samedi 31 octobre 2009

THE GAZETTE: SYRAH DU MONDE (MES CHOIX)

Voici de courts commentaires sur mes deux vins favoris de chaque vague. Pour le reste, je n'ai pas fait de classement. Toutefois, ces choix sont un peu arbitraires, car dans plusieurs cas le niveau qualitatif était très similaire. De plus, je ne suis pas habitué à ce genre de dégustation intensive. Mon taux de réussite sur l'identification de l'origine est d'environ 50%. Là où j'ai le mieux visé, c'est avec l'Australie où je n'ai manqué que le Rosemount. Comme Bill le mentionne dans l'article, je n'ai pas reconnu les deux Syrahs chiliennes de climat frais, mais j'ai bien identifié les deux venant de la vallée centrale, ce qui explique probablement en partie le bon classement que je leur ai donné. À qualité qui me semblait similaire, mon préjugé favorable au Chili a joué. N'ayez crainte, ça n'a pas eu d'impact sur les résultats globaux de la dégustation!!!

VAGUE -1

1- SHIRAZ, DIAMOND LABEL, 2007, SE AUSTRALIA, ROSEMOUNT: J'ai pris ce vin pour un argentin. Il avait une bonne richesse, mais en même temps était assez contenu. Je l'ai trouvé bien équilibré et agréable.

2- SYRAH, DON DAVID, 2007, CAFAYATE, MICHEL TORINO: J'ai pris celui-ci pour un australien, son boisé sur le café et l'encens me rappellait celui d'un vin  australien haut de gamme, The Octavius, 2003, Yalumba, bu plus tôt cette année. Le côté mûr du vin allait aussi dans ce sens. Bon vin pour le prix.


VAGUE -2

1- SYRAH/VIOGNIER, GOAT-ROTI, 2007, WESTERN CAP, COASTAL REGION, GOAT DE ROAM: Bien identifié comme originaire de l'Afrique du Sud, j'ai trouvé que l'identité Syrah était bien là avec du poivre et des herbes amères au nez. Belle matière, bon équilibre, sans excès.

2- SYRAH, CASTILLO DE MOLINA, 2007, LONTUÉ, VINA SAN PEDRO: Bien identifié comme chilien. Fruit rouge, pâtisserie, menthol et vanille au nez. Çe se transpose bien en bouche avec une matière compacte et un boisé bien dosé. Bon vin qui laisse transparaître son origine. N'est-ce pas là une qualité?


VAGUE -3

1- SHIRAZ, MARME BROOK, 2005, BAROSSA, SALTRAM: Bien identifié comme australien. Fruits rouges, café, réglisse, pâtisserie au nez. En bouche, doux fruité, intensité et boisé bien intégré. Style Shiraz évident, mais la qualité et l'équilibre sont au rendez-vous.

2-SYRAH, 2007, VIN DE PAYS DES CÔTES RHODANIENNES, GÉRIN: Reconnu comme français. Viande fumée et fruit rouge au nez. Structure compacte en bouche avec une bonne acidité. Bon équilibre et bel exemple de ce style de vin à bon prix.


VAGUE -4

1-SYRAH, WINEMAKER'S RESERVE, 2005, MAIPO, CARMEN: Bien identifié comme chilien. En fait j'ai reconnu le vin. J'ai été un peu surpris de sa belle performance. J'ai écrit un CR sur ce blogue à son sujet où j'étais un peu sévère, lui reprochant surtout de ne pas être une aubaine. La faible proportion de Cabernet qu'il contient le rend inmanquablement chilien, mais la qualité est là.

2-SYRAH, 2006, SICILIA (i.g.t.), PLANETA: N'ayant aucune idée de ce que serait suposée être une Syrah italienne, et encore moins scicilienne, j'ai identifié ce vin comme étant sud-africain. Fruit rouge sucré au nez, avec un peu de poivre. Bon équilibre en bouche, belle concentration et fruité intense.


VAGUE -5

1 - SHIRAZ, RESERVE, 2006, YARRA, COLDSTREAM HILLS: Bien identifié comme australien. Le nez est plutôt timide, avec un beau fruité rouge et des épices douces, bien amalgamé à un boisé de qualité. En bouche, le fruit est d'une belle douceur, le vin est équilibré et bien concentré, avec un boisé bien dosé. Beau vin qui démonte le stéréotype du Shiraz "bodybuildé".

2- CHANTE-PERDRIX, 2005, CORNAS, DELAS: J'ai visé Australie avec celui-ci, à cause de la douceur du fruit, à l'évidence, je me suit trompé. Le nez montre un beau fruit rouge tout en douceur, aidé en cela par des notes de vanille. En bouche, le vin montre une structure serrée et une bonne acidité, avec toujours ce doux fruit rouge bien allié à un boisé bien dosé. Bel équilibre d'ensemble. Beau vin.

vendredi 30 octobre 2009

THE GAZETTE: SYRAH DU MONDE

J'ai eu la chance d'être invité par Bill Zacharkiw, chroniqueur-vin émérite de The Gazette, pour participer à une dégustation comparative à l'aveugle de vins de Syrah de diverses origines et de prix variés. Il y avait au total 26 vins à déguster, distribués par niveau de prix en 5 vagues. Ce fut un exercice difficile mais enrichissant, qui demandait beaucoup de concentration. J'ai trouvé le niveau général des vins très bon, même si la plupart étaient encore très jeunes. Je serais curieux de goûter de nouveau ces vins dans 5 ans pour voir de quoi il en retournerait. Une chose est sûre, cette dégustation m'a confirmé que je n'ai pas un palais Nouveau-Monde, malgré ce que peut laisser croire le thème de ce blogue. J'ose penser que j'aime le bon vin, peu importe son origine. Le bon vin n'est pas l'apanage d'une région ou d'un pays, même si des stéréotypes stylistiques existent vraiment. Le dipôle stylistique Syrah/Shiraz associé au duo France/Australie existe vraiment, mais chacun de ces pays peut produire des vins allant à l'opposé de ce stéréotype, ou quelque part entre les deux, et pouvant ainsi brouiller les cartes pour le dégustateur à l'aveugle. Ce constat s'applique aussi pour les vins venant des autres pays. Au fond, tout est question de terroir et de l'interprétation que l'homme veut en faire. En ce sens, la Syrah est un cépage tout indiqué, car son adaptabilité permet plusieurs interprétations de qualité. Merci à Bill pour l'invitation. Je joins le lien vers l'article.



http://www.montrealgazette.com/life/food-wine/syrah+shiraz/2164642/story.html

mardi 27 octobre 2009

PINOT NOIR, WILD FERMENT, 2008, CASABLANCA, ERRAZURIZ





Comme le Chardonnay “Wild Ferment” est un vin que j’apprécie beaucoup. J’ai décidé de redonner une chance au Pinot Noir de la même gamme. Je dis redonner, car c’est un vin qui m’a déçu par le passé. Je pense que le dernier millésime que j’avais acheté était le 2005. À la lumière de la progression qualitative du Chardonnay, je me suis dit que Errazuriz avait peut-être réussi à affiner leurs méthodes d’élaboration avec ce cépage capricieux entre tous qu’est le Pinot Noir. Ce vin est issu de fruits provenant du vignoble “La Eascultura”, le même que pour le Chardonnay, situé dans la relativement fraîche région de Casablanca. Le vignoble a été planté en 1996 avec deux clones bourguignons de Morey St-Denis (115 et 777). Les rendements sont relativement faibles à environ 35 Hl/ha. La fermentation alcoolique, comme le nom anglais l’indique, a été effectuée avec les levures indigènes du milieu. Le vin a été élevé pendant 9 mois en barriques de chêne français, dont la moitié étaient neuves.

La robe est d’une teinte grenat assez foncée, mais facilement pénétrée par la lumière. Le nez est de bonne intensité, et exhale de beaux arômes de fruits rouges (fraises, cerises), ainsi qu’un arôme typique pour moi du cépage, mais que je n’arrive pas à nommer. À cela s’ajoute aussi des notes de fumée et d’épices douces, rappelant un peu la pâtisserie. Beau nez de Pinot très jeune. En bouche, on retrouve un vin assez solide pour un vin de ce cépage. La matière montre une bonne densité dès l’attaque, avec une structure plutôt compacte et une texture raffinée. Rien n’accroche dans ce vin épicé au fruité généreux et au boisé modéré de belle qualité. Le niveau de concentration est assez élevé, ce qui donne une belle présence du vin en milieu de bouche. La finale, poursuit dans la même veine, avec harmonie, sur une persistance de bon calibre.

Il semble que Errazuriz comprennent maintenant mieux le capricieux Pinot, car celui-ci est le meilleur millésime parmi ceux goûtés à date. Ce vin est de très belle qualité. Il est très jeune, bien sûr, et il est fort probable que quelques années de plus sous sa capsule à vis lui seront bénéfique. Mais il est déjà abordable, malgré sa prime jeunesse. En fait, je dirais que son niveau qualitatif est comparable à celui du Chardonnay de la même gamme. Ce qui n’est pas peu dire. Selon moi, c’est un vin qui peut rivaliser avec des vins de Pinot Noir du Nouveau-Monde vendus pas mal plus chers. Un des bons vins chiliens issu de ce cépage qu’il m’ait été donné de goûter jusqu’à maintenant, et un RQP de très bon niveau. Le Pinot progresse au Chili.

NINQUÉN, 2006

Je me tue à dire que si la sélection de vins chiliens à la SAQ était meilleure, les vins de ce pays connaîteraient un bien meilleur succès. La preuve? Le Ninquén, 2006. Ce vin est pratiquement disparu des tablettes en seulement une semaine. Même moi j'ai été surpris et malheureusement, je l'ai raté. Dommage car c'est un excellent vin qui était offert à un prix très avantageux. En espérant un deuxième arrivage. Sinon, la LCBO qui offre actuellement le 2005, devrait suivre avec le 2006.

dimanche 25 octobre 2009

SAUVIGNON BLANC, 2007, MARLBOROUGH, CLOS HENRI




La culture de notre monopole d’état est très marquée par la France. Cela se reflète jusque dans ses choix de vins du Nouveau-Monde. La SAQ semble bien aimé offrir les vins de producteurs français ayant décidé d’étendre leurs opérations hors de l’Hexagone. C’est le cas avec ce vin issu de l’opération néo-zélandaise de la famille sancerroise Bourgeois. Après le Cipreses Vineyard de Casa Marin, dégusté deux jours plus tôt. J’ai décidé de remettre ça avec un autre Sauvignon ambitieux de l’hémisphère sud, vendu pour le même prix (32$), histoire de préciser mes repères qualitatifs. Les premières vignes du Clos Henri furent plantées en 2001. Le rendement des vignes pour ce vin est plutôt élevé à 55 Hl/ha. L’élaboration entière du vin a lieu en inox, avec élevage sur lies de huit mois.

La robe est d’une teinte jaune très pâle aux légers reflets verdâtres. Le nez est de bonne intensité et dégage des arômes de citron et de melon, avec juste un peu de pamplemousse et une touche de fruits tropicaux. Un caractère végétal de poivron vert et d’herbes coupées vient complété le portrait. En bouche, l’attaque est d’une amplitude surprenante, c’est bien équilibré, mais l’acidité demeure modérée pour un vin de ce cépage. Les saveurs de citron intense dominent la palette gustative, bien complétées par l’aspect végétal et une amertume évoquant le zeste de pamplemousse. Le milieu de bouche permet de se rendre compte du bon niveau de concentration et de la tenue impeccable de ce vin. La finale est très intense, avec un léger gain au niveau de l’amertume, et une longueur de très bon niveau.

Ce vin m’est apparu clairement comme étant de qualité supérieure. Il a tous les éléments d’un très bon vin, équilibre, concentration, longueur, qualité des arômes et des saveurs. Au niveau du style, il évite le piège du stéréotype néo-zélandais au caractère de pamplemousse exubérant. En fait, il me fait penser à un très bon Sauvignon Blanc chilien de Casablanca. C’est-à-dire un Sauvignon un peu entre deux mondes, avec une générosité typique du Nouveau-Monde, mais en même temps avec une certaine retenue et un caractère citronné qui pour moi évoquent des exemples dégourdis de la Loire. Pour ce qui est de la comparaison avec le Casa Marin. Je dirais que le Clos Henri est plus civilisé, alors que le Cipreses Vineyard est un vin plus original, plus sauvage, avec plus de matière, d’acidité et de concentration. Ceci dit, le Clos Henri est clairement un très bon vin et son prix me semble parfaitement justifié. Bien content d’en avoir une autre bouteille.

samedi 24 octobre 2009

SAUVIGNON BLANC, CIPRESES VINEYARD, 2005, SAN ANTONIO, CASA MARIN



Casa Marin a été fondé en 2000, et a été le premier producteur à s’installé dans la région de San Antonio pour produire des vins de Sauvignon Blanc et de Pinot Noir. Par la suite, ce sont ajoutés le Sauvignon Gris, le Riesling, le Gewurztraminer et la Syrah. Cette décision audacieuse de la fondatrice, Maria Luz Marin fut importante pour l’évolution de la viticulture chilienne. Depuis, plusieurs producteurs nouveaux et anciens l’ont suivie dans cette région au climat frais, directement exposée à l’océan Pacifique et au courant froid Humbolt remontant depuis l’antarctique. Les vignobles de Casa Marin sont situés à seulement 4 km de l’océan. J’ai déjà bu plusieurs bouteilles de ce vin au profil très original. C’est un vin avec une claire identité du cépage, mais en même temps avec des caractéristiques de terroir très marquées, et qui peuvent être déroutantes au premier abord. C’est donc un vin qui n’essaie pas de copier les classiques français, ou bien le profil néo-zélandais très à la mode. C’est selon moi un vin de terroir dans toute la force du terme, mais surtout, c’est un vin sérieux et de qualité supérieure, élaboré par un producteur qui ne fait pas de compromis. Vous aurez compris que je suis vendu d’avance aux vertus de ce vin. J’en ai d’ailleurs acheté douze bouteilles pour pouvoir suivre son évolution dans le temps, et ainsi pouvoir juger du potentiel des bons Sauvignons de cette région. J’y suis donc allé avec la première bouteille de cette réseve.

La robe montre maintenant une teinte verdâtre plus prononcée. Le nez est encore bien intense avec des arômes de citron, de poivron vert, d’herbe coupée, ainsi qu’un caractère minéral et salin typique de cette cuvée de bord de mer. En bouche, le vin attaque toujours de front, avec cette densité de matière et cette acidité citronnée tranchante. Les saveurs de citron sont bien complétées par le caractère végétal. Ce qui donne un mariage réussi. Le milieu de bouche permet de confirmer la matière dense et le niveau de concentration supérieurs de ce vin intense et tranchant. La finale est à l’avenant, avec une intensité qui arrive à gagner un cran, avant un très long déclin des saveurs.

J’étais vendu à ce vin avant, et vendu je demeure après. Ce vin est encore loin de son déclin. C’est vraiment un vin de grande qualité qui devrait rallier ceux pour qui le caractère distinctif est important comme critère d’appréciation. Bien sûr, pour cela, il faut être prêt à sortir du classicisme européen pour appréhender des horizons nouveaux, mais à la fois pas totalement différents. Car ce vin témoigne très bien du cépage dont il est issu, mais en même temps, il témoigne clairement du lieu qui l’a engendré. C’est un vin intriguant et original. Un vin dans lequel, avec un brin d’imagination, on peut se voir dans un pré verdoyant de Lo Abarca, humant l’air salin, le regard porter vers l’océan à l’horizon, devinant le sourd son des vagues au loin... Un vin de terroir je vous dit.

mercredi 21 octobre 2009

CHARDONNAY, 2006, YARRA VALLEY, COLDSTREAM HILLS



Cette maison fut fondée par le critique James Halliday dans les années 80 dans la fraîche vallée de Yarra. Ce vin a été élevé en barriques de chêne français, neuves pour environ un quart, les autres étant de deuxième, troisième et quatrième usages. Le vin est issu d’un millésime chaud et titre à 14% d’alcool.

La robe est d’une teinte dorée assez pâle. Le nez est d’intensité modérée et dégage des arômes de pêche, d’ananas et de citron, auxquels s’adjoignent des notes d’amandes grillées et de miel. La bouche manque un peu de tonus en attaque, avec un fruit bien rond. Le vin manque d’intensité gustative et de concentration pour un vin de ce prix. La finale ne récupère pas la mise, continuant plutôt dans la même voie du manque de matière et d’intensité.

J’ai peu de choses à dire à propos de ce vin qui fut pour moi une déception, compte tenu de son prix de 27.95$. Je ne sais pas si le millésime 2006, qualifié de chaud par le producteur, y est pour quelque chose. Il faut dire que ce vin est celui d’entrée de gamme chez Coldstream Hills. Ce n’est pas un mauvais vin. Il est assez fidèle à ce que l’on attend d’un Chardonnay boisé, mais il est trop cher pour ce qu’il offre. Un vin comme le Chardonnay, Boschendal, d’Afrique du Sud, en donne autant pour environ la moitié du prix.

mardi 20 octobre 2009

ENTREVUE AVEC ANTONIO BRAVO DE VINEDOS EMILIANA

Lors de la dégustation: Vins du Chili, j'ai eu le plaisir de rencontrer et de discuter assez longuement avec Antonio Bravo von Bischoffshausen, vinificateur en chef chez Vinedos Emiliana, le leader de la production de vins certifiés biologiques et biodynamiques au Chili. Dans l'entrevue vidéo qui suit, apparue aujourd'hui sur YouTube, ce passionné parle des défis de ce type d'opération vinicole. Pour lui, l'important et l'argument de vente principal, c'est la qualité du vin offert, le fait qu'il soit bio vient ensuite. Pour avoir goûté ses vins. Je peux dire que l'argument premier est au rendez-vous.

http://www.youtube.com/watch?v=UYVzAh_4VSo

dimanche 18 octobre 2009

LE TERROIR ENTRE LES MAINS DE L'HOMME

Dernièrement, au fil de mes nombreuses lectures sur le monde du vin, je suis tombé sur une nouvelle annonçant l’embauche comme consultant, par le producteur chilien Santa Rita, de Brian Croser. M. Croser est le fondateur de la réputée maison australienne Petaluma, et il a aussi été un professeur d’oenologie. Il est considéré comme une figure très influente dans l’évolution vinicole de l’Australie au cours des 35 dernières années. Il a été nommé homme de l’année dans le monde du vin en 2004 par la revue britannique Decanter. J’ai lu une entrevue qu’il avait donné pour l’occasion, entrevue au cours de laquelle on l’interrogeait sur son parcours et sur sa vision du vin. Dans cette entrevue, on mentionne que M. Croser n’a pas eu que des admirateurs et qu’il a été fortement critiqué pour son obsession à préserver les saveurs fruitées dans le vin en misant sur une hygiène stricte et sur des techniques anaérobiques pour préserver le vin de l’oxydation. On dit dans l’article de Decanter que plusieurs ont blâmé cette philosophie, dont Croser fut l’ardent promoteur, pour le stéréotype voulant que les vins australiens ne soient rien d’autre que des vins simples et très fruités.

Quand j’ai lu cela, j’ai été interloqué, mais en même temps, pas vraiment surpris. Il existe un courant de pensée dans le monde du vin, c’est un courant diffus et plutôt souterrain, pour qui le vin intéressant origine d’autre chose que du fruit lui-même et du lieu où il a été produit, même si plusieurs intervenants de cette mouvance aiment parler de terroir. J’ai de la difficulté à comprendre en quoi l’hygiène stricte et des techniques de limitation de l’oxydation peuvent être des ennemis du bon vin et de son identité réelle. Ce que l’accusation mentionnée ci-haut envers la vision de Croser sous-entend, c’est que les vrais bons vins complexes ne proviennent pas essentiellement des qualités du fruit et de la fermentation et de l’élevage du vin en conditions hygiéniques. Qu'il doit y avoir autres chose.

Ce qui est paradoxal dans tout ça, c’est que ce même Croser est un des pionniers de la notion de terroir en Australie. Il est un des premiers à avoir prôné la plantation des différents cépages en des lieux leurs étant adaptés, chose qu’il a appliquée dès les années 70 avec son projet Petaluma. D’ailleurs, Croser, malgré les critiques et les années, n’a pas changé d’idée et persiste avec sa vision des choses. Pour lui la maîtrise des conditions de vinification est la base essentielle à l’élaboration d’un bon vin. Selon lui, quand toutes les bonnes pratiques sont en place, c’est là que le “winemaker” peut s’aventurer à des choses plus risquées, comme l’utilisation de levures indigènes, la non filtration, et même, à la limite, au non usage de sulfites

Une chose est sûre pour moi, le bon vin, son caractère et sa complexité se font d’abord au vignoble, en plantant le bon cépage au bon endroit, et en menant la vigne de la meilleure façon possible par rapport aux conditions. Le processus de vinification de base ne devrait être qu’un transducteur de ce qui a été obtenu au vignoble. La qualité du vin ne vient pas d’activités microbiologiques secondaires, ou bien d’un processus oxydant prématuré. Bien sûr le “winemaker” a de nombreux choix à faire en cours d’élaboration qui peuvent influencer le style du vin qui sera obtenu, mais ces choix n’ont rien à voir avec un manque d’hygiène ou un laisser-aller oxydant. Pour faire le lien avec le message précédant où je disais que le vin n’est pas un produit naturel, et bien le contrôle et la maîtrise de ce qui se passe au chai de vinification va directement dans ce sens, et ça va aussi dans le sens de ce que devrait être un vrai vin de terroir. Quand un vigneron a produit un vin en contrôlant les choses du vignoble au chai, il peut dire en toute honnêteté que pour lui ce vin est le reflet de son terroir, car il en a une idée claire et il a pu la concrétiser. Alors que le laisser-aller peut mener à n’importe quoi. Je suppose que c’est ça qu’on appelle le vin naturel...





http://www.decanter.com/specials/48127.html

http://www.decanter.com/news/news.php?id=290423

vendredi 16 octobre 2009

NATURA PLUS, 2007, MAIPO, VINA TARAPACA





Cet assemblage, élaboré avec des raisins de culture biologique, est composé en majorité de Cabernet Sauvignon (56%), et complété par du Cabernet Franc (22%), du Carmenère (12%) et de la Syrah (10%). Les raisins proviennent de deux sous-régions de Maipo, soit Alto Maipo en majorité et Isla de Maipo, une sous-région située sur le plat au milieu de la vallée. Le mélange final est composé après que chaque lot ait été élevé 8 mois en barriques de chêne français et américain dont 26% étaient neuves. Le CR qui suit représente le vin trois jours après l’ouverture. La journée de l’ouverture le vin était peu attrayant et déployait un caractère végétal marqué et dérangeant. Toutefois, un passage en carafe de quelques heures et une remise en bouteille pour deux jours ont totalement transformé ce vin qui est à l’évidence trop jeune actuellement. D’ailleurs, le producteur parle d’une garde de 5 à 10 ans pour celui-ci.

Le nez est maintenant d’une juste intensité et dégage un heureux mélange d’arômes de cassis et de cerises, auxquels s’entremêlent des notes de menthol, de vanille, de bois de cèdre, d’humus, ainsi qu’un léger aspect torréfié. Surprenant de constater comment le profil olfactif a pu changer en trois jours. En bouche, le même constat s’impose, avec une attaque beaucoup moins ferme, montrant maintenant un bel équilibre. Le vin déploie un fruité éclatant, supporté par une saine amertume, et amalgamé à des notes terreuses et doucement épicées. La structure, malgré l’assouplissement, demeure plutôt compacte et assez ferme, sur un niveau de concentration modéré et une texture tannique encore un peu rugueuse. La finale est intense avec une amertume chocolatée qui gagne en importance, sur une bonne longueur.

Ce vin est l’exemple parfait du vin mis en marché trop tôt, mais un vin tout indiqué pour qui veut comprendre en accéléré ce qu’il peut advenir avec le temps du caractère végétal si souvent décrié dans les jeunes rouges chiliens de la vallée centrale. Autant le vin m’a déplu à l’ouverture, autant il m’a convaincu deux jours plus tard. Le caractère végétal déplaisant et dominant avait presque disparu, pour n’être plus qu’un aspect mineur et complémentaire de son profil aromatique et gustatif. Cela a laissé la place au reste du vin qui en valait vraiment le coup. Comprenez-moi bien, on demeure assez loin du grand vin, mais ce qu’on obtient est un vin aromatique, bien équilibré, aux proportions bien ajustées, et qui se laisse boire facilement. Personnellement, c’est un style de vin que j’affectionne, car je n’ai pas toujours envie de boire des vins très concentrés. Mon expérience de garde positive avec le Cabernet Sauvignon, Gran Reserva, de cette maison me laisse penser que ce vin sera à son mieux dans environ cinq ans. L’aération est un pis aller à court terme. La vraie solution, c’est la garde et le temps, même pour un vin comme celui-ci qui se vend pour seulement 18.95$ à la SAQ.

jeudi 15 octobre 2009

LE VIN N'EST PAS UN PRODUIT NATUREL

J'ai suivi un peu la controverse à propos du reportage "Le vin est-il toujours un produit naturel?" de l'émission "Envoyé Spécial" sur France 2. J'ai malheureusement manqué la diffusion du reportage ici sur TV5, et le reportage n'est plus disponible sur le site web de l'émission. Est-ce dû aux protestations contre celui-ci? Je ne peux donc pas parler directement de ce reportage, mais j'ai bien aimé cet article de Bernard Brutschy sur Figaro.fr (voir le lien). Je trouve que ça remet les choses en perspective. J'ajouterais que le vin de garde tel qu'on le connait n'existerait pas sans l'usage des sulfites. Il faut arrêter de démoniser tout ce qui est nommé par un nom à référence chimique. Je trouve que la façon dont on nomme les choses détermine trop la façon dont elles sont perçues. Si je parle de vitamine C, la plupart des gens le percevront de façon positive, mais si je parle de la même molécule en disant plutôt acide ascorbique, le mot acide pourra faire peur à certains. Le vin est un mélange très complexe de molécules aux noms qui peuvent paraître très bizarres, mais la sonorité du nom n'est pas une indication de sa nature, bonne ou mauvaise. Qu'on me comprenne bien. Je ne suis pas pour l'ajout immodéré de tout et n'importe quoi dans le vin. Si le vin n'est pas un produit naturel, je ne veux pas non plus qu'il devienne un produit purement artificiel, voire synthétique. Je pense que le bon vin est une question d'équilibre, autant dans son mode d'élaboration que dans sa nature finale.


http://www.lefigaro.fr/vins/2009/10/08/05008-20091008ARTFIG00405-la-verite-sur-les-pesticides-et-les-additifs-.php

http://www.decanter.com/news/290680.html

lundi 12 octobre 2009

SYRAH, 2006, MENDOZA, CATENA





Aucune information n’est disponible sur ce vin. Même le site de Catena n’en fait pas mention. La contre-étiquette indique qu’il s’agit d’un vin de vignoble unique, soit le vignoble La Piramide, situé à 3100 m d’altitude. Le vin titre à 13.5% d’alcool. J’avais essayé le millésime 2005, l’an passé, et j’avais été déçu par le niveau qualitatif du vin, que ne rejoignait pas celui du Cab et du Malbec de la même gamme. J’ai décidé de lui donner une nouvelle chance de m’impressionner avec le millésime 2006.

Le nez est de bonne intensité et dégage des arômes de cerises, de goudron, de bois brûlé (gaïacol), de vanille et de pâtisserie. En bouche, le vin est équilibré et intense en attaque, avec de douces saveurs de cerises vanillées et “gaïacollées”, c’est-à-dire avec un côté bois brûlé qui s’apparente un peu à la vanille (il faut sentir du 4-ethyl-gaïacol pour vraiment comprendre). Désolé pour le langage de chimiste. Toujours est-il qu’en milieu de bouche le vin montre un corps moyen, avec un bon niveau de concentration et une texture lisse, presque onctueuse. Toutefois, en finale, la poigne des tanins se révèlent , tout comme un caractère épicé-poivré jusque-là discret. Le tout sur une intensité à la hausse qui culmine, avant de décroître longuement, sur des rémanences de chocolat noir.

Cette Syrah de Catena a passé le test. Le niveau qualitatif m’a semblé bien meilleur avec cette version 2006, et rejoint le niveau habituel des cuvées de Cabernet Sauvignon et de Malbec de cette illustre maison. J’ai bu le vin sur trois jours. Le premier jour, j’y ai trouvé des ressemblances avec des vins de Syrah de la région de Hawkes Bay en Nouvelle-Zélande, alors que le côté goudronné m’évoquait des Shiraz australiens. Quand je suis revenu sur la deuxième demie de la bouteille, deux jours plus tard. J’ai alors trouvé que l’identité Catena et le terroir argentin ressortaient plus. Ce vin est encore très jeune, et je pense que quelques années de garde lui feraient du bien, surtout au niveau de l’intégration du boisé. Cette Syrah se situe donc du côté Nouveau-Monde du spectre stylistique, mais dans le bon sens du terme, sans excès. Pour un peu plus de 20$, c’est à mon avis un achat très avisé et un bel ajout à cette superbe gamme de vins.

Nicolas Catena: Homme de l'année de Decanter

Je sais, j'ai déjà publié un court message à propos de cette nouvelle. J'y reviens pour offrir un lien vers une version pdf de l'article complet sur ce visionnaire du vin de qualité en Argentine.

http://www.billingtonwines.com/admin/images/imgpress/DecanterApril09NCZmanOfYear.pdf

samedi 10 octobre 2009

CHARDONNAY, ESTATE, 2006, NOUVELLE_ZÉLANDE, KUMEU RIVER




Ce vin de Chardonnay, bu sur plusieurs millésimes, est pour moi une belle référence qualitative, à bon prix, pour les vins de ce cépage, toutes origines confondues. Toutefois, dans mes lectures récentes à son sujet, j’ai appris que des raisins qui servaient autrefois à élaborer cette cuvée “Estate”, en ont été retirés pour permettre l’élaboration de deux nouvelles cuvées “Single Vineyard”, vendues plus cher. Un autre point que j’aimais avec cette cuvée, c’est qu’elle avait un historique de garde positif. À ce sujet, il est intéressant de noter que le producteur s’est converti aux capsules à vis avec le millésime 2001, et que ce 2001, dégusté récemment par Harvey Steinman du Wine Spectator, est selon celui-ci en parfaite forme, avec encore plusieurs bonnes années devant lui. Le producteur recommande lui-même deux à quatre années de garde pour ce vin fermenté en barriques de chêne, avec des levures indigènes. La fermentation malo-lactique est à 100%, avec élevage de onze mois en barrique de chêne (25% neuves).

La robe montre une teinte légèrement dorée. Le nez est plutôt timide mais bien fidèle au cépage, avec des arômes de pêche, soulignés d’un trait de citron, et complétés par des notes d’orange, de noix, ainsi qu’une trace de vanille. En bouche, le vin est ample et équilibré en attaque, avec une bonne acidité. Les saveurs fruitées sont assez intenses et de belle qualité, reflétant ce qui était perçu à l’olfactif, et soutenues par une fine dose d’amertume. Belle présence en milieu de bouche, avec une bonne concentration, du gras, et un bon volume. Le vin glisse sans effort vers une finale aux saveurs bien fondues, où s’ajoute une touche de caramel sur une amertume qui augmente d’un léger cran. La longueur est bonne.

Ce vin de Chardonnay est impeccable, bien fidèle à ce que l’on attend d’un bon vin de ce cépage élevé en barriques. Toutefois, je l’ai trouvé un peu en deça du souvenir que j’en avais dans des millésimes antérieurs. Est-ce dû au fait que je savais qu’on avait transféré des raisins vers des cuvées supérieures? J’ose croire que non. Cela dit, ça demeure un bon vin, qui vaut son prix. Pas d’arnaque en vue avec cette cuvée. Juste qu’il me semble un RQP légèrement moins attrayant qu’auparavant.

jeudi 8 octobre 2009

SHIRAZ, NUMBER ONE, CONSTITUTION ROAD, 2006, WESTERN CAPE, ROBERTSON WINERY




Après avoir lu de bons commentaires sur ce vin sud-africain. J’ai décidé d’en faire l’essai. C’est le vin haut de gamme de ce producteur. Le vin a été élevé 30 mois en barriques neuves de chêne français et américain!!! C’est du bois ça. Je ne sais trop à quoi m’attendre. Voyons ce que ça donne.

Le nez est bien expressif avec de très doux arômes de fruits noirs et rouges, de pâtisserie, de vanille et autres épices douces et complété par un léger aspect torréfié. En bouche, le vin est riche et ample, avec un fruité très doux, intense, mâtiné de douces notes épicées. Le milieu de bouche dévoile une très bonne concentration, de la matière généreuse et ronde de bon volume, sur une texture très souple. La finale poursuit dans la même veine de douceur, mais avec une pointe d’amertume qui se révèle en toute fin, sur une allonge de bon calibre.

Ce vin est à mon avis impeccable et de très belle qualité pour le prix demandé (28.80$), mais c’est le style de vin qu’on se sent un peu obligé de justifier, car il ne cadre pas avec le profil classique du vin rouge sec. Ce vin est pourtant bien sec avec 3.5g/L de sucres résiduels. Ceci dit, le producteur a bien fait de choisir la dénomination Shiraz pour ce vin, car on est clairement du côté de l’archétype Nouveau-Monde. Le vin est puissant, le fruit est doux, certains diraient sucré. Le boisé est bien marqué, l’alcool titre à 14.9% et la texture est d’une grande souplesse. Mais malgré tout, le vin se tient et atteint un équilibre dans son style. J’ai bien aimé ce vin, le premier verre impressionne et se suffit à lui-même, alors que dès le deuxième on frôle la saturation. C’est donc le genre de bouteille à ouvrir pour plusieurs personnes, ou bien comme je l’ai fait, à boire sur trois jours. Le vin a d’ailleurs très bien tenu sur cette période, et le producteur parle d’un potentiel de garde de 7-10 ans pour celui-ci. J'avoue ne pas avoir de référence pour imaginer l'évolution de ce type de ce vin et le genre de profil qu'il pourra avoir dans quelques années.

DÉGUSTATION: VINS DU CHILI (FIN)

Conclusion de mon survol des vins intéressants goûtés à la dégustation Vins du Chili avec deux producteurs qui appliquent les principes de la biodynamie. Encore une fois, je ne crois pas au côté ésotérique de la chose, mais la culture biologique est assurément un avantage, sans compter la philosophie qualitative à la base de l'action de ces deux producteurs élite.

D'abord, Matetic Vineyards, installé dans la vallée de San Antonio. La SAQ n'offre que le Sauvignon Blanc, et l'agent m'a dit qu'à cause du processus très long pour faire accepter un vin par la SAQ, il lui a été jusqu'à maintenant impossible d'importer d'autres vins de ce producteur. Celui-ci ne fournit pas à la demande et refuse d'immobiliser des stocks pour six mois, le temps que la SAQ se décide. C'est bien dommage, car les vins sont d'une superbe qualité. Quatre vins de la première gamme EQ étaient offerts en dégustation, ainsi qu'un vin de la seconde gamme, Corralillo.

SAUVIGNON BLANC, EQ, 2008, SAN ANTONIO, MATETIC VINEYARDS (19.95$): Ce vin va suivre le 2007 sur les tablettes de la SAQ. Ce 2008 est dans le même style élégant, vif et minéral, avec un peu de pamplemousse que je n'avais pas remarqué dans le 2007. Belle concentration et très bonne longueur pour ce Sauvignon de fort calibre.

CHARDONNAY, EQ, 2007, SAN ANTONIO, MATETIC VINEYARDS (19.95$): Ce vin montre un bel équilibre, sur une acidité bien marquée et des saveurs fruitées de pêche et de mangues intenses . C'est un vin concentré et puissant qui est encore très jeune, mais qui montre un potentiel indéniable. Toutefois, je doute du prix indiqué de 19.95$. Le prix de ce vin doit plutôt se situer entre 25$ et 30$, ce qui en ferait tout de même un très bel achat.

PINOT NOIR, EQ, SAN ANTONIO, MATETIC VINEYARDS (34.75$): Ce vin offre un nez intense sur la cerise et la fraise, amalgamées à de doux arômes boisés de pâtisserie et d'épices douces. La bouche est concentrée et voluptueuse et offre un mélange intense et réussi entre le fruit rouge et un boisé séducteur. Très beau vin de très jeune Pinot. Devrait être encore meilleur dans deux ou trois ans. Qualité supérieure et prix parfaitement justifié.

SYRAH, EQ, 2007, SAN ANTONIO, MATETIC VINEYARDS (34.75$): Ce vin est tenu par plusieurs comme étant le meilleur vin de Syrah du Chili. Je ne suis pas du genre à penser qu'un vin puisse être déclaré LE meilleur. Toutefois, force est d'admettre qu'avec cette Syrah on est dans le très fort calibre. Le profil aromatique indique clairement que ce vin provient d'un climat frais. Au nez, le fruité est éclatant et vif, allié à d'agréables notes épicées et poivrées et complété par une légère touche de verdeur qui s'intègre bien à l'ensemble. La bouche est droite et concentrée, avec des saveurs de fruits rouges intenses et des notes boisées bien intégrées. Finale harmonieuse et longueur de niveau supérieur. Voici un chilien qui ne dormirait pas sur les tablettes de la Signature si notre monopole daignait se réveiller.

SYRAH, CORRALILLO, 2007, SAN ANTONIO, MATETIC VINEYARDS (27.90$): Ce vin est élaboré avec les lots jugés indignes de la Syrah, EQ. Tout ce que je peux dire, c'est que la différence est minime. Un peu moins de concentration, mais un profil aromatique très similaire. Une version un peu moins chère et juste un peu moins bonne. Remarquez. Je dis ça après avoir goûté les vins à étiquette découvertes. Un très bon vin dont je me contenterais facilement à la place du EQ.


Le dernier producteur de ma revue n'est pas le moindre puisqu'il s'agit de Vinedos Emiliana. Je me suis concentré sur les quatre vins plus haut de gamme offerts en dégustation. Les prix sont indicatifs, puisque que bien sûr, notre bonne SAQ n'offre pas les vins de ce producteur élite.

COYAM, 2007, COLCHAGUA, VINEDOS EMILIANA (30.75$): Comme mentionné dans mon premier message, ce vin fut mon favori de la dégustation, juste devant l'assemblage, Gran Reserva, 2006, de Chocalan. Il est intéressant de noter que ces deux vins sont des assemblages dans toute la force du terme, avec au moins six cépages dans le mélange, et aucun cépage majoritaire. Dans le cas de ce COYAM, voici un autre vin qui me conforte dans l'idée que la Syrah est LE cépage donnant les meilleurs résultats dans Colchagua. La syrah compte pour 38% dans l'assemblage de ce vin, complété par le Carmenère (21%), le Cabernet Sauvignon (21%), le Merlot (17%), le Petit Verdot (2%) et le Mourvèdre (1%). Ce vin est vraiment d'une qualité extraordinaire pouvant rivaliser avec ce que le Chili offre de mieux et à un prix plus que raisonnable. Un prix d'aubaine en fait. C'est un vin équilibré, riche, harmonieux et intense, avec une texture soyeuse. Le nez est envoûtant et complexe, et en bouche ça coule sans effort pour terminer sur une longue finale.

SYRAH/MOURVÈDRE, NOVAS WINEMAKER'S SELECTION, 2006, COLCHAGUA, VINEDOS EMILIANA (21.80$): Goûté avant le COYAM, c'était une belle entrée en matière, car le vin est dans le même style. Bien sûr, il n'est pas aussi complet que l'autre, pas aussi riche, mais quand même, le niveau qualitatif est très bon. Un autre vin que j'acheterais sans problème.

SYRAH, NOVAS WINEMAKER'S SELECTION, 2006, CASABLANCA, VINEDOS EMILIANA (21.80$): Ce vin de Casablanca, à côté de deux exemples de Colchagua, était un argument qui aurait pu convaincre n'importe quel dégustateur de bonne foi, que le terroir existe au Chili. Ce vin de Syrah montrait un profil très différent. Un profil similaire à celui des vins de Syrah de Matetic, avec des fruits rouges frais, des épices poivrées, et une note de verdeur. Le style est plus compact et évoque par plusieurs aspects des exemples du Rhône nord. Très beau vin.

CHARDONNAY/VIOGNIER/MARSANNE, NOVAS WINEMAKER'S SELECTION, 2007, CASABLANCA, VINEDOS EMILIANA (21.80$). Un vin à 65% Chardonnay de Casablanca, mais je pense que le Viognier et la Marsanne doivent provenir de Colchagua. Un peu comme dans le cas de l'assemblage blanc d'Anakena, on mélange les cépages et les terroirs. Le Chardonnay de climat frais apportant la fraîcheur et les saveurs de pommes, de pêches et de poires, alors que les cépages de climat plus chaud apportent des notes tropicales et un aspect floral. Ce type d'assemblage n'existe pas dans le contexte traditionnel européen, mais personnellement, je pense que c'est une très bonne idée qui donne des vins complexes et complets. Je pense qu'il s'agit d'une avenue que le Chili devrait développer encore plus, autant en blanc qu'en rouge, car ça fonctionne vraiment. Il faut goûter pour constater.

mercredi 7 octobre 2009

DÉGUSTATION: VINS DU CHILI (SUITE)

Suite des vins qui ont retenu mon attention à cette dégustation des vins du Chili

La maison Casa Silva est un très bon producteur qui a pris le virage qualitatif il y a une dizaine d'années, et les vins en dégustation étaient tous de belle qualité. Il était possible de faire la comparaison directe entre un Sauvignon Blanc de la chaude vallée de Colchagua, et un Sauvignon Blanc venant d'un tout nouveau vignoble établi sur la côte de Colchagua, à sept kilomètres du Pacifique.

SAUVIGNON BLANC, RESERVA, 2009, COLCHAGUA, CASA SILVA (14.95$): Un vin agréable, bien  rond, légèrement onctueux, aux arômes de fruits tropicaux rappellant un peu le Viognier, et avec des arômes végétaux de Sauvignon en retrait.

SAUVIGNON BLANC, COOL COAST, 2009, COLCHAGUA COSTA, CASA SILVA (24.95$):
Premier millésime pour ce vin issu de vignes de trois ans d'âge. Le profil est totalement différent du Reserva, ci-haut. Le vin est marqué par une vive acidité, et dégage un mélange d'arômes de citron, de pamplemousse, d'herbe coupée et de poivron vert. Un vin dans un style proche des Sauvignons de San Antonio. Belle qualité pour un vin issu de si jeunes vignes, mais le prix indicatif n'est pas encore justifié. Néanmoins, un bel exemple de la direction que prennent les producteurs chiliens visant la qualité. L'an prochain, un Pinot Noir issu du même vignoble s'ajoutera.

http://www.winesofchile.org/woc-blog/casa-silva-launches-first-coastal-colchagua-wine/

QUINTA GENERACION, 2007, COLCHAGUA, CASA SILVA (29.95$): Ce vin est un assemblage à dominante de Cabernet Sauvignon et de Carmenère, complété par un peu de Syrah et de Petit Verdot. Très beau vin droit ert compact, montrant une bonne concentration de matière et une belle longueur. J'avais acheté le millésime 2004 de ce vin à la LCBO pour 19.95$. À ce prix, c'était un très bon RQP. À 29.95$, ce n'est pas de l'arnaque. Le vin vaut facilement ce prix, mais ce n'est plus une aubaine. Je vais garder un oeil à la LCBO, car le prix de 29.95$ est indicatif pour le Québec en IP. La LCBO offre des prix pas mal plus bas.

CARMENÈRE, GRAN RESERVA, LOS LINGUES, 2007, COLCHAGUA, CASA SILVA (19.95$): Un vin de Carmenère au fruité bien mature, à la texture crémeuse et au boisé agréable. De corps moyen, le vin montre un peu de ce caractère de poivrons rouges grillés, typiques des Carmenères récoltés à maturité. Beau vin pour le prix.

CARMENÈRE, MICROTERROIR DE LOS LINGUES, 2006, COLCHAGUA, CASA SILVA (49.95$): Ce vin est la version haut de gamme du cépage. Profil similaire au Gran Reserva décrit ci-haut, mais avec plus de concentration et de matière, un boisé plus appuyé et un peu plus sévère, et une allonge supérieure. Très beau vin qui démontre tout le potentiel qualitatif du cépage, mais à ce prix, on ne parle plus d'aubaine.

Pour en connaître plus sur le projet Microterroir de Casa Silva. Voici in lien vers un article intéressant du journaliste vinicole britannique Jaimie Goode.

http://www.wineanorak.com/chile/vinacasasilva_microterroir.htm

mardi 6 octobre 2009

DÉGUSTATION: VINS DU CHILI (SUITE )

Voici la suite des vins que j'ai bien aimé lors de cette dégustation des vins du Chili:

CABERNET SAUVIGNON, INTRIGA, 2006, MAIPO, MONTGRAS (21.55$): Ce vin sera disponible dans la semaine du 23 octobre à la SAQ. C'est vraiment un superbe Cabernet de Maipo, dans un style riche et volumineux, mais à la texture rafifinée, avec des arômes de cassis, de menthol et de bois de cèdre. Pour le prix, c'est vraiment un très bel achat.

SYRAH, RESERVA, 2008, LIMARI, CASA TAMAYA (13.95$): Ce vin sera disponible à partir de samedi le 10 Octobre à la LCBO. Très beau vin de Syrah élaboré dans un style peu extrait et qui n'est pas sans rappeler le Rhône nord. Un bel exemple de la diversité de style que peut offrir le Chili.

Le reste de la gamme Reserva de Tamaya était aussi de très belle qualité dans le même style privilégiant l'élégance à la puissance.

CABERNET SAUVIGNON, RESERVA DE FAMILLIA, 2007, MAIPO, SANTA CAROLINA: Le millésime 2006 de ce vin est actuellement offert à la LCBO, le 2007 devrait suivre. Voici un vin d'une très grande qualité et qui offre tout ce qu'on attends d'un bon Cab de Maipo. Un vin au très bon potentiel de garde qui saura se transformer au fil du temps en un vin évoquant de très bons Bordeaux. Tout ça pour 20$ la bouteille. Un vin à mettre sur votre liste d'achat.

CARMENÈRE, RESERVA DE FAMILLIA, 2007, PEUMO, RAPEL, SANTA CAROLINA: Il y avait beaucoup de vins de Carmenère à cette dégustation, et celui-ci fut mon favori. Il montrait une belle maturité de fruit, un beau caractère épicé et aucune trace de verdeur. Le millésime 2005 de ce vin avait été offert à la LCBO. C'est à espérer que ce 2007 le sera aussi.

CARIGNAN, 2008, MAULE, SANTA CAROLINA: Finalement une chance de goûter un de ces vins de Carignan provenant de vieux vignobles de la vallée de Maule. Celui-ci provient de vignes de 80 ans non-irriguées. C'est vraiment un très beau vin bien quilibré et montrant d'intenses arômes de fruits rouges. Le prix suggéré n'est que 18.95$. J'aimerais bien qu'il devienne disponible, car je serais acheteur. Un autre bel exemple de la diversité croissante de l'offre chilienne.

Je n'ai pas le temps de compléter. Je reviendrai donc dans un autre message sur d'autres vins intéressants.

samedi 3 octobre 2009

DÉGUSTATION: VINS DU CHILI (SUITE)

Les trois vins nommés dans mon message précédant furent mes préférés, mais il y en avait plusieurs autres pas loin derrière. Je continue avec des vins disponibles en importation privée que je compte acheter.

MALBEC, GRAN RESERVA, 2006, MAIPO COSTA, VINA CHOCALAN (25.95$ IP): Du même calibre que l’assemblage, mais à cause que c’est un monocépage, il semble un peu moins complet. Malgré tout, c’est un vin jeune, mais avec un superbe équilibre, de la matière et un niveau de concentration supérieur. Pas de doute que c’est un Malbec de haut niveau. Mon impression a été que ce vin pouvait rivaliser en terme de qualité avec un vin comme le Malbec, Alta de Catena, et ce pour la moitié du prix.

http://www.chocalanwines.com/fichas/2006/gran_reserva/malbec_2006_eng.pdf


CABERNET SAUVIGNON, RESERVA, 2007, MAIPO COSTA, VINA CHOCALAN (20.50$ IP): Un autre vin très jeune, mais de fort calibre. Son profil est différent de celui des Cabs de l’Alto Maipo, mais j’ai vraiment adoré ce vin au fruité dense et intense et au niveau de concentration nettement supérieur au prix demandé.

http://www.chocalanwines.com/fichas/2007/reserva/cabernet_sauvignon_2007_eng.pdf


SYRAH, RESERVA, 2007, MAIPO COSTA, VINA CHOCALAN (20.50$ IP): Un vin plus abordable que le Cabernet à ce stade, pas aussi concentré, mais quand même de très beau niveau pour son prix. Un vin éclatant montrant un beau profil aromatique.

http://www.chocalanwines.com/fichas/2007/reserva/syrah_2007_eng.pdf


SYRAH, ONA, 2007, RAPEL, VINA ANAKENA (20.90$ IP): La gamme Ona est la gamme supérieure de Anakena. Un autre très beau vin de Syrah montrant une palette aromatique séduisante, avec une bonne matière pas trop extraite, et une belle concentration de saveurs.

http://www.anakenawines.cl/ona/syrah.php


RIESLING/VIOGNIER/CHARDONNAY, ONA, RAPEL/CASABLANCA, 2008, VINA ANAKENA (20.90$ IP): Aussi dans la gamme supérieur Ona, un assemblage inorthodoxe de cépage blancs venant de deux régions différentes, mais qui donnent un résultat des plus probants. Ce vin blanc est vraiment de très belle qualité et transpose au vin blanc les vertus de l’assemblage pour produire un vin plus complet, profond et complexe. Il est intéressant de pouvoir reconnaître chaque cépage, mais dans un amalgame où le tout est supérieur à la somme des parties.

http://www.anakenawines.cl/ona/vio_ries_ch.php

Les notes de dégustation pour ces vins sont succinctes, car il est difficile d'en faire plus dans les conditions de ce genre de Salon, mais ces vins sont parmi ceux qui se sont démarqués pour moi, et ils proviennent de deux des meilleurs nouveaux producteurs du Chili. Comme je l’ai mentionné. Je compte acheter ces vins en importation privée. Pour ce qui est du Malbec, Gran Reserva, 2006, de Chocalan. Il n’est pas disponible pour le moment, mais la représentante m’a dit qu’il pourrait être commandé si il y avait une demande suffisante. Je suppose qu’il faudra plus qu’une caisse. Je vais la contacter pour en savoir plus. De toute façon, s’il y a des intéressés pour ces vins, incluant le Malbec. Vous pouvez me contacter en cliquant sur Email dans mon profil. Je reviendrai pour un troisième message plus tard, pour clore ma revue de cette dégustation.

vendredi 2 octobre 2009

DÉGUSTATION: VINS DU CHILI

C’était mercredi passé la dégustation annuelle de “Vin du Chili” tenue aux Entrepôts Dominion et qui regroupait une trentaine de producteurs. Je pensais bien pouvoir faire le tour, mais malheureusement, il y a plusieurs producteurs que je n’ai pas eu le temps de visiter. J’y suis allé pas mal avec les producteurs que je connaissais peu ou pas, mais il faut dire qu’il y avait beaucoup de monde et qu’il était parfois difficile de frayer son chemin. Ce faisant, la plupart des producteurs que j’ai manqué, sont ceux bien connus ici au Québec (Errazuriz, Concha y Toro, Carmen, Santa Rita, Cono Sur, Montes, Caliterra, La Rosa).

Une autre raison ayant contribué au fait que je n’ai pu goûté à tout ce que je voulais, fut les discussions que j’ai eu avec certains “winemakers” présent sur place, en particulier avec le très enthousiaste et communicatif Antonio Bravo von Bischoffshausen, de Vinedos Emiliana. J’ai eu la chance de lui poser bien des questions, auxquelles il a répondu, mais il était comique de le voir se demander à chaque question pointues, d’où sortait cet espèce d’extra-terrestre qui connaissait le Chili vinicole à ce point. Il m’a demandé plusieurs fois avec un rictus incrédule: “Tu n’es jamais allé au Chili?”. Avant de m’inviter bien sûr à y aller. Entre autres choses, on a parlé de biodynamie, puisque Vinedos Emiliana, un projet monté par Alvaro Espinoza qui y est toujours consultant, est le précurseur de ce mouvement au Chili. Ce fut une discussion très intéressante et les vins d’Emiliana étaient parmi les meilleurs goûtés, probablement plus à cause du talent et de la passion de ceux qui les font, que de la biodynamie. Même si on s’entendait sur le fait que la culture biologique est un avantage certain.

Mon TOP 3 de la journée:

-COYAM, 2007, COLCHAGUA, VINEDOS EMILIANA
-GRAN RESERVA, ASSEMBLAGE, 2006, MAIPO COSTA, VINA CHOCALAN
-NINQUEN, 2006, COLCHAGUA, MONTGRAS

Ces trois vins situés dans l’intervalle de prix (25-30$) sont vraiment superbes et de très haut calibre. Bien heureux d’avoir encore trois bouteilles de COYAM, 2005. Le 2007 sera soumis à la LCBO, c’est à espérer qu’il soit accepté car pour environ 30$, il fait partie de l’élite du Chili. Même chose pour le Chocalan qui devrait arriver à Signature en Décembre. À NE PAS MANQUER. Finalement, le Ninquén, 2006, arrivera bientôt sur les tablettes des succursales Sélection. Pour ce qui est du Ninquén, ce n’est plus le même vin que par les années passées. Ce n’est plus un 100% Cabernet. C’est maintenant un assemblage Syrah/Cabernet où là Syrah compte pour les deux tiers. Changement de cap radical et salutaire pour ce vin qui selon moi est maintenant bien meilleur. On a compris que dans Colchagua, la Syrah donnait de meilleurs résultats, sans compter les vertus des vins d’assemblage. Je reviendrai demain avec les autres vins qui ont retenu mon attention. Il y en a de très bons.

mardi 29 septembre 2009

SYRAH, WINEMAKER’S RESERVE, 2005, ALTO MAIPO, VINA CARMEN


Voici une rare nouveauté chilienne à la SAQ, surtout dans cette catégorie de prix (36$). Ce vin provient d’une région réputée pour ses excellents Cabernets, et en fait, ce vin est un assemblage à forte dominante Syrah, mais qui contient tout de même 13% de ce fameux Cabernet Sauvignon. Le titre alcoolique est modéré pour la région à 13.8%. Ce vin a reçu de bons commentaires de Jay Miller du Wine Advocate qui lui a octroyé un 91. J’ai de très bon souvenir de la Syrah, Réserve, de ce producteur, et le Syrah/Cabernet, Réserve, 2005, offert à la SAQ m’avait aussi beaucoup plu. J’ai donc de bonnes attentes envers ce vin. Voyons ce que ça donne dans le verre.

La robe est opaque et très sombre. Le nez est d’expression modérée et dégage de beaux arômes de fruits noirs, incluant le fameux cassis qui trahit la présence du Cabernet, ainsi qu’un peu de fruits rouges. Des notes de bois de cèdre, d’épices douces et de torréfaction viennent compléter l’ensemble. Un beau nez, riche et profond, mais qui n’évoque pas vraiment le profil classique du cépage. Dans ce cas-ci, et à ce stade, le terroir semble parler plus fort. Ceci dit, c’est tout de même très agréable. En bouche, le vin est ample et montre un bel équilibre entre la douceur du fruit et l’amertume. Les saveurs fruitées sont intenses, entremêlées à des notes d’épices douces et de torréfaction. Cela produit une belle combinaison qui se transporte en milieu de bouche, sans faiblir, et où l’on peut jauger le niveau de concentration supérieur de ce vin. Cette richesse demeure toutefois sous contrôle, avec une structure quand même assez compacte, compte tenu du style. La texture de son côté se montre veloutée, ce qui permet au vin de glisser sans ambages vers une finale en crescendo où les saveurs se fondent avec harmonie, malgré l’amertume torréfiée qui gagne un peu de terrain sur la toute fin. La longueur est digne d’un très bon vin.

Verdict? On a affaire à un très bon vin, un vin qui vaut son prix et qui n’aurait pas à rougir face à des vins du même prix et des mêmes cépages, venant d’ailleurs dans le monde. Toutefois, face à la compétition féroce de son propre pays, il est facilement 10$ trop cher. Contrairement à ce que certains pourraient penser en me lisant, je ne pense pas que les vins du Chili sont les meilleurs au monde. Je pense toutefois qu’ils sont ceux qui, en général, offre le meilleur RQP sous la barre des 40$. On peut y retrouver des aubaines, à mon sens, vraiment extraordinaires, et c’est avec celles-ci que j’essaie de me monter un beau cellier. Malheureusement, dans le cas de ce “Winemaker’s Reserve”, même sil le vin est de belle qualité, il ne passe pas mon test au niveau du RQP. Je comprends que cette approche strictement axée sur le RQP est réductrice, parce que ce faisant, j’écarte une variété de très bons vins. J’écarte aussi tout l’aspect historique, traditionnel et prestigieux associé au monde du vin, et l’imaginaire y étant associé, que plusieurs amateurs apprécient. Pour moi ce qui compte d’abord et avant tout, c’est la qualité que je perçois dans le verre par rapport au prix payé. Ce n’est pas une question d’origine. Je content tout de même d’avoir essayé ce vin, ce n’était pas une arnaque, mais il ne se retrouvera pas dans mon cellier. Dans cette catégorie, j’ai des alternatives plus intéressantes.

dimanche 27 septembre 2009

CHARDONNAY, WILD FERMENT, 2008, CASABLANCA, ERRAZURIZ





Cette cuvée “Wild Ferment” est en réelle progression depuis quelques millésimes. Il semble que Errazuriz maîtrise mieux l’élaboration délicate de ce vin qui sort de la règle générale par l’utilisation des levures indigènes pour la fermentation alcoolique. Le 2007 de ce vin était vraiment superbe et s’était mérité plusieurs commentaires élogieux. Bonne nouvelle pour la version 2008, le prix est sensiblement à la baisse de 2.80$, à 19.95$. En espérant que la qualité, elle, ne soit pas aussi à la baisse. Voyons ce qu'il en est.

La robe est d’une belle teinte dorée, assez soutenue. Le nez s’exprime avec une intensité bien calibrée, et exhale d’affriolants arômes de pêche, complétés sur le plan fruité par un peu de pomme et un léger trait citronné. Pour compléter la palette aromatique, on retrouve des notes de miel, de beurre, d’amandes grillées, ainsi qu’une subtile touche florale. Ce nez est déjà complexe et surtout très agréable. En bouche, l’attaque est intense, ample et bien équilibrée par une saine dose d’acidité. Les saveurs sont d’une belle richesse et reflètent assez fidèlement ce qui était perçu au nez. Le milieu de bouche est soutenu, et exhibe une concentration de matière de très bon calibre, sur une texture légèrement onctueuse et un bon volume. La finale est harmonieuse, les saveurs s’y fondent agréablement, sur un très léger fond d’amertume, et persistent un long moment.

Ceux qui me lisent régulièrement savent que je déplore la faiblesse relative de l’offre de vins chiliens à la SAQ. Toutefois, ce Chardonnay, “Wild Ferment” est clairement pour moi une des étoiles de cette sélection perfectible. Ce vin est clairement de très grande qualité, et son prix en fait clairement une aubaine à ne pas manquer. Si le prix est à la baisse, la qualité, elle, à tout le moins, se maintient. Selon moi, ce vin est un prétendant très sérieux au titre de meilleur Chardonnay, sous la barre des 30$, disponibles à la SAQ. J’aimerais le déguster en parallèle avec une de mes référence en cette matière, soit le Chardonnay, Kumeu River de Nouvelle-Zélande (27.95$). Toutefois, la SAQ offre le millésime 2006 du Kumeu, ça pourrait peut-être fausser un peu la comparaison. Toujours est-il que je recommande très chaudement ce “Wild Ferment”, je profiterai sûrement de la prochaine promo pour faire le plein à 18$ et ainsi en mettre de côté pour voir comme il peut évoluer. Très beau vin.

jeudi 24 septembre 2009

CHARDONNAY, RESERVA, 2008, LEYDA, VINA LEYDA


Une autre bouteille de ce superbe vin toujours fidèle à ce que j'en disais dans le CR qui suit.


Leyda est une sous-appellation de la plus vaste région côtière de San Antonio. Vina Leyda a été le pionnier de cette nouvelle région en y plantant les premières vignes en 1998. La première récolte eut lieu en 2001, et depuis, plusieurs autres producteurs se sont implantés dans cette région. Ce mouvement vers la fraîcheur de la côte est l’événement majeur des 15 dernières années dans le monde du vin au Chili. La qualité des premiers vins issus de cette région a fait prendre conscience à plusieurs du potentiel de diversité inexploité que possédait ce pays. Ce potentiel est toujours largement sous-exploité, il faut y mettre le temps, mais San Antonio/Leyda a donné l’impulsion à une recherche de fraîcheur au Chili, une fraîcheur dans le climat d’abord et qui se reflète ensuite dans les vins issus des ces régions plus fraîches.

La robe est d’une belle teinte or pâle. Le nez est modéré, mais on y détecte facilement en dominante des arômes de citron associés à un aspect minéral, le tout complété par de subtiles notes de pêche et de noisette, ainsi que par un très léger aspect d’herbes aromatiques difficile à définir. En bouche, l’attaque est vive et intense. On a droit à un vin éclatant, montrant un très bon niveau de concentration. Cette relative richesse en matière permet l’obtention d’un équilibre heureux avec cette acidité minérale qui marque tout du long le vin de son empreinte. En finale, les saveurs citronnées s’élèvent pour marquer le coup, avant de décliner lentement, en laissant filtrer un soupçon d’amertume.

Aucun artifice dans ce vin, seulement l’expression pure de la combinaison cépage/terroir. Le niveau qualitatif est simplement formidable, compte tenu du prix (13.95$ LCBO). D’ailleurs, ce vin n’a pas traîné sur les tablettes du monopole ontarien, deux semaines après sa mise en marché, les stocks sont déjà presque écoulés. J’ai bu le vin sur deux jours, et la deuxième journée l’acidité était plus intégrée et le vin avait gagné un brin de rondeur, mais ça demeurait bien vif. Personnellement, cette version non boisée du Chardonnay m’a fait découvrir une facette peu exploitée de ce cépage, et qui a peu à voir avec les nombreux exemples beurrés et boisés que l’on rencontre le plus souvent avec les vins de ce cépage. Toutefois, je pense que pour que ça fonctionne, il faut vraiment un Chardonnay de climat frais, comme celui-ci, à l’acidité naturelle marquée. Ce vin offre la structure et la texture d’un Sauvignon Blanc de la même région, sur une palette aromatique différente. Bien heureux d’avoir fait bonne provision.

mardi 22 septembre 2009

CARMENÈRE, RESERVA, 2007, MAULE, VINA CALINA

Ce vin de Carmenère, produit de l’opération chilienne de l’américain Kendall-Jackson, est en fait un assemblage contenant 13% de Cabernet Sauvignon. Il est élevé pendant 9 mois en barriques de chêne français (70%) et américain (30%), dont moins de 10% sont neuves. Le vin est bouché avec un liège synthétique, ce qui laisse supposer un vin qui, malgré son appellation “Reserva”, a été conçu pour consommation assez rapide.

La robe est foncée et très légèrement translucide. Le nez trahit l’identité du cépage dès le premier abord, avec un beau mélange d’arômes de fruits et de poivrons rouges. Une touche de fruit noirs est aussi présente, ainsi que des notes d’herbes aromatique et d’épices douces, telle la vanille. Un léger aspect chocolaté complète cet ensemble au profil jeune et bien agréable. En bouche, on retrouve de juteuses saveurs de fruits rouges, mâtinées comme au nez de poivron rouge et d’herbes aromatiques. Le vin est de structure assez compacte, bien ferme, et offre une texture tannique plutôt légère, mais tissée bien serré. La concentration de matière est modérée, mais sans carence. Le vin joue clairement la carte de la “buvabilité” et de l’expression aromatique du cépage. La finale complète bien cette démonstration “Carmenère 101", sur un beau fondu de saveurs, sur une persistance plus qu’honorable.

Après le 2005, c’est le deuxième millésime de ce vin que je déguste. Dans les deux cas le but est atteint à la perfection. C’est-à-dire offrir un vin agréable, plutôt facile à boire et qui mise d’abord et avant tout sur l’expression des caractéristiques aromatiques de base du cépage Carmenère. Pas de grandes ambitions ici, ni de RQP époustouflant. Juste un vin de très belle qualité qui atteint sa cible à la perfection. Ce vin représente selon moi une introduction idéale pour qui veut découvrir le Carmenère “modèle de base”. Toutefois, il ne faudrait pas goûter ce vin et penser par la suite que c’est tout ce que ce cépage peut offrir. Beaucoup de variantes plus étoffées sont possibles et existent. Mais pour une première prise de contact, ou juste pour boire un joli vin agréable sans se casser la tête, ce Calina, Reserva est idéal.

lundi 21 septembre 2009

CABERNET SAUVIGNON, FAMILY RESERVA, 2005, MOLINA, CURICO, VINA ECHEVERRIA


La vallée de Curico est située juste au sud de Colchagua et au nord de Maule. Avec Maule, je dirais que c’est la région vinicole du Chili la moins réputée. Ce sont des régions anciennes qui n’ont pas l’attrait de la nouveauté. Ces régions ont une tradition de production de vins de masse à fort volume. Aussi, aucun des vins le plus réputés du pays n’y sont produits, à part peut-être le Manso de Velasco de Torres, qui vient lui aussi de Curico. Toutefois, les choses changent aussi dans ces régions. Il existe beaucoup de vieux vignobles et des producteurs décidés à prendre le virage qualitatif, tout en conservant un aspect traditionnel. Vina Echevarria est l’un de ces producteurs. Ce 100% Cabernet Sauvignon provient d’un vignoble unique situé près du village de Molina. De l’aveu même du producteur, la concentration est recherchée pour cette cuvée. Pour ce faire on ne retient que les raisins les plus matures provenant de parcelles à faible rendement. Cette sélection qualitative se poursuit au chai, avec des vinifications séparées en petits réservoirs et un élevage de 18 mois en barriques de chêne français. Seuls les meilleurs lots sont inclus dans l’assemblage final du vin. Cela semble prometteur. Voyons ce que ça donne dans le verre.

La robe est sombre et impénétrable. Le nez est très beau et évoque beaucoup plus l’ancien monde que le nouveau. Il dégage des arômes de fruits noirs, de cerises, mais sans le fameux cassis qu’on retrouve souvent dans la palette aromatique des Cabs de ce pays. En plus, on y retrouve des notes de bois de cèdre, de terre humide, et de feuilles de thé. Beau nez qui se démarque de l’archétype chilien. En bouche, ce qui surprend au départ, c’est l’acidité bien marquée de ce vin qui donne du tonus à l’ensemble et de l’éclat aux saveurs de fruits noirs qui dominent le profil gustatif. Une juste dose d’amertume contribue à l’équilibre global de ce vin à la structure compacte et à la texture tannique solide. Les notes terreuse perçues au nez ressortent un peu plus en milieu de bouche, où l’on peut constater toute la densité de matière qu’offre ce solide nectar. La finale poursuit dans la même veine, avec un mariage heureux des saveurs, sur un sursaut d’intensité et des tanins qui montrent la fermeté de leur poigne sur une bonne allonge aux relents d’amertume.

Voici un autre exemple de vin pour déculotter ceux qui pensent savoir ce qu’est LE vin chilien. Celui-ci est à l’opposé du stéréotype, d’abord par son acidité marquée, mais aussi par la fermeté de sa structure et le relief de sa texture. Ce vin montre un mélange de finesse aromatique et de rusticité structurelle. Un vin qui me semble l’antithèse du vin moderne et crémeux à la Michel Rolland, où rien n’accroche. Bien sûr, il est encore très jeune, mais ses qualités aromatiques sont indéniables, tout comme la richesse de sa robuste matière. Pour ce qui est de l’aspect tactile en bouche, c’est sûr qu’il est actuellement un peu déstabilisant. Pour ma part, j’ai bien aimé son caractère et son originalité. C’est un vin qui se fait remarquer. Maintenant, comment évoluera-t-il dans le temps? Difficile à dire pour moi, car je suis peu habitué à ce genre de vin. Est-ce que l’acidité s’adoucira avec le temps, et est-ce que les tannins se poliront? Voilà une bonne question. Le producteur pour sa part parle d’une garde d’au moins huit ans. Il me reste quatre bouteilles. J’ai bien l’intention de le suivre, car je suis vraiment curieux de goûter les résultats. Une chose est sûre, ce vin semble cadrer avec un style propre au sud de la vallée centrale (Curico et Maule). Il me rappelle un Cabernet Franc de Botalcura, lui aussi de Curico, et dégusté plus tôt cette année, et qui était lui aussi marqué par une franche acidité. Ce style à l’acidité franche semble aussi correspondre au profil des vins de Gillmore, un producteur de Maule que j’évoquais dans un des premiers message de ce blogue. Aussi, j’ai trouvé que le style de ce vin ressemblait, en plus acide, à celui d’un jeune Manso de Velasco, vin phare de Curico que j’évoquais en introduction. Ce vin est toujours offert à la LCBO pour 19.95$. Je pense vraiment que c’est un très bel achat à ce prix, et une bonne façon d’élargir sa conception des rouges chiliens.

vendredi 18 septembre 2009

VIOGNIER, 2008, COLCHAGUA, VINA CONO SUR


Ce blogue ne se veut pas élitiste. Donc, je tâcherai parfois de parler de vins vraiment pas chers. C'est le cas avec ce Viognier qui est mon RQP favori comme petit vin de semaine. Il est vendu à la LCBO pour le prix ridicule de 9.95$. Un pur Viognier n'ayant pas vu de bois.

La robe est d’une belle teinte dorée. Le nez est de belle intensité et dégage de jolis arômes de pêche, d’orange et de de miel, ainsi qu’un aspect floral. En bouche, c'est frais, l’amplitude et la matière sont vraiment surprenantes. Les saveurs sont intenses et l’ensemble montre un bon équilibre. En finale, les saveurs se fondent bien sur une longueur de bon calibre.

Oubliez le prix de ce vin pour le juger, mais souvenez-vous en lors de votre prochain passage en Ontario. C’est vraiment un achat extraordinaire à ce prix. Vous savez. J’ai tendance à dire parfois que certains vins chiliens en valent d’autres du double du prix. C’est une vilaine manie de ma part. Je ne le dirai donc pas, mais me contenterai de citer Josh Raynolds de IWC. Un autre qui a cette manie condamnable.... Deux rêveurs faut croire.


Light yellow. Textbook Viognier aromas of white peach, pear, flowers and anise. Fleshy and smooth, showing gently sweet melon and pit fruit flavours, with gentle floral and spice qualities. An outstanding value, with the clarity and complexity of many Viogniers costing three or four times as much. Josh Raynolds/ International Wine Cellar Mar-Apr. 2009/USA

Nicolas Catena nommé homme de l'année par Decanter

Un bel honneur et une reconnaissance bien méritée pour ce pionnier du virage qualitatif en Argentine. La maison Catena demeure mon producteur argentin favori. Bravo!

http://www.decanter.com/news/289524.html

jeudi 17 septembre 2009

Dégustation Chili: Mes impressions

Retour final sur cette dégustation chilienne pour donner mes impressions et commentaires personnels.






Riesling, Winemaker’s lot, 2007, Bio Bio, Concha y Toro

Choisi pour avoir un vin de l’extrémité sud du pays, et aussi pour avoir un vin qui saurait surprendre les participants. Très beau vin de Riesling bien typé avec un fruité de belle intensité et des arômes de pétrole. En bouche, le vin montrait une belle présence, de la fraîcheur et une bonne matière. Je pense qu’il montrait un léger sucre résiduel, mais c’était bien marié au style généreux du vin. Pour 14.95$, c’est vraiment excellent.



Première vague


1- Cabernet Sauvignon, Reserva de Famillia, 1997, Maipo, Santa Carolina

Superbe vin de Cabernet au profil évolué typique de ce que peuvent donner avec la garde les bons Cabernet de Maipo de catégorie “Reserva” (18-25$). J’avais choisi ce vin pour en faire la démonstration, et il ne m’a pas déçu. Achetez ce type de vin aujourd’hui, oubliez le profil de jeunesse s’il ne vous plaît pas et ne voulez pas tentez de l’apprivoiser, et mettez ça de côté pour sept à quinze ans, et même plus.

2-Pinot Noir, Cartagena, 2005, San Antonio, Casa Marin

Le mal aimé de la dégustation. Je l’avais choisi pour montrer la diversité grandissante de l’offre en rouge au Chili. Je voulais aussi un vin de San Antonio qui pour moi est une des régions les plus excitantes de Chili. Moi, j’aime bien ce vin. Le style lorgne plus du côté de la Californie. Je pense que la composition de la vague ne l’a pas aidé. J’aimerais lui redonner une chance dans une dégustation de Pinot du Nouveau-Monde. Le Pinot est toujours un “work in early progress” au Chili, mais le potentiel est vraiment là. Il faut aussi dire que Casa Marin fait des vins qui déstabilisent par leur caractère affirmé et distinctif.

3- Merlot, La Capitana, 2003, Cachapoal, Vina La Rosa

J’avais mis ce vin dans l’alignement parce qu’il était pour moi l’archétype du vin chilien que certains aiment rabaisser en le jugeant rapidement sur son profil de prime jeunesse. Pourtant, hormis une faible note de verdeur chilienne qui peut déplaire, ce vin avait beaucoup d’autres attributs positifs. Un bel équilibre, encore beaucoup de fruit, de la rondeur, un boisé qui s’intègre tranquillement et une belle texture soyeuse. Peu de vins de ce prix peuvent être dans un si bel état à cet âge. Ceci sans compter qu’il peut encore évoluer pour facilement cinq autres années.


Deuxième vague


1-Assemblage, Gran Reserva, 2005, Maipo Costa, Vina Chocalan

J’ai choisi ce vin car c’est un de mes préférés de la dernière année. Aussi parce qu’il vient d’une nouvelle partie de la vallée de Maipo. Encore parce que c’est un vrai vin d’assemblage, une manière de faire qui selon moi donne les vins les plus complets. Ce vin est vraiment superbe, d’un équilibre exemplaire, souple, intense, charmeur et complexe. Un RQP exceptionnel.

2- Cabernet Sauvignon, Don Melchor, 2003, Puente Alto, Alto Maipo, Concha y Toro

J’avais de grandes attentes et ce vin m’a un peu déçu. Ça demeure un superbe vin de Cabernet, mais je m’attendais à plus de sa part. Une idée préconçue à cause de son prix et de sa réputation, bien sûr. Je m’attendais à ce qu’il survole la dégustation, et ce ne fut pas le cas. Autour de 50$, ça pouvait toujours passé, sans être un RQP, mais à 80$ pour le 2006, ce vin vient de tomber dans l’excès, comme bien d’autres.

3- Assemblage, House of Morandé, 2001, Medio Maipo, Vina Morandé

Choisi pour ajouter un vin plus âgé toujours disponible, et pour compléter une trilogie Maipo couvrant ses trois sous-régions. Ce vin m’a pas mal déçu. Pourtant, goûté préalablement en isolé, je l’avais bien apprécié. Il faut dire que cette bouteille avait une très légère touche de brett. Dans mon cas, c’est sûr que ça ne l’a pas aidé. Hormis la brett, je dirais que ça demeure quand même un beau vin au profil évolué et une rare possibilité d’acheter un bon vin chilien avec déjà de l’âge. Mais pour qui est prévoyant, et patient, vaut mieux acheter de bons Reservas autour de 20$ et les garder.


Troisième vague


1-Syrah, Reserva, 2007, Limari, Vina Tabali

Choisi à cause de sa qualité et pour montrer ce que la nouvelle région de Limari peut donner. J’ai racheté une caisse de ce vin, hier, pour porter mon total à 18 bouteilles. C’est vous dire comment j’apprécie ce vin et son RQP formidable. Déjà très bon sur son profil de prime jeunesse, ce vin a tout ce qu’il faut pour une bonne garde et une évolution intéressante et harmonieuse. Beau profil Rhône nord moderne.

2- Syrah, Reserva, 2007, Elqui, Chono

Un vin d’importation privée choisi lui aussi pour sa très belle qualité et pour compléter avec Elqui le duo des nouvelles régions du nord. J’écrirai un CR bientôt sur ce vin qui lui aussi évoque à sa façon une Syrah du Rhône nord.

3-Syrah, Reserva, 1999, Aconcagua, Errazuriz

Déception avec ce vin. Légèrement bretté, au profil évolué et en déficit de fruit. Ne montrait pas la même qualité qu’un 1997 goûté l’an passé. Le millésime 1999 fut très chaud au Chili, et je pense que ce vin en a souffert, surtout que Errazuriz en était à ses premiers pas avec ce troisième millésime de Syrah. Rendez-vous manqué pour démontrer le potentiel de garde de ce cépage dans ce pays, mais croyez-moi, il existe bel et bien. Je suis sûr que les bons vins de Syrah d’aujourd’hui, vont donner de très beaux résultats dans dix ans et plus. Il n’y a aucune raison pour que ces vins ne vieillissent pas aussi bien que le Cabernet de Maipo. Certains pourraient dire qu’il faut faire un acte de foi en mettant ces vins de côté. Si tel est le cas, et bien moi je veux jouer les prophètes. Ma collection de Syrah chiliennes s’élargit avec le temps, et la beauté avec ce cépage au Chili, c’est qu’à cause des nouvelles régions plus fraîches (Elqui, Limari, Casablanca, San Antonio), il y a une belle variété de styles pour compléter ce que la vallée centrale et son climat plus chaud peut offrir.


Il est évident que cette dégustation n’était qu’un survol rapide de ce que le Chili peut offrir. J’ai tenté de montrer un visage du pays qui déborde de ce qu’on retrouve actuellement à la SAQ, avec de nouvelles régions ou cépages, et des vins avec de l’âge. Je pense que la Syrah de Tabali ou l'assemblage de Chocalan sont de beaux exemples du genre de vin chilien que la SAQ devrait offrir en plus grand nombre. Des vins venant de nouveaux producteurs élite, qui offrent encore leurs bons vins à des prix très abordables. Pourtant, il y a beaucoup de ces nouveaux producteurs au Chili, ou de plus anciens qui ont pris le virage qualitatif. Comprenez-moi bien. Il y a de bons vins chiliens à la SAQ, mais l’offre pourrait être tellement meilleure, diversifiée et complète.

lundi 14 septembre 2009

Dégustation Chili ou comment je me suis aveuglé!

Dans l’introduction de mon dernier message, je disais qu’à un moment donné au cours de la soirée j’avais eu l’air fou, et que tous avaient bien rigolé. Ils avaient raison, car c’était bien comique. Toutefois, au delà de la rigolade que j’ai provoqué, j’ai pu expérimenter totalement une chose en laquelle je croyais fermement et que je n’avais pu jusqu’à maintenant qu’effleurer en dégustation.

Depuis que je déguste en groupe, je n’ai jamais encore vu quelqu’un délibérément tromper ses partenaires de manière malhonnête. C’est-à-dire en servant un vin à étiquette découverte, mais en mettant un autre vin dans la bouteille. Celui qui s’y aventurerait aurait assurément de bonnes chances de perdre des amis. Dans le monde du vin où l’ego est important, tenter de faire mal paraître des dégustateurs regroupés, n’est pas une chose à faire. Toutefois, il existe le cas où un dégustateur peut se flouer totalement lui-même. C’est ce qui m’est arrivé samedi soir dernier.

Comme vous avez pu le lire dans le message précédant, j’avais préparé trois vagues de trois vins rouges. Je les avais placés dans une caisse de douze bouteilles, où trois rangées de trois étaient pleines, et une rangée était vide. J’ai sorti la première rangée, à l’extrémité de la boîte, pour la première vague. Ce qui laissait deux rangées vides aux extrémités de la boîte, et deux rangées pleines au milieu. Puis, au moment de sortir ce que j’avais prévu pour être la deuxième vague, j’ai pris la mauvaise rangée de milieu, celle qui devait être la troisième vague. Les vins avaient été transvidés dans des bouteilles transparentes que j’avais marquées en noir en dessous. Donc, tant que la bouteille contenait du vin foncé, il était impossible de voir la marque. Puis, pour chaque vague, je demandais à quelqu’un d’autre de mélanger les bouteilles et de les étiqueter avec un numéro. Donc, en théorie, pour chaque vague j’étais en semi-aveugle. J’étais supposé connaître l’identité des trois vins, mais pas dans quelles bouteilles ils étaient.

Donc, lorsque la deuxième vague fut servie, j’étais convaincu sans l’ombre d’un doute d’avoir devant moi trois vins de Syrah (Tabali, Chono, Errazuriz), que je connaissais très bien. Alors qu’en réalité, j’avais un Cab (Melchor), un assemblage à forte dominante Cab (Morandé), et un assemblage sans cépage très dominant (Chocalan). Je dois aussi dire que lors du transvasage de ces vins, durant l’après-midi, je les avais sentis pour détecter à l’avance un éventuel problème de bouchon. Lors de cet exercice, j’avais noté un très léger caractère bretté dans la Syrah Errazuriz. Toujours est-il que lorsque les vins furent servis. J’étais en pleine confiance. J’avais très facilement identifié les trois vins de la première vague. Je n’ai d’ailleurs même pas regardé mes marques sous les bouteilles tellement c’était clair.

Ensuite, dans la deuxième vague, qui était en fait ce qui devait être la troisième. Je détecte dès le départ un vin légèrement bretté, le Morandé. Dans ma tête, juste sur ce critère, je me dis que c'est le Errazuriz. Les deux autres vins “clean” et plus jeunes sont associés aux deux jeunes Syrah, le Chocalan avec le Tabali, à cause du boisé, et la Melchor avec le Chono, par défaut. Je dis rapidement aux autres que j’ai repéré l’identité de chaque vins. Par après toutefois, je dis que je ne suis plus sûr de l’identité pour deux vins. Les deux vins plus jeunes et non brettés. Mais en aucun moment dans mon esprit je ne remet en doute le fait que j’ai devant moi trois vins de Syrah. Lors du tour de table à la fin, je rigole et m’amuse d’entendre certains dégustateurs me parler de Cabernet Sauvignon! Je souris et dit à tous que certains vont être surpris!!! Je ne croyais pas si bien dire. En réalité, je joue un peu les frondeurs, car même si je suis toujours totalement convaincu d’avoir les trois vins de Syrah devant moi, je ne suis plus sûr de l’identité de deux plus jeunes. Pourtant, ce sont deux vins (Tabali et Chono) que je pense connaître très bien et que j’étais sûr de pouvoir distinguer facilement l’un de l’autre, surtout avec le Errazuriz comme troisième bouteille de la vague. Malgré cela, en aucun moment la lumière rouge ne s’est allumée en moi. J’étais psychologiquement induit. Le fait que j’avais affaire à trois vins de Syrah était pour moi une certitude absolue. J’avais grossièrement détecté deux vins de profils jeunes, plus un vin plus évolué et légèrement bretté. Dans ma tête, c’était en béton, malgré mon indécision sur l’identité de deux d’entre eux, et malgré la réalité, bien sûr.

Finalement, avant de découvrir l’identité des bouteilles, je demande à regarder mes marques sur le fond de celles-ci. Une chance, sinon j’aurais totalement ruiné le caractère aveugle de ma dernière vague de Syrah. Donc, je regarde la fond d’une bouteille, et là c’est la stupéfaction totale!!! Sur le coup je n’y crois pas. Surprise, surprise!!! C’est là, bien entendu, que les autres se bidonnent ferme. Pour ma part, je suis dans la confusion la plus totale. Ça dépasse mon entendement. Je me demande comment j’ai pu ne pas m’apercevoir de cette inversion. Je suis tellement sous le choc, que c’est là aussi que j’inverse le Morandé pour le Melchor, lors du dévoilement.

Tous ont bien ri, moi inclus, lorsque j’ai repris un peu mes esprits. J’étais déçu car ça brisait l’ordre que j’avais prévu pour la dégustation. Sur le coup, j’étais aussi déçu de moi comme dégustateur. Mais en y repensant comme il faut par la suite, j’ai compris que cette expérience n’avait fait que confirmer ce en quoi je croyais depuis mes débuts en dégustation. C’est-à-dire que l’aspect psychologique est très important dans la perception du vin. Les sens du goût et de l’odorat sont des sens très imprécis et qui peuvent facilement être subjugués par la conviction. Quand je parle de conviction, je parle du fait d’être totalement convaincu de quelque chose. Dans mon cas, je ne pouvais être plus convaincu. C’est moi qui avait tout préparé. Je n’avais aucun soupçon d’un possible piège. J’ai fait une erreur en totale bonne foi, sans passer proche de m’en rendre compte. Pour moi, le fait que j’avais trois vins de Syrah devant moi était une réalité indiscutable. J’aurais eu les étiquettes dévoilées que je n’aurais pas été plus convaincu. De plus, le caractère primaire des vins (deux jeunes, un plus évolué) allait dans ce sens. Donc, aucune analyse fine et un peu objective du caractère aromatique des vins n’était possible pour moi à ce moment, sauf pour le léger caractère bretté du Morandé, car il cadrait avec l’idée que je m’étais faite de la Syrah Errazuriz. En y repensant, ce fut une expérience fascinante. Certains pourraient y voir une tentative de justification de ma part pour expliquer une lacune de dégustateur. À ceux qui pourraient penser cela. Je leur souhaite de vivre une expérience similaire. Ils comprendront. De toute façon, je n’aurais pas partagé cette expérience si je n’avais pas pensé que ça pouvait être intéressant pour plusieurs.

Ah oui! En terminant. J’ai parfaitement reconnu les trois vins de Syrah, par la suite, lors de la troisième vague. Pas difficile vous allez me dire, c’est vrai. Mais quand même, ils présentaient des profils aromatiques totalement différents des trois vins précédents. Incroyable! Vraiment fascinant. Une expérience qui demande toutefois de l’humilité et une certaine capacité d’auto-dérision, mais une expérience que je souhaite à tous pour progresser comme dégustateurs.

dimanche 13 septembre 2009

Soirée découverte du Chili: Les résultats

Soirée spéciale hier pour moi avec une dégustation thématique sur le Chili. Une soirée où j’étais en charge de choisir les vins, où ça se passait en pure aveugle pour tous, sauf pour moi. Une soirée où je devais partager mon expérience des vins de ce pays, et où tous devaient apprendre, sauf moi. Ça, c’était en théorie, car les choses ne se sont pas passées exactement comme prévu. J’ai, à un moment donné, eu l’air très fou, et tous ont bien rigolé. Je suis désolé pour la confusion que cela a entraîné, mais en même temps, cela m’a permis de confirmer par l’expérience un aspect de la dégustation dans lequel je croyais fermement depuis longtemps, mais que je n’avais jamais expérimenté de cette façon. Maintenant je pourrai en parler d’expérience. Je reviendrai dans un message subséquent sur cet épisode rigolo et éducatif, ainsi qu’avec mes commentaires personnels sur la dégustation. Mais d’abord, je vais rapporter une synthèse des impressions de dégustation du groupe sur les dix vins servis, en donnant le classement par vague. (3 points = premier, 2 points = deuxième, 1 point = troisième)




Vin de bienvenue:


Riesling, Winemaker’s lot, 2007, Bio Bio, Concha y Toro

Ce vin fut perçu comme un Sauvignon Blanc par tous ceux qui se sont exprimés au départ. Je pense que tous s’attendaient à ce que j’apporte un blanc de ce cépage, et surtout, personne n’associait Riesling et Chili. C’était un présage de choses à venir sur le même thème... Car malgré cette perception Sauvignon Blanc, ce vin faisait typiquement Riesling avec des arômes de pétrole typiques. Finalement, après que j’aie laissé savoir que ce n’était pas un Sauvignon, Sylvain a détecté le pétrole et nommé le bon cépage. Tous ont bien apprécié le vin et pensait que son prix devait être entre 20-25$. J’ai acheté ce vin à la LCBO pour 14.95$.


Première vague:


1- Cabernet Sauvignon, Reserva de Famillia, 1997, Maipo, Santa Carolina (23 points)

Ce vin fut bien identifié comme un Cabernet évolué, on pensait que le millésime devait se situé entre 2000 et 2004, sauf pour Patrick qui a parlé d’un vin de 10 - 15 ans, comparable à un Bordeaux de 60$ et plus. On l’a aimé pour son élégance et sa complexité, ainsi que pour son profil évolué. Pour ceux qui suivent mes expérience chiliennes, ce vin était très semblable au Cabernet Sauvignon, Medalla Real, 2000, Maipo, Santa Rita, qui avait fait sensation lors de la dégustation Californie-Chili de The Gazette. Un RQP de très haut vol. Malheureusement ma dernière bouteille. Le millésime 2006 est toujours disponible à la LCBO pour 20$. Un vin qui se transforme du tout au tout sur une période de 10 ans.

2- Merlot, La Capitana, 2003, Cachapoal, Vina La Rosa (20 points)

Pour celui-ci, on nomme différents cépages bordelais, certains ont bien vu en nommant le Merlot, mais on a aussi évoqué le Carmenère et le Cabernet Sauvignon. On pensait être sur un millésime 2003 à 2005. On a parlé d’arôme de cassis, d’un léger caractère végétal, d’exubérance alliée à une certaine élégance. J’ai même entendu “Grand vin qui doit vieillir”. Le vin a aussi été vu comme le plus proche du stéréotype chilien de toute la soirée. Celui qu’on aurait “callé” chilien dans une dégustation à l’aveugle ouverte aux vins de toute origine. Très belle surprise pour ce vin d’environ 16$.

3-Pinot Noir, Cartagena, 2005, San Antonio, Casa Marin (11 points)

Dans cette vague, le Nouveau Chili fut battu par l’ancien, avec ce Pinot Noir qui termine troisième et représente le moins bon RQP de la soirée, selon l’opinion générale, même si plusieurs ont insisté pour dire que c’était quand même un bon vin. Il était juste opposé à des vins qu’on a jugés meilleurs, ou il ne cadrait pas avec les préférences stylistiques de certains participants. Il fut bien identifié comme Pinot par certains dégustateurs, on a même évoqué un profil néo-zélandais. Comme autres commentaires, on a parlé d’un aspect floral, de verdure, trop boisé, graisse de garage. Acheté à la LCBO pour 29.95$


Deuxième vague: (À noter pour les participants de la dégustation. J’étais tellement sous le choc après le dévoilement de la deuxième vague, que j’ai trouvé le moyen d’en rajouter en inversant l’identité de deux vins. Soit le House of Morandé et le Don Melchor. Donc, le vin #4 était le Don Melchor et le vin #6 le House of Morandé. Cela ne change rien au niveau du pointage de la vague, puisque les deux ont récolter 14 points et sont ex-eaquo, mais pour votre compréhension personnelle, c’était important de rectifier. Mille fois pardon pour cet autre égarement de ma part, ou comment une bourde peut en entraîner une autre)


1-Assemblage, Gran Reserva, 2005, Maipo Costa, Vina Chocalan (26 points)

Assemblage dans toute la force du terme avec une composition de 35% Cabernet Sauvignon, 18% Carmenère, 18% Syrah, 15% Malbec, 9% Petit Verdot et 5% Merlot. Ce vin a fait la quasi unanimité comme étant le meilleur de cette vague et de la soirée. Un nez tout simplement envoûtant. Superbe. La bouche suit dans la même veine. Comme c’est un assemblage très complexe, personne n’avait d’idée affirmée sur le ou les cépages le composant. Les qualificatifs évoqués étaient: floral, viandé, RENVERSANT, mentholé, équilibré, cacaoté, superbe, fin, élégant, graphite, californien. Au niveau de l’âge, la majorité le voyait dans l’intervalle 2000-2003, sauf un qui a nommé le bon millésime, 2005. Vraiment un grand vin qui s’est vendu de façon quasi confidentielle à la Signature l’hiver dernier, pour seulement 27$ la bouteille. À ce prix, c’était un achat simplement fantastique. Par chance, il m’en reste encore neuf bouteilles.

2- Cabernet Sauvignon, Don Melchor, 2003, Puente Alto, Alto Maipo, Concha y Toro

Aucune note de première place (quatre deuxièmes et quatre dernières) pour ce vin qui, en théorie, aurait dû être le roi de la dégustation. Il n’a pas été clairement identifié comme Cabernet, sauf par un participant. Sinon, on a parlé de Syrah, Merlot, Carmenère, ou des assemblages de ces cépages. Du côté des arômes, on a évoqué le fruit noir, l’encre noire, le pneu brûlé, la viande, la fourrure mouillée. Au niveau de l’âge, on a évoqué 2002 à 2005 comme millésime possible. Merci à Patrick pour la contribution de ce vin. Décevant un peu quand même, compte tenu de sa réputation, des gros scores et du prix. C’était un bon vin pour mettre la qualité et surtout le RQP de certains autres en perspective.

2- Assemblage, House of Morandé, 2001, Medio Maipo, Vina Morandé (14 points)

Ce vin est un assemblage de 68% Cabernet Sauvignon, 19% Cabernet Franc, 6% de Carignan de la vallée de Maule, 4% Merlot de la vallée de Casablanca et 3% Carmenère. Au niveau de l’identification des cépages, on a surtout évoqué le Cabernet Sauvignon. Au niveau des qualificatifs pour le décrire, on notait: Beau nez, beau cassis, boisé, minéral, viandé, champignons, moins expressif, tertiaire. Certains l’ont bien placé comme plus âgé, alors que d’autres y voyaient un 2004 ou un 2006. Il a obtenu un vote de première place pour briser l’hégémonie du Chocalan. Acheté il y a quelques semaines pour 39$ à la LCBO, le prix est correct compte tenu de son âge. Touche de brett pour moi.

Il est intéressant de noter que dans cette vague, il y avait trois vins de Maipo, mais provenant des trois parties distinctes de cette région, aux terroirs différents que sont, Alto Maipo, Medio Maipo et Maipo Costa.


Troisième vague:


1- Syrah, Reserva, 2007, Limari, Vina Tabali (22 points)

Premier rang pour ce très beau vin de Syrah, identifié comme tel par certains, Sylvain a même nommé le producteur. Bravo! Voici ce que j’ai noté comme commentaires: fruits noirs, fruits rouges, mûre, cassis, tabac, vanille, champignons, végétal, pyrazine, souple, équilibré, assez exubérant, belle évolution, sleeper, le meilleur est à venir. Pour ce qui est du millésime du vin, on le voyait plus vieux que son âge, avec un intervalle de 2002 à 2006. Très bel achat à 18$ et très bon potentiel de garde

2- Syrah, Reserva, 2007, Elqui, Chono (18 points)

Première Syrah pour moi de la très septentrionale vallée de Elqui et que j'ai dû acheter en importation privée. Donc, obligation d'acheter une caisse à 18$ la bouteille, sans avoir pu goûter au préalable. Faut vraiment vouloir découvrir ce pays. Toutefois, je n’ai vraiment pas de regret à propos de cet achat. Ce qui ressortait à la quasi unanimité comme caractéristique première de ce vin était son aspect poivré intense et très clair. Comme autres commentaires, j’ai noté: épicé, vanille, réglisse verte, cassis, suie, lichen, guimauve brûlée, poivron pourri, caoutchouc, très expressif. Un dégustateur y voyait une expression Rhône nord bien claire. Je suis entièrement d’accord. Toutefois, Ce vin a donné des résultats très partagés entre les dégustateurs, sur neuf votes, ce fut, 3 x 1, 3 x 2, 3 x3.

3-Syrah, Reserva, 1999, Aconcagua, Errazuriz (14 points)

J’ai apporté ce vin pour compléter une vague Syrah et montrer son potentiel de garde. Malheureusement, ce 1999 n’était pas à la hauteur de 1997 bu il y a un an environ. Je pense que la cause première est une acidité trop faible du vin (pH de 3.90!!!). Cela a sûrement contribué au caractère bretté que j’ai perçu dans ce vin et aussi à ce qui m’a semblé une perte un peu prématurée de fruit. Quand même, je dis ça, mais le vin a tout de même obtenu un vote de première place. Plusieurs l’ont bien identifié comme Syrah et le voyait quand même un peu plus jeune que son âge réel (2003-2005). Au niveau des qualificatifs, on mentionnait: cassis, confituré, fruits rouges, maïs, concentré, pas tellement sur la finesse, unidimensionnel, évolué, assez jeune, pétrole. Probablement le vin où ça tirait le plus dans toutes les directions.

Vin de dessert

Château Ladesvignes, 2003, Monbazillac

Pour conlure, nos hôtes ont gracieusement offert ce beau vin liquoreux français. Un très beau RQP que ce vin, qui offre ce qu'on attends de ce type de vins. Bel équilibre, pas trop sucré, avec de beaux arômes de pêches confites et d'amandes. J'ai bien aimé. Merci.


Voilà, comme on peut le voir, les impressions peuvent être assez variées entre neuf dégustateurs. Les participants m’ont dit avoir bien apprécié, j’en suis bien content. Merci à Pascale pour avoir apporter un sac de feulles de plants de tomate. Je pense que tous ont pu constater que cette histoire très québécoise d'arômes de plants de tomates dans les rouges chiliens était une légende. Je ne dis pas qu'il n'y a pas parfois des arômes verts de type pyrazines, le Merlot La Capitana en avait une touche, mais ce n'était clairement pas du plant de tomate. C'est même pas proche. Merci à tous pour votre présence et votre implication, c'était très vivant comme dégustation. Finalement, merci spécial à Sylvain et Bianca pour l’accueil toujours impeccable. Pour ma part, je reviendrai plus tard avec mes commentaires personnels sur les vins et sur la soirée en général et sur ce que j'en tire. Une soirée qui fut un peu cahotique pour moi par moments.