement opaque. Le nez, dès le premier abord, déclare son origine “mendozienne’ et possède cette signature propre à ce que je connais de ce producteur de par sa cuvée Quimera. Ces impressions sont impossibles pour moi à mettre clairement en mots. Tout ce que je peux en dire, c’est que l’expression est d’intensité moyenne, avec des arômes évoquant les bleuets et les mûres, le thé, la muscade et autres épices douces. Un aspect floral bien présent apporte une belle touche de charme à l’ensemble. Très agréable. En bouche, le vin montre de l’équilibre et une belle vivacité. Le fruité doux et intense domine la palette des saveurs, bien complété par les notes épicées et florales déjà évoquées. Le milieu de bouche montre un bon niveau de concentration, avec une matière de bonne densité, sur une structure assez compacte, et une texture tannique fine et bien serrée. La finale est sans faille, avec des saveurs qui se fondent bien et une bonne longueur.
J’ai bien aimé ce vin. La qualité est évidente pour ce jeune vin qui mise d’abord et avant tout sur la qualité de son fruit. L’apport boisé est très peu perceptible. J’ai aussi apprécié sa vivacité qui fait vraiment contraste avec le millésime 2006. Ce 2008 montre un pH de 3.5, alors que le 2006 montrait un ronflant 3.9!!! C’est une différence énorme d’acidité. Je ne sais pas si on a compris que dans Mendoza il valait mieux corriger l’acidité. Achaval Ferrer fait partie de ses producteurs à la philosophie non interventionniste. Pourtant, il n’y a pas de mal à s’adapter aux caractéristiques de son terroir. Quoi qu’il en soit, pour moi, le 2008 montre un bien meilleur équilibre d’ensemble. Une meilleure tenue en bouche, avec des saveurs éclatantes. Je pense que ce vin est une belle introduction au Malbec argentin. La quasi imperceptibilité du bois permet de prendre la mesure réelle du cépage, sans interférences. De plus, je trouve que ce vin porte la marque de son producteur. Pour moi, ça goûte le Malbec, bien sûr, ça goûte aussi Mendoza, mais ça goûte aussi le Achaval Ferrer, ce qui pour moi est une qualité. Pour toutes ces raisons, même s’il est maintenant vendu presque 25$ à la SAQ, ce vin demeure un bon achat. Même si à mon sens, il y a de meilleurs achats, si on s’en tient strictement au RQP, en terme de Malbec argentins (Catena, Zuccardi, Q). Mais pour goûter un vin avec une identité particulière, comme dans ce cas-ci, ça vaut la peine de payer un peu plus.
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dimanche 14 mars 2010
PINOT NOIR, AMAYNA, 2007, LEYDA, VINA GARCES SILVA
Petite semaine tranquille pour moi côté vin. Désolé pour le manque de nouveauté sur ce blogue, mais il faut parfois se priver volontairement d’une chose pour pouvoir mieux l’apprécier lorsqu’on y revient.
Je continue ma revue de la gamme de vins Amayna de l’excellent producteur Vina Garces Silva. La région de Leyda est une région côtière relativement fraîche, par rapport aux standards de la vallée centrale chilienne. Toutefois, là comme ailleurs, la location précise des vignobles et leur exposition sont importantes. Ceux de Garces Silva sont situés à environ 14 km de la côte, ce qui est relativement éloigné par rapport à d’autres producteurs implantés dans cette région, comme, par exemple, Chocalan qui ont planté à seulement 4 km de la côte. Cet éloignement relatif de la côte, et de son effet rafraîchissant, se reflète dans le style des vins produits par Garces Silva, ceux-ci présentant généralement un profil généreux au fruité bien mature. Il peut d’ailleurs sembler étonnant que du Pinot Noir et de la Syrah puissent être produits sur des parcelles géographiquement très rapprochées. Il faut comprendre qu’il y a presque deux mois d’écart entre la date de vendange du Pinot Noir et de la Syrah. La clef réside dans la longue saison végétative, et à la quasi absence de pluie qui permet de laisser les raisins sur les vignes très tard en saison. Aussi la Syrah a été plantée avec une exposition au nord, ce qui apporte plus de chaleur dans l’hémisphère sud. Il est intéressant de savoir que dans cette région, le cycle végétatif du Pinot démarre un mois avant celui de la Syrah. Le cycle du Pinot dure environ 200 jours, avec la vendange qui a lieu autour du 20 mars, alors que le cycle de la Syrah, dure environ 230 jours, avec la vendange autour de la mi-mai. C’est donc l’absence de pluie qui permet de garder les raisins de Syrah sur les vignes jusqu’en mai où les températures baissent sensiblement. Ainsi, il est plus facile de comprendre comment Pinot Noir et Syrah peuvent cohabiter et donner de bons résultats. Pour ce qui est de ce Pinot Noir, 2007, seulement mentionner qu’il a été élevé pendant un an en barriques de chêne Taransaud dont 30% étaient neuves, le reste étant de deuxième et troisième usages. Le vin titre à 14.5% d’alcool, pour un pH de 3.65.
La robe est d’une belle teinte rubis légèrement translucide. Le nez s’exprime avec justesse sur des arômes fruités de cerises et de fraises, auxquels s’entremêlent des notes épicées évoquant, entre autres, la cannelle, ainsi qu’une très légère pointe fumée. Relativement simple à ce stade, mais éclatant et de belle qualité. En bouche, l’attaque est ample et soyeuse, avec une légère onctuosité sous-jacente, et une belle présence fruitée vive et lustrée. C’est bien équilibré et ce qui était perçu au nez se reflète bien en bouche, mais avec plus d’intensité. L’aspect soyeux et le léger gras de ce vin marquent sa présence en bouche. Il n’y a vraiment aucune aspérité, et le vin coule sans effort sur une douce impression caressante. La finale voit les saveurs se fondre harmonieusement sur une allonge de très bon calibre.
Ce vin est une autre belle réussite pour Vina Garces Silva. Son profil général est bien typique du cépage. Il se distingue toutefois par la douceur de sa texture en bouche. Sur cet aspect, il se rapproche beaucoup des vins blancs de la maison, les tanins sont pratiquement imperceptibles, si ce n’est en toute fin de bouche, et il possède un gras qui lui donne un aspect tactile presque onctueux. Comme je l’ai mentionné, ce n’est pas le plus complexe des vins à ce stade précoce, mais l’éclat de ses saveurs, combiné à sa douce texture en font actuellement un vin très séduisant. Un vin de pur plaisir et de grande qualité. Comme on le sait, le Pinot Noir est un cépage capricieux, et pour avoir un bon niveau de qualité, il faut être prêt à débourser plus. À 32$ à la SAQ, ce vin de par sa qualité est très bien positionné face la compétition mondiale. Un bel exemple de ce que le Chili peut maintenant faire avec le Pinot Noir.
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dimanche 7 mars 2010
MERLOT, RESERVA, 2006, LIMARI, VINA TABALI
Le Merlot est un cépage qui a rarement fait bonne figure au Chili. Il y a plusieurs raisons qui expliquent ce phénomène. D’abord, il a longtemps été confondu avec le Carmenère, qu’on appelait alors Merlot Chileno. Certains producteurs faisait la distinction entre les deux, étant donné que le Carmenère est un cépage de maturité beaucoup plus tardive, mais ce n’était pas le cas de tous, surtout que les deux cépages étaient souvent plantés ensemble. Ce qui fait que le Carmenère cueilli trop tôt donnait un aspect vert à l’assemblage involontaire final. Un autre problème du véritable Merlot, c’est qu’il était planté dans la chaude vallée centrale, ce qui entraînait une maturation trop rapide pour ce cépage relativement hâtif qui préfère un peu de fraîcheur. Finalement, le dernier problème du Merlot au Chili est relié à la faiblesse de son système racinaire. Il faut se rappeler qu’au Chili, 95% du vignoble est non greffé. On plante les cépages sur leurs propres racines, et celles du Merlot sont très capricieuses et se développent mal dans certains types de sol. Cela contribue à la tendance qu’a ce cépage, dans des conditions chaudes, à la déshydratation. Pour obtenir de meilleurs résultats avec le Merlot au Chili, des producteurs ont entrepris de planter ce cépage dans des terroirs plus frais, avec de meilleurs clones qu’ils plantent sur des porte-greffes, c’est-à-dire des racines de vignes autres que celle du Merlot, comme c’est la pratique courante en Europe depuis plus d’un siècle, à cause du phylloxera. Le porte-greffe est choisi pour mieux s’adapter au type de sol, ce qui donne un meilleur système racinaire. Lorsque combiné à un climat plus frais, il n’y a plus de problème de déshydratation, et la maturation des fruits est plus lente, ce qui permet de préserver une meilleure qualité d’arômes.
J’ignore si les vignes de Merlot à l’origine de ce vin sont plantées sur porte-greffes, mais le vignoble a été planté au tournant du siècle, après la clarification de l’imbroglio avec le Carmenère. Il s’agit donc assurément d’un pur Merlot. Autre atout qualitatif, il provient de la vallée de Limari, une région relativement fraîche qui permet une lente maturation. À preuve, ce Merlot a été vendangé manuellement à la fin du mois de mai. Ce qui est la limite pour les vendanges au Chili. C’est le climat très sec, sans risques de pluie qui permet de laisser les raisins si longtemps sur les plants de vignes. Le vin a été élevé un an en barriques de chêne, 70% français et 30% américain. Il titre à 14.5% d’alcool pour un pH de 3.50.
La robe est très foncée et opaque. Le nez s’exprime avec modération et dégage de beaux arômes de fruits noirs, auxquels s’ajoutent de fines notes épicées, de l’humus, et un caractère légèrement torréfiées. Beau nez évoquant l’Ancien-Monde, avec déjà une légère touche terreuse qui laisse croire à un début d’évolution, mais avec encore un très beau potentiel, puisque le fruit de jeunesse est encore à l’avant-plan. En bouche, on retrouve un vin d’une élégance surprenante, avec une attaque bien équilibrée. Le vin montre un corps moyen, doublé d’une belle souplesse, sur une structure qui reste somme toute assez compacte. Une impression de sérieux se dégage. On est loin de la bombe fruitée et charnue, mais en même temps, les saveurs sont de très belle qualité, avec ce mélange de fruits noirs, d’épices douces, de notes terreuses et de légère torréfaction. Le milieu de bouche confirme cette impression, avec un bon niveau de matière, sans lourdeur, avec une concentration bien calibrée et un volume restreint. La trame tannique est fine, avec un léger grain qui donne une dimension tactile agréable. La finale conclut en beauté le parcours de ce vin marqué au signe du plaisir contenu, avec un beau fondu de saveurs et une persistance digne d’un très bon vin.
Deuxième bouteille de ce vin pour moi, 10 mois après la première, et le vin me semble encore meilleur. Ce vin offre un profil de vin européen propre et un peu moderne. À l’aveugle, je ne pense pas que je pourrais l’identifier comme chilien. Pour ce qui est de son identité de Merlot. Je dois avoué que je n’ai pas une idée très claire de ce que donne ce cépage. Une chose est sûre toutefois, ça se démarque clairement de la caricature du mauvais Merlot chilien. Ce vin vient de réapparaître sur les tablettes de la LCBO, dans le cadre d’un spécial sur les vins du Chili, et selon mes lectures, il est classé comme le meilleur RQP de l’offre. Pas étonnant quand on pense qu’on en demande seulement 14.95$. Un autre vin qui, s’il était d’une autre origine, plus reconnue et prestigieuse, pourrait se vendre au moins le double sans que personne ne trouve à redire. D’ailleurs, pour moi, Tabali est un des meilleurs producteurs chiliens en terme de RQP. Chez eux, pas de gros vins stéroïdés vendus à fort prix, plutôt des vins aux belles proportions et de qualité exceptionnelle pour les prix demandés. En espérant que la SAQ aille au delà de l’excellente Syrah de ce producteur qu’elle offre déjà, et ajoute au répertoire d’autres vins de Tabali.
vendredi 5 mars 2010
Du ridicule du système de notation sur 100
Texte intéressant aujourd'hui du journaliste et blogueur britannique Jaimie Goode, à propos du système de notation sur 100 (voir le lien). Comme il le mentionne, de plus en plus de gens, professionnels comme amateurs, qui écrivent sur le vin utilisent maintenant ce système initié il y a plus de 30 ans par Robert Parker. Comme il le mentionne, le culte de la note élevée a entraîné une compression de ce système qui se résume maintenant à une échelle de 11 points, avec grosso modo l'intervalle (90-94) pour les vins "ordinaires", et (95-100) pour les vins cultes, renommés, ou de prestige. Comme il le mentionne, dans l'esprit de ceux qui s'abreuvent aux notes, un vin coté 89 est un vin qui n'a pas reçu la note de passage. L'équivalent d'un vin de seconde catégorie. Toutefois, le texte de M. Goode est un peu paradoxal, car lui aussi a succombé à la pression, et utilise maintenant ce système de notation.
Personnellement, je persiste à croire que c'est le système en entier qui ne tient pas la route. Prétendre à une telle précision est une pure farce. Si au moins on utilisait des intervalles de notes, comme (88-92), (93-97), il me semble que déjà, ce serait moins ridicule. Au moins, avec un tel système, le dégustateur reconnaîterait jusqu'à un certain point ses propres limites, et l'aspect changeant du vin. Mais bien sûr, un tel système moins précis n'aurait aucune chance contre l'impression de vérité hiérarchique définitive que donne le système Parker. C'est la clef principale de son succès. Ce qui lui a permis de déclasser tous les autres systèmes.
http://www.wineanorak.com/wineblog/business-of-wine/scores-for-wines
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Personnellement, je persiste à croire que c'est le système en entier qui ne tient pas la route. Prétendre à une telle précision est une pure farce. Si au moins on utilisait des intervalles de notes, comme (88-92), (93-97), il me semble que déjà, ce serait moins ridicule. Au moins, avec un tel système, le dégustateur reconnaîterait jusqu'à un certain point ses propres limites, et l'aspect changeant du vin. Mais bien sûr, un tel système moins précis n'aurait aucune chance contre l'impression de vérité hiérarchique définitive que donne le système Parker. C'est la clef principale de son succès. Ce qui lui a permis de déclasser tous les autres systèmes.
http://www.wineanorak.com/wineblog/business-of-wine/scores-for-wines
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mercredi 3 mars 2010
GRAN RESERVA BLEND, 2006, MAIPO COSTA, VINA CHOCALAN
Voici le troisième millésime de ce vin qui m’avait surpris et intrigué dans sa version 2004, et dont le millésime 2005 m’avait complètement charmé. J’ai pu rapidement goûter ce 2006 l’automne dernier lors d’une dégustation de “Vins du Chili” tenue à Montréal. J’avais alors bien apprécié ce vin, mais ce court exercice n’est pas comparable à la dégustation sur une longue période d’une bouteille entière. Dans sa version 2006, ce vin continue de pratiquer l’assemblage dans toute la force du terme. Il est constitué cette fois-ci de Cabernet Sauvignon (31%), de Carmenère (27%), de Syrah (18%), de Malbec, (12%), de Cabernet Franc (9%), et de Petit Verdot (3%). Un assemblage presque totalement bordelais, où on a décidé de remplacer un cépage relativement faible au Chili, le Merlot, par un cépage clairement fort, la Syrah, mais qui n’est pas bordelais. Le vin est issu de vignes qui avaient 9 ans d’âge, et dont le rendement était limité à environ 35 hl/ha. Vendange manuelle, égrappage complet et macération à froid pendant 5 jours précèdent la FA. Tous les mouvements de liquide se font par gravité, sans pompage. Le vin a été élevé 14 mois en barriques de chêne français, avant d’être légèrement collé et filtré. Titre alcoolique de 14.2% et pH de 3.60.
La robe est foncée et légèrement translucide. Le nez montre une intensité bien mesurée, et exhale des arômes fruités de très belle qualité, avec de la cerise et du cassis, complétés par des notes évoquant la réglisse et la terre humide. À cela s’ajoute une fine touche torréfiée de café. Beau nez de jeune vin, où la classe est facilement perceptible. En bouche, on retrouve un vin à la structure dense, doté d’une solide acidité, d’une fine trame tannique tissée bien serré et qui exprime ses saveurs avec beaucoup d’intensité. Le milieu de bouche permet de jauger le haut niveau de concentration et toute la richesse de la matière, avec un fruité vibrant, supporté par une fine dose d’amertume, et bien complété par un juste apport boisé. La finale est à la hauteur de la grande classe de ce vin, harmonieuse, même si un peu sévère pour le moment, et montrant une longueur de fort calibre.
L’adage dit jamais deux sans trois, et la cuvée 2006 de cet assemblage vient le confirmer. Ce vin est d’un très haut niveau. Il est aussi très jeune et possède un énorme potentiel de garde. Il peut rivaliser avec tous les Almaviva et Clos Apalta issus de ce pays, mais vendus pour quatre fois plus cher, et même plus. Je pense connaître un peu le vin chilien. J’ai déjà goûté les ténors sus-mentionnés, et bien d’autres vins très bien cotés de ce pays, et honnêtement, je ne peux m’expliquer que ce vin ne soit pas aussi bien coté que ceux-ci. Dire qu’on accuse Jay Miller de coté trop haut. Pas dans ce cas-ci avec son 90. Ce faisant, il place ce vin sur le même pied, par exemple, qu'un assemblage rouge TRIO de Concha y Toro. Une véritable farce, et une autre preuve, à mon avis, du ridicule du système des notes sur 100 points. Une autre preuve aussi, que même au Chili la réputation compte maintenant pour obtenir des gros scores. En un sens, je suis désolé pour Vina Chocalan pour ce manque de reconnaissance. C’est dans mon esprit une claire injustice, mais comme acheteur, je ne peux que me réjouir, car j’ai accès à un des meilleurs vins chiliens pour un prix d’aubaine (27$). Finalement, pour en revenir à ce qui compte, c’est-à-dire ce superbe vin. Oubliez les 18% de Syrah dans la composition, je ne l’ai pas perçu. Ce que l’on obtient, c’est un vin typique des jeunes assemblages de cépages bordelais issus du Chili. Le vin est déjà approchable, mais il gagnera en raffinement avec le temps et évoluera favorablement au cours des 20 prochaines années. Ce vin est passé en coup de vent cet hiver aux succursales Signature de la SAQ. Un vin digne du centième message que je publie sur ce blogue.
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samedi 27 février 2010
SYRAH, AMAYNA, 2008, LEYDA, VINA GARCES SILVA
Triste journée pour parler d’un vin du Chili avec le tremblement de terre de la nuit passée. Mais d’un autre côté, même si ça peut paraître futile, c’est une façon d’avoir une pensée spéciale pour les Chiliens et de leur souhaiter bon courage dans cette épreuve.
Le vin dont il est question, vient d’un producteur qui n’a plus besoin de présentation ici, tellement j’ai vanté ses mérites. Cette Syrah est un ajout récent à la gamme Amayna, ce 2008 n’étant que le deuxième millésime produit. Il fut élaboré à partir de 2.3 hectares de vignes plantées en 2003. Toutefois, les résultats ont été si impressionnants dès le premier millésime, qu’en 2008, 10 hectares supplémentaires on été plantés. Ce qui fait maintenant de la Syrah le cépage le plus planté de la propriété, juste devant le Sauvignon Blanc. Ces nouvelles vignes ne sont bien sûr pas encore en production, ce qui fait que la production demeure très limitée. À preuve, cette cuvée 2008 ne compte que 760 caisses. En plus de la faible superficie plantée, le rendement limité à 30 hl/ha contribue à la faiblesse actuelle de la production, mais aussi, du moins on le souhaite, à la qualité du vin. La vendange est effectuée manuellement, suivie d’un égrappage complet et d’une période de macération à froid de 10 jours, avant la FA. Le vin est ensuite élevé pendant un an en barriques de chêne français, neuves pour les deux tiers et de second usage pour le reste. Le vin titre à 14.5% d’alcool, pour un pH de 3.53.
La robe est d’encre, d’une opacité parfaite. Le nez est explosif, rien de moins, et exprime clairement l’identité du cépage, avec ses doux arômes de cerise, de poivre noir, de violette, de lavande, de bacon, de goudron et de fumée. À cela s’ajoute un aspect d’épices douces, comme la vanille, qui semble provenir de l’élevage en barrique. C’est le nez de rouge le plus séducteur qu’il m’ait été donné de croiser depuis un bon bout de temps. C’est à la fois très jeune et complexe, mais déjà abordable. Le caractère très expressif s’atténue graduellement dans l’heure suivant l’ouverture. Un passage en carafe pourra calmer l’exubérance si vous préférez cela. Le mieux étant de le suivre sur une longue période pour pouvoir apprécier l’évolution. Potentiel énorme. La bouche suit, avec la même verve. Le vin s’y montre éclatant, doux, intense, riche et complexe. C’est le type de vin qui va vers le dégustateur, mais sans agression, il se donne tout en douceur et en séduction. J’entends déjà le “G word” qui sortirait de la bouche de certains puritains québécois de la bouteille. Oubliez ce que pourraient en dire ces curés préférant le vin de messe!!! Le plaisir est là, à prendre, et ce n’est pas péché du tout, croyez-moi!!! Le milieu de bouche montre une matière vibrante et concentrée. Le volume demeure étonnamment modéré, compte tenu du style, et les tanins sont d’une finesse exquise. Ce vin coule facilement, trop facilement, compte tenu de son 14.5% d’alcool. Il faut se retenir pour éviter l’ivresse, même si le plaisir que donne ce vin en procure une d’un autre genre. La finale est harmonieuse, les saveurs s’y fondent admirablement, avec un sursaut d’intensité, avant un long déclin aux rémanences de chocolat noir.
Quel superbe vin!!! Une Syrah de très fort calibre pouvant rivaliser avec ce que ce pays fait de mieux. J’ai eu la chance de me procurer ce vin pour 29$, et à ce prix c’est un RQP de haut niveau. La qualité du vin pourrait facilement justifier le double. C’est bien entendu très jeune, mais déjà abordable, avec un profil très démonstratif à l’ouverture, qui se calme par la suite, et qui en aucun moment ne verse dans la caricature. Il faut juger un vin pour ce qu’il est, en fonction de son âge, et comme je l’ai déjà écrit, à ce stade, pas besoin de se casser la tête, tout est là, offert au dégustateur. Le vin possède une telle richesse de matière, que je suis convaincu de son fort potentiel de garde. Une dizaine d'années de pourrait le transformer en quelque chose de tout aussi bon, mais à la fois de bien différent. Quand on pense que ce vin est issu de vignes qui n'avaient que 5 ans d’âge, ça en dit beaucoup sur le potentiel de la Syrah dans la région de Leyda. Une chose est sûre, la grande qualité de ce vin ne fait que renforcer dans mon esprit le statut élite de Garces Silva parmi les producteurs chiliens. Je rappelle pour ceux au Québec qui pourraient être intéressés par Garcès Silva, que trois vins de marque Amayna, le Chardonnay, 2007 (24.75$), le Sauvignon Blanc, 2008, non-boisé (24.25$), et le Pinot Noir 2007 (32$), sont disponibles actuellement à la SAQ. J'ai déjà parlé du Chardonnay 2007. Je parlerai des deux autres dans les semaines à venir.
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mardi 23 février 2010
CABERNET SAUVIGNON, CUVÉE ALEXANDRE, 1998, COLCHAGUA, CASA LAPOSTOLLE
Depuis quelques années, j’empile les bouteilles de rouges chiliens pour la garde. Mon expérience m’ayant clairement montré que ce sont de très bons vins de garde, à prix souvent imbattables. J’adore les rouges entre deux âges qui ont poli leurs angles, affiner leur profil, avec un fruit moins primaire, et ayant gagné des notes d’évolution. Je rêve du jour où je pourrai ouvrir ce genre de vin sur une base très régulière. Entre-temps, je dois me contenter d’une bouteille à l’occasion. Chaque fois, j’espère que la bouteille choisie validera ma démarche. Le cauchemar serait de me retrouver dans quelques années avec une cave remplie de vins décevants, n’ayant pas évolué comme je l’espérais. Donc, à chaque nouvelle bouteille, j’ai une légère angoisse. Cette fois, j’ai choisi un vin d’un producteur renommé, mais du pire millésime de l’histoire moderne du Chili. 1998, c’est l’année où le phénomène “El Niño” a frappé le plus fort au Chili. Une année très fraîche et pluvieuse, selon les standards chiliens. Toutefois, un peu de pluie, et un peu de fraîcheur dans la chaude vallée de Colchagua, ce n’est pas nécessairement un désastre. Là comme ailleurs, les décisions humaines peuvent faire la différence en bout de ligne. Ce vin est issu de vignes de 60 ans d’âge, non irriguées, et a été élevé pendant un an en barriques de chêne français. Il titre à un très raisonnable 13.8% d’alcool.
La robe est encore foncée au centre, mais passablement translucide, avec un pourtour orangé. Le nez module ses arômes avec modération, montrant un beau mélange de fruit évolué, de la cerise et des raisins secs, du bois de cèdre, du sous-bois, et des épices douces donnant une impression d’exotisme. Beau nez de vin à mi-course de son évolution, complexe et transformé par le temps. En bouche, le vin est d’une richesse surprenante. Il remplit la bouche dès l’attaque, avec un volume étonnant pour un vin de cet âge. Le mélange évolué perçu au nez se répercute en bouche, mais avec une intensité rehaussée, et encadré par une trame tannique à la fois bien solide et raffinée. Ce vin possède encore beaucoup de présence et toute la structure souhaitée. Le milieu de bouche permet de jouir de son très bel équilibre, avec encore un fort niveau de matière et de concentration de saveurs. La finale n’est pas en reste et conclue dans l’harmonie le parcours exquis de ce nectar, sur une persistance de bon calibre.
Comblé et rassuré. Voilà mes sentiments face à ce vin. Il est toujours plaisant, peu importe l’origine du vin, d’ouvrir une fiole que l’on a patiemment gardée, et qui répond en tout point à nos attentes. C’est ce que j’ai obtenu avec cet excellent vin. On goûte ce vin, et ne peut que rire des notes de 85 (WE) et 87 (WS) qu’il a obtenu à l’époque. Une autre preuve, s’il en fallait, de l’absurdité et de la courte vue de cet exercice. Les vins de Merlot et Cabernet de la gamme “Cuvée Alexandre” étaient parmi les premiers vins chiliens que j’ai mis en cave. Cette bouteille me prouve que c’était une bonne décision. Casa Lapostolle est, sans l’ombre d’un doute, un producteur de grande qualité. Toutefois, depuis le millésime 2002 j’ai cessé d’acheter ces vins. Le Chili a beaucoup évolué depuis, et j’ai depuis découvert des vins de producteurs chiliens moins connus et réputés, mais d’aussi bonne qualité, sinon meilleurs, et vendus ici au Canada pour bien moins cher. Il faut dire que les vins de la gamme “Cuvée Alexandre” sont vendus beaucoup trop chers au Canada, par rapport aux États-Unis. J’ignore pourquoi. Ce vin se vend autour de 20$ aux États-Unis, et ici on en exige 35$. Le vin vaut les 35$ demandés si on compare avec des vins de qualité similaires, d’autres origines. Cette bouteille de 1998 en est un bel exemple, mais c’est une question de compétition. Il est frustrant de devoir payer beaucoup plus cher qu’ailleurs, surtout lorsqu’il y a des producteurs chiliens qui ne prennent pas les Canadiens pour des valises. Continuez de me lire pour connaître les vins chiliens avantageux qu’il faut acheter aujourd’hui. Il faut se rappeler qu’en 1998, des régions comme Elqui, Limari, San Antonio/Leyda, Bio Bio, n’existaient même pas sur la carte vinicole du Chili, tout comme bon nombre de très bons nouveaux producteurs de la nouvelle vague. Ceci sans compter les anciens qui élevé leur niveau. Alors chapeau à Casa Lapostolle pour avoir tracé la voie de du vin de qualité au Chili, mais à moins d’une baisse de prix, je continuerai d’aller voir ailleurs.
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dimanche 21 février 2010
SAUVIGNON BLANC, AMAYNA, BARREL FERMENTED, 2007, LEYDA, VINA GARCES SILVA
Vina Garces Silva est à mon avis un des meilleurs producteurs du Chili. Un producteur emblématique de ce nouveau Chili vinicole axé sur la production de vins distinctifs et de grande qualité. J’étais donc très intéressé de découvrir ce que leur Sauvignon Blanc de Leyda pouvait donner lorsqu’élevé en barriques de chêne, une pratique encore très rare au Chili. On sait que la plupart des arômes variétaux de ce cépage sont dûs à des molécules soufrées, et que l’oxydation du soufre de ces molécules les rendent inodores. D’ailleurs, les Sauvignons non boisés sont souvent élaborés sous la protection d’un gaz inerte, justement pour préserver ces molécules aromatiques soufrées de l’oxydation. L’élevage en barrique de chêne produit l’effet inverse, par sa légère porosité qui permet une très lente oxydation du vin qu’elle contient. Je m’attends donc à retrouver un vin au profil passablement différent de celui de la version non boisée. Le vin est issus de vignes situées à une douzaine de kilomètres du Pacifique, et dont le rendement est faible, à seulement 30 hl/ha. Le vin est fermenté et élevé pendant un an en barriques neuves de chêne français. Le vin titre à 14.5% d’alcool, pour un pH de 3.25.
La robe est d’une jolie teinte dorée. Le nez est d’une intensité justement dosée et dégage un affriolant mélange d’arômes de fruits tropicaux et d’herbes doucement aromatiques, complété par des notes noix, de miel, de vanille et un aspect légèrement salin. En bouche, le vin est tellement voluptueux qu’il est impossible de parler d’attaque à propos de celui-ci. Le terme caresse est beaucoup plus approprié, et celle-ci est ample et langoureuse. La présence doucement fruitée de ce vin est simplement superbe, c’est riche, c’est rond, c’est gras, ça coule sans effort et c’est d’une superbe qualité. Comme au nez, le profil fruité est sur les fruits tropicaux intenses, aromatisés aux herbes douces, auquel un subtil aspect boisé vient s’ajouter. Le niveau de concentration est clairement supérieur, sur une texture quasi onctueuse. La finale fait penser à une grosse vague bien roulée qui viendrait s’échouer sur une plage de sable fin, et prenant un long moment pour se retirer.
Désolé pour le style métaphorique que ce vin m’a inspiré. Vous comprendrez que c’est sous l’inspiration du moment, et qu’en ce sens, ça demeure probablement très subjectif. Une chose est sûre toutefois, ce vin a solidement frappé une corde sensible chez moi. Je dirais qu’avec le Sauvignon Blanc, Cipreses Vineyard, 2005, de Casa Marin, mais dans un style diamétralement opposé, ce vin est le meilleur blanc du Chili qu’il m’ait été donné de goûter jusqu’à maintenant. Je ne suis pas un adepte du WOW!!! Peut-être parce que je bois trop de vins ordinaires!!... Mais dès le premier abord de ce vin, j’ai vraiment été impressionné. Impressionné par la qualité, bien sûr, mais aussi par le style, et par la nouveauté. Impressionné en tant qu’amateur de vin chilien en me disant: Le Chili est maintenant capable de faire ça! Impressionné par le progrès donc. Ce vin, pour moi, est clairement le symbole d’un pas en avant pour ce pays. Comme je l’ai dit plus tôt, il est tellement différent d’un Sauvignon non boisé et tranchant comme le Cipreses, mais en même temps, il est issu du même cépage et de la même région, et cette différence ne repose pas que sur l’usage de la barrique. C’est l’idée même derrière le vin qui est différente. Donc, pour moi, ça représente un pas en avant dans la qualité, mais aussi, et surtout, dans la diversification stylistique. Ce vin vaut amplement chacun des 29$ demandés, et conforte la haute opinion que j’ai de ce producteur élite. Après le Chardonnay, 2007, déjà disponible, leur Pinot Noir du même millésime fera bientôt sont apparition sur les tablettes de la SAQ.
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samedi 20 février 2010
Début de hiérarchie en Nouvelle-Zélande
Deux journalistes, un britannique et un australien se sont lancés dans une classification des producteurs de Pinot Noir de Nouvelle-Zélande. Le titre évoquant des grands Pinots est toutefois trompeur, puisque que le classement est basé sur les "Estate Wine", les vins de domaine, et non pas les plus grandes cuvées. Toutefois, il est logique de penser que si les cuvées régulières sont bonnes, cela devrait se répercuter plus haut, alors que l'inverse est moins vrai. La tentation de produire un gros vin impressionnant est grande, mais les vrais bons producteurs sont ceux qui ont un souci de qualité à tous les niveaux. Bien sûr, ce n'est qu'un classement, mais il semble que classement et vin vont de pair. On aime les hiérarchies, les notes, on aime parler de petit, de grand, et de très grand. Les bordelais ont tracé la voie depuis longtemps, et cela les a bien servis. Parker a établi son succès sur le même principe. Il faut en prendre et en laisser, mais quand même, ça peut aider à guider les premiers pas de quelqu'un voulant mieux connaître les Pinots de ce pays.
http://www.decanter.com/news/news.php?id=295122
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http://www.decanter.com/news/news.php?id=295122
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jeudi 18 février 2010
Syrah, Montes Alpha, 2007 au banc d'essai du magazine CELLIER de la SAQ
C'est avec un sourire en coin que j'ai pris connaissance aujourd'hui, dans le magazine CELLIER de la SAQ (voir lien), des résultats d'un banc d'essai sur les Syrahs du monde. Une dégustation à l'aveugle de 30 vins de Syrah, dont la moitié étaient françaises, et de toutes les catégories de prix. C'est le genre de dégustation que j'adore, tous prix et origines confondus. Je félicite les dégustateurs qui ont eu l'humilité de se prêter à cet exercice. Le sourire en coin m'est bien sûr venu lorsque j'ai vu que la Syrah, Alpha, 2007, Colchagua, Vina Montes, avait obtenu le deuxième rang, face à plusieurs vins beaucoup plus renommés et souvent beaucoup plus chers. Ce résultat a été obtenu avec un panel de dégustateurs francophiles, ce qui ajoute au mérite.
Bien sûr, l'écart entre les vins de tête est faible, et personne ne devrait prendre ce classement comme une vérité absolue. Car contrairement à l'adage, la vérité n'est pas dans le vin. Toutefois, cela montre bien, à mon avis, et encore une fois, que lorsque l'étiquette est cahée, les idées reçues en prennent pour leur rhume. Ça me conforte aussi dans mon approche face au vin, où je tente de faire abstraction du prix et de la renommée des vins que j'achète. J'entends déjà les partisans d'une vision traditionnelle et hiérarchique du vin nous dire que "les grands" étaient défavorisés et que le temps leur rendera justice. Dans certains cas, peut-être, mais personnellement, j'ai souvenir d'une dégustation en pure aveugle où une Syrah chilienne, 1997, de prix modique, qui avait dix ans de bouteille au compteur, avait devancé une Côte-Rotie, 1999, vendue 5 fois plus cher. Tout cela pour dire que les bonnes Syrah chiliennes pourront elles aussi s'affiner avec l'âge et que cet argument n'est pas à sens unique. J'ai d'ailleurs de la Syrah, Alpha en cave, et je compte bien valider cela par l'expérience.
Pour avoir goûté beaucoup de vins de Syrah du Chili dernièrement. Je continue de croire que ce cépage possède un brillant avenir dans ce pays, où il peut être élaboré dans une grande variété de styles. Je parle du futur, mais le présent, malgré le jeune âge des vignes, peut déjà être renversant lorsqu'on arrive à mettre la main sur ce qui se fait de mieux. J'ai goûté une Syrah chilienne de climat frais dernièrement qui m'a fortement impressionné. J'attends d'en ouvrir une deuxième bouteille avant d'en parler ici. Juste pour être sûr que je n'ai pas rêvé tellement c'était bon. Du gros calibre à très bon prix.
Finalement. Je joins le lien vers le troisième et dernier article de Bill Zacharkiw du journal "The Gazette" sur le Chili et ses vins. Celui-ci s'interroge sur la place du Cabernet Sauvignon dans ce pays. Une place, à mon avis, trop grande actuellement, mais une place essentielle, car un bon Cab chilien, comme peuvent l'être ceux de l'Alto Maipo, c'est une véritable force pour l'offre de ce pays.
http://publications.saq.com/doc/MagazineCellier/cellier_printemps2010_fr/2010021501/
http://www.montrealgazette.com/life/food-wine/Chile+cabernet+sauvignon+answer/2582076/story.html
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Bien sûr, l'écart entre les vins de tête est faible, et personne ne devrait prendre ce classement comme une vérité absolue. Car contrairement à l'adage, la vérité n'est pas dans le vin. Toutefois, cela montre bien, à mon avis, et encore une fois, que lorsque l'étiquette est cahée, les idées reçues en prennent pour leur rhume. Ça me conforte aussi dans mon approche face au vin, où je tente de faire abstraction du prix et de la renommée des vins que j'achète. J'entends déjà les partisans d'une vision traditionnelle et hiérarchique du vin nous dire que "les grands" étaient défavorisés et que le temps leur rendera justice. Dans certains cas, peut-être, mais personnellement, j'ai souvenir d'une dégustation en pure aveugle où une Syrah chilienne, 1997, de prix modique, qui avait dix ans de bouteille au compteur, avait devancé une Côte-Rotie, 1999, vendue 5 fois plus cher. Tout cela pour dire que les bonnes Syrah chiliennes pourront elles aussi s'affiner avec l'âge et que cet argument n'est pas à sens unique. J'ai d'ailleurs de la Syrah, Alpha en cave, et je compte bien valider cela par l'expérience.
Pour avoir goûté beaucoup de vins de Syrah du Chili dernièrement. Je continue de croire que ce cépage possède un brillant avenir dans ce pays, où il peut être élaboré dans une grande variété de styles. Je parle du futur, mais le présent, malgré le jeune âge des vignes, peut déjà être renversant lorsqu'on arrive à mettre la main sur ce qui se fait de mieux. J'ai goûté une Syrah chilienne de climat frais dernièrement qui m'a fortement impressionné. J'attends d'en ouvrir une deuxième bouteille avant d'en parler ici. Juste pour être sûr que je n'ai pas rêvé tellement c'était bon. Du gros calibre à très bon prix.
Finalement. Je joins le lien vers le troisième et dernier article de Bill Zacharkiw du journal "The Gazette" sur le Chili et ses vins. Celui-ci s'interroge sur la place du Cabernet Sauvignon dans ce pays. Une place, à mon avis, trop grande actuellement, mais une place essentielle, car un bon Cab chilien, comme peuvent l'être ceux de l'Alto Maipo, c'est une véritable force pour l'offre de ce pays.
http://publications.saq.com/doc/MagazineCellier/cellier_printemps2010_fr/2010021501/
http://www.montrealgazette.com/life/food-wine/Chile+cabernet+sauvignon+answer/2582076/story.html
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mercredi 17 février 2010
TORRONTES, 2008, PATAGONIE, INFINITUS
Je n’ai trouvé aucune information sur ce vin élaboré par le même groupe qui produit les vins Fabre Montmayou dans Mendoza. Celui provient de la région du Rio Negro en Patagonie.
La robe est d’une légère teinte or. Le nez est très expressif, exhalant un affriolant mélange d’arômes fruités et floraux, avec entre autres de l’orange, de l’ananas, de la pêche et de la rose. À cela s’ajoute une fine touche miellée et un caractère doucement épicé. Un nez très séduisant, et complexe, ce qui le rend assez difficile à rendre avec justesse en mots. En bouche, le vin montre sa souplesse dès l’attaque. Par la suite, c’est la richesse et la douceur des saveurs qui retiennent l’attention. Un trait d’amertume évoquant le zeste d’agrume tempère un brin les choses, mais le vin reste doux et gras, avec toujours le fruité intense qui domine. Le milieu de bouche continue sur la voie de la rondeur fruitée, avec une bonne concentration de saveurs et du volume. La finale est harmonieuse et d’une longueur très surprenante.
La Patagonie est supposée être une région argentine plus fraîche, mais ce vin prend le contre-pied de cette idée, avec un style riche, rond, aux saveurs fruitées mûres, intenses et douces. Je ne boirais pas ce style de blanc sur la douceur de façon régulière. Mais le premier verre est vraiment très agréable, une véritable friandise. Par la suite, à moins d’aimer la sensation sucrée, il y a un risque de saturation. Toutefois, au-delà du style, la qualité est indéniable, et au prix demandé de 15.75$, ça représente un bel achat. Recommandé si vous appréciez des vins comme les Gewurztraminer alsacien contenant une dose de sucres résiduels.
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dimanche 14 février 2010
SYRAH, RESERVA, 2008, LIMARI, VINA CASA TAMAYA
La vallée de Limari est une région fraîche paradoxalement située au nord du Chili. Cette fraîcheur provient de son exposition directe au Pacifique, en l’absence de cordillère côtière dans cette partie du pays. J’ai dit que Limari était une région fraîche, en fait, le degré de fraîcheur est dépendant de la distance qui sépare les vignobles de la côte. Très à l’intérieur des terres, le climat peut-être aussi chaud que celui de la vallée centrale. Donc, au Chili comme ailleurs, la spécificité géographique est importante. Dans le cas de Tamaya, les vignobles sont situés à environ 20 km de la côte, comparativement à environ 30 km pour Tabali, un autre producteur de Limari, dont la Syrah est offerte au Québec. Donc, Tamaya jouirait en principe de conditions plus fraîches que Tabali. Mais un autre facteur très important dans Limari est la nature du sol. Certaines parcelles peuvent contenir de fortes teneur en calcaire. Pour ce qui est du vin, c’est en fait un assemblage comprenant 5% de Viognier. Il est issu de vignes de 11 ans d’âge, dont le rendement est limité à environ 45 hl/ha. La vendange est manuelle et a lieu tard, selon les standards chiliens, soit lors des deuxième et troisième semaines de Mai. À titre de comparaison, dans la vallée centrale on récolte la Syrah vers la mi-Avril. Ce vin est élevé pendant 9 mois en barriques de chêne, pour la moitié. L’autre moitié est demeurée en inox jusqu’à l’assemblage final. Le vin titre à 13.5% d’alcool et a été collé et filtré.
La robe est bien foncée et très légèrement translucide. Le nez est dégourdi et dégage des arômes de fruits noirs et rouges, évoquant la mûre et la cerise. Cet aspect fruité est complété par des notes de poivre noir, d’épices douces dans le registre du clou de girofle et de lavande. La bouche est ronde, avec un fruité doux et très intense, qui comme au nez est amalgamé à un aspect épicé bien présent. Un trait d’amertume arrive à tempérer quelque peu l’intensité et la douceur du fruit. En milieu de bouche, l’explosion de saveurs fruitées et poivrées se poursuit, avec toute la concentration voulue et un bon volume. Le vin est relativement peu extrait au niveau tannique, et les tanins présents sont doux et veloutés. La finale poursuit dans la voie tracée, et en remet même une couche, avec encore plus d’intensité, et une très bonne allonge.
Voici une Syrah chilienne qui m’a fait penser à une argentine. Ce vin montre un profil général qui, tant au niveau aromatique, que de la structure, me rappelle la Syrah/Bonarda, Crios, de Susana Balbo, qui vient de la région de Mendoza en Argentine. Le style est plutôt du côté Nouveau Monde du spectre stylistique, surtout à cause de l’intensité du fruit, mais certaines caractéristiques du cépage sont bien présentes, comme le caractère poivré. C’est un vin qui offre beaucoup de matière et de concentration, ainsi qu’une longueur franchement renversante pour un vin de ce prix (13.95$). Bien sûr, c’est un vin encore très jeune, mais il possède une matière tellement généreuse, que je suis convaincu qu’il a ce qu’il faut pour une garde d’au moins cinq à sept ans. Une garde qui pourrait selon moi donner des résultats surprenants. J’ai souvent vu des petites bombes chiliennes du genre se métamorphoser avec quelques années en bouteille. Je pense que ce vin est un bon candidat pour réaliser ce type d’exploit. Dans un cas comme celui-ci, il faut simplement oublier le prix, car il est carrément trompeur. Je sais que j’ai l’air d’un vieux disque vinyle où l’aiguille est restée accrochée, mais si ce vin était d’une origine plus reconnue et prestigieuse, il pourrait facilement se vendre le double. Très bel achat.
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vendredi 12 février 2010
Bill Zacharkiw sur le Chili: la suite + Chardonnay, 2007, Amayna
Je joins le lien vers la deuxième partie de la série de trois articles sur le vin au Chili, de la part de Bill Zacharkiw.
http://www.montrealgazette.com/life/food-wine/Understanding+regions+Chile+choosing+right+wines/2556919/story.html
Bill continue de montrer qu'il est le meilleur chroniqueur-vin au Québec. Il aborde un large éventail de sujets, à propos desquels il sait bien vulgariser, tout en ne se contentant pas de rester strictement à la suface de la matière abordée. De plus, au travers de tout cela, il arrive à transmettre sa vision personnelle des choses. Il faut dire que pour moi, lire un article dans un quotidien québécois qui parle du "Nouveau Chili", et de plusieurs de ces nouveaux producteurs, que je m'évertue à tenter de faire découvrir, fait chaud au coeur. Espérons que quelqu'un à la SAQ lira attentivement ces articles, et que la perception des vins de ce pays évoluera. C'est déjà commencé, la SAQ offre quelques perles, de temps en temps. À titre d'exemple, un des vins que cite Bill, le Chardonnay, Amayna, 2007, Leyda, Vina Garces Silva, est actuellement offert à la SAQ. Bill dit que c'est peut-être le meilleur Chardonnay chilien qu'il ait goûté lors de son voyage. J'ignore si c'est le meilleur Chardonnay du Chili, il y a trop de vins intéressants que je n'ai jamais pu goûter, mais c'est assurément un vin de haute qualité, au profil original, un vin de terroir en fait. Ce vin montre un profil distinctif, et un style propre à la maison. Ça goûte le Amayna. Pour qui n'y a jamais goûté, je sais que ça ne veux rien dire, mais il y dans ce vin quelque chose qui transcande le cépage, quelque chose qui reflète son origine, et la façon dont il a été élaboré. Cette combinaison donne quelque chose d'original. Je viens de boire une bouteille du 2007, et il est fidèle à l'idée que les millésimes 2004 et 2006 m'ont donné de ce vin. Je joins le lien vers mon compte rendu à propos du 2006. Si cela vous inspire, vous retrouverez sensiblement la même chose avec le 2007.
http://levinauxantipodes.blogspot.com/2009/12/chardonnay-amayna-2006-leyda-san.html
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mercredi 10 février 2010
Bill Zacharkiw de retour du Chili
Voici le lien vers le premier article de Bill sur le Chili vinicole, la deuxième partie suivra. L'article est très intéressant et soulève un point majeur à propos du Chili, soit l'importance qu'accorde ce pays à la perception de ses vins dans ses marchés d'exportation. Cette préoccupation constante, étant donné que la grande majorité des vins produits sont exportés, peut être un frein à l'originalité et à la diversité. L'importance des gros scores et des médailles est décuplé, car il n'y a pas de prestige ou de grande tradition pour cautionner ce qui est offert. Si cetains producteurs de Bordeaux sentent le besoin de plaire à des critiques comme Robert Parker, alors imaginez le producteur chilien qui voudrait augmenter ses ventes et le prix de ses vins. La tentation de la recette est encore plus forte. Mais le Chili change, et il pourra changer d'autant plus si la perception à son égard change. Plus il y aura de reconnaissance pour les vins originaux de ce pays, plus les producteurs voudront en produire. Ce mouvement est déjà fermement engagé, et avec toutes ces nouvelles régions et ces très jeunes vignobles, le meilleur est encore à venir.
http://www.montrealgazette.com/life/food-wine/Will+real+Chile+allowed+stand/2530676/story.html
En complément d'information, je joins aussi le lien vers une série de trois articles du britannique Tom Cannavan, abordant le Chili vinicole de Elqui au nord, jusqu'à Bio Bio au sud. Très informatif, avec beaucoup de notes de dégustion.
http://www.wine-pages.com/features/chile-north-to-south.htm
Finalement, un autre lien vers un article de Tony Aspler, un autre membre du jury canadien qui s'est rendu au Chili en janvier dernier. Beaucoup de notes de dégustation là aussi.
http://www.tonyaspler.com/pub/articleview.asp?id=2010&s=5
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http://www.montrealgazette.com/life/food-wine/Will+real+Chile+allowed+stand/2530676/story.html
En complément d'information, je joins aussi le lien vers une série de trois articles du britannique Tom Cannavan, abordant le Chili vinicole de Elqui au nord, jusqu'à Bio Bio au sud. Très informatif, avec beaucoup de notes de dégustion.
http://www.wine-pages.com/features/chile-north-to-south.htm
Finalement, un autre lien vers un article de Tony Aspler, un autre membre du jury canadien qui s'est rendu au Chili en janvier dernier. Beaucoup de notes de dégustation là aussi.
http://www.tonyaspler.com/pub/articleview.asp?id=2010&s=5
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mardi 9 février 2010
CABERNET SAUVIGNON, RESERVA, 2006, COLCHAGUA, VINA LAURA HARTWIG
Vina Laura Hartwig est une “boutique winery” familiale, établie au coeur de la vallée de Colchagua, dont la production se limite à 300,000 bouteilles par année. J’ai eu la chance de goûter des vins de ce producteur lors d’une dégustation Californie-Chili pour le journal “The Gazette”. J’avais alors bien apprécié les deux vins de ce producteur, à l’aveugle. Ce Cabernet Sauvignon est issu de vignes de 27 ans d’âge vendangées manuellement. Le vin est élevé pendant 14 mois en barriques de chêne, au trois quart français, le dernier quart étant américain. Le vin est légèrement collé et filtré. La production se limite à 5450 caisses.
La robe est d’une belle teinte rubis foncé, légèrement translucide. Le nez est expressif, dominé par de beaux arômes fruités, desquels la cerise émerge avec clarté. En support on retrouve du bois de cèdre, de l’humus, des épices douces, un soupçon de poivron rouge, et un léger aspect torréfié. Beau nez bien calibré, d’une complexité étonnante, et offrant beaucoup de plaisir. La bouche montre une attaque tout en équilibre, une impression suave se dégage. Le vin est à la fois ample et frais. Les saveurs fruitées, entremêlées d’épices, sont intenses et de très belle qualité, bien supportée par une juste dose d’amertume. Le milieu de bouche montre un surprenant mélange de concentration et de légèreté, le vin est facile à boire et coule sans efforts, aidé en cela par son aspect peu extrait. Les tanins sont discrets et fins. La finale quant à elle ne dévie pas du cap, et conclue de façon intense et harmonieuse, sur une bonne persistance des saveurs aux légers relents chocolatés.
Ce vin a été pour moi une superbe surprise. Le profil aromatique est d’une surprenante qualité, l’équilibre est très bon, et le style peu extrait offre une “buvabilité” de premier ordre. C’est un style de vin que je recherche de plus en plus, sans lourdeur, mais ne manquant de rien. Un vin aux justes proportions, qui se laisse boire. À 13.95$, il s’agissait d’un RQP de haut vol, l’un des meilleurs cabs chiliens que je connaisse à ce prix. Le genre de vin dont on regrette de ne pas avoir acheté une caisse, si ce n’est pas deux. De plus, même s’il est délectable dès maintenant, il possède tout ce qu’il faut pour une moyenne garde positive. Si jamais vous croisez ce vin, n’hésitez pas.
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dimanche 7 février 2010
SAUVIGNON BLANC, SÉLECTION LIMITÉE, 2008, LEYDA, VINA MONTES
Vina Montes est identifié de par ses vins rouges à la vallée Colchagua, mais comme beaucoup de producteurs de la vallée centrale, lorsqu’il est question de vins blanc, il faut migrer vers les nouvelles régions plus fraîches. En ce sens, ce Sauvignon Blanc provient de la fraîche région côtière de Leyda, mais pas d’un vignoble appartenant à Vina Montes. Les raisins sont plutôt achetés, et selon mes lectures, ils proviendraient probablement de Vina Garces Silva, que l’on connaît pour sa gamme d’excellents vins sous étiquette Amayna. Si ce vin est aussi bon qu’un Sauvignon de Amayna, il doit être très bon. Celui-ci est élaboré en inox, sans FML. Il titre à 13.5% d’alcool, sous capsule à vis.
La robes est de teinte jaune pâle aux reflets verdâtres. Le nez module ses arômes avec une certaine retenue, mais on peu tout de même facilement dénoter du pamplemousse, et du zeste de pamplemousse, ainsi que de l’ananas et du fruit de la passion. Le tout est amalgamé à des notes végétales d’herbe coupée et de poivron vert. Une touche minérale saline complète l’ensemble. En bouche, l’attaque est équilibrée, avec un léger gras qui surprend un peu, mais à la réflexion, cela concorde avec l’aspect exotique du caractère fruité. L’aspect végétal perçu au nez se reflète aussi en bouche et forme un mariage heureux avec le fruit. Le milieu de bouche offre une belle concentration, sur un bon volume, avec une saine acidité en accord avec le style préconisé. La finale est longue et harmonieuse, avec une légère pointe d’amertume zestée à la toute fin.
Voici un Sauvignon Blanc chilien qui se donne des petits airs de néo-zélandais, avec son caractère de pamplemousse bien affirmé. C’est peut-être pour cela que Wine Spectator lui a attribué une note de 90, eux qui encensent depuis des années un Sauvignon comme le Kim Crawford. Ce Montes ne tombe pas de ce que je considère comme un excès de la part du Crawford, mais c’est un vin clairement de ce côté au niveau stylistique, bien qu’il ait plus de retenue. Cela dit, au-delà du style, la qualité du vin est indéniable. C’est bon, avec une bonne matière, et ça coule avec plaisir, sans efforts. Ce vin est présentement offert à la SAQ pour seulement 16.70$ . À ce prix, je pense qu’il s’agit d’un très bon RQP dans le contexte de l’offre mondiale pour les vins de ce cépage.
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mercredi 3 février 2010
La maturité croissante du Chili
Avec ce blogue, j'entendais traiter des vins de tout l'hémisphère sud, mais il est clair que le Chili est de loin mon pays favori, et que c'est celui dont je traite le plus ici. Je joins le lien vers un récent article de Anthony Gismondi du Vancouver Sun, qui était un des membres du jury canadien invité au Chili en janvier dernier pour les septièmes "Wines of Chile Awards". Son constat sur la maturité croissante du Chili vinicole me semble très juste. La qualité et la variété sont en hausse, tout comme la conscience de l'importance du terroir, mais le pays ne devrait pas trop s'identifier au Carmenère. C'est un élément original et bienvenu dans l'offre du pays, c'est un bon cépage d'assemblage, mais ce n'est pas son meilleur cépage rouge pour tenir le rôle de soliste.
http://www.vancouversun.com/life/Chile+ripening+reputation/2503597/story.html
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mardi 2 février 2010
CABERNET SAUVIGNON, RESERVE, 2007, MAIPO COSTA, VINA CHOCALAN
Après la Syrah, un autre vin de Vina Chocalan, avec cette fois le Cabernet Sauvignon. Ce vin est en fait un assemblage qui contient aussi 10% de Cabernet Franc. Il est issu de vignes de 10 ans d’âge, cultivées sur la pente d’une colline au sol granitique, et dont le rendement est limité à 45 hl/ha. La vendange est manuelle, et le vinification est effectué dans un chai à écoulement par gravité. FML et élevage d’un an en barriques de chêne français. Le vin est légèrement collé et filtré, et montre un titre alcoolique de 14.5% sur un pH de 3.62..
La robe est foncée et opaque. Au niveau olfactif, l’expression est modérée avec des arômes de fruits noirs de très belle qualité, une légère touche florale, un brin d’épices douces et un léger trait torréfié. Un nez au fruité de belle qualité, où l’influence boisée est minimale. En bouche, l’attaque est équilibrée, pleine et solide, avec une présence fruitée très intense et une base d’amertume solide. Bonne concentration en milieu de bouche, avec une bonne acidité et une matière dense. La structure structure est plutôt compacte et assez ferme, avec une poigne tannique qui se resserre en finale. Finale de bonne longueur avec une amertume chocolatée qui gagne en importance à la toute fin.
Un autre très beau et très jeune vin de Vina Chocalan. Il m’est apparu un peu plus abordable que la Syrah à ce stade précoce de son évolution, mais le meilleur est définitivement à venir. Son profil aromatique le distingue clairement de ses contreparties plus connues du reste de la grande région de Maipo. L’effet du terroir différent de Maipo Costa est palpable, en particulier avec l’absence d’arômes de cassis et de menthol que j’associe aux jeunes Cabs des zones plus traditionnelles de Maipo. Beau vin donc, plein de potentiel pour une garde d’au moins 5 à 7 ans, et un bon achat, même au prix IP de 19.30$.
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dimanche 31 janvier 2010
SYRAH/CABERNET SAUVIGNON, NINQUÉN, 2006, COLCHAGUA, MONTGRAS PROPERTIES
J’avais raté ce vin lors du premier arrivage de l’automne dernier à la SAQ. Cela m’avait déçu, car il avait été un de mes favoris parmi les vins goûtés lors de la dégustation organisée l’automne dernier par Vins du Chili. Ce 2006 est marqué par un changement majeur par rapport trois premiers millésimes de ce vin. La Syrah entre en force dans la composition de celui-ci, qui était auparavant fortement dominé par le Cabernet Sauvignon. En fait, sur certains millésimes, c’était un pur Cabernet. Celui-ci est maintenant relégué à un rôle de soutien, et la Syrah tient l’avant-scène avec les deux tiers de l’assemblage. Encore une fois, la recette Paul Hobbs est appliquée à ce vin, de longues macérations, avant et après la FA, et un élevage ambitieux de 21 mois en barriques de chêne (80% français, 20% américain, 80% neuves, 20% de deuxième usage). Le vin n’est pas collé ni filtré, et titre à 14% d’alcool selon l’étiquette, mais à 14.8% selon la fiche technique. Qui dit vrai? Redoutant la jeunesse de ce vin, je l’ai passé en carafe 30 minutes, et remis en bouteille pour service le lendemain.
Sans surprise, la robe foncée est impénétrable. Le nez montre une belle classe dès le premier abord, avec des arômes de cerises et de cassis, de bois de cèdre, d’encens et d’épices douces. Superbe nez, pas le plus complexe à ce stade hâtif, mais la qualité du fruit et du boisé est évidente. Fort potentiel. L’aspect raffiné de ce jeune vin est aussi facilement perceptible en bouche. L’attaque est équilibrée et d’une belle amplitude, mais sans débordements. Comme au nez, la qualité du fruit et de l’aspect boisé est notable, et le mariage entre les deux est très réussi. Une bonne dose d’amertume supporte l’ensemble. Le milieu de bouche montre un vin bien concentré, solide, à la matière dense et aux tanins qui savent allier finesse et poigne. La finale est intense et longue, avec des relents amers de chocolat noir et des tanins qui se resserrent.
Un autre rouge chilien qui confirme la force de ce pays dans la gamme de prix entre 20$ et 30$. Difficile de battre ce vin en terme de qualité pour le prix auquel il est offert (26.45$). Il serait californien qu’on en demanderait au moins le double. Soyez certain que si Paul Hobbs produisait ce vin dans Napa, il ne serait pas vendu à ce prix. Bon. Au-delà de ces considérations, j’ai trouvé, sans surprise, que ce vin était encore sur un profil très jeune. Il ne montre aucune trace d’évolution. Ceci dit, pour qui aime ses vins sur ce type de profil, avec le boisé encore bien présent, ou pour qui n’a pas la patience ou la possibilité de garder du vin. Un passage en carafe et une remise en bouteille pour le lendemain permettent de déjà bien jouir de ce vin, même si ça demeure un peu d’un bloc. Aussi, malgré le passage majoritaire à la Syrah dans l’assemblage, j’ai trouvé que le vin faisait tout de même Cabernet. Je n’y ai pas trouvé de caractéristiques évoquant clairement la Syrah. Peut-être parce que je bois de plus en plus de vins de ce cépage venant de climats frais, ce qui n’est pas le cas de ce vin qui vient du coeur de la chaude vallée de Colchagua. Ceci dit, ce Ninquén ne pêche pas par lourdeur, ni par surmaturité et douceur excessive de son fruit. C’est un très bel achat, et il est facile de comprendre les éloges qu’il s’est attiré jusqu’à maintenant. Ce deuxième arrivage ne devrait pas trop traîner sur les tablettes lui non plus.
vendredi 29 janvier 2010
TEMPRANILLO, Q, 2006, MENDOZA, FAMILIA ZUCCARDI
Familia Zuccardi, c’est le producteur de la fameuse gamme de vins à bas prix “Fuzion”. Pas du grand nectar, bien sûr, des vins dont les snobinards de la bouteille aiment rire, mais qui se vendent, et demeurent, quoi qu’on en dise, une histoire à succès inégalée à la SAQ. Si Zuccardi arrivent à faire des vins potables pour si peu, on pourrait penser que pour plus cher (19.60$), ils pourraient produire de bien belles choses. Selon mon expérience, avec la gamme “Q”, ils y arrivent très bien. J’ai donc décidé de vérifier si c’est toujours vrai avec ce pur Tempranillo issu de vignes de plus de 30 ans et élevé pendant 12 mois en barriques neuves de chêne américain. Le vin titre à 14% d’alcool, et le producteur parle d’un potentiel de garde de 10 ans pour celui-ci. Nouvelle étiquette pour ce vin, qui à mon goût a changé pour le pire. J'espère que ce ne sera pas le cas pour ce qui est du contenu de la bouteille.
Le robe est sombre et opaque. Le nez est bien dosé, avec des effluves de fruits noirs, de vanille et autres épices douces, de caramel et de torréfaction. L’aspect boisé est bien présent, mais ça ne masque pas le fruit qui tient tout de même le premier rôle. En bouche, le vin est surprenant de droiture et de compacité, compte tenu de son origine. On y retrouve un reflet fidèle de ce qui était perçu au nez, mais avec une bonne dose d’acidité, et une légère amertume qui vient balancer un doux et intense fruité. Le milieu de bouche confirme la droiture déjà évoquée, cette impression étant confortée par l’aspect resserré de la trame tannique, qui se montre par ailleurs d’une belle finesse. La finale est solide et intense, sur une longueur de bon calibre.
Comme quoi il ne faut jamais se fier aux étiquettes, et juger par soi-même. Beau vin argentin qui avec son boisé américain vanillé, et bien sûr son cépage, n’est pas sans évoquer un peu l’Espagne, tout en demeurant argentin. C’est le genre de vin évitant l’excès et qui va à l’essentiel dans son style, privilégiant la qualité aromatique et les justes proportions, à la concentration à tout prix, au gros volume et au boisé dominant. Il est déjà agréable, mais quelques années de bouteille devraient le rendre encore meilleur. Avec Catena, O. Fournier et Weinert, les vins de la gamme “Q” de Zuccardi sont parmi les rouges argentins que je n’hésite pas à mettre en cave. Je sais d’expérience que ça évolue bien. Du beau vin à prix abordable.
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mardi 26 janvier 2010
SYRAH, RESERVE, 2007, MAIPO COSTA, VINA CHOCALAN
Vina Chocalan est un nom encore peu connu au Québec, même si son meilleur vin rouge, l’assemblage, Gran Reserva, a été offert en faible quantité lors de ses trois premiers millésimes, commençant avec le 2004. Le 2006 vient de disparaître des succursales Signature de la SAQ en un rien de temps. J’ai pu me procurer ce vin de Syrah, par le biais de l’importation privée. C’est un 100% Syrah, issu de vignes de 11 ans d’âge dont le rendement est limité à environ 40 hl/ha. Les vendanges sont manuelles avec égrappage et macération à froid pendant 5 jours. Il n’y a pas de pompage, tous les transferts se font par gravité. La FML et un élevage de 12 mois ont lieu en barriques de chêne, divisées à parts égales entre le bois français et américain, et dont la moitié sont neuves et l’autre moitié de second usage. Le vin est collé et filtré et titre à 14% d’alcool pour un pH de 3.75.
La robe est dense, sombre et opaque. Le nez est frais et bien calibré. Il dégage de beaux arômes de fruits rouges et noirs, de poivre noir, d’herbes aromatiques et d’épices douces, l’ensemble étant complété par une touche de fumée et un aspect floral évoquant la lavande. Très beau nez, fidèle à l’idée que je me fais de ce cépage lorsqu’il est appelé Syrah. En bouche, l’attaque est souple et équilibrée, avec une bonne matière fruitée, appuyée sur une amertume assez marquée qui donne au vin un air un peu sévère. Les tanins très souples en attaque, gagnent du mordant en milieu de bouche, où on peut aussi constater un bon niveau de concentration, sur une structure assez compacte et assez ferme. L’équilibre se perd un peu en finale, avec l’amertume qui gagne un cran encore en intensité, sur une bonne longueur.
Beau jeune vin de Syrah, montrant un profil typique du cépage, et une bonne matière, bien qu’il soit un peu austère à ce stade initial de son évolution, surtout en fin de bouche. Les tanins ont besoin de s’assagir et le bois de mieux s’intégrer, mais le fruit de qualité est là pour pouvoir absorber tout cela avec le temps. Il me reste sept bouteilles. J’aurai donc tout le loisir de suivre son évolution. J'ai confiance. À 19.30$ la bouteille, c'est un bon achat.
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dimanche 24 janvier 2010
Le vin ennuyant.
Mon titre est ma traduction libre de l’expression anglaise “boring wine”. En français, cette notion n’existe pas de façon aussi claire et répandue. L’approche semble plus tranchée, le vin est bon ou mauvais, et l’ennui est considéré comme une mauvaise chose. Ce qui se rapproche le plus du “boring wine” est le fameux “vin sans vice ni vertu”. On peut aussi aborder la chose en se disant que si un vin n’est pas perçu comme excitant, c’est déjà qu’il est un peu ennuyant.
Bien sûr, l’excitabilité dépend de la sensibilité du sujet exposé. Au fil de mes lectures, j’ai remarqué que cette notion de “boring wine” est surtout présente chez les professionnels du vin, et chez les amateurs passionnés. Cela est un peu compréhensible, ces gens sont exposés à beaucoup de vins assez rares, souvent onéreux et de grande renommée. Des vins qui sont aussi souvent de très grande qualité. Quand il est ensuite question de déguster des vins plus courants, il est un peu normal qu’ils soient plus difficilement impressionnables. Malgré toute la bonne volonté possible, l’état d’esprit n’est forcément pas le même. Aussi, il suffit d’avoir participé à des dégustations intensives pour savoir que l’effet de saturation joue un rôle. Après le dixième vin du même cépage, en quelques minutes, il est difficile de percevoir des nuances et encore plus d’être vraiment excité. Au-delà de ces considérations, pour certains chroniqueurs et amateurs, il y a aussi l’aspect philosophique derrière l’élaboration et l’origine, qui peuvent confiner certains vins à la catégorie ennuyante. Un vin venant d’un gros producteur qu’on pourrait qualifier d’industriel, mais de très belle qualité, au profil propre, passera à la trappe, alors que le vin à la limite du défectueux, d’un point de vue oenologique strict, mais venant d’un petit producteur qui parle de vérité du terroir à toutes les deux phrases sera considéré par ceux-ci comme intéressant.
Comprenez-moi bien. Le mauvais vin existe, et l’ennuyant aussi. Il est vrai que plus on progresse dans le monde du vin, plus on est susceptible à l’ennui face à certaines bouteilles. Toutefois, à mon avis, il faut se méfier du piège de la condescendance. Il faut tenter de se rappeler les débuts de notre relation avec ce liquide captivant pour bien mettre les choses en perspective. Il faut se rappeler que les vins qu’on pourraient peut-être regarder de haut aujourd’hui, sont souvent du niveau de ceux qui ont suscité notre intérêt pour le vin au départ. Si c’est le cas, c’est qu’ils devaient bien avoir une ou deux qualités. L’idée ne pas de dire que tout est bon et excitant, simplement se souvenir que l’ennui peut souvent venir du dégustateur, plutôt que du vin.
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Bien sûr, l’excitabilité dépend de la sensibilité du sujet exposé. Au fil de mes lectures, j’ai remarqué que cette notion de “boring wine” est surtout présente chez les professionnels du vin, et chez les amateurs passionnés. Cela est un peu compréhensible, ces gens sont exposés à beaucoup de vins assez rares, souvent onéreux et de grande renommée. Des vins qui sont aussi souvent de très grande qualité. Quand il est ensuite question de déguster des vins plus courants, il est un peu normal qu’ils soient plus difficilement impressionnables. Malgré toute la bonne volonté possible, l’état d’esprit n’est forcément pas le même. Aussi, il suffit d’avoir participé à des dégustations intensives pour savoir que l’effet de saturation joue un rôle. Après le dixième vin du même cépage, en quelques minutes, il est difficile de percevoir des nuances et encore plus d’être vraiment excité. Au-delà de ces considérations, pour certains chroniqueurs et amateurs, il y a aussi l’aspect philosophique derrière l’élaboration et l’origine, qui peuvent confiner certains vins à la catégorie ennuyante. Un vin venant d’un gros producteur qu’on pourrait qualifier d’industriel, mais de très belle qualité, au profil propre, passera à la trappe, alors que le vin à la limite du défectueux, d’un point de vue oenologique strict, mais venant d’un petit producteur qui parle de vérité du terroir à toutes les deux phrases sera considéré par ceux-ci comme intéressant.
Comprenez-moi bien. Le mauvais vin existe, et l’ennuyant aussi. Il est vrai que plus on progresse dans le monde du vin, plus on est susceptible à l’ennui face à certaines bouteilles. Toutefois, à mon avis, il faut se méfier du piège de la condescendance. Il faut tenter de se rappeler les débuts de notre relation avec ce liquide captivant pour bien mettre les choses en perspective. Il faut se rappeler que les vins qu’on pourraient peut-être regarder de haut aujourd’hui, sont souvent du niveau de ceux qui ont suscité notre intérêt pour le vin au départ. Si c’est le cas, c’est qu’ils devaient bien avoir une ou deux qualités. L’idée ne pas de dire que tout est bon et excitant, simplement se souvenir que l’ennui peut souvent venir du dégustateur, plutôt que du vin.
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samedi 23 janvier 2010
QUATRO, 2007, COLCHAGUA, VINA MONTGRAS
Le goupe Montgras est installé dans la vallée de Colchagua, mais a des activités plus vastes sous d’autres étiquettes au Chili, soit Ninquén, aussi dans Colchagua, Amaral sur la côte, dans San Antonio, et Intriga pour un rouge unique dans Maipo. L’étiquette de base Montgras regroupe les vins de prix plus abordables du groupe, et cette cuvée Quatro, malgré son faible prix, trône au somment de la hiérarchie. Le nom de ce vin pointe vers son assemblage assez inorthodoxe, composé de quatre cépages, soit le Cabernet Sauvignon (30%), le Malbec (30%), le Carmenère (25%), et la Syrah (15%). Malgré l’appellation Colchagua, le Carmenère provient de Maipo. Les raisins entrant dans ce vin sont issus de jeunes vignes de 7 à 9 ans d’âge. 70 % du vin a été élevé pour 12 mois en barriques de chêne, 90% français et 10% américain. 82% de ces barriques étaient neuves, le reste de second usage. Le vin titre à 14.5% d’alcool sur un pH de 3.50.
La robe est bien sombre et opaque. Le nez est assez retenu, mais d’une élégance surprenante, exhalant des arômes fruités mêlant le rouge et le noir. De ce mélange exquis, la cerise est facilement identifiable. Pour compléter l’aspect fruité dominant, on retrouve des notes de sous-bois étonnantes dans un vin si jeune, un peu d’épices douces, et un très léger côté torréfié. En bouche, l’équilibre se révèle dès l’attaque, sur une matière à la fois généreuse et assez compacte. Ce qui était perçu au nez se reflète assez fidèlement en bouche, où une bonne dose d’amertume vient équilibrer l’intensité du fruit. Le milieu de bouche est bien concentré, avec une bonne présence, sur une trame tannique souple qui se fait bien sentir. La finale est riche et fondue, les saveurs y gagnent un cran en intensité, sur une persistance de bon niveau.
Ce vin fut pour moi une agréable surprise. J’avais des attentes modérées à son sujet, et il les a facilement dépassées. J’ai bu la deuxième moitié de la bouteille, gardée en demie bouteille pleine, quatre jours après l’ouverture, et c’est à ce moment que le vin était à son meilleur, mieux intégré, plus fondu, sans traces d’oxydation. Selon mon expérience, c’est le type de rouge chilien de prix modeste qui pourrait donner des résultats très favorables pour une garde d’environ 5 ans. Au prix de 15.95$, il s’agit d’un très bon RQP. Le bon Jay Miller de Wine Advocate a octroyé une note de 89+ à ce vin. À un poil du “Outstanding”!!! Voilà le genre de chose qui devrait interpeller ceux qui s’ébaubissent devant la Chocalan, Gran Reserva Blend, 2006, qui n’a obtenu qu’un 90 de ce même critique. C’est soit la preuve que ce Quatro est purement extraordinaire pour son prix, ou bien ça démontre les limites d’un dégustateur qui applique le système de notation sur 100. Je goûterai le Chocalan bientôt. J’ai bien hâte de voir par moi-même de quoi il en retourne. Restez branchés ici pour la suite!!!
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mercredi 20 janvier 2010
SAUVIGNON BLANC, MIRADOR SELECTION, 2008, CASABLANCA, WILLIAM COLE
Ce vin est le petit frère du Sauvignon Blanc, Alto Vuelo, de William Cole, le vin ayant en quelque sorte provoqué la création de ce blogue. J’en profite pour saluer et remercier tous les lecteurs. Sans vous j’aurais déjà mis un terme à l’aventure. Je reprends donc ici la petite intro que je faisais alors de ce producteur. William Cole, originaire du Wyoming, a fait fortune avec une entreprise de logiciel au Colorado et est maintenant producteur de vin dans Napa en Californie et dans Casablanca au Chili. Un grand vignoble de 130 hectares a été planté en 1998 dans le coeur de la région de Casablanca, mais plusieurs erreurs furent commises en cours de route, comme planter du Carmenère, cépage à maturation tardive, dans une région trop fraîche pour celui-ci. Depuis, du Sauvignon Blanc a été greffé sur les pieds de Carmenère, tout comme de meilleurs clones de Pinot Noir. Finalement, dix ans plus tard, les bons résultats commencent à arriver pour William Cole, qui produit aussi des vins provenant de d’autres régions du Chili, élaborés avec des raisins achetés. Toutefois, le focus principal est sur l’exploitation de Casablanca, avec le Sauvignon Blanc, le Chardonnay et le Pinot Noir, comme point de mire. Dans le cas de cette cuvée Mirador, il s’agit du Sauvignon Blanc d’entrée de gamme de la maison. Les clones 107 et 242 sont utilisés, avec vendange manuelle et des rendements assez élevés de 70 hl/ha. La fermentation a lieu en inox, et le vin ne voit pas le bois. Il titre à 13% d’alcool.
La robe est d’une teinte jaune pâle aux reflets verdâtres. Le nez est bien dégourdi, exprimant des arômes de citron, complétés par un peu de pamplemousse et un caractère végétal évoquant l’herbe coupée. Simple, mais de belle qualité. Ça se poursuit en bouche sur une attaque équilibrée, montrant une bonne vivacité. Le citron domine, avec une bonne intensité, bien agencé avec un léger caractère végétal, et un trait d’amertume évoquant le zeste d’agrume. Le milieu de bouche est sans faille, le vin est de bonne tenue, avec un niveau de concentration plus que décent. La finale garde le cap sans problème, sur une longueur étonnante.
Le style citronné de l’Alto Vuelo se retrouve dans ce Sauvignon Blanc de William Cole. C’est un vin sans grande prétention, mais il livre tout ce qu’on peut espérer d’un vin de ce cépage offert à ce prix (13.95$), et même plus. Le style de la maison penche définitivement vers l’archétype ligérien plutôt que le néo-zélandais. J’aimerais bien goûter la cuvée phare de la maison, appelée simplement “Bill”, et élevée en barriques de chêne. Je n’ai encore goûté aucun Sauvignon Blanc chilien élevé en barrique. Il y en a un qui s’en vient ici pour bientôt.
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mardi 19 janvier 2010
SYRAH, CORRALILLO, 2007, SAN ANTONIO, MATETIC
Matetic est un de ces producteurs totalement axés sur la qualité, installés dans de nouvelles régions, et qui sont en train de redéfinir l’identité du Chili vinicole. Dans le cas de Matetic, on a vraiment la totale, région côtière fraîche, biodynamie, chai de vinification à flot gravitationnel. Pour ce qui est de cette Syrah, Corralillo, deuxième étiquette de la maison, elle est issue de raisins de jeunes vignes, provenant de trois parcelles au caractéristiques de sol et expositions distinctes. Les rendements ne dépassent pas le kilo par plant de vigne, et les vendanges manuelles ont eu lieu tard, dans les deuxième et troisième semaines de mai. Le vin passe un an en barriques de chêne français où s’effectue la FML. Le vin titre à 14% d’alcool pour un pH de 3.50.
La robe est bien sombre et ne se laisse pas traverser par la lumière intense. Le nez module de façon bien dosée des arômes de fruits rouges et noirs, auxquels s’amalgament des notes de poivre noir, de fumée, de viande, de lavande et d’épices douces. Beau nez bien agréable et typique de ce que donne généralement ce cépage en climat frais. La bouche montre une attaque fraîche et bien équilibrée. Le vin est de structure assez compacte et le fruit éclatant est relevé par une acidité bien perceptible. Un caractère épicé et viandé, ainsi qu’une touche fumée viennent enrichir la palette des saveurs. Belle tenue en milieu de bouche, c’est bien droit, concentré à souhait, avec toujours cette fraîcheur qui ajoute de l’intensité et de l’éclat au fruit. La trame tannique est fine et veloutée, mais gagne tout de même un peu de poigne en fin de bouche, où l’allonge est de très bon niveau.
Voici un superbe vin de Syrah, frais et expressif, qui malgré son jeune âge procure déjà beaucoup de plaisir. J’ai vraiment adoré ce vin dont la qualité était évidente à chaque gorgée. Le vin rend une expression pure du cépage. Ici, on n’a pas joué avec les fermentations pour se rendre intéressant. Le vin est propre, les saveurs et les arômes intenses et éclatants, fidèles reflets, à mon sens, de ce que le raisin, et le terroir dont il est issu, avaient à donner. Du beau travail, bien fait. Même si ce vin est actuellement délectable dans ses habits de jeunesse, je ne doute pas que le temps puisse le faire évoluer de façon intéressante. Pour le prix payé de 23$ la bouteille, il s'agit d'un superbe achat, et une façon abordable de découvrir le visage changeant du vin chilien.
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dimanche 17 janvier 2010
CHARDONNAY, SWAN BAY, 2008, VICTORIA, SCOTCHMANS HILL
Ce vin est le Chardonnay d’entrée de gamme de ce très bon producteur australien axé sur la production de vins de climat frais. Ce vin est un assemblage élaboré avec des fruits provenant de différents vignobles de la région de Victoria. Je n’ai pas les détails précis pour le millésime 2008, mais 70% des raisins entrant dans cette cuvée sont habituellement fermentés et élevés pour 6 mois en barriques de chêne français, le reste demeurant en inox jusqu’à l’assemblage final.
La robe est d’une légère teinte dorée. Le nez exhale avec modération des arômes de citron, de pêche, complétés par un peu de poire, une touche de vanille, du miel et des noix. En bouche, le vin se révèle équilibré, avec une bonne amplitude. La matière est savoureuse et d’une bonne richesse. Le vin rempli bien la bouche, avec un bon niveau de concentration. Ça coule bien, c’est agréable à boire et la finale est harmonieuse, longue et de bonne intensité.
J’ai bien aimé ce vin. Oubliez le cliché tropical souvent associé aux Chardos australiens. Dans ce cas-ci, c’est à la fois frais, typique du cépage, mais avec quand même une bonne richesse et une bonne présence en bouche. Beau vin d’entrée de gamme pour Scotchmans Hill, offert à un bon prix (19.05$). J’ai l’ai trouvé d’un niveau similaire au Chardonnay d’entrée de gamme de Coldstream Hills, dont j’ai déjà parlé sur ce blogue, mais il est vendu 9$ de moins, ce qui en fait un bon RQP.
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samedi 16 janvier 2010
CABERNET FRANC, 2007, CASABLANCA, LOMA LARGA
Après le Malbec et l’assemblage à dominante Syrah, Rapsodia, je complète mon trio de vins de Loma Larga issus de l’excellent millésime 2007. Comme pour les deux vins précédents, je m’attends à découvrir un vin bien trop jeune, mais la curiosité l’emporte. Le producteur lui-même recommande une garde minimale de trois ans pour ce vin, mais même si je sais que le plaisir ne sera pas optimal, j’aime bien aborder un vin destiné à la gade à ce stade précoce, ça m’aidera à mieux en comprendre l’évolution. C’est de l’expérience importante pour quelqu’un qui s’intéresse à la garde du vin, et ça en constitue un des plaisirs, même si celui-ci est plus intellectuel que sensuel. Pour ce qui est de ce Cabernet Franc, il est produit en petite quantité (1100 caisses). Il est issu de vignes plantées en 2001, dont le rendement a été maintenu à environ 40 hl/ha. La vendange fut très tardive, ayant été effectuée du 15 au 30 mai. Cela est sûrement un des facteurs expliquant la très bonne maturité des fruits obtenus, et le taux d’alcool de 14.8% qui en découle. Vendange manuelle, triage strict des fruits, égrappage et macération à froid font partie du processus d’élaboration pré-fermentaire. Le vin a été élevé en barriques de chêne français (60% neuves), le reste étant de deuxième usage, pendant 14 mois, avec un usage modéré de sulfites. Le vin montrait un très fort dépôt pour un vin si jeune, ce qui me laisse croire qu’il n’a pas été collé, ni filtré. J’ai bu le vin à parts égales sur deux jours, en gardant la deuxième moitié en demie bouteille pleine.
La robe est très foncée et parfaitement opaque. Le nez est sur la retenu, assez simple à ce stade, mais avec une bonne profondeur. Le fruité rouge et noir de très belle qualité domine avec de la framboise et un peu de cassis. Le tout est agrémenté par un soupçon d’épices douces, un trait d’humus et un aspect boisé non torréfié très délicat. En bouche, l’attaque est pleine, vive et très intense. C’est à la fois volumineux et ferme, avec une présence tannique imposante et robuste. Les saveurs sont littéralement explosives, avec le fruité qui domine à ce stade précoce. Le milieu de bouche révèle un niveau de concentration très élevé, avec une matière très riche et dense et toujours cette masse tannique imposante. La finale est vraiment très intense, sur une longueur de très fort calibre.
Ce vin est une bête sauvage, avec ce que ça peut avoir d’impressionnant, mais ça le rend, bien sûr, difficile d’approche à ce stade. C’est actuellement un vin qui pour moi est difficile à boire, tellement il est intense et chargé en matière. Seul le temps saura peut-être l’apprivoiser. Je suis assez confiant à ce sujet car il possède tout ce qu’il faut. C’est une matière brute qui demande à être polie et affinée. Bien sûr, les amateurs de sensations fortes pourraient y trouver leur compte dès maintenant. Patricio Tapia, du guide chilien Descorchados, a donné une note de 93 à ce vin et le voit parmi les meilleurs rouges du pays. Je comprends pourquoi, car la qualité et le potentiel sont là, mais pour moi, le réel plaisir est encore à venir. Aussi, avec ce troisième vin de Loma Larga, je peux clairement distinguer un style propre à la maison, surtout entre le Malbec et le Cabernet Franc. L’oenologue en chef de la maison est français et cela transparaît dans le style des vins, bien qu’à cause de la richesse, ça me rappelle plus l’Espagne que la France. Pour conclure, simplement dire que ce vin est offert pour seulement 23$ en Ontario. Compte tenu du potentiel, ça m’apparaît comme une superbe aubaine, même si ça reste un pari. En fait, ce qui est particulier, c’est que si ce vin se vendait 60$, il semblerait moins risqué. C’est surtout son faible prix qui suscite le doute. Je ne connais pas de vin de ce prix avec autant de matière de qualité. Comme quoi en matière de vin le prix joue toujours un rôle, qu’on le veuille ou non. Première réponse dans cinq ans.
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jeudi 14 janvier 2010
VIOGNIER, SINGLE VINEYARD, 2009, RAPEL, ANAKENA
Anakena est un autre de ces nouveaux producteurs chiliens privilégiant la qualité et le terroir. Ils sont installés dans la vallée de Rapel, plus précisément dans l’Alto Cachapoal, mais possèdent aussi deux autres vignobles dans cette région, soit un plus à l’ouest, près de Peumo, aussi dans Cachapoal, et un autre sur la colline de Ninquén dans Colchagua. Pour compléter le tout, ils ont aussi pris le virage côtier avec un vaste vignoble dans Leyda. Ce vin de Viognier a été fermenté et élevé pour le quart en barriques de chêne pendant quatre mois. Les raisins sont récoltés à divers niveaux de maturité dans le but de produire un vin plus complet, à la palette aromatique plus large.
La robe est de teinte pâle, légèrement dorée. Le nez révèle avec une juste intensité des arômes tropicaux d’ananas, de mangue, et de banane, avec aussi un peu de pêche et un trait de pamplemousse. Le tout étant complété par un aspect floral et légèrement épicé. En bouche, l’attaque est équilibrée, avec une bonne acidité pour un vin de ce cépage. C’est donc assez vif et cela contribue à l’intensité de l’expression fruitée. Le milieu de bouche montre une bonne matière et une bonne concentration de saveurs, sur un corps moyen et un volume modéré. Le vin coule agréablement vers une finale intense et harmonieuse, montrant une touche d’amertume et une longueur clairement au-dessus de la moyenne.
Très beau vin de Viognier dans un style plutôt vif et restreint pour ce cépage généralement assez expansif. C’est un vin qui année après année se mérite des éloges, et ma foi, c’est vraiment bien mérité. Il est offert en Ontario pour aussi peu que 12.95$, ce qui en fait à mon sens un RQP hors de l’ordinaire.
http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704017904575409231069472388.html?mod=WSJ_LifeStyle_Lifestyle_6
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dimanche 10 janvier 2010
SYRAH, RESERVA, LIMITED EDITION, 2003, ALTO MAIPO, VINA PEREZ CRUZ
Après une revue de plusieurs Chardonnays chiliens, j’ouvre ces temps-ci plusieurs vins chiliens à base de Syrah, comme le Rapsodia de Loma Larga dont je traite dans mon message précédant. Tous ces vins sont bien jeunes, donc, pour mettre un peu de perspective dans mon exercice, j’ai ouvert une Syrah de l’Alto Maipo avec un peu d’âge pour voir comment elle se présente à ce stade. Ce vin est en fait un assemblage puisqu’il contient aussi du Carmenère (5.5%) et du Cabernet Sauvignon (4%). Le vin a été élevé 14 mois en barriques de chêne. Ce n’était alors que le deuxième millésime de cette cuvée.
La robe est toujours bien sombre, mais se laisse quelque peu pénétrer par la lumière. Le nez est discret, mais révèle tout de même des arômes de fruits noirs, un brin évolués, un peu de cerises, ainsi qu’un petit côté évoquant les raisins secs. Le tout est complété par un léger aspect terreux, des notes de fumée et un soupçon d’épices douces. En bouche, c’est très beau, équilibré et surprenant de retenu. On goûte le caractère légèrement évolué teintant des saveurs fruitées de très belle qualité, amalgamées à des notes finement épicées et avec toujours ce côté légèrement terreux en arrière-plan. C’est dense, compact et bien concentré, mais sans lourdeur, ni excès. La finale poursuit dans la même veine, avec les saveurs qui se fondent encore un peu plus, sur une bonne persistance révélant un peu plus d’amertume.
Ce vin m’a enchanté en sachant allier la finesse à un bon niveau de concentration. Il m’a aussi fortement surpris, par la rapidité de son évolution. Il s’est montré sous un jour très différent de ce qu’il était en prime jeunesse. À vrai dire, le vin s’est métamorphosé, en perdant de son gras et de son volume, et en voyant sa palette aromatique se transformer du tout au tout. Disparus les arômes primaires de la jeunesse, autant au niveau du fruité que du boisé. Le fruit est toujours bien présent, l’influence boisée aussi, mais dans une moindre mesure, mais la nature de ceux-ci s’est transformée. Ce phénomène est difficile à verbaliser. Lorsque j’évoque les raisins secs et l’aspect terreux, c’est une tentative très imparfaite et incomplète de mettre des mots sur cette sensation d’évolution. J’ai ouvert cette bouteille à un moment heureux, mais franchement, je suis embêté pour ce qui est de la suite. Il me reste quatre bouteilles de ce nectar, et sa courbe d’évolution me semble rapide. Bien sûr, je pourrais me précipiter et les ouvrir toutes très rapidement, pour jouir de sa forme actuelle. Mais en même temps, je suis curieux, et un des plaisirs de la garde réside dans les chances qu’on se donne de connaître la suite. Disons que je vais probablement resserrer l’intervalle d’ouverture des bouteilles à venir et ajuster selon ce que ça donnera alors. Le côté difficilement prévisible de l’évolution du vin ne fait-il pas une partie de son charme?
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