dimanche 31 janvier 2010
SYRAH/CABERNET SAUVIGNON, NINQUÉN, 2006, COLCHAGUA, MONTGRAS PROPERTIES
J’avais raté ce vin lors du premier arrivage de l’automne dernier à la SAQ. Cela m’avait déçu, car il avait été un de mes favoris parmi les vins goûtés lors de la dégustation organisée l’automne dernier par Vins du Chili. Ce 2006 est marqué par un changement majeur par rapport trois premiers millésimes de ce vin. La Syrah entre en force dans la composition de celui-ci, qui était auparavant fortement dominé par le Cabernet Sauvignon. En fait, sur certains millésimes, c’était un pur Cabernet. Celui-ci est maintenant relégué à un rôle de soutien, et la Syrah tient l’avant-scène avec les deux tiers de l’assemblage. Encore une fois, la recette Paul Hobbs est appliquée à ce vin, de longues macérations, avant et après la FA, et un élevage ambitieux de 21 mois en barriques de chêne (80% français, 20% américain, 80% neuves, 20% de deuxième usage). Le vin n’est pas collé ni filtré, et titre à 14% d’alcool selon l’étiquette, mais à 14.8% selon la fiche technique. Qui dit vrai? Redoutant la jeunesse de ce vin, je l’ai passé en carafe 30 minutes, et remis en bouteille pour service le lendemain.
Sans surprise, la robe foncée est impénétrable. Le nez montre une belle classe dès le premier abord, avec des arômes de cerises et de cassis, de bois de cèdre, d’encens et d’épices douces. Superbe nez, pas le plus complexe à ce stade hâtif, mais la qualité du fruit et du boisé est évidente. Fort potentiel. L’aspect raffiné de ce jeune vin est aussi facilement perceptible en bouche. L’attaque est équilibrée et d’une belle amplitude, mais sans débordements. Comme au nez, la qualité du fruit et de l’aspect boisé est notable, et le mariage entre les deux est très réussi. Une bonne dose d’amertume supporte l’ensemble. Le milieu de bouche montre un vin bien concentré, solide, à la matière dense et aux tanins qui savent allier finesse et poigne. La finale est intense et longue, avec des relents amers de chocolat noir et des tanins qui se resserrent.
Un autre rouge chilien qui confirme la force de ce pays dans la gamme de prix entre 20$ et 30$. Difficile de battre ce vin en terme de qualité pour le prix auquel il est offert (26.45$). Il serait californien qu’on en demanderait au moins le double. Soyez certain que si Paul Hobbs produisait ce vin dans Napa, il ne serait pas vendu à ce prix. Bon. Au-delà de ces considérations, j’ai trouvé, sans surprise, que ce vin était encore sur un profil très jeune. Il ne montre aucune trace d’évolution. Ceci dit, pour qui aime ses vins sur ce type de profil, avec le boisé encore bien présent, ou pour qui n’a pas la patience ou la possibilité de garder du vin. Un passage en carafe et une remise en bouteille pour le lendemain permettent de déjà bien jouir de ce vin, même si ça demeure un peu d’un bloc. Aussi, malgré le passage majoritaire à la Syrah dans l’assemblage, j’ai trouvé que le vin faisait tout de même Cabernet. Je n’y ai pas trouvé de caractéristiques évoquant clairement la Syrah. Peut-être parce que je bois de plus en plus de vins de ce cépage venant de climats frais, ce qui n’est pas le cas de ce vin qui vient du coeur de la chaude vallée de Colchagua. Ceci dit, ce Ninquén ne pêche pas par lourdeur, ni par surmaturité et douceur excessive de son fruit. C’est un très bel achat, et il est facile de comprendre les éloges qu’il s’est attiré jusqu’à maintenant. Ce deuxième arrivage ne devrait pas trop traîner sur les tablettes lui non plus.
vendredi 29 janvier 2010
TEMPRANILLO, Q, 2006, MENDOZA, FAMILIA ZUCCARDI
Familia Zuccardi, c’est le producteur de la fameuse gamme de vins à bas prix “Fuzion”. Pas du grand nectar, bien sûr, des vins dont les snobinards de la bouteille aiment rire, mais qui se vendent, et demeurent, quoi qu’on en dise, une histoire à succès inégalée à la SAQ. Si Zuccardi arrivent à faire des vins potables pour si peu, on pourrait penser que pour plus cher (19.60$), ils pourraient produire de bien belles choses. Selon mon expérience, avec la gamme “Q”, ils y arrivent très bien. J’ai donc décidé de vérifier si c’est toujours vrai avec ce pur Tempranillo issu de vignes de plus de 30 ans et élevé pendant 12 mois en barriques neuves de chêne américain. Le vin titre à 14% d’alcool, et le producteur parle d’un potentiel de garde de 10 ans pour celui-ci. Nouvelle étiquette pour ce vin, qui à mon goût a changé pour le pire. J'espère que ce ne sera pas le cas pour ce qui est du contenu de la bouteille.
Le robe est sombre et opaque. Le nez est bien dosé, avec des effluves de fruits noirs, de vanille et autres épices douces, de caramel et de torréfaction. L’aspect boisé est bien présent, mais ça ne masque pas le fruit qui tient tout de même le premier rôle. En bouche, le vin est surprenant de droiture et de compacité, compte tenu de son origine. On y retrouve un reflet fidèle de ce qui était perçu au nez, mais avec une bonne dose d’acidité, et une légère amertume qui vient balancer un doux et intense fruité. Le milieu de bouche confirme la droiture déjà évoquée, cette impression étant confortée par l’aspect resserré de la trame tannique, qui se montre par ailleurs d’une belle finesse. La finale est solide et intense, sur une longueur de bon calibre.
Comme quoi il ne faut jamais se fier aux étiquettes, et juger par soi-même. Beau vin argentin qui avec son boisé américain vanillé, et bien sûr son cépage, n’est pas sans évoquer un peu l’Espagne, tout en demeurant argentin. C’est le genre de vin évitant l’excès et qui va à l’essentiel dans son style, privilégiant la qualité aromatique et les justes proportions, à la concentration à tout prix, au gros volume et au boisé dominant. Il est déjà agréable, mais quelques années de bouteille devraient le rendre encore meilleur. Avec Catena, O. Fournier et Weinert, les vins de la gamme “Q” de Zuccardi sont parmi les rouges argentins que je n’hésite pas à mettre en cave. Je sais d’expérience que ça évolue bien. Du beau vin à prix abordable.
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mardi 26 janvier 2010
SYRAH, RESERVE, 2007, MAIPO COSTA, VINA CHOCALAN
Vina Chocalan est un nom encore peu connu au Québec, même si son meilleur vin rouge, l’assemblage, Gran Reserva, a été offert en faible quantité lors de ses trois premiers millésimes, commençant avec le 2004. Le 2006 vient de disparaître des succursales Signature de la SAQ en un rien de temps. J’ai pu me procurer ce vin de Syrah, par le biais de l’importation privée. C’est un 100% Syrah, issu de vignes de 11 ans d’âge dont le rendement est limité à environ 40 hl/ha. Les vendanges sont manuelles avec égrappage et macération à froid pendant 5 jours. Il n’y a pas de pompage, tous les transferts se font par gravité. La FML et un élevage de 12 mois ont lieu en barriques de chêne, divisées à parts égales entre le bois français et américain, et dont la moitié sont neuves et l’autre moitié de second usage. Le vin est collé et filtré et titre à 14% d’alcool pour un pH de 3.75.
La robe est dense, sombre et opaque. Le nez est frais et bien calibré. Il dégage de beaux arômes de fruits rouges et noirs, de poivre noir, d’herbes aromatiques et d’épices douces, l’ensemble étant complété par une touche de fumée et un aspect floral évoquant la lavande. Très beau nez, fidèle à l’idée que je me fais de ce cépage lorsqu’il est appelé Syrah. En bouche, l’attaque est souple et équilibrée, avec une bonne matière fruitée, appuyée sur une amertume assez marquée qui donne au vin un air un peu sévère. Les tanins très souples en attaque, gagnent du mordant en milieu de bouche, où on peut aussi constater un bon niveau de concentration, sur une structure assez compacte et assez ferme. L’équilibre se perd un peu en finale, avec l’amertume qui gagne un cran encore en intensité, sur une bonne longueur.
Beau jeune vin de Syrah, montrant un profil typique du cépage, et une bonne matière, bien qu’il soit un peu austère à ce stade initial de son évolution, surtout en fin de bouche. Les tanins ont besoin de s’assagir et le bois de mieux s’intégrer, mais le fruit de qualité est là pour pouvoir absorber tout cela avec le temps. Il me reste sept bouteilles. J’aurai donc tout le loisir de suivre son évolution. J'ai confiance. À 19.30$ la bouteille, c'est un bon achat.
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dimanche 24 janvier 2010
Le vin ennuyant.
Mon titre est ma traduction libre de l’expression anglaise “boring wine”. En français, cette notion n’existe pas de façon aussi claire et répandue. L’approche semble plus tranchée, le vin est bon ou mauvais, et l’ennui est considéré comme une mauvaise chose. Ce qui se rapproche le plus du “boring wine” est le fameux “vin sans vice ni vertu”. On peut aussi aborder la chose en se disant que si un vin n’est pas perçu comme excitant, c’est déjà qu’il est un peu ennuyant.
Bien sûr, l’excitabilité dépend de la sensibilité du sujet exposé. Au fil de mes lectures, j’ai remarqué que cette notion de “boring wine” est surtout présente chez les professionnels du vin, et chez les amateurs passionnés. Cela est un peu compréhensible, ces gens sont exposés à beaucoup de vins assez rares, souvent onéreux et de grande renommée. Des vins qui sont aussi souvent de très grande qualité. Quand il est ensuite question de déguster des vins plus courants, il est un peu normal qu’ils soient plus difficilement impressionnables. Malgré toute la bonne volonté possible, l’état d’esprit n’est forcément pas le même. Aussi, il suffit d’avoir participé à des dégustations intensives pour savoir que l’effet de saturation joue un rôle. Après le dixième vin du même cépage, en quelques minutes, il est difficile de percevoir des nuances et encore plus d’être vraiment excité. Au-delà de ces considérations, pour certains chroniqueurs et amateurs, il y a aussi l’aspect philosophique derrière l’élaboration et l’origine, qui peuvent confiner certains vins à la catégorie ennuyante. Un vin venant d’un gros producteur qu’on pourrait qualifier d’industriel, mais de très belle qualité, au profil propre, passera à la trappe, alors que le vin à la limite du défectueux, d’un point de vue oenologique strict, mais venant d’un petit producteur qui parle de vérité du terroir à toutes les deux phrases sera considéré par ceux-ci comme intéressant.
Comprenez-moi bien. Le mauvais vin existe, et l’ennuyant aussi. Il est vrai que plus on progresse dans le monde du vin, plus on est susceptible à l’ennui face à certaines bouteilles. Toutefois, à mon avis, il faut se méfier du piège de la condescendance. Il faut tenter de se rappeler les débuts de notre relation avec ce liquide captivant pour bien mettre les choses en perspective. Il faut se rappeler que les vins qu’on pourraient peut-être regarder de haut aujourd’hui, sont souvent du niveau de ceux qui ont suscité notre intérêt pour le vin au départ. Si c’est le cas, c’est qu’ils devaient bien avoir une ou deux qualités. L’idée ne pas de dire que tout est bon et excitant, simplement se souvenir que l’ennui peut souvent venir du dégustateur, plutôt que du vin.
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Bien sûr, l’excitabilité dépend de la sensibilité du sujet exposé. Au fil de mes lectures, j’ai remarqué que cette notion de “boring wine” est surtout présente chez les professionnels du vin, et chez les amateurs passionnés. Cela est un peu compréhensible, ces gens sont exposés à beaucoup de vins assez rares, souvent onéreux et de grande renommée. Des vins qui sont aussi souvent de très grande qualité. Quand il est ensuite question de déguster des vins plus courants, il est un peu normal qu’ils soient plus difficilement impressionnables. Malgré toute la bonne volonté possible, l’état d’esprit n’est forcément pas le même. Aussi, il suffit d’avoir participé à des dégustations intensives pour savoir que l’effet de saturation joue un rôle. Après le dixième vin du même cépage, en quelques minutes, il est difficile de percevoir des nuances et encore plus d’être vraiment excité. Au-delà de ces considérations, pour certains chroniqueurs et amateurs, il y a aussi l’aspect philosophique derrière l’élaboration et l’origine, qui peuvent confiner certains vins à la catégorie ennuyante. Un vin venant d’un gros producteur qu’on pourrait qualifier d’industriel, mais de très belle qualité, au profil propre, passera à la trappe, alors que le vin à la limite du défectueux, d’un point de vue oenologique strict, mais venant d’un petit producteur qui parle de vérité du terroir à toutes les deux phrases sera considéré par ceux-ci comme intéressant.
Comprenez-moi bien. Le mauvais vin existe, et l’ennuyant aussi. Il est vrai que plus on progresse dans le monde du vin, plus on est susceptible à l’ennui face à certaines bouteilles. Toutefois, à mon avis, il faut se méfier du piège de la condescendance. Il faut tenter de se rappeler les débuts de notre relation avec ce liquide captivant pour bien mettre les choses en perspective. Il faut se rappeler que les vins qu’on pourraient peut-être regarder de haut aujourd’hui, sont souvent du niveau de ceux qui ont suscité notre intérêt pour le vin au départ. Si c’est le cas, c’est qu’ils devaient bien avoir une ou deux qualités. L’idée ne pas de dire que tout est bon et excitant, simplement se souvenir que l’ennui peut souvent venir du dégustateur, plutôt que du vin.
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samedi 23 janvier 2010
QUATRO, 2007, COLCHAGUA, VINA MONTGRAS
Le goupe Montgras est installé dans la vallée de Colchagua, mais a des activités plus vastes sous d’autres étiquettes au Chili, soit Ninquén, aussi dans Colchagua, Amaral sur la côte, dans San Antonio, et Intriga pour un rouge unique dans Maipo. L’étiquette de base Montgras regroupe les vins de prix plus abordables du groupe, et cette cuvée Quatro, malgré son faible prix, trône au somment de la hiérarchie. Le nom de ce vin pointe vers son assemblage assez inorthodoxe, composé de quatre cépages, soit le Cabernet Sauvignon (30%), le Malbec (30%), le Carmenère (25%), et la Syrah (15%). Malgré l’appellation Colchagua, le Carmenère provient de Maipo. Les raisins entrant dans ce vin sont issus de jeunes vignes de 7 à 9 ans d’âge. 70 % du vin a été élevé pour 12 mois en barriques de chêne, 90% français et 10% américain. 82% de ces barriques étaient neuves, le reste de second usage. Le vin titre à 14.5% d’alcool sur un pH de 3.50.
La robe est bien sombre et opaque. Le nez est assez retenu, mais d’une élégance surprenante, exhalant des arômes fruités mêlant le rouge et le noir. De ce mélange exquis, la cerise est facilement identifiable. Pour compléter l’aspect fruité dominant, on retrouve des notes de sous-bois étonnantes dans un vin si jeune, un peu d’épices douces, et un très léger côté torréfié. En bouche, l’équilibre se révèle dès l’attaque, sur une matière à la fois généreuse et assez compacte. Ce qui était perçu au nez se reflète assez fidèlement en bouche, où une bonne dose d’amertume vient équilibrer l’intensité du fruit. Le milieu de bouche est bien concentré, avec une bonne présence, sur une trame tannique souple qui se fait bien sentir. La finale est riche et fondue, les saveurs y gagnent un cran en intensité, sur une persistance de bon niveau.
Ce vin fut pour moi une agréable surprise. J’avais des attentes modérées à son sujet, et il les a facilement dépassées. J’ai bu la deuxième moitié de la bouteille, gardée en demie bouteille pleine, quatre jours après l’ouverture, et c’est à ce moment que le vin était à son meilleur, mieux intégré, plus fondu, sans traces d’oxydation. Selon mon expérience, c’est le type de rouge chilien de prix modeste qui pourrait donner des résultats très favorables pour une garde d’environ 5 ans. Au prix de 15.95$, il s’agit d’un très bon RQP. Le bon Jay Miller de Wine Advocate a octroyé une note de 89+ à ce vin. À un poil du “Outstanding”!!! Voilà le genre de chose qui devrait interpeller ceux qui s’ébaubissent devant la Chocalan, Gran Reserva Blend, 2006, qui n’a obtenu qu’un 90 de ce même critique. C’est soit la preuve que ce Quatro est purement extraordinaire pour son prix, ou bien ça démontre les limites d’un dégustateur qui applique le système de notation sur 100. Je goûterai le Chocalan bientôt. J’ai bien hâte de voir par moi-même de quoi il en retourne. Restez branchés ici pour la suite!!!
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mercredi 20 janvier 2010
SAUVIGNON BLANC, MIRADOR SELECTION, 2008, CASABLANCA, WILLIAM COLE
Ce vin est le petit frère du Sauvignon Blanc, Alto Vuelo, de William Cole, le vin ayant en quelque sorte provoqué la création de ce blogue. J’en profite pour saluer et remercier tous les lecteurs. Sans vous j’aurais déjà mis un terme à l’aventure. Je reprends donc ici la petite intro que je faisais alors de ce producteur. William Cole, originaire du Wyoming, a fait fortune avec une entreprise de logiciel au Colorado et est maintenant producteur de vin dans Napa en Californie et dans Casablanca au Chili. Un grand vignoble de 130 hectares a été planté en 1998 dans le coeur de la région de Casablanca, mais plusieurs erreurs furent commises en cours de route, comme planter du Carmenère, cépage à maturation tardive, dans une région trop fraîche pour celui-ci. Depuis, du Sauvignon Blanc a été greffé sur les pieds de Carmenère, tout comme de meilleurs clones de Pinot Noir. Finalement, dix ans plus tard, les bons résultats commencent à arriver pour William Cole, qui produit aussi des vins provenant de d’autres régions du Chili, élaborés avec des raisins achetés. Toutefois, le focus principal est sur l’exploitation de Casablanca, avec le Sauvignon Blanc, le Chardonnay et le Pinot Noir, comme point de mire. Dans le cas de cette cuvée Mirador, il s’agit du Sauvignon Blanc d’entrée de gamme de la maison. Les clones 107 et 242 sont utilisés, avec vendange manuelle et des rendements assez élevés de 70 hl/ha. La fermentation a lieu en inox, et le vin ne voit pas le bois. Il titre à 13% d’alcool.
La robe est d’une teinte jaune pâle aux reflets verdâtres. Le nez est bien dégourdi, exprimant des arômes de citron, complétés par un peu de pamplemousse et un caractère végétal évoquant l’herbe coupée. Simple, mais de belle qualité. Ça se poursuit en bouche sur une attaque équilibrée, montrant une bonne vivacité. Le citron domine, avec une bonne intensité, bien agencé avec un léger caractère végétal, et un trait d’amertume évoquant le zeste d’agrume. Le milieu de bouche est sans faille, le vin est de bonne tenue, avec un niveau de concentration plus que décent. La finale garde le cap sans problème, sur une longueur étonnante.
Le style citronné de l’Alto Vuelo se retrouve dans ce Sauvignon Blanc de William Cole. C’est un vin sans grande prétention, mais il livre tout ce qu’on peut espérer d’un vin de ce cépage offert à ce prix (13.95$), et même plus. Le style de la maison penche définitivement vers l’archétype ligérien plutôt que le néo-zélandais. J’aimerais bien goûter la cuvée phare de la maison, appelée simplement “Bill”, et élevée en barriques de chêne. Je n’ai encore goûté aucun Sauvignon Blanc chilien élevé en barrique. Il y en a un qui s’en vient ici pour bientôt.
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mardi 19 janvier 2010
SYRAH, CORRALILLO, 2007, SAN ANTONIO, MATETIC
Matetic est un de ces producteurs totalement axés sur la qualité, installés dans de nouvelles régions, et qui sont en train de redéfinir l’identité du Chili vinicole. Dans le cas de Matetic, on a vraiment la totale, région côtière fraîche, biodynamie, chai de vinification à flot gravitationnel. Pour ce qui est de cette Syrah, Corralillo, deuxième étiquette de la maison, elle est issue de raisins de jeunes vignes, provenant de trois parcelles au caractéristiques de sol et expositions distinctes. Les rendements ne dépassent pas le kilo par plant de vigne, et les vendanges manuelles ont eu lieu tard, dans les deuxième et troisième semaines de mai. Le vin passe un an en barriques de chêne français où s’effectue la FML. Le vin titre à 14% d’alcool pour un pH de 3.50.
La robe est bien sombre et ne se laisse pas traverser par la lumière intense. Le nez module de façon bien dosée des arômes de fruits rouges et noirs, auxquels s’amalgament des notes de poivre noir, de fumée, de viande, de lavande et d’épices douces. Beau nez bien agréable et typique de ce que donne généralement ce cépage en climat frais. La bouche montre une attaque fraîche et bien équilibrée. Le vin est de structure assez compacte et le fruit éclatant est relevé par une acidité bien perceptible. Un caractère épicé et viandé, ainsi qu’une touche fumée viennent enrichir la palette des saveurs. Belle tenue en milieu de bouche, c’est bien droit, concentré à souhait, avec toujours cette fraîcheur qui ajoute de l’intensité et de l’éclat au fruit. La trame tannique est fine et veloutée, mais gagne tout de même un peu de poigne en fin de bouche, où l’allonge est de très bon niveau.
Voici un superbe vin de Syrah, frais et expressif, qui malgré son jeune âge procure déjà beaucoup de plaisir. J’ai vraiment adoré ce vin dont la qualité était évidente à chaque gorgée. Le vin rend une expression pure du cépage. Ici, on n’a pas joué avec les fermentations pour se rendre intéressant. Le vin est propre, les saveurs et les arômes intenses et éclatants, fidèles reflets, à mon sens, de ce que le raisin, et le terroir dont il est issu, avaient à donner. Du beau travail, bien fait. Même si ce vin est actuellement délectable dans ses habits de jeunesse, je ne doute pas que le temps puisse le faire évoluer de façon intéressante. Pour le prix payé de 23$ la bouteille, il s'agit d'un superbe achat, et une façon abordable de découvrir le visage changeant du vin chilien.
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dimanche 17 janvier 2010
CHARDONNAY, SWAN BAY, 2008, VICTORIA, SCOTCHMANS HILL
Ce vin est le Chardonnay d’entrée de gamme de ce très bon producteur australien axé sur la production de vins de climat frais. Ce vin est un assemblage élaboré avec des fruits provenant de différents vignobles de la région de Victoria. Je n’ai pas les détails précis pour le millésime 2008, mais 70% des raisins entrant dans cette cuvée sont habituellement fermentés et élevés pour 6 mois en barriques de chêne français, le reste demeurant en inox jusqu’à l’assemblage final.
La robe est d’une légère teinte dorée. Le nez exhale avec modération des arômes de citron, de pêche, complétés par un peu de poire, une touche de vanille, du miel et des noix. En bouche, le vin se révèle équilibré, avec une bonne amplitude. La matière est savoureuse et d’une bonne richesse. Le vin rempli bien la bouche, avec un bon niveau de concentration. Ça coule bien, c’est agréable à boire et la finale est harmonieuse, longue et de bonne intensité.
J’ai bien aimé ce vin. Oubliez le cliché tropical souvent associé aux Chardos australiens. Dans ce cas-ci, c’est à la fois frais, typique du cépage, mais avec quand même une bonne richesse et une bonne présence en bouche. Beau vin d’entrée de gamme pour Scotchmans Hill, offert à un bon prix (19.05$). J’ai l’ai trouvé d’un niveau similaire au Chardonnay d’entrée de gamme de Coldstream Hills, dont j’ai déjà parlé sur ce blogue, mais il est vendu 9$ de moins, ce qui en fait un bon RQP.
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samedi 16 janvier 2010
CABERNET FRANC, 2007, CASABLANCA, LOMA LARGA
Après le Malbec et l’assemblage à dominante Syrah, Rapsodia, je complète mon trio de vins de Loma Larga issus de l’excellent millésime 2007. Comme pour les deux vins précédents, je m’attends à découvrir un vin bien trop jeune, mais la curiosité l’emporte. Le producteur lui-même recommande une garde minimale de trois ans pour ce vin, mais même si je sais que le plaisir ne sera pas optimal, j’aime bien aborder un vin destiné à la gade à ce stade précoce, ça m’aidera à mieux en comprendre l’évolution. C’est de l’expérience importante pour quelqu’un qui s’intéresse à la garde du vin, et ça en constitue un des plaisirs, même si celui-ci est plus intellectuel que sensuel. Pour ce qui est de ce Cabernet Franc, il est produit en petite quantité (1100 caisses). Il est issu de vignes plantées en 2001, dont le rendement a été maintenu à environ 40 hl/ha. La vendange fut très tardive, ayant été effectuée du 15 au 30 mai. Cela est sûrement un des facteurs expliquant la très bonne maturité des fruits obtenus, et le taux d’alcool de 14.8% qui en découle. Vendange manuelle, triage strict des fruits, égrappage et macération à froid font partie du processus d’élaboration pré-fermentaire. Le vin a été élevé en barriques de chêne français (60% neuves), le reste étant de deuxième usage, pendant 14 mois, avec un usage modéré de sulfites. Le vin montrait un très fort dépôt pour un vin si jeune, ce qui me laisse croire qu’il n’a pas été collé, ni filtré. J’ai bu le vin à parts égales sur deux jours, en gardant la deuxième moitié en demie bouteille pleine.
La robe est très foncée et parfaitement opaque. Le nez est sur la retenu, assez simple à ce stade, mais avec une bonne profondeur. Le fruité rouge et noir de très belle qualité domine avec de la framboise et un peu de cassis. Le tout est agrémenté par un soupçon d’épices douces, un trait d’humus et un aspect boisé non torréfié très délicat. En bouche, l’attaque est pleine, vive et très intense. C’est à la fois volumineux et ferme, avec une présence tannique imposante et robuste. Les saveurs sont littéralement explosives, avec le fruité qui domine à ce stade précoce. Le milieu de bouche révèle un niveau de concentration très élevé, avec une matière très riche et dense et toujours cette masse tannique imposante. La finale est vraiment très intense, sur une longueur de très fort calibre.
Ce vin est une bête sauvage, avec ce que ça peut avoir d’impressionnant, mais ça le rend, bien sûr, difficile d’approche à ce stade. C’est actuellement un vin qui pour moi est difficile à boire, tellement il est intense et chargé en matière. Seul le temps saura peut-être l’apprivoiser. Je suis assez confiant à ce sujet car il possède tout ce qu’il faut. C’est une matière brute qui demande à être polie et affinée. Bien sûr, les amateurs de sensations fortes pourraient y trouver leur compte dès maintenant. Patricio Tapia, du guide chilien Descorchados, a donné une note de 93 à ce vin et le voit parmi les meilleurs rouges du pays. Je comprends pourquoi, car la qualité et le potentiel sont là, mais pour moi, le réel plaisir est encore à venir. Aussi, avec ce troisième vin de Loma Larga, je peux clairement distinguer un style propre à la maison, surtout entre le Malbec et le Cabernet Franc. L’oenologue en chef de la maison est français et cela transparaît dans le style des vins, bien qu’à cause de la richesse, ça me rappelle plus l’Espagne que la France. Pour conclure, simplement dire que ce vin est offert pour seulement 23$ en Ontario. Compte tenu du potentiel, ça m’apparaît comme une superbe aubaine, même si ça reste un pari. En fait, ce qui est particulier, c’est que si ce vin se vendait 60$, il semblerait moins risqué. C’est surtout son faible prix qui suscite le doute. Je ne connais pas de vin de ce prix avec autant de matière de qualité. Comme quoi en matière de vin le prix joue toujours un rôle, qu’on le veuille ou non. Première réponse dans cinq ans.
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jeudi 14 janvier 2010
VIOGNIER, SINGLE VINEYARD, 2009, RAPEL, ANAKENA
Anakena est un autre de ces nouveaux producteurs chiliens privilégiant la qualité et le terroir. Ils sont installés dans la vallée de Rapel, plus précisément dans l’Alto Cachapoal, mais possèdent aussi deux autres vignobles dans cette région, soit un plus à l’ouest, près de Peumo, aussi dans Cachapoal, et un autre sur la colline de Ninquén dans Colchagua. Pour compléter le tout, ils ont aussi pris le virage côtier avec un vaste vignoble dans Leyda. Ce vin de Viognier a été fermenté et élevé pour le quart en barriques de chêne pendant quatre mois. Les raisins sont récoltés à divers niveaux de maturité dans le but de produire un vin plus complet, à la palette aromatique plus large.
La robe est de teinte pâle, légèrement dorée. Le nez révèle avec une juste intensité des arômes tropicaux d’ananas, de mangue, et de banane, avec aussi un peu de pêche et un trait de pamplemousse. Le tout étant complété par un aspect floral et légèrement épicé. En bouche, l’attaque est équilibrée, avec une bonne acidité pour un vin de ce cépage. C’est donc assez vif et cela contribue à l’intensité de l’expression fruitée. Le milieu de bouche montre une bonne matière et une bonne concentration de saveurs, sur un corps moyen et un volume modéré. Le vin coule agréablement vers une finale intense et harmonieuse, montrant une touche d’amertume et une longueur clairement au-dessus de la moyenne.
Très beau vin de Viognier dans un style plutôt vif et restreint pour ce cépage généralement assez expansif. C’est un vin qui année après année se mérite des éloges, et ma foi, c’est vraiment bien mérité. Il est offert en Ontario pour aussi peu que 12.95$, ce qui en fait à mon sens un RQP hors de l’ordinaire.
http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704017904575409231069472388.html?mod=WSJ_LifeStyle_Lifestyle_6
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dimanche 10 janvier 2010
SYRAH, RESERVA, LIMITED EDITION, 2003, ALTO MAIPO, VINA PEREZ CRUZ
Après une revue de plusieurs Chardonnays chiliens, j’ouvre ces temps-ci plusieurs vins chiliens à base de Syrah, comme le Rapsodia de Loma Larga dont je traite dans mon message précédant. Tous ces vins sont bien jeunes, donc, pour mettre un peu de perspective dans mon exercice, j’ai ouvert une Syrah de l’Alto Maipo avec un peu d’âge pour voir comment elle se présente à ce stade. Ce vin est en fait un assemblage puisqu’il contient aussi du Carmenère (5.5%) et du Cabernet Sauvignon (4%). Le vin a été élevé 14 mois en barriques de chêne. Ce n’était alors que le deuxième millésime de cette cuvée.
La robe est toujours bien sombre, mais se laisse quelque peu pénétrer par la lumière. Le nez est discret, mais révèle tout de même des arômes de fruits noirs, un brin évolués, un peu de cerises, ainsi qu’un petit côté évoquant les raisins secs. Le tout est complété par un léger aspect terreux, des notes de fumée et un soupçon d’épices douces. En bouche, c’est très beau, équilibré et surprenant de retenu. On goûte le caractère légèrement évolué teintant des saveurs fruitées de très belle qualité, amalgamées à des notes finement épicées et avec toujours ce côté légèrement terreux en arrière-plan. C’est dense, compact et bien concentré, mais sans lourdeur, ni excès. La finale poursuit dans la même veine, avec les saveurs qui se fondent encore un peu plus, sur une bonne persistance révélant un peu plus d’amertume.
Ce vin m’a enchanté en sachant allier la finesse à un bon niveau de concentration. Il m’a aussi fortement surpris, par la rapidité de son évolution. Il s’est montré sous un jour très différent de ce qu’il était en prime jeunesse. À vrai dire, le vin s’est métamorphosé, en perdant de son gras et de son volume, et en voyant sa palette aromatique se transformer du tout au tout. Disparus les arômes primaires de la jeunesse, autant au niveau du fruité que du boisé. Le fruit est toujours bien présent, l’influence boisée aussi, mais dans une moindre mesure, mais la nature de ceux-ci s’est transformée. Ce phénomène est difficile à verbaliser. Lorsque j’évoque les raisins secs et l’aspect terreux, c’est une tentative très imparfaite et incomplète de mettre des mots sur cette sensation d’évolution. J’ai ouvert cette bouteille à un moment heureux, mais franchement, je suis embêté pour ce qui est de la suite. Il me reste quatre bouteilles de ce nectar, et sa courbe d’évolution me semble rapide. Bien sûr, je pourrais me précipiter et les ouvrir toutes très rapidement, pour jouir de sa forme actuelle. Mais en même temps, je suis curieux, et un des plaisirs de la garde réside dans les chances qu’on se donne de connaître la suite. Disons que je vais probablement resserrer l’intervalle d’ouverture des bouteilles à venir et ajuster selon ce que ça donnera alors. Le côté difficilement prévisible de l’évolution du vin ne fait-il pas une partie de son charme?
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jeudi 7 janvier 2010
RAPSODIA, 2007, CASABLANCA, LOMA LARGA
Loma Larga est un producteur de la nouvelle vague chilienne axée sur la qualité et le terroir. J’ai déjà parlé sur ce blogue de leur excellent Malbec, je parlerai aussi bientôt de leur Cabernet Franc, mais cette fois-ci il est question de leur vin le plus ambitieux, le Rapsodia, un assemblage à forte dominante de Syrah (70%), complété par du Malbec (25%) et un peu de Cabernet Franc (5%). C’est un vin élaboré d’une façon particulière qui illustre bien ce qui se passe chez les producteurs de pointe du Chili. Les lecteurs de FDV se rappellent sûrement du Girolate, un vin d’appellation générique Bordeaux, issu de l’Entre-Deux-Mers, mais vendu à fort prix. Ce Rapsodia est élaboré de façon similaire au Girolate, avec le système de supports pivotants pour barriques “Oxoline”. Toute l’élaboration a lieu en barrique de chêne français neuf de 400L, par gravité, sans pompage. Le remontage a lieu en tournant la barrique sur son support. L’utilisation de barriques de plus fort volume a pour but de limiter l’apport boisé, et les fermentations directes en barriques(alcoolique et malolactique), ont pour but une meilleure intégration de ce même boisé. Le vin titre à un fort 15.2% d’alcool, ce qui est surprenant pour l’appellation Casablanca, et qui laisse supposer que les vignes jouissent d’un micro-climat plus chaud. Je suis curieux de voir de quoi il en retourne avec ce vin intriguant.
La robe est très foncée, imperméable à la lumière. Le nez est frais et intense, dominé par des arômes fruités de cassis et de cerises, auxquels s’ajoutent des notes de fumée et d’épices douces, ainsi qu’un touche florale. En bouche, dès le premier abord on dénote le haut niveau qualitatif. L’attaque est équilibrée, mais en même temps très intense. Le vin est compact et ferme, avec un doux fruité d’une superbe qualité, bien supporté par une juste dose d’amertume, et mâtiné de subtiles notes épicées. Belle tenue en milieu de bouche, où l’on remarque l’apport structurant de l’acidité, la densité de la matière, et le niveau élevé de concentration. La trame tannique est bien serrée et d’une finesse exemplaire. La finale est à la fois intense et harmonieuse, montrant une longueur de très fort calibre.
J’ai été très impressionné par ce vin qui, à n’en pas douter, possède les attributs pour se classer dans l’élite de la production chilienne. Bien sûr, il est encore très jeune. Sûrement bien trop jeune pour donner le meilleur de lui-même, mais déjà on peut constater que tout est là pour l’obtention de quelque chose d’encore mieux dans quelques années. C’est un vin dense, concentré et très long, avec une matière tannique des plus raffinées. L’équilibre est réussi, l’alcool élevé ne ressort en aucun moment. C’est aussi un vin au profil aromatique original. Bien sûr, il y a ce cassis frais et pur qui fait la marque de plusieurs très jeunes vins chiliens, mais il y aussi quelque chose de particulier dans ce vin, et que je n’ai pu verbaliser avec justesse. Encore une fois, ce vin peut à mon avis rivaliser avec ce que le Chili fait de mieux comme vin rouge. Dans ce contexte, son prix de 36.75$ à la LCBO est tout à fait justifié, ça en fait même une aubaine lorsqu’on le compare à d’autres vins ambitieux vendus plus du double.
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lundi 4 janvier 2010
Wine of Chile Awards
Pour la première fois le jury du "Wines of Chile Awards" sera canadien. Du 11 au 14 janvier 2010, ce sera la septième édition de ce concours où des jurys de journalistes vinicoles étranges sont invités au Chili pour juger une large sélection de vins chiliens vendus à moins de 30$. Deux chroniqueurs du Québec feront partie du jury, Bill Zachariw de "The Gazette" et Nick Hamilton de l'hebdo "Voir". J'ai bien hâte de connaître les résultats et leurs commentaires.
http://www.winesofchile.org/news-press/awards/awoca7/
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samedi 2 janvier 2010
TORRONTÈS, DON DAVID, RÉSERVE, 2007, CAFAYATE, MICHEL TORINO
Je continue ma petite revue des vins de Torrontès disponibles à la SAQ. J’ai acheté cette bouteille il y a un mois, mais c’est le 2009 qui est actuellement en tablette. C’était probablement une bouteille égarée, vieillie en succursale. Quand même intéressant de goûter ce vin avec un peu de temps en bouteille. Juste pour voir si ça tient la route. Ce vin voit un peu de bois de chêne, mais je ne sais sous quelle forme. Il titre à 13.8% d’alcool.
La robe est de teinte jaune clair. Le nez est est assez intense et typique du cépage, mais rappelle aussi fortement le Gewurztraminer avec ses notes florales et de fruits exotiques, avec, entre autres, du litchi et de l’orange. Boisé imperceptible. Beau nez complexe et surtout très agréable. En bouche, c’est bien équilibré, pas trop exubérant, avec une palette de saveurs reflétant bien ce qui était perçu au nez, mais avec en plus un trait d’amertume évoquant le zeste d’agrume. Le milieu de bouche montre un vin qui a de la présence, avec une bonne matière compacte et assez concentrée. En finale, l'aspect fruité tombe un peu rapidement, avec l’amertume qui gagne en importance et perdure un très long moment.
J’ai bien apprécié ce vin. Pas qu’il soit extraordinaire d’aucune façon. Non. Je l’ai aimé tout simplement parce qu’il donne ce à quoi on s’attend d’un vin de ce cépage. C’est bien typé, avec un bon équilibre, et avec une matière de bon niveau. Pour le prix demandé de 16.10$, il n’y a rien à redire. Ce vin livre la marchandise. Maintenant que les vins blancs prennent plus de place dans mon menu vinicole, je trouve que le Torrontès est une belle option pour diversifier ce que je bois. La clef pour mieux apprécier le vin blanc, selon moi, est de varier les cépages. Si on s’en tient aux Chardonnays et Sauvignon Blanc, on peut rapidement se lasser, car je trouve qu'en général les cépages blancs donnent des vins plus typés, donc plus semblables entre eux. Aussi, avec les cépages blancs, on pratique moins l’assemblage. C'est une autre raison expliquant que les profils obtenus avec ces vins sont en général plus homogènes. De là l’importance de se diversifier, et en ce sens, le Torrontès offre une option distinctive et très abordable.
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jeudi 31 décembre 2009
CARMENÈRE/CABERNET SAUVIGNON, ENVERO, GRAN RESERVA, 2007, APALTA, COLCHAGUA, APALTAGUA
Beaucoup d’étrangers investissent dans le potentiel vinicole du Chili. Miguel Torres fut le premier à montrer la voie dans les années 80 en s’installant dans la vallée de Curico. Edward Tutunjian, un américain tombé amoureux du Chili a suivi le même chemin il y a un peu plus de dix ans en achetant des vignobles dans cette même vallée de Curico et y créant des vins sous une étiquette portant son nom. Depuis, il a étendu ses activités dans Colchagua, où il a racheté Apaltagua. Et dernièrement, il a entrepris de créer son propre vignoble en plantant du Cabernet Sauvignon et de la Syrah près de Pirque dans l’Alto Maipo. De plus, autre geste montrant le sérieux du bonhomme, il a engagé le réputé Alvaro Espinoza comme consultant. Le vin dont il est question ici, le Envero, est un assemblage à forte dominante de Carmenère (90%), qui provient de la réputée sous-région de Apalta, située au coeur de la vallée de Colchagua. Il est issu de vieilles vignes de 60 ans d’âge, et a été élevé en barriques de chêne pour 8 à 12 mois. Le vin titre à 14% d’alcool.
La robe est bien foncée et opaque. Le nez est d’intensité modérée, et exprime de beaux arômes de fruits rouges et noirs, mâtinés de notes doucement épicées et d’une touche d’herbes aromatiques, ainsi que d’un trait de poivron rouge grillé. Un léger caractère chocolaté vient compléter ce très agréable ensemble qui sait éviter le caractère parfois trop végétal du Carmenère. En bouche, l’attaque est pleine et équilibrée, la structure est assez compacte et évite les débordements. Le fruité est éclatant et bien balancé par une juste dose d’amertume. Comme au nez, les notes d’épices douces et d’herbes aromatiques viennent agrémenter l’effet gustatif d’ensemble. Le milieu de bouche ne fléchit pas, sur un bon niveau de concentration et une texture tannique veloutée. Le finale ne dévie pas, gardant le cap, en se montrant harmonieuse et intense, sur une longueur de bon calibre.
Tout amateur de vins chiliens puis-je être, le Carmenère n’est pas mon cépage favori. Je le préfère de loin comme élément minoritaire d’un assemblage, qu’il peut alors complexifier et enrichir. C’est un cépage difficile à maîtriser, et lorsqu’il joue les premiers rôles, c’est une boîte à surprises, tellement les résultats peuvent être variables. Dans ce cas-ci, la surprise a été plus que bonne. J’ai vraiment beaucoup aimé ce vin que j’ai trouvé bien équilibré, avec une bonne matière et déjà agréable à boire. Ce vin s’est mérité les chaleureux éloges de la revue britannique Decanter et ça me semble parfaitement mérité. J’ai payé cette bouteille la modique somme de 15.95$. À ce prix, il va sans dire que c’est un RQP de haut niveau, et Apaltagua est un producteur à surveiller.
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lundi 28 décembre 2009
RIESLING, HANLIN HILL, 2008, CLARE VALLEY, PETALUMA
Après avoir lu à propos de Brian Croser, qui a fondé Petaluma il y a environ 30 ans, et sur cette maison et la qualité de ses vins aujourd’hui. J’ai eu le goût d’ essayer un de leur vin, soit ce Riesling. C’est le moins cher de la gamme, et pourtant ce vin reçoit beaucoup de commentaires très élogieux et possède un historique de garde impressionnant pour un vin de prix si abordable (22.45$). Le premier millésime issu du vignoble de Hanlin Hill a été produit en 1979. La région de Clare Valley, comme bien d'autres en Australie, est touchée par la sécheresse depuis quelques millésimes, et ce 2008 n’y échappe pas. La floraison fût très hâtive, et les raisins furent cueillis un mois plus tôt que la norme historique. Ce faisant, ils ont évité le pire de la vague de chaleur qui a touché cette région en 2008. La fermentation a lieu à basse température (10-13°C) et c’est étendue sur une longue période de six à sept semaines, jusqu’à épuisement des sucres. Le vin titre à 12.5% d’alcool.
La robe est d’une teinte jaune plutôt pâle. Le nez est de bonne intensité et dégage des arômes marqués de citron, complétés par des notes de poire et une pointe de fruits exotique. À cela s’ajoute une trace d’hydrocarbure et un caractère minéral crayeux bien en évidence. En bouche, l’attaque porte bien son nom, avec une acidité vive et un aspect minéral soutenu. Cela donne au vin un caractère assez austère, avec un fruité citronné sur la retenue. Le milieu de bouche est intense et concentré, mais toujours marqué par l’acidité et l’aspect minéral. Cela se poursuit en finale, sur une très bonne longueur.
Voilà un vin qui n’est pas pour les coeur sensibles et les amateurs de douceurs onctueuses. Bien typé Riesling et bien sec, ici on est dans la droiture acérée. Dire que ce vin est tranchant serait un euphémisme, surtout trois jours après l’ouverture où il semblait avoir perdu un peu de son fruit. Actuellement, il faut être dans des conditions favorables pour apprécier ce vin tellement il ne fait pas de quartier. Toutefois, sa qualité me semble indéniable et son potentiel de garde évident. Le néologisme “minéralité” me semble souvent galvaudé dans le merveilleux monde vinicole, mais je pense que ce vin permet de constater assez facilement qu’il peut parfois être légitime. Selon mes lectures, ce vin s’assagit avec l’âge et gagne en complexité. Moi qui manque de vins de garde en blanc, et qui ne déteste pas ce style affirmé, je pense bien donner une chance à la garde de ce vin avec quelques bouteilles qui iront dormir tranquillement. Surtout que les blancs de ce prix, ayant un historique de garde éprouvé, sont plutôt rares. Un vin pouvant mettre à mal tous les préjugés à propos des vins australiens. Je pense vraiment que pour la garde c’est une véritable aubaine au prix demandé.
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vendredi 25 décembre 2009
CABERNET SAUVIGNON, RESERVA, DOMAINE DON MAXIMIANO, 1998, ACONCAGUA, ERRAZURIZ
Une petite vieiilerie pour fêter Noêl. Le nom de ce vin trahit son âge. C’était avant qu’on rebaptise cette cuvée sous le nom plus commun de “Max Reserva”. 1998, c’est l’année où le phénomène “El Nino” a frappé le plus fort au Chili, avec de la pluie et des températures plus fraîches. En fait, c’est le dernier millésime déclaré comme carrément mauvais dans ce pays. Toutefois, là comme ailleurs, il faut se méfier de ce genre de jugement général. Le Chili est un vaste pays vinicole, et là aussi les décisions humaines peuvent jouer un grand rôle sur le niveau qualitatif final. Pour le reste, j'ai peu d'informations sur ce vin. Sinon qu’il titre à 14% d’alcool, et de mémoire, qu’il a été élevé en barriques de chêne français et américain, dont une certaine proportion était neuves.
La robe est passablement translucide, de teinte brique au pourtour orangé, montre des signes clairs d’évolution. Le nez est bien présent, mais là aussi l’évolution est facilement notable avec des arômes de terre humide, de feuilles mortes et de thé, qui s’entremêlent à des notes de fruits rouges (cerises) et d’épices douces, ainsi qu’à un aspect torréfié intriguant. Très beau nez évolué et complexe, situé à des lieues de son profil de prime jeunesse. En bouche, le vin est d’un bel équilibre où les divers aspects sont bien intégrés. On peut percevoir l’évolution de chaque élément de départ, que ce soit le fruité ou le boisé. Il sont toujours là, mais sous une forme altérée par le temps, et à cela s’ajoutent de nouvelles saveurs qui viennent contribuer à lier l’ensemble. C’est un phénomène difficile à mettre en mots, mais le résultat est vraiment délectable. Ce vin est encore bien expressif, mais évite toute forme d’agression, chose qu’on retrouve souvent dans de très bon jeunes vins. Ici, la matière a eu le temps de se calmer, de se fondre, et ça coule de source, sans effort, comme une caresse. Ce n’est pas très concentré, ni volumineux ou puissant. On est ici dans un autre registre. La finale ne dévie pas de la ligne tracée, et montre une bonne longueur, sans plus, sur des rémanences de chocolat noir.
Compte tenu du millésime, je dois avouer que j’ai été agréablement surpris par ce vin. Il avait encore suffisamment de fruit pour créer un bon équilibre avec les notes tertiaires. Son aspect fondu m’a beaucoup plu. On était loin ici d’un vin spectaculaire qui en mets plein la bouche. C’était un vin modéré, au profil évolué et à la texture veloutée. Facile et agréable à boire, misant sur l’aspect aromatique. Certainement pas un grand vin, pas aussi bon qu’un bon Cab de Maipo, du même prix et du même âge, mais quand même d’un bon niveau qualitatif. Le genre de vin qui me motive à mettre beaucoup de rouges chiliens de cette gamme de prix de côté. Car ce type de vin n’est pas disponible sur le marché. Si on veut en boire sur une base régulière, il faut y voir soi-même.
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La robe est passablement translucide, de teinte brique au pourtour orangé, montre des signes clairs d’évolution. Le nez est bien présent, mais là aussi l’évolution est facilement notable avec des arômes de terre humide, de feuilles mortes et de thé, qui s’entremêlent à des notes de fruits rouges (cerises) et d’épices douces, ainsi qu’à un aspect torréfié intriguant. Très beau nez évolué et complexe, situé à des lieues de son profil de prime jeunesse. En bouche, le vin est d’un bel équilibre où les divers aspects sont bien intégrés. On peut percevoir l’évolution de chaque élément de départ, que ce soit le fruité ou le boisé. Il sont toujours là, mais sous une forme altérée par le temps, et à cela s’ajoutent de nouvelles saveurs qui viennent contribuer à lier l’ensemble. C’est un phénomène difficile à mettre en mots, mais le résultat est vraiment délectable. Ce vin est encore bien expressif, mais évite toute forme d’agression, chose qu’on retrouve souvent dans de très bon jeunes vins. Ici, la matière a eu le temps de se calmer, de se fondre, et ça coule de source, sans effort, comme une caresse. Ce n’est pas très concentré, ni volumineux ou puissant. On est ici dans un autre registre. La finale ne dévie pas de la ligne tracée, et montre une bonne longueur, sans plus, sur des rémanences de chocolat noir.
Compte tenu du millésime, je dois avouer que j’ai été agréablement surpris par ce vin. Il avait encore suffisamment de fruit pour créer un bon équilibre avec les notes tertiaires. Son aspect fondu m’a beaucoup plu. On était loin ici d’un vin spectaculaire qui en mets plein la bouche. C’était un vin modéré, au profil évolué et à la texture veloutée. Facile et agréable à boire, misant sur l’aspect aromatique. Certainement pas un grand vin, pas aussi bon qu’un bon Cab de Maipo, du même prix et du même âge, mais quand même d’un bon niveau qualitatif. Le genre de vin qui me motive à mettre beaucoup de rouges chiliens de cette gamme de prix de côté. Car ce type de vin n’est pas disponible sur le marché. Si on veut en boire sur une base régulière, il faut y voir soi-même.
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jeudi 24 décembre 2009
CHARDONNAY, MARQUES DE CASA CONCHA, 2007, PIRQUE, ALTO MAIPO, CONCHA Y TORO
Je poursuis ma série de Chardonnays chiliens en m’éloignant totalement de la côte Pacifique, pour aller complètement à l’opposé, au pied des Andes, dans l’Alto Maipo, près de Pirque. Le vignoble s’appelle Santa Isabel et il est situé dans la partie la plus élevée et la plus fraîche de cette région reconnue pour ses Cabernets. Cette cuvée reçoit année après année les louanges et les gros scores des critiques américains (WA et WS), et pourtant, ce 2007 deviendra une sorte de relique vinicole, car il s’agit du dernier millésime de ce vin produit dans sa forme actuelle. À partir du millésime 2008, cette cuvée est élaborée avec des raisins provenant de la vallée de Limari. En un sens, cela est surprenant, car avec les gros scores que recevait ce vin, on comprend mal pourquoi le producteur a décidé de changer la recette. Toutefois, d’un autre côté, ça en dit beaucoup sur le potentiel que Concha y Toro voit dans la région de Limari. Il faut dire que l’oenologue en charge des vins de la gamme Marques de Casa Concha, Marcelo Papa, croit tellement au potentiel de Limari, qu’il a convaincu ses patrons d’acheter et de planter des vignobles dans cette région, et de créer une nouvelle compagnie, dédiée à ces vins, appelée Maycas del Limari. Donc, avec ce Chardonnay de Maipo, je bois vraiment une partie de l’ancien Chili en voie d’extinction. Je le boirai avec un peu de recueillement donc.... Je l’aimais bien moi ce vin.
La robe arbore une teinte dorée. Le nez est bien calibré avec des arômes de pêches bien mûres, de citron, d’orange et de mangue, le tout étant complété par des notes de miel et d’épices douces, ainsi qu’une touche de caramel. Très beau nez sur le fruit bien mature et au boisé bien dosé. À la fois jeune et complexe. En bouche, l’attaque équilibrée, avec un brin de rondeur et une belle intensité fruitée qui se marie bien à l’aspect boisé de qualité. Le milieu de bouche montre un vin de bon volume et bien concentré, mais sans lourdeur. Ça coule facilement vers une belle finale intense, où les saveurs se fondent et persistent un long moment.
Fidèle au style mûr et savamment boisé de cette cuvée. Un vin très agréable, facile à boire. Beau dernier tour de piste. Je serais curieux de savoir ce que fait maintenant Concha y Toro avec ces vignes de Chardonnay??? Recalées dans une gamme inférieure, ou bien greffées avec du Viognier ou un cépage rouge aimant un peu de fraîcheur, comme la Syrah, le Cabernet Franc, ou le Malbec??? Une chose est sûre, l’abandon de ce vin à succès montre bien la détermination du Chili à aller de l’avant, sans trop s’émouvoir de ce qu’il laisse derrière.
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mardi 22 décembre 2009
Petites précisions sur mes notes de dégustation
J’aimerais préciser certaines choses par rapport à ce que j’écris sur ce blogue. La première étant que j’ai rarement le temps ou l’envie d’écrire sur des vins que je n’ai pas aimés. Ce qui fait que je peux avoir l’air de tout aimer, tout le temps. Il faut dire que n’étant qu’un amateur, les vins dont je parle sont, la plupart du temps, des vins que j’ai achetés, et que comme amateur je n’achète pas à l’aveuglette. Je fais presque toujours une recherche avant d’acheter un vin. Je connais aussi très bien mes goûts. Cela limite beaucoup les erreurs. Aussi, mon intérêt particulier pour le Chili limite encore plus mes mauvais achats de ce côté. Ça ne les élimine pas totalement toutefois. À preuve, dernièrement, le Carmenère/Cabernet Sauvignon, 1810, 2006, Maule, Casa Donoso. Un vin totalement ruiné par les bretts, ou bien le Chardonnay, Reserve, 2008, Casablanca, Vina Carmen, un vin très quelconque qui a fini son existence dans la sauce au fromage. Ou encore une dégustation des produits D’Arenberg à laquelle j’ai participé dernièrement. Je n’ai vraiment pas aimé la plupart de ces vins dominés par l’impression sucrée du fruit. Ça prend déjà assez de temps et de motivation pour écrire sur les vins que j’ai aimés. Je n’ai pas ce temps ni cette motivation pour le faire négativement. Voilà.
Un autre point est celui des notes. Je ne donne pas de notes aux vins dont je parle. Plus je progresse dans le monde du vin et plus je trouve ridicules les notes chiffrées et précises. Cela ne veut pas dire que je n’ai aucune idée du niveau qualitatif d’un vin donné, mais les mots permettent de mieux préciser cette appréciation qualitative, de la mettre en contexte, et surtout, d’inclure la notion de plaisir dans l’équation. Par exemple, je trouve que la plupart des vins rouges sont mis en marché bien trop jeunes. Actuellement, j’ouvre des 2007 par curiosité, et la plupart sont bien trop jeunes et donneront bien plus de plaisir dans quelques années. La qualité est là, on peut la constater, mais le vrai plaisir est à venir. Comment peut-on intégrer cette opposition dans un seul chiffre? C’est à mon avis impossible, et s’il faut lire le commentaire pour bien comprendre, alors le chiffre est inutile. Aussi, il y a toute la question des critères à la base de l’évaluation. Par exemple, un critère de plus en plus important pour moi, et relié à la notion de plaisir, est la fameuse “buvabilité”. Cette notion est très variable dans le temps pour un vin donné, et n’est généralement pas primordiale dans l’attribution de notes par les professionnels. Selon mon expérience, ceux-ci privilégient la plupart du temps la concentration, la puissance et la longueur. Autre problème pour moi avec les notes, et celui-ci est bien personnel, c’est que j’ignore ce qu’est un vin parfait. Alors même selon mes critères qualitatifs personnels, sans limite supérieure bien établie, il me serait difficile d’établir une échelle de notation valable. À l’encontre des notes précises, il faut bien sûr ajouter les limites du dégustateur. Je suis convaincu qu’il est impossible pour un dégustateur, même le meilleur, d’attribuer à l’aveugle la même note au même vin de façon répétée. Les sens du goût et de l’odorat n’ont juste pas cette précision, et quelqu’un qui veut écrire sérieusement sur le vin devrait avoir l’humilité de le reconnaître.
Un autre point est celui des notes. Je ne donne pas de notes aux vins dont je parle. Plus je progresse dans le monde du vin et plus je trouve ridicules les notes chiffrées et précises. Cela ne veut pas dire que je n’ai aucune idée du niveau qualitatif d’un vin donné, mais les mots permettent de mieux préciser cette appréciation qualitative, de la mettre en contexte, et surtout, d’inclure la notion de plaisir dans l’équation. Par exemple, je trouve que la plupart des vins rouges sont mis en marché bien trop jeunes. Actuellement, j’ouvre des 2007 par curiosité, et la plupart sont bien trop jeunes et donneront bien plus de plaisir dans quelques années. La qualité est là, on peut la constater, mais le vrai plaisir est à venir. Comment peut-on intégrer cette opposition dans un seul chiffre? C’est à mon avis impossible, et s’il faut lire le commentaire pour bien comprendre, alors le chiffre est inutile. Aussi, il y a toute la question des critères à la base de l’évaluation. Par exemple, un critère de plus en plus important pour moi, et relié à la notion de plaisir, est la fameuse “buvabilité”. Cette notion est très variable dans le temps pour un vin donné, et n’est généralement pas primordiale dans l’attribution de notes par les professionnels. Selon mon expérience, ceux-ci privilégient la plupart du temps la concentration, la puissance et la longueur. Autre problème pour moi avec les notes, et celui-ci est bien personnel, c’est que j’ignore ce qu’est un vin parfait. Alors même selon mes critères qualitatifs personnels, sans limite supérieure bien établie, il me serait difficile d’établir une échelle de notation valable. À l’encontre des notes précises, il faut bien sûr ajouter les limites du dégustateur. Je suis convaincu qu’il est impossible pour un dégustateur, même le meilleur, d’attribuer à l’aveugle la même note au même vin de façon répétée. Les sens du goût et de l’odorat n’ont juste pas cette précision, et quelqu’un qui veut écrire sérieusement sur le vin devrait avoir l’humilité de le reconnaître.
lundi 21 décembre 2009
CHARDONNAY, WINEMAKER’S LOT 14, 2008, CASABLANCA, CONCHA Y TORO
La gamme “Winemaker’s Lot” de Concha y Toro est plutôt obscure. Elle n’est pas référencée sur le site du producteur, probablement car elle est hétérogène et sans continuité dans le temps. Les vins de cette gamme sont axés sur des parcelles particulières de vignobles de cette grande maison, et vinifiés par un “winemaker” à l’emploi de celle-ci. Dans le cas de ce Chardonnay, l’oenologue en charge est Carlos Halaby. Les raisins proviennent de la parcelle 14 du vignoble “El Triangulo”, situé dans la vallée de Casablanca. Ce vignoble donne aussi les raisins pour les deux cuvées les plus ambitieuses en matière de cépages bourguignons, soit le Chardonnay Amelia, et le Pinot Noir Occio, de la filiale Cono Sur. Concha y Toro étant une très grosse entreprise produisant de très forts volumes sur la majorité de ses vins, cette gamme particulière semble vouloir privilégier la vision d’un homme, avec un cépage, sur un terroir précis, et ce, pour des vins de prix abordables.
La robe est de teinte or pâle. Le nez est d’intensité modérée avec le citron comme arôme principal, mais aussi des notes de poire et de pêche, ainsi qu’une touche doucement épicée. En bouche, l’attaque est d’un très bel équilibre, les saveurs reflètent assez bien ce qui était perçu au nez, avec toujours le citron en majeure. Ces saveurs sont intenses et de très belle qualité, mais en même temps sans excès et avec une certaine élégance. Le milieu de bouche est un pur plaisir, où tous les éléments semblent montrer de justes proportions. Au risque de me répéter, ce vin joue vraiment la carte de l’équilibre, avec une belle fraîcheur et cette fameuse “buvabilité” tant recherchée. Aucun excès dans ce vin donc, mais rien ne manque. Cela se transpose en finale où une agréable impression d’harmonie se dégage, sur une persistance de très bon niveau.
Après San Antonio et Limari, voilà un beau vin de Chardonnay de Casablanca au profil qui le distingue de ses trois prédécesseurs. Son caractère citronné le rapproche d’un vin de Sauvignon Blanc, mais sans l’aspect végétal, et avec une légère influence boisé qui apporte un subtil caractère épicé et qui contribue à la rondeur. Avec le Tabali, c’est clairement le vin le plus facile à boire. Il faut se restreindre pour ne pas vider la bouteille trop rapidement. Vraiment un vin des plus agréables et un RQP très appréciable (17.95$). Ce vin et les trois autres dégustés auparavant sont une belle illustration des progrès rapides effectués par la Chili avec le cépage Chardonnay. La qualité est là, et la diversité de style aussi. Pour l’amateur averti, il maintenant possible de boire de très bons Chardonnays chiliens, et ce, pour des prix imbattables. Et comme la plupart des vignobles sont très jeunes, et que l’on continue de développer de nouveaux terroirs de climats frais, le meilleur est encore à venir.
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vendredi 18 décembre 2009
CHARDONNAY, AMAYNA, 2006, LEYDA, SAN ANTONIO, VINA GARCES SILVA
Je continue sur ma lancée de Chardonnays chiliens avec un vin venant d’un autre de ces nouveaux producteurs ayant comme point de mire d’élaborer des vins de terroir et de qualité. Dans ce cas-ci, le terroir est celui de Leyda, une petite sous-région de l’appellation côtière plus large de San Antonio. Comme plusieurs de ces nouveaux producteurs chiliens axés sur la qualité, Garces Silva est doté d’un chai de vinification par gravité des plus modernes, et d’une salle d’élevage à température et humidité contrôlée. Pour ce qui est de ce Chardonnay, il est fermenté en barriques de chêne français Taransaud, dont la moitié sont neuves, et élevé dans celles-ci pendant un an.
La robe est d’une belle teinte or. Le nez est intense et offre des arômes de pêche, de mangue, de citron, de maïs, de noix et d’épices douces, le tout étant complété par un aspect minéral me rappelant l’eau de source fraîchement récoltée. En bouche, l’attaque est très intense, les saveurs irradient de toutes parts, avec une belle ampleur et une texture légèrement onctueuse. La matière est concentrée et intense, sur un bon volume. Les saveurs sont de très belle qualité et bien intégrées. La finale est fondue et harmonieuse, avec une allonge de fort calibre.
Des trois Chardonnays chiliens dégustés dernièrement, avec le Tabali et le Chocalan, ce Amayna est clairement le plus distinctif. C’est le plus puissant, le plus concentré et le plus expressif, tant au nez qu’en bouche. C’est un vin de caractère, avec un petit côté sauvage difficile à décrire. En ce sens, il me fait penser aux Sauvignons de Casa Marin, avec une empreinte du terroir bien affirmée, mais qui pourrait en déconcerter certains recherchant un profil plus classique. Ceci dit, pour moi, ce caractère particulier est positif, et nul doute que ce vin est de très grande qualité. Je ne connais pas de Chardonnay de ce prix (24$) qui offre autant de matière. Pour boucler la boucle de ce trio de vins. Je vais citer encore une fois Jay Miller du Wine Advocate, qui après deux 91 aux Chocalan et Tabali, a octroyé un 93 à ce vin, y voyant une ressemblance frappante avec un Grand Cru de Bourgogne, et le classant comme un des meilleurs du Chili. Comme les Grands Crus de Bourgogne ne sont pas mon ordinaire, j’avoue ne pas pouvoir juger de la justesse de la comparaison de M. Miller. Mais encore une fois, je ne référence ce commentaire qu’à titre indicatif. Pour montrer qu’il a apprécié, et non pour la note elle-même. Toujours est-il que pour moi il est clair que ce vin est de qualité supérieure et qu’il complète avec brio un fort trio de Chardonnays chiliens montrant les progrès qualitatifs rapides de ce cépage au Chili, et offrant des RQP de très haut calibre. Le millésime 2007 de ce vin devrait arriver bientôt à la SAQ. Gardez l’oeil et l’esprit ouverts.
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mercredi 16 décembre 2009
CHARDONNAY, RESERVA ESPECIAL, 2007, LIMARI, VINA TABALI
La dernière année a marqué une évolution dans mon profil de consommateur de vin. Moi qui buvait surtout du rouge, j’augmente graduellement ma consommation de blanc. Une des raisons est que je préfère maintenant mes rouges avec un certain âge, ce qui leur procure plus de “buvabilité”. Toutefois, je n’ai pas encore la réserve requise de ce type de vin pour en boire régulièrement. Je stocke donc les jeunes rouges, et j’ouvre plus de jeunes blancs, qui eux se boivent très bien, malgré leur jeunesse. Une autre raison de ma dérive relative vers les blancs, étant donné mon intérêt pour les vins du Chili, est l’augmentation marquée du niveau qualitatif des blancs issus de ce pays, avec le développement de nouvelles régions plus fraîches et mieux adaptées à la culture des cépages blancs en général. En ce sens, je continue ma revue de quelques Chardonnays issus de ces nouvelles régions chiliennes, avec une offrande de Vina Tabali, issue de la vallée de Limari. Ce vin provient d’un vignoble aux sols à haute teneur en calcaire, sous influence directe du Pacifique, qui est situé à 25 km. Le fermentation a eu lieu en barriques de chêne français, suivie d’un élevage de 10 mois dans celles-ci.
La robe arbore une teinte dorée assez pâle. Le nez est quelque peu retenu, mais tout de même bien agréable, exhalant des arômes de pêche, de citron, de noix, et de miel. Beau nez fin et délicat. En bouche, le vin se montre pas mal plus démonstratif, avec une attaque superbement équilibrée, ronde et souple, presque onctueuse. Le vin est d’une texture caressante, et le fruité est d’une pureté exemplaire, amalgamé à de légères notes doucement épicées. Le milieu de bouche est lui aussi sous le signe de l’équilibre, la matière est bonne, sans excès d’aucune sorte. Les proportions sont idéales. Le vin coule sans effort et le niveau de la bouteille baisse trop rapidement. La finale garde le cap sans fléchir, avec toujours cette impression d’équilibre presque idéal, sur une allonge de bon niveau.
Si la “buvabilité” doit être un critère primordial dans l’évaluation d’un vin, et bien cette “Réserve Spéciale” de Vina Tabali marque un point indéniable. Ce vin est dangereusement bon. Pourtant, il n’a aucune particularité spectaculaire. Mais l’ensemble est une réussite totale. L’exemple parfait illustrant que parfois, la somme peut être supérieure à l’ensemble des parties. Ça coule sans effort en caressant le palais, sur un spectre gustatif irréprochable. Très beau vin de Chardonnay, subtil et élégant, à l’apport boisé finement dosé. Aucune lourdeur dans ce vin, que du plaisir. Franchement. J’adore. Et comme toujours avec moi, quand je pense au prix (18.95$), j’ai tendance à le trouver encore meilleur. Je ne suis pas le seul. Jay Miller de Wine Advocate a donné un 91 à ce vin, comparant son profil élégant à celui d’un Côte de Beaune. Vraiment superbe vin à l’excellent RQP, qui montre que le Chili fait de grands et rapides progrès avec le cépage Chardonnay, de Malleco au sud, jusqu'à Limari au nord.
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lundi 14 décembre 2009
CHARDONNAY, MALVILLA, 2008, SAN ANTONIO, VINA CHOCALAN
Chocolan est un de mes producteurs chilien favori. C’est un membre de cette nouvelle vague de producteurs totalement axés sur la production de vins de qualité. Jusqu’à présent, je n’avais goûté qu’à leurs vins rouges, issus de la partie ouest de la vallée de Maipo, sous région appelée Maipo Costa. Malgré le nom évoquant la côte, cette région ne donne pas directement sur celle-ci, étant protégée du Pacifique par la cordillère côtière. Toutefois, de l’autre côté de cette cordillère, on retrouve la région de San Antonio, qui elle donne directement sur le Pacifique. C’est là, près du village de Malvilla, que Chocalan a étendu ses activités il y a cinq ans, en plantant un vignoble à seulement 4 km de l’océan, rivalisant ainsi avec Casa Marin pour le titre de vignoble le plus maritime du Chili. Ce nouveau vignoble est surtout axé sur la production de vins blancs (Chardonnay, Sauvignon Blanc, Riesling et Gewurztraminer), complétés en rouge par le Pinot Noir. Les premières vignes ont été plantées en 2005. Ce Chardonnay est donc issu de la première récolte effectuée sur des vignes de trois ans d’âge. Seulement 20% du vin est fermenté en barrique de chêne neuves, et élevé sur lies pendant huit mois dans celles-ci.
La robe brille d’une superbe teinte dorée. Le nez est étincelant avec un superbe mélange d’arômes de pêche, de poire, de citron, de banane, d’orange, et de miel, le tout complété par une très légère touche de vanille et un léger aspect floral. Très beau nez montrant une belle complexité, particulièrement au niveau fruité. En bouche, l’attaque est équilibrée, avec une bonne amplitude, une certaine rondeur et une saine acidité. Les arômes perçus au nez se reflètent assez fidèlement au niveau gustatif. Les saveurs sont intenses et éclatantes, avec un léger apport boisé déjà bien intégré. Ce vin est bien expressif, mais il n’y a rien d’excessif dans celui-ci. En fait, il montre une belle finesse. Ce n’est pas un vin très concentré, et cela sied bien au style préconisé, axé sur l’élégance et la qualité aromatique. La finale est harmonieuse, avec des saveurs qui se fondent très bien, sur une longueur de bon calibre.
Que dire de plus à propos de ce très beau vin? Un Chardonnay jouant la carte de la finesse et de l’élégance, c’est encore rare au Chili, mais ce vin est la preuve que c’est maintenant possible. Bien sûr, la fraîcheur du terroir semble être ici la clef. Il faut aussi se rappeler que ce vin est issu de vignes de seulement trois ans d’âge. Dans ce contexte, le niveau qualitatif est proprement renversant. Il ne manque qu’un peu de profondeur pour se rapprocher du haut calibre. Toutefois, il est évident que le potentiel est là et que ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne se reflète complètement. Offert pour 22.10$ à la SAQ, c’est un bel achat et une belle occasion de constater à quel point Vina Chocalan est un producteur sérieux.
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vendredi 11 décembre 2009
MALBEC, 2007, CASABLANCA, LOMA LARGA
La région de Casablanca a été la première région dite de climat frais développée au Chili, sous l’impulsion de Pablo Morandé à la fin des années 80. Depuis ce temps, plusieurs producteurs s’y sont installés pour y produire leurs vins blancs, et parfois du Pinot Noir. C’est donc une région reconnue pour ses vins blancs. En fait, tous les producteurs de la région produisent en majorité des vins blancs, sauf un Loma Larga, dont la production de vins rouges est majoritaire. Bien sûr ils ont planté du Pinot, mais aussi du Merlot et un tout petit peu de Cabernet Sauvignon. Mais fait notable, ils furent les premiers à planter dans Casablanca les cépages Cabernet Franc, Malbec, et Syrah. Cinq années d’analyses climatologiques et de sol ont précédé les premières plantations, en 1999, pour bien déterminer les parcelles les mieux adaptées à chaque cépage. Un chai de vinification spectaculaire, à la fine pointe de la technologie, utilisant l’écoulement par gravité, a été construit. Toutefois, la philosophie de vinification de la maison, menée par l’oenologue français, Emeric Genevière-Montignac, en est une alliant hygiène stricte et intervention minimale, ainsi qu’un usage modéré du bois neuf.
Pour ce qui est de cette cuvée de Malbec, c’est en fait un assemblage de 95% de Malbec, complété par de la Syrah. Le vin est élevé un an en barriques de chêne français, dont seulement 10% sont neuves, le reste étant de deuxième et troisième usages. De façon très étonnante pour un rouge venant d’une région dite fraîche, le vin titre à 14.8% d’alcool. Il faut croire que les analyses climatiques ont porté fruit, et qu’il existe des micro-climats dans cette partie spécifique de la région. Voyons maintenant ce que ça donne une fois dans le verre.
La robe est dense, sombre et opaque. Le nez s’exprime avec une certaine retenue sur de très beaux arômes de fruits noirs, complétés par des notes d’humus, de bois de cèdre, d’épices douces, ainsi qu’un léger aspect floral. Beau nez, pas le plus complexe pour le moment, mais il possède une belle qualité d’arômes. En bouche, le vin se montre intense et compact, ferme, mais en même temps riche, avec un fruité noir très dense et de superbe qualité. Une fine amertume bien marquée donne un aspect un peu viril et permet l’obtention d’un bel équilibre d’ensemble. En milieu de bouche le vin fait montre de son fort niveau de concentration, tout en sachant éviter la lourdeur. Le vin est à la fois svelte et puissant, sur une trame tannique serrée et satinée. La finale continue dans la même veine, avec un sursaut d’intensité, une très bonne allonge qui voit l’amertume prendre graduellement le dessus.
Je pense connaître assez bien le vin chilien, mais au gré de mes explorations, il arrive encore à me surprendre et à me montrer un visage inédit. Dans le cas de ce Malbec, je n’avais jusqu’à présent rien rencontré de tel au Chili. Ce vin transcende l’idée que j’avais du cépage, qu’il soit d’origine argentine, cadurcienne ou même chilienne. Dès le premier abord, ce vin m’a fait penser à des vins espagnols modernes, à la fois fermes, riches et intenses, comme ceux du Priorat. J’ai vraiment beaucoup aimé ce vin. Il est encore très jeune, et le temps ne pourra que lui être bénéfique. Au prix demandé (19$) sur la boutique en ligne de la LCBO, c’est vraiment un excellent achat. La qualité est indéniable, et pour moi il était intéressant de découvrir un autre visage maintenant possible du vin chilien.
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mercredi 9 décembre 2009
La Syrah au Chili
Voici le lien vers un article intéressant de Liz Caskey, une américaine établie au Chili, à propos de ce qu'elle appelle les "Rhône Rangers" chiliens, ces producteurs lancés dans la production de vins de Syrah au Chili. Plusieurs d'entre eux le font dans des régions de climat frais pour produire des vins étonnants. Sans surprise, aucun des vins mentionnés dans l'article n'est disponible au Québec. Seul Tabali est présent ici avec sa cuvée de base de Syrah. Toutefois, l'Ontario fait meilleure figure et offre la Syrah, 2007, de Amayna, ainsi que la Syrah, Coralillo, 2007 de Matetic. On peut aussi trouver actuellement la cuvée Rapsodia, 2007, de Loma Larga. Un assemblage composé de 70 % de Syrah, complété par du Malbec et du Cabernet Franc. On peut aussi trouver les Malbec et Cabernet Franc de Loma Larga.
http://www.epicopia.com/blog/52-chiles-rhone-rangers-the-new-syrahs
http://www.epicopia.com/blog/52-chiles-rhone-rangers-the-new-syrahs
mardi 8 décembre 2009
SAUVIGNON BLANC, LAUREL VINEYARD, 2005, SAN ANTONIO, CASA MARIN
Pour faire suite au Sauvignon Blanc de Errazuriz, je continue avec un autre Sauvignon Blanc issu de très jeunes vignes, quatre ans dans ce cas-ci, mais avec trois ans de plus en bouteille. Je commence à garder quelques blancs des nouvelles régions fraîches du Chili. Pour commencer, j’ai choisi le précurseur dans le domaine, Casa Marin et ses vins controversés. Il est intéressant de suivre en parallèle l’évolution des deux cuvées de Sauvignon Blanc. Après le “Cipreses Vineyard” il y a quelque temps, j’y vais cette fois avec la cuvée soeur, “Laurel Vineyard”. Nul besoin de rappeler tout le bien que je pense de ce producteur visionnaire au Chili, à qui l’on doit le tournant marquant vers la côte, initié il y a maintenant une décennie.
La robe est d’une belle teinte jaune encore bien pâle. Le nez est maintenant beaucoup plus modéré qu’en prime jeunesse. L’aspect végétal est en déclin marqué, disparus les arômes d’asperges, le citron et l’aspect minéral un peu salin occupent maintenant l’avant scène. En bouche toutefois, le vin est encore très vigoureux, avec toujours cette matière riche, dense et intense. Les saveurs de citron sont concentrées et profondes, étant soutenues par une acidité qui ne se dément pas. Un léger aspect végétal toujours présent vient complexifier la palette gustative. La finale est intense et très longue.
Pas de doute pour moi que Casa Marin fait du grand Sauvignon Blanc. Désolé pour ceux que ça fait paniquer, mais comme dans le cas des bons Cabs de Maipo, avec l’âge ce vin perd son côté distinctif et se rapproche d’un profil classique français. Ce vin était seulement le deuxième millésime produit. À ce sujet, je joins un lien vers un article très récent relatant une dégustation des vins de Casa Marin, dont les Sauvignons du millésime 2009. À la lecture vous verrez que je ne suis pas le seul à voir ces vins dans l’élite mondiale pour ce cépage. Reverrons-nous jamais ces vins à la SAQ? Il le faudrait bien.
samedi 5 décembre 2009
SAUVIGNON BLANC, SINGLE VINEYARD, 2008, ACONCAGUA COSTA, ERRAZURIZ
Comme je l’écrivais dans un message précédant. Une des raisons pour lesquelles j’aime le Chili vinicole est la possibilité de suivre une histoire en plein développement. Ce pays a résolument pris le virage terroir et il est stimulant de pouvoir goûter certains des premiers vins issus de ces nouveaux vignobles, plantés dans des endroits jusqu’ici inexploités pour la viticulture. Même les producteurs historiques du pays prennent ce virage. C’est le cas de la maison Errazuriz. Elle avait déjà amorcé ce mouvement, il y a une quinzaine d’années, en plantant dans la fraîche région de Casablanca pour la production de ses vins blancs et de Pinot Noir. En 2005, elle a décidé de pousser plus loin cette logique en plantant les premières vignes de ce qui allait devenir le domaine Manzanar, situé dans la partie côtière de la vallée de l’Aconcagua, à seulement 14 km de l’océan Pacifique. En plus du Sauvignon, on y a aussi planté du Chardonnay, du Pinot Noir, du Merlot et de la Syrah. En développant ce nouveau domaine côtier, Errazuriz prend clairement exemple sur le succès de la région de San Antonio/Leyda, située un peu plus au sud. D’ailleurs, Errazuriz n’est pas le seul à étendre le vignoble chilien vers la côte. Montes s'est établi lui aussi sur la côte, un peu au nord de Errazuriz, à Zapallar, qui est la portion côtière de la petite vallée de Choapa. Plus au sud, Concha y Toro développe actuellement un nouveau domaine ambitieux près de l’embouchure du fleuve Rapel, dans ce qui pourrait être appelé Cachapoal Costa, et Casa Silva fait la même chose, encore un peu plus au sud, dans l’extension côtière de la vallée de Colchagua.
Pour ce qui est de ce Sauvignon Blanc, il s’agit du premier vin issu du Domaine Manzanar, où quatre clones du cépage ont été plantés (1, 107, 242, 376). J’ignore pourquoi, mais il semble que les jeunes vignes de Sauvignon Blanc soient prêtes plus rapidement que d’autres cépages à donner un premier vin. Dans ce cas-ci, après seulement trois ans. Il est donc clair que ce vin n’est qu’un premier pas, et que le plein potentiel reste à développer. Ce Sauvignon a été élaboré en inox, à basse température de fermentation (12-15° C), en minimisant le contact avec l’oxygène, pour préserver au maximum les arômes variétaux soufrés, facilement oxydables. Le vin n’a pas subit de fermentation malo-lactique, pour conserver le plus possible de fraîcheur. Voyons maintenant le résultat de ce coup de départ.
La robe est de teinte jaune, aux reflet verdâtres, tout de même assez foncée pour un jeune vin de ce cépage. Le nez montre beaucoup de fraîcheur et une belle justesse d’expression, exhalant des arômes de citron, de zeste de pamplemousse, d’herbe coupée, de poivron vert, ainsi qu’un très léger aspect évoquant les fruits tropicaux en arrière-plan. Très beau nez de Sauvignon, d’une étonnante profondeur, complexe, et à l’équilibre réussi entre l’aspect fruité et le caractère végétal. En bouche, le vin surprend par la richesse de sa matière, ainsi que par son amplitude et sa rondeur en attaque. L’acidité est bien présente pour soutenir l’ensemble, et apporter la fraîcheur nécessaire, mais elle n’est pas tranchante. Le milieu de bouche permet de confirmer les impressions initiales, de constater l’aspect minéral du vin, et de se convaincre de son excellent niveau de concentration, sur un bon volume et un bon équilibre. Le finale fraîche et harmonieuse, rehausse le caractère minéral, sur une longueur de bon calibre.
Ce vin est un premier essai très réussi. En fait, je demeure étonné qu’un si bon vin, avec autant de richesse et de matière puisse être élaboré à partir de si jeunes vignes, même si ce n’est pas la première fois que je constate le phénomène. Une chose est sûre, si l’âge des vignes est vraiment un facteur qualitatif déterminant, les vins de ce domaine seront vraiment formidables dans quelques années. Le terroir semble vraiment s’exprimer dans ce vin. L’aspect côtier se révèle, et en ce sens, je l’ai trouvé plus près des vins de Sauvignon de San Antonio/Leyda, que de ceux de Casablanca. C’est vraiment un superbe effort de la part d’Errazuriz, l’occasion de goûter le fruit d’un pays vinicole résolument en marche vers la diversité et encore plus de qualité. Le plus beau, c’est que ce premier né est offert pour aussi peu que 15.95$ à la LCBO, ce qui en fait un RQP de tout premier ordre.
mardi 1 décembre 2009
LE GOÛT: UNE QUESTION DE CHOIX?
Peut-on choisir son goût? Voilà une question qui peut sembler singulière. Pourtant, depuis que je m’intéresse au monde du vin, c’est une question que je me pose avec de plus en plus d’insistance. Le goût est-il quelque chose d’indépendant de notre volonté, ou est-ce le résultat d’un choix? Je lisais hier un message publié par le journaliste et blogueur vinicole britannique Jaimie Goode, et cette question m’est revenue avec beaucoup d’acuité. Voici ma traduction du premier paragraphe de son court texte sur les vins de Nebbiolo:
“J’ai décidé que j’aimais le Nebbiolo. C’est tellement non commercial, donnant des vins de couleur pâle, brutalement tannique, à l’acidité élevée, aux saveurs complexes, et difficiles à se procurer.”
http://www.wineanorak.com/blog/2009/11/nebbiolo-what-crazy-wonderful-grape.html#links
Je respecte Jaimie Goode, et apprécie bien, en général, ce qu’il écrit. C’est un vrai passionné du vin, mais ce petit paragraphe m’a jeté par terre. Pour moi, ça représente en bonne partie ce que je n’aime pas dans le monde du vin. En aucun moment il ne parle de plaisir. Son “amour” semble plus philosophique que motivé par ses sens. Il semble avoir décidé d’aimer les vins de ce cépage parce que de manière générale ça correspond avec ses principes. Rendu à ce point, peut-on dire qu’il aime vraiment? Il me semble que l’affinité réelle ne se choisit pas. Elle s’impose d’elle-même, et dans le cas du vin, elle doit relever du plaisir, d’abord et avant tout.
Quand je lis des choses semblables, je ne peux m’empêcher de penser que le choix du goût est quelque chose d’assez répandu chez l’amateur de vin, dit sérieux, même si c’est rarement exprimé de manière aussi directe. Et qui dit choix, dit adhésion, mais aussi rejet. De plus, si pour plusieurs ce qu’on appelle le goût, dans le sens de bon goût ou mauvais goût, est affaire de choix. Cela veut dire que ce type de goût affecté est une construction de l’esprit qui au bout du processus n’a que peu à voir avec les sensations que procure un vin donné. Ça devient une question de concordance par rapport à des critères prédéterminés.
Je pense qu’il faut se méfier lorsqu’on progresse dans le monde du vin du danger de choisir son goût, surtout si c’est pour le corriger. Ça ne veut pas dire qu’il ne faille pas évoluer, apprendre et découvrir. Pour moi, ne pas choisir, ça veut surtout dire ne pas rationaliser le plaisir, rester fidèle à ses perceptions, demeurer honnête avec soi-même, et éviter de se conformer à des idées toutes faites, même si elles sont du côté du classicisme, du bon goût, d’une mouvance philosophique en matière d’élaboration, ou bien de la dernière tendance branchée.
“J’ai décidé que j’aimais le Nebbiolo. C’est tellement non commercial, donnant des vins de couleur pâle, brutalement tannique, à l’acidité élevée, aux saveurs complexes, et difficiles à se procurer.”
http://www.wineanorak.com/blog/2009/11/nebbiolo-what-crazy-wonderful-grape.html#links
Je respecte Jaimie Goode, et apprécie bien, en général, ce qu’il écrit. C’est un vrai passionné du vin, mais ce petit paragraphe m’a jeté par terre. Pour moi, ça représente en bonne partie ce que je n’aime pas dans le monde du vin. En aucun moment il ne parle de plaisir. Son “amour” semble plus philosophique que motivé par ses sens. Il semble avoir décidé d’aimer les vins de ce cépage parce que de manière générale ça correspond avec ses principes. Rendu à ce point, peut-on dire qu’il aime vraiment? Il me semble que l’affinité réelle ne se choisit pas. Elle s’impose d’elle-même, et dans le cas du vin, elle doit relever du plaisir, d’abord et avant tout.
Quand je lis des choses semblables, je ne peux m’empêcher de penser que le choix du goût est quelque chose d’assez répandu chez l’amateur de vin, dit sérieux, même si c’est rarement exprimé de manière aussi directe. Et qui dit choix, dit adhésion, mais aussi rejet. De plus, si pour plusieurs ce qu’on appelle le goût, dans le sens de bon goût ou mauvais goût, est affaire de choix. Cela veut dire que ce type de goût affecté est une construction de l’esprit qui au bout du processus n’a que peu à voir avec les sensations que procure un vin donné. Ça devient une question de concordance par rapport à des critères prédéterminés.
Je pense qu’il faut se méfier lorsqu’on progresse dans le monde du vin du danger de choisir son goût, surtout si c’est pour le corriger. Ça ne veut pas dire qu’il ne faille pas évoluer, apprendre et découvrir. Pour moi, ne pas choisir, ça veut surtout dire ne pas rationaliser le plaisir, rester fidèle à ses perceptions, demeurer honnête avec soi-même, et éviter de se conformer à des idées toutes faites, même si elles sont du côté du classicisme, du bon goût, d’une mouvance philosophique en matière d’élaboration, ou bien de la dernière tendance branchée.
lundi 30 novembre 2009
CHARDONNAY/PINOT BLANC/PINOT GRIS, TRIO, 2008, CASABLANCA, CONCHA Y TORO
Concha Y Toro est à mon avis le meilleur producteur du Chili, malgré le fait qu’il soit de loin le plus gros. Cette maison réussit, année après année, le tour de force d’allier forts volumes et qualité, et ce sur une gamme de vins très vaste, issus de cépages et de terroirs variés, et ce à plusieurs niveaux de prix. La gamme TRIO est orientée sur la production de vins d’assemblage à prix abordables.
La robe est d’une belle teinte dorée assez foncé. Le nez est bien agréable, dominé par l’aspect fruité, exhalant des arômes de pêche, de citron, d’ananas et de banane, complétés par un aspect floral et un côté miellé. En bouche, l’attaque est d’une belle ampleur, le vin est rond et légèrement onctueux, sur une belle intensité fruitée. Bon volume en milieu de bouche et acidité modérée. La finale est harmonieuse avec une bonne persistance.
L’assemblage est moins courant en blanc qu’en rouge, et c’est bien dommage. Ce vin en est un bel exemple. Ça permet l’obtention de vins plus complexes et plus complets, même pour des vins abordables comme celui-ci. Au lieu d’un autre Chardonnay de Casablanca un peu stéréotypé, on obtient un vin plus original et de très belle qualité compte tenu de son modique prix. Comme je ne note pas les vins, certains pourraient être intéressés de savoir que Jay Miller de Wine Advocate a octroyé un 90 à ce vin. Bien sûr ce n’est qu’un chiffre, et personnellement je suis en désaccord avec le procédé. Je préfère y voir le fait qu’il a bien aimé la qualité de ce vin. Pour 14.95$ à la SAQ, c’est à mon avis un très bon achat.
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jeudi 26 novembre 2009
CABERNET SAUVIGNON, INTRIGA, 2006, MAIPO, VINA INTRIGA
Vina Intriga fait partie du groupe Montgras qui possède quatre propriétés distinctes au Chili. D’abord dans la vallée de Colchagua, Il y a l’opération de base sous étiquette Montgras, et l’opération plus haut de gamme, Ninquén. Ensuite, il y a Amaral, établi dans la région côtière de Leyda, pour la production de vins blancs de qualité, et finalement, Intriga dans la vallée de Maipo qui se concentre sur la production d’un unique vin rouge, élaboré à partir de Cabernet Sauvignon. Ce vin, malgré son prix abordable (21.55$), un peu comme la cuvée Ninquén dans Colchagua, a droit à un traitement ambitieux pour son élaboration. D’abord, les raisins proviennent de vignes de 10 à 50 ans d’âge, certaines menées selon le système classique d’espalier, mais d’autres selon le système de pergola, moins commun pour la production de vins de qualité. Le vin est élevé en barrique de chêne (85% français, 15% américain et neuf à 85%) pour une période de 17 mois. La méthode Paul Hobbs, déjà appliquée au Ninquén, est utilisée aussi pour cette cuvée. Le vin titre à 14.6% d’alcool, et le producteur parle d’un potentiel de garde de 15 ans.
La robe est d’encre, totalement opaque. Le nez d’intensité modérée dégage de riches arômes de fruits noirs évoquant la confiture de cassis, complétés par des note d’épices douces, entre autres la vanille, par une touche de terre humide, un soupçon de menthol et un très léger aspect torréfié. En bouche, on retrouve un vin ample et généreux, aux saveurs très intenses. Le fruité est doux, mais bien balancé par une juste dose d’amertume. Le milieu de bouche permet de bien saisir le haut niveau de concentration et la riche matière de ce vin volumineux aux tanins souples, mais bien présents. C’est un vin qui en met plein la bouche et démontre beaucoup de présence. La finale est explosive, avec le riche mélange de saveurs qui gagne encore en intensité, avant de décliner lentement sur très bonne allonge aux relents d’amertume cacaotés.
L’élaboration de ce vin laissait présager un vin ambitieux, malgré son prix somme toute modeste. C’est bel et bien le cas, et cela se sent et se goûte. C’est un vin très démonstratif en bouche, où à ce stade s’est un peu le feu d’artifice. La maturité du fruit de ce vin me porte à croire qu’il provient du plancher de la vallée de Maipo, qui en est la partie la plus chaude. En terme de concentration, de longueur et de richesse, c’est un vin qui rivalise, et dépasse même, des exemples chiliens pas mal plus chers. Ça demeure un vin très jeune, surtout si on tient compte de son style. Le producteur parle d’un potentiel de garde de 15 ans, et ça me semble parfaitement justifié. Pour mon goût, il manque actuellement de finesse. Il est tellement riche qu’il a besoin de temps pour s’affiner en bouteille, et je pense bien qu’il y parviendra. Il me fait penser, en plus long et plus concentré, au Cabernet, Gran Reseva, ou Etiquetta Negra, de Tarapaca. Des vins provenant eux aussi du plancher de la vallée de Maipo, et qui vieillissent admirablement, avec ce fruité très mature, un peu confit, qui les distinguent de leurs cousins plus frais de l’Alto Maipo. Un bel achat pour la garde.
Carmenère et cuisine indienne
Pour les amateurs d'accords mets et vins. Voici le lien vers un article récent et intéressant qui présente le Carmenère, et son profil particulier, comme étant une solution possible pour l'accord difficile du vin avec la cuisine indienne.
http://www.winesofchile.org/wp/wp-content/uploads/2009/11/curry-and-carmenere2-imbibe-2009.pdf
http://www.winesofchile.org/wp/wp-content/uploads/2009/11/curry-and-carmenere2-imbibe-2009.pdf
lundi 23 novembre 2009
ARNALDO B., GRAN RESERVA, 2005, CAFAYATE, BODEGAS ETCHART
Pour continuer dans la veine argentine des derniers temps sur ce blogue, et pour continuer avec un producteur que j’aime bien. J’ai décidé d’ouvrir un autre vin de la région de Cafayate, un rouge celui-là, de la maison Etchart qui est maintenant propriété de la française Pernod Ricard. Ce vin est un assemblage de Malbec (65%), complété par du Cabernet Sauvignon (25%) et du Tannat (15%). Le vin est élevé pendant 15 mois sous chêne français et américain. Le producteur parle d’un potentiel de garde de 8 à 10 ans.
La robe est très foncée et d’une totale opacité. Le nez est contenu en intensité et exhale un heureux mélange d’arômes fruités, épicés et boisés. Aux arômes dominants de fruits rouges et noirs, s’ajoutent des notes de vanille, de noix de coco, de café, de fumée et de cacao. Un beau nez charmeur où l’influence du bois est palpable, tout en demeurant sous contrôle, et en formant un heureux mariage avec le richesse et la maturité du fruit. En bouche, on retrouve dès le départ cette richesse et cette maturité de fruit. Cela se traduit par une bonne amplitude et des saveurs intenses. Le mariage fruité/boisé évoqué au nez se transpose avec succès en bouche. Le vin est enveloppant, avec un bon volume, et une masse tannique souple, mais tout de même assez imposante. C’est un vin costaud, mais pas lourdaud. Toute cette matière a du tonus et se tient très bien. La finale est harmonieuse et très intense, les saveurs se fondent bien avant de décliner un long moment sur une amertume qui gagne en importance, tout comme le coté épicé.
Très bon vin élaboré avec succès dans un style mûr, riche et boisé, mais surtout, équilibré. On a affaire ici à un vin assurément moderne, mais c’est loin d’être une bombe de fruits confits et sur-boisée. Sur ces deux critères, la juste mesure a été trouvée, et le vin a l’acidité nécessaire pour maintenir ce qu’il faut de tonus. Il faut reconnaître la sagesse de Etchart qui a gardé ce vin en bouteille un an avant sa mise en marché. C’est là un exemple que plus de producteurs sud-américains, et d’ailleurs, devraient suivre. Au moment où les 2007 et même des 2008, commencent à apparaître sur le marché. Il est bon de voir un vin qui a eu le temps de se faire un peu en bouteille. Cela dit, même s’il est déjà très bon. Je suis convaincu que quelques années supplémentaires le rendront encore meilleur. Au prix demandé par la SAQ pour ce vin (17.95$), il est clair que le RQP de celui-ci est plus qu’avantageux. Je n’aurais pas peur de mettre ce vin à l’aveugle dans une vague de bons vins de 30 à 40$ de diverses origines. Il tiendrait son bout. Il en reste peu en tablettes à la SAQ. J’ai profité de la promo du week-end pour en acheter quatre bouteilles. Toutefois, j’ai goûté au 2006 dernièrement, lors d’une dégustation sur les vins d’Argentine, et le niveau qualitatif m’a semblé similaire à celui-ci. Il devrait être disponible plus tard à la SAQ. À surveiller donc.
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