lundi 30 novembre 2009
CHARDONNAY/PINOT BLANC/PINOT GRIS, TRIO, 2008, CASABLANCA, CONCHA Y TORO
Concha Y Toro est à mon avis le meilleur producteur du Chili, malgré le fait qu’il soit de loin le plus gros. Cette maison réussit, année après année, le tour de force d’allier forts volumes et qualité, et ce sur une gamme de vins très vaste, issus de cépages et de terroirs variés, et ce à plusieurs niveaux de prix. La gamme TRIO est orientée sur la production de vins d’assemblage à prix abordables.
La robe est d’une belle teinte dorée assez foncé. Le nez est bien agréable, dominé par l’aspect fruité, exhalant des arômes de pêche, de citron, d’ananas et de banane, complétés par un aspect floral et un côté miellé. En bouche, l’attaque est d’une belle ampleur, le vin est rond et légèrement onctueux, sur une belle intensité fruitée. Bon volume en milieu de bouche et acidité modérée. La finale est harmonieuse avec une bonne persistance.
L’assemblage est moins courant en blanc qu’en rouge, et c’est bien dommage. Ce vin en est un bel exemple. Ça permet l’obtention de vins plus complexes et plus complets, même pour des vins abordables comme celui-ci. Au lieu d’un autre Chardonnay de Casablanca un peu stéréotypé, on obtient un vin plus original et de très belle qualité compte tenu de son modique prix. Comme je ne note pas les vins, certains pourraient être intéressés de savoir que Jay Miller de Wine Advocate a octroyé un 90 à ce vin. Bien sûr ce n’est qu’un chiffre, et personnellement je suis en désaccord avec le procédé. Je préfère y voir le fait qu’il a bien aimé la qualité de ce vin. Pour 14.95$ à la SAQ, c’est à mon avis un très bon achat.
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jeudi 26 novembre 2009
CABERNET SAUVIGNON, INTRIGA, 2006, MAIPO, VINA INTRIGA
Vina Intriga fait partie du groupe Montgras qui possède quatre propriétés distinctes au Chili. D’abord dans la vallée de Colchagua, Il y a l’opération de base sous étiquette Montgras, et l’opération plus haut de gamme, Ninquén. Ensuite, il y a Amaral, établi dans la région côtière de Leyda, pour la production de vins blancs de qualité, et finalement, Intriga dans la vallée de Maipo qui se concentre sur la production d’un unique vin rouge, élaboré à partir de Cabernet Sauvignon. Ce vin, malgré son prix abordable (21.55$), un peu comme la cuvée Ninquén dans Colchagua, a droit à un traitement ambitieux pour son élaboration. D’abord, les raisins proviennent de vignes de 10 à 50 ans d’âge, certaines menées selon le système classique d’espalier, mais d’autres selon le système de pergola, moins commun pour la production de vins de qualité. Le vin est élevé en barrique de chêne (85% français, 15% américain et neuf à 85%) pour une période de 17 mois. La méthode Paul Hobbs, déjà appliquée au Ninquén, est utilisée aussi pour cette cuvée. Le vin titre à 14.6% d’alcool, et le producteur parle d’un potentiel de garde de 15 ans.
La robe est d’encre, totalement opaque. Le nez d’intensité modérée dégage de riches arômes de fruits noirs évoquant la confiture de cassis, complétés par des note d’épices douces, entre autres la vanille, par une touche de terre humide, un soupçon de menthol et un très léger aspect torréfié. En bouche, on retrouve un vin ample et généreux, aux saveurs très intenses. Le fruité est doux, mais bien balancé par une juste dose d’amertume. Le milieu de bouche permet de bien saisir le haut niveau de concentration et la riche matière de ce vin volumineux aux tanins souples, mais bien présents. C’est un vin qui en met plein la bouche et démontre beaucoup de présence. La finale est explosive, avec le riche mélange de saveurs qui gagne encore en intensité, avant de décliner lentement sur très bonne allonge aux relents d’amertume cacaotés.
L’élaboration de ce vin laissait présager un vin ambitieux, malgré son prix somme toute modeste. C’est bel et bien le cas, et cela se sent et se goûte. C’est un vin très démonstratif en bouche, où à ce stade s’est un peu le feu d’artifice. La maturité du fruit de ce vin me porte à croire qu’il provient du plancher de la vallée de Maipo, qui en est la partie la plus chaude. En terme de concentration, de longueur et de richesse, c’est un vin qui rivalise, et dépasse même, des exemples chiliens pas mal plus chers. Ça demeure un vin très jeune, surtout si on tient compte de son style. Le producteur parle d’un potentiel de garde de 15 ans, et ça me semble parfaitement justifié. Pour mon goût, il manque actuellement de finesse. Il est tellement riche qu’il a besoin de temps pour s’affiner en bouteille, et je pense bien qu’il y parviendra. Il me fait penser, en plus long et plus concentré, au Cabernet, Gran Reseva, ou Etiquetta Negra, de Tarapaca. Des vins provenant eux aussi du plancher de la vallée de Maipo, et qui vieillissent admirablement, avec ce fruité très mature, un peu confit, qui les distinguent de leurs cousins plus frais de l’Alto Maipo. Un bel achat pour la garde.
Carmenère et cuisine indienne
Pour les amateurs d'accords mets et vins. Voici le lien vers un article récent et intéressant qui présente le Carmenère, et son profil particulier, comme étant une solution possible pour l'accord difficile du vin avec la cuisine indienne.
http://www.winesofchile.org/wp/wp-content/uploads/2009/11/curry-and-carmenere2-imbibe-2009.pdf
http://www.winesofchile.org/wp/wp-content/uploads/2009/11/curry-and-carmenere2-imbibe-2009.pdf
lundi 23 novembre 2009
ARNALDO B., GRAN RESERVA, 2005, CAFAYATE, BODEGAS ETCHART
Pour continuer dans la veine argentine des derniers temps sur ce blogue, et pour continuer avec un producteur que j’aime bien. J’ai décidé d’ouvrir un autre vin de la région de Cafayate, un rouge celui-là, de la maison Etchart qui est maintenant propriété de la française Pernod Ricard. Ce vin est un assemblage de Malbec (65%), complété par du Cabernet Sauvignon (25%) et du Tannat (15%). Le vin est élevé pendant 15 mois sous chêne français et américain. Le producteur parle d’un potentiel de garde de 8 à 10 ans.
La robe est très foncée et d’une totale opacité. Le nez est contenu en intensité et exhale un heureux mélange d’arômes fruités, épicés et boisés. Aux arômes dominants de fruits rouges et noirs, s’ajoutent des notes de vanille, de noix de coco, de café, de fumée et de cacao. Un beau nez charmeur où l’influence du bois est palpable, tout en demeurant sous contrôle, et en formant un heureux mariage avec le richesse et la maturité du fruit. En bouche, on retrouve dès le départ cette richesse et cette maturité de fruit. Cela se traduit par une bonne amplitude et des saveurs intenses. Le mariage fruité/boisé évoqué au nez se transpose avec succès en bouche. Le vin est enveloppant, avec un bon volume, et une masse tannique souple, mais tout de même assez imposante. C’est un vin costaud, mais pas lourdaud. Toute cette matière a du tonus et se tient très bien. La finale est harmonieuse et très intense, les saveurs se fondent bien avant de décliner un long moment sur une amertume qui gagne en importance, tout comme le coté épicé.
Très bon vin élaboré avec succès dans un style mûr, riche et boisé, mais surtout, équilibré. On a affaire ici à un vin assurément moderne, mais c’est loin d’être une bombe de fruits confits et sur-boisée. Sur ces deux critères, la juste mesure a été trouvée, et le vin a l’acidité nécessaire pour maintenir ce qu’il faut de tonus. Il faut reconnaître la sagesse de Etchart qui a gardé ce vin en bouteille un an avant sa mise en marché. C’est là un exemple que plus de producteurs sud-américains, et d’ailleurs, devraient suivre. Au moment où les 2007 et même des 2008, commencent à apparaître sur le marché. Il est bon de voir un vin qui a eu le temps de se faire un peu en bouteille. Cela dit, même s’il est déjà très bon. Je suis convaincu que quelques années supplémentaires le rendront encore meilleur. Au prix demandé par la SAQ pour ce vin (17.95$), il est clair que le RQP de celui-ci est plus qu’avantageux. Je n’aurais pas peur de mettre ce vin à l’aveugle dans une vague de bons vins de 30 à 40$ de diverses origines. Il tiendrait son bout. Il en reste peu en tablettes à la SAQ. J’ai profité de la promo du week-end pour en acheter quatre bouteilles. Toutefois, j’ai goûté au 2006 dernièrement, lors d’une dégustation sur les vins d’Argentine, et le niveau qualitatif m’a semblé similaire à celui-ci. Il devrait être disponible plus tard à la SAQ. À surveiller donc.
dimanche 22 novembre 2009
DÉGUSTATION: VINS DE L'ARGENTINE
Le 11 novembre dernier j’ai eu la chance de participer à une dégustation thématique sur les vins de l’Argentine à l’hôtel Le Windsor à Montréal. Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour écrire sur le vin dernièrement. C’est donc avec un peu de retard que je transmets mes impressions générales sur cette dégustation. J’ai goûté une soixantaine de vins sur une période de 3 heures. C’est beaucoup, en fait c’est trop, mais dans ce genre d’événement on veut toujours profiter de l’occasion pour essayer le plus de produits. Dans ces circonstances, je n’ai pas de notes très détaillées pour chaque vins. Je me contenterai de donner mon impression générale et de nommer les vins ou producteurs que j’ai particulièrement appréciés.
D’abord, au niveau des vins blancs, j’ai aimé le caractère distinctif des vins de Torrontès, que ce soit en sec, en vendanges tardives, et même en mousseux. Je trouve que ce cépage représente le point fort de ce pays en blanc. Sinon, il y a bien quelques bons Chardonnay, comme ceux de Catena venant de vignobles frais situés en altitude. Mais somme toute, l’offre n’est pas très relevée. Il faut donc se tourner vers les rouges pour espérer trouver son compte. Mon impression générale des rouges argentins est que le terroir transcende le cépage, ceci sans compter que l’usage appuyé du bois est assez généralisé, ce qui a aussi pour effet de masquer les particularités dans ces vins tous très jeunes. Donc, peu importe le cépage, on avait souvent l’impression d’avoir affaire à des vins assez similaires. Cette homogénéité générale s’explique selon moi par le fait que la grande majorité des rouges proviennent de la même région, c’est-à-dire Mendoza. Toutefois, si on aime les vins généreux, au fruité bien mûr. Ce n’est pas le choix qui manque.
Voici quelques producteurs qui ont retenus mon attention:
Catena: Bien sûr. Un producteur que je connais bien et que j’apprécie beaucoup. Les vins de la gamme de base sont toujours aussi bons et de RQP très avantageux. Toutefois, j’ai été déçu par les cuvées plus chères. Le Cab, Alta, 2005 et le Malbec, Alta, 2006. Pas que ce soit de mauvais vins, mais le gain qualitatif m’a semblé marginal par rapport à la gamme régulière. J’ai aussi pu goûter pour la première fois à la grande cuvée de ce producteur, soit l’assemblage Nicolas Catena Zapata, 2005. Là aussi un très bon vin, mais pas de “wow factor”. Et je ne peux pas blâmer la saturation de mon palais, car j’ai goûté ces vins dès le début. Bien sûr, le contexte n’était pas le meilleur, mais c’est ainsi pour tous les vins dégustés.
Dominio Del Plata: Un autre producteur solide. Les vins d’entrée de gamme Crios, Susana Balbo, sont toujours des aubaines. Mon favori demeure le Torrontès. Il y avait aussi deux assemblages haut de gamme, Expressivo, Ben Marco, 2007 (37$) et Brioso, Susana Balbo, 2006 (35$). Deux vins très jeunes, mais de belle qualité offerts à des prix justifiés.
Finca Flichman: Je me suis concentré sur les vins plus haut de gamme de ce producteur. Paisaje de Barrancas, 2006 (22$), Paisaje de Tupngato, 2006 (22$) et Dedicado, 2006 (36$). Le style est riche et le boisé est appuyé, les vins sont très jeunes, mais la qualité est là et les prix plus qu’honnêtes.
Familia Zuccardi: Un autre de mes producteurs argentins favoris. Ils connaissent un succès monstre avec les vins de la gamme Fuzion. Des vins dont certains snobinards aiment rire, mais qui demeurent des tours de force pour le prix demandé. Heureusement, Zuccardi est capable de reproduire le phénomène dans ses gammes supérieures. J’ai goûté les trois rouges de la gamme Q, soit le Malbec, le Cab et le Tempranillo. Pour 19$, c’est excellent, et des vins dont j’ai testé le potentiel de garde et qui évoluent très bien. J’ai aussi pu goûter leur top cuvée, appelée Zeta. On gagne en concentration et en puissance. Très bien dans le style et de qualité comparable à bien des supers cuvées de ce pays.
Bodegas Etchart: Mon producteur favori en Argentine pour des vins de prix très abordables. Deux Torrontès, un sec et un vendanges tardives, dont j’ai parlé hier, étaient offerts. Deux vins de très bon RQP. Il y avait aussi l’assemblage, Arnaldo B., 2006 (18$). Ce vin vaut d’autres cuvées de ce pays se vendant pour le double du prix. Un RQP exceptionnel selon moi.
Bodegas Pascual Toso: Un autre très bon producteur qui offre une gamme de vins très solides du bas vers le haut. Difficile pour le prix demandé (13$) de battre les cuvées régulières de Syrah et de Malbec. J’ai aussi pu goûter les cuvées supérieures de ce producteur, offertes en I.P.. Là aussi les vins sont très bons. Il y avait un Cab, 2007 et un Malbec, 2008 de la gamme Reserva (23$) et un Malbec, 2007 et une Syrah, 2007 de la gamme Alta (40$). On gagne en concentration avec la gamme Alta. Ce sont de bons jeunes vins au boisé toujours bien appuyé. La qualité est là, mais ils sont difficile à juger à ce stade et dans ce contexte.
Finalement, ma découverte fut la maison MonteQuieto. Ce producteur de la région de Agrelo dans Mendoza offrait trois vins qui m’ont semblé équilibrés et élégants, jouant plus sur la finesse aromatique que sur la puissance, avec un usage modéré du bois. Ces vins ne sont malheureusement pas disponibles pour le moment. À titre indicatif, il y avait un Malbec, 2008, de base (19$), et deux vins d’assemblage, le Quieto, 2006 (22$) et le Quieto, Reserva, 2006 (32$). Un nom à retenir si jamais ces vins apparaissent un jour sur nos tablettes à la SAQ.
Cette dégustation était loin de comprendre tous les meilleurs producteurs de l’Argentine. Toutefois, elle m’a permis de confirmer l’idée générale que j’avais de ce pays au plan vinicole. C’est-à-dire un pays à l’offre limitée en blanc, mais qui excelle dans les rouges riches et généreux. Le pays peine aussi en terme de diversité de styles, et cela semble le reflet du manque de diversité au niveau des terroirs.
samedi 21 novembre 2009
TORRONTES, VENDANGES TARDIVES, 2007, CAFAYATE, BODEGAS ETCHART
Une nouveauté argentine sur les tablettes de la SAQ que ce vin de vendanges tardives issu du cépage blanc emblématique de ce pays, soit le Torrontès. Produit par la maison Etchart que j’ai toujours aimée pour ses vins issus de la région de Cafayate qui offrent toujours un bon RQP. Ce vin titre à 11% d’alcool, avec environ 80 g/L de sucres résiduels, il a été élaboré sans inflence du bois de chêne. Le producteur parle d’une garde possible de 5 ans pour ce vin.
La robe est d’une belle teinte dorée. Le nez est d’une expression bien calibrée, avec de jolis arômes de citron, de pêche et d’orange, complétés par un agréable aspect floral, une touche doucement épicée et un trait légèrement amer de zeste d’agrume. Voilà un nez très agréable et d’une surprenante complexité. En bouche, le vin est bien rond, assez ample avec une bonne concentration de matière, avec un niveau de sucre modéré et ce qu’il faut d’acidité pour bien tenir le tout. Ce n’est pas un liquoreux, ou encore un sirop, comme c’est le cas avec certains vins de glace. On est bien sur une vendange tardive aux belles proportions. Le vin coule bien et est très facile à boire. La finale tombe un peu rapidement en volume, mais les saveurs persistent quand même un bon moment.
Très joli vin de vendanges tardives montrant le caractère original du cépage Torrontès. Il vient offrir une bonne compétition, pour ce type de vin, à ses contreparties chiliennes (Errazuriz et Concha y Toro). Il est un peu moins sucré et moins riche que ceux-ci, mais offre un bel équilibre et un aspect aromatique séduisant et distinctif. J’ai pu goûté le millésime 2008 dernièrement lors d’une dégustation thématique sur les vins d’Argentine, et celui-ci m’a semblé aussi bon, sinon meilleur. Un vin de belle qualité et d’un excellent RQP à 12.95$ pour 500 ml. À ne pas manquer.
Je déguste actuellement le Torrontes, 2009, sec, de la maison Etchart. C'est un très bon vin pour le prix régulier demandé (13.40$), mais il est en promotion jusqu'à dimanche à 1$ de rabais, et avec la promo générale de week-end, on peut se le procurer pour environ 11$, ce qui en fait une superbe aubaine. Le Torrontes de El Provenir dont j'ai parlé dernièrement et la dégustation des vins de l'Argentine à laquelle j'ai participé la semaine passée m'ont fait redécouvrir le cépage Torrontès. J'ai donc profité de la promo du week-end pour aussi acheter le Torrontès, Don David, de Michel Torino aussi originaire de Cafayate, ainsi que le Torrontes, Infinitus qui vient de la Patagonie. Je vous reviendrai donc avec mon appréciation de ces vins qui apportent de la variété à la gamme de blancs que je consomme. J'aime bien le Chardonnay et le Sauvignon, mais ça devient redondant à la longue. Le Torrontès montre un profil muscaté qui le rapproche du Viognier, mais dans un style plus léger, plus floral et plus frais. Le Torrontès est vraiment le point fort de l'offre argentine en blanc, qui autrement est généralement plutôt faible.
mardi 17 novembre 2009
Pourquoi j'aime le Chili (petite suite)
Je reviens brièvement sur le sujet simplement pour mentionner qu'il n'y a pas que des chroniqueurs américains qui voient le Chili comme le meilleur pays au niveau du RQP. C'est le constat qui est fait dans "Le Guide du Vin 2009" de Michel Phaneuf et Nadia Fournier. D'ailleurs, Nadia y va d'un bon texte sur ce pays où elle parle de nouveaux horizons, donnant en exemple la vallée de Limari située au nord du pays. C'est bien de voir du sang neuf dans le domaine de l'écriture vinicole au Québec. Bravo Nadia!
Parlant de RQP chiliens. J'en déguste un en ce moment. Soit le Cabernet Sauvignon, Santa Digna, 2007, Curico, Torres. Un vin que j'ai redécouvert avec bonheur sur le millésime 2006, et dont la qualité est vraiment splendide en 2007.
Parlant de RQP chiliens. J'en déguste un en ce moment. Soit le Cabernet Sauvignon, Santa Digna, 2007, Curico, Torres. Un vin que j'ai redécouvert avec bonheur sur le millésime 2006, et dont la qualité est vraiment splendide en 2007.
lundi 16 novembre 2009
RQP et garde du vin
Combien de fois en lisant des notes de dégustation lit-on que le vin était bon, mais bien trop jeune, et qu'il sera bien meilleur dans quelques années. Le mot infanticide est un mot à la mode dans le petit monde des amateurs de vin. C'est un mot souvent employé, car c'est un mot qui reflète une réalité. L'amateur boit surtout des vins jeunes. Il y a une bonne raison pour cela, la grande majorité des vins mis en marché sont des vins jeunes. Souvent trop jeunes. Personnellement, à force d'expérience, je me suis aperçu que je préférais les vins qui avaient eu le temps de se développer un peu en bouteille. Je ne parle pas de vins très vieux, mais de vins qui ont eu le temps de développer de nouveaux arômes et de polir certains angles. En fait, je préfère tellement ce type de vins, que c'est ce que j'aimerais ouvrir la plupart du temps. Actuellement, j'aimerais surtout ouvrir des vins de la fin des années 90, ou du début des années 2000. Mais pour surtout boire ce type de vins, il faut s'être constitué une forte réserve, et il faut avoir été patient. Présentement, je suis en train de me constituer cette réserve. J'achète beaucoup plus que je ne bois, et ça explique aussi en partie pourquoi je suis encore très axé sur la notion de rapport qualité/prix.
Garder du vin coûte de l'argent. Les sommes investies ne profitent pas ailleurs. Pour l'amateur aux moyens relativement limités, le seul moyen de se constituer une forte réserve est de miser sur des vins de prix plutôt abordables montrant un très bon RQP. Aussi, j'aime bien mettre de côté des cuvées plus modestes, moins concentrées. Ces vins sont plus faciles à boire, procurent souvent plus de plaisir, et ont une courbe d'évolution généralement plus rapide. La grosse cuvée très concentrée et bien boisée coûtera beaucoup plus cher à l’achat, et prendra beaucoup plus de temps à se développer, ce qui aura pour effet, à terme, d’en augmenter encore plus le prix. Ceci sans compter qu’en matière de garde, l'évolution heureuse ne peut qu'être espérée, car rien n'est certain en cette matière, même si des vins ont un historique bien établi.
Enfin, tout cela pour dire que mon approche RQP inclus le facteur garde, et mon désir de pouvoir boire ce genre de vin sur une base très régulière. Entre l'infanticide régulier de grosses cuvées et le plaisir que peut offrir un vin en apparence plus modeste, mais bien développé en bouteille. Pour moi le choix est fait et il a été facile. D'ici quelques années, je pourrai cesser de me plaindre que les vins que j'ouvre sont trop jeunes. Ceci sans compter le plaisir qu'il y a à ouvrir une bouteille qu'on a eu la patience de garder. C'est comme si de par notre patience et notre acte de foi dans une bouteille donnée, le vin qu'elle contient devenait un peu notre création. Si le résultat est positif, on se félicite et en plus du plaisir sensoriel, on en tire aussi un brin de fierté. Cela est d'autant plus vrai lorsqu'on a misé sur des vins peu renommés, en se basant sur notre évaluation des qualités du vin.
Garder du vin coûte de l'argent. Les sommes investies ne profitent pas ailleurs. Pour l'amateur aux moyens relativement limités, le seul moyen de se constituer une forte réserve est de miser sur des vins de prix plutôt abordables montrant un très bon RQP. Aussi, j'aime bien mettre de côté des cuvées plus modestes, moins concentrées. Ces vins sont plus faciles à boire, procurent souvent plus de plaisir, et ont une courbe d'évolution généralement plus rapide. La grosse cuvée très concentrée et bien boisée coûtera beaucoup plus cher à l’achat, et prendra beaucoup plus de temps à se développer, ce qui aura pour effet, à terme, d’en augmenter encore plus le prix. Ceci sans compter qu’en matière de garde, l'évolution heureuse ne peut qu'être espérée, car rien n'est certain en cette matière, même si des vins ont un historique bien établi.
Enfin, tout cela pour dire que mon approche RQP inclus le facteur garde, et mon désir de pouvoir boire ce genre de vin sur une base très régulière. Entre l'infanticide régulier de grosses cuvées et le plaisir que peut offrir un vin en apparence plus modeste, mais bien développé en bouteille. Pour moi le choix est fait et il a été facile. D'ici quelques années, je pourrai cesser de me plaindre que les vins que j'ouvre sont trop jeunes. Ceci sans compter le plaisir qu'il y a à ouvrir une bouteille qu'on a eu la patience de garder. C'est comme si de par notre patience et notre acte de foi dans une bouteille donnée, le vin qu'elle contient devenait un peu notre création. Si le résultat est positif, on se félicite et en plus du plaisir sensoriel, on en tire aussi un brin de fierté. Cela est d'autant plus vrai lorsqu'on a misé sur des vins peu renommés, en se basant sur notre évaluation des qualités du vin.
samedi 14 novembre 2009
Pourquoi j'aime le Chili
Ce blogue traite des vins de l’hémisphère sud, mais parmi ceux-ci, il est clair que mon pays de prédilection demeure le Chili. La raison première de mon attrait pour les vins de ce pays réside dans le rapport qualité/prix. C’est ce qui m’a attiré vers les vins de ce pays il y a dix ans, et c’est encore la base de mon intérêt. Toutefois, en dix ans, les choses ont bien changé. Le paysage vinicole de ce pays s’est complètement transformé. Alors qu’il y a dix ans la qualité se retrouvait presqu’exclusivement dans les rouges de la vallée centrale, surtout des vins de Cabernet Sauvignon. Aujourd’hui, elle s’étend à une beaucoup plus vaste gamme de vins, incluant maintenant les vins blancs, avec une grande variété de cépages et de terroirs. Le Chili allie maintenant qualité et diversité, en offrant son meilleur dans les vins vendus entre 15 et 35$. Comme ailleurs, bien choisir permet de tirer le maximum de valeur des achats effectués, mais le niveau général est très bon, et les arnaques sont rares. Bien sûr, lorsqu’on achète un vin du Chili, on obtient un vin chilien. Je veux dire par là qu’il ne faut pas s’attendre à retrouver dans ces vins des répliques identiques de vins européens ou californiens. Là comme ailleurs, il existe une variété de styles imprimés par l’homme et d’expressions reliées au terroir. La diversité de l'offre est d’ailleurs une force croissante dans ce pays. Un autre point non négligeable est le potentiel de garde de la plupart des rouges chiliens, même dans le cas de vins coûtant moins de 20$. Pour ce qui est des blancs, comme le virage qualitatif relié à des terroirs plus frais est plus récent, la capacité de garde reste à être démontrée.
Ce constat de l’état de l’offre vinicole chilienne n’est pas que le mien. Deux chroniqueurs américains ayant fait partie du jury lors du dernier “Wines of Chile Awards” sont arrivés au même constat.
D’abord Josh Raynolds de International Wine Cellar qui y est allez d’un texte très élogieux: “The best new wines from Chile”, dont voici un court extrait et le lien:
While Chile has been a reliable producer of under-$10 wines for some time, the most interesting activity right now is in the $15 to $20 category, where I found wines that can often compete with examples from Europe or the U.S. selling for twice those prices, or even more.
http://www.mayu.cl/images/The_Best_New_Wines_fron_Chile.pdf
Il y a aussi Linda Murphy de winereviewonline.com qui pointe dans la même direction dans son texte: “Chile wines for the times”. Voici un extrait et le lien:
As difficult as this is for California wineries, it presents an opportunity for mid-priced Chilean wines, some of which have previously fallen between the cracks -- not expensive enough to impress collectors and high rollers, but not inexpensive enough to woo bargain-hunters. For those who appreciate $20 wines that taste like $40, look to Chile, as I did on a recent visit to judge the Wines of Chile Awards in Santiago. Between the competition -- limited to wines priced $30 or less -- and tastings at wineries, I found a number of delicious Chilean wines that are available in the United States and suitable for serious but penny-pinching wine drinkers
http://www.winereviewonline.com/Linda_Murphy_on_Mid_Price_Chile.cfm
Il est intéressant de noter que les deux textes vantent le RQP général des vins chiliens dans un contexte économique difficile. Une façon de dire, si vous voulez continuer de bien boire, en faisant abstraction du prestige et de l’image. Le Chili est là. À noter que plusieurs des vins recommandés par Linda Murphy sont ou seront disponibles à la SAQ ou à la LCBO. Ils sont sur ma liste d’achat et j’en parlerai ici lorsque j’y aurai goûté.
Ce constat de l’état de l’offre vinicole chilienne n’est pas que le mien. Deux chroniqueurs américains ayant fait partie du jury lors du dernier “Wines of Chile Awards” sont arrivés au même constat.
D’abord Josh Raynolds de International Wine Cellar qui y est allez d’un texte très élogieux: “The best new wines from Chile”, dont voici un court extrait et le lien:
While Chile has been a reliable producer of under-$10 wines for some time, the most interesting activity right now is in the $15 to $20 category, where I found wines that can often compete with examples from Europe or the U.S. selling for twice those prices, or even more.
http://www.mayu.cl/images/The_Best_New_Wines_fron_Chile.pdf
Il y a aussi Linda Murphy de winereviewonline.com qui pointe dans la même direction dans son texte: “Chile wines for the times”. Voici un extrait et le lien:
As difficult as this is for California wineries, it presents an opportunity for mid-priced Chilean wines, some of which have previously fallen between the cracks -- not expensive enough to impress collectors and high rollers, but not inexpensive enough to woo bargain-hunters. For those who appreciate $20 wines that taste like $40, look to Chile, as I did on a recent visit to judge the Wines of Chile Awards in Santiago. Between the competition -- limited to wines priced $30 or less -- and tastings at wineries, I found a number of delicious Chilean wines that are available in the United States and suitable for serious but penny-pinching wine drinkers
http://www.winereviewonline.com/Linda_Murphy_on_Mid_Price_Chile.cfm
Il est intéressant de noter que les deux textes vantent le RQP général des vins chiliens dans un contexte économique difficile. Une façon de dire, si vous voulez continuer de bien boire, en faisant abstraction du prestige et de l’image. Le Chili est là. À noter que plusieurs des vins recommandés par Linda Murphy sont ou seront disponibles à la SAQ ou à la LCBO. Ils sont sur ma liste d’achat et j’en parlerai ici lorsque j’y aurai goûté.
jeudi 12 novembre 2009
DÉGUSTATION CHILI - FOU DU VIN
J’ai longtemps écrit sur le forum Fou du Vin et mardi le 10 novembre, à l’invitation d’un de ses membres, Sylvain (Bordeaux 70), j’ai eu la chance de déguster une série de vins chiliens en compagnie d’autres membres de FDV, Pierrette et Jules (Passéedate et Passédate), Normand (Maxima), et deux amis de Sylvain, André et Luis, qui est d’origine chilienne. Très belle soirée sous le signe de la bonne humeur, de bons vins servis avec un bon repas concocté par Sylvain qui nous a montré ses talents de chef. Merci pour tout Sylvain. Le contexte ne se prêtait pas trop à la prise de notes. Néanmoins, voici de brèves impressions sur les vins dégustés.
On a commencé la dégustation hors thème, en France en plus, avec en apéro un très bon vin, soit le Pinot gris Steinert Pfaffenheim Alsace grand cru 2005. Pas de notes, mais j’ai bien aimé. Merci Normand.
En rouge, on a commencé avec le Cabernet Sauvignon, 1989, Colchagua, Los Vascos, un vin à la robe tuilée qui ne titre qu’à 12% d’alcool, et qui s’est montré encore bien en vie, avec un beau mélange d’arômes évolués typiques des Cabs d’un âge certain, mais toujours avec une bonne dose de fruit et une structure tannique intéressante. Le vin a gagné à l’aération et je suis sûr qu’il aurait créé la surprise dans une dégustation en pure aveugle. Mon plus vieux vin chilien à date. Je ne peux pas dire que j’ai été étonné, car par expérience je connais le potentiel de garde des vins chiliens, même ceux d’entrée de gamme comme ce Los Vascos. Toutefois, cette expérience renforce ma confiance en cette matière. Une bonne chose pour moi avec le grand nombre de fioles chiliennes que j’ai mises à l’ombre.
Les vins jeunes servis par la suite, montraient bien la différence que le temps peut faire. Autant le Los Vascos n’aurait pu être identifié comme chilien à l’aveugle autant les deux vins suivant exprimaient clairement leur origine. En l’occurrence, il s’agissait du Carmenère, Barrica Seleccion, 2007, Santa Carolina et du Merlot, Coleccion, 2007, Colchagua, Casa Silva. L’aspect végétal de certains jeunes rouges chiliens de la vallée centrale était bien notable dans ces vins, ainsi qu’un aspect boisé primaire, tout en douceur, sur les épices douces.
Les deux vins qui suivirent étaient plus âgés et m’ont bien plu. D’abord, il y a eu Luis qui a offert le Merlot, Marquès de Casa Concha, 2002, Rapel, Concha y Toro. Une bouteille qu’il avait rapportée du Chili avant que ce vin ne soit offert par la SAQ, depuis le millésime 2005. Ce vin fut pour moi un autre bel exemple de ce que le temps peut faire à un bon vin rouge chilien. J’avais essayé ce Merlot dans le millésime 2005, malgré sa qualité évidente, son profil de jeunesse m’avait laissé songeur, si bien que je n’en ai pas racheté. Ce 2002 montre bien que le temps sait transformer les choses. Le vin est encore riche et généreux, mais sans aucune trace de boisé trop appuyé. Le focus est mis sur le fruit noir et sur les premières notes d’évolution qui commencent à poindre. Le Merlot n’a pas été jusqu’à maintenant le point fort du Chili, à cause de la chaleur de la vallée centrale, mais ce Marques est un des mieux coté, et ce 2002 montrait bien pourquoi. L’autre vin était le House of Morandé, 2001, Maipo, Vina Morandé. Ce vin que j’ai déjà commenté sur ce blogue a été fidèle à l’idée que j’en avais. Un beau vin à mi-chemin dans son évolution, mais montrant malheureusement une pointe d’arômes brettés. Ce fut la favori de la majorité, moi j’ai préféré le Los Vascos.
Pour compléter la soirée en rouge, on a eu droit au Clos Apalta, 2001, Colchagua, Casa Lapostolle. Une première pour moi avec ce fleuron de la viticulture chilienne. Probablement le vin chilien le plus long et le plus concentré qu’il m’ait été donné de goûter jusqu’à maintenant. La qualité et le potentiel sont indéniables. Pour le moment toutefois, le nez est bien timide et plutôt simple, et en bouche bien que la puissance impressionne, l’équilibre optimal n’est pas encore atteint. Belle expérience quand même qui me permet d’améliorer ma perspective du paysage vinicole chilien.
Pour ce qui était supposé être la conclusion, on est retourné en France avec un vin de très haute qualité, soit le Château de Fargues, 2002, Sauternes. Vraiment un superbe vin liquoreux, riche, opulent, avec un bel équilibre, sucré, bien sûr, mais tout en sachant éviter la lourdeur, sur une texture onctueuse. Une véritable caresse pour le palais.
En prolongation, Sylvain a ajouté un Chardonnay, Medalla Real, 2007, Casablanca, Santa Rita. Un chardonnay typique de la région, mais sur le mode de la finesse plus que de la puissance. C’est sûr qu’après un vin riche comme le Fargues, il y avait un contraste, mais j’ai quand même bien apprécié.
Merci à tous les participants pour la soirée, pour votre bonne humeur, et spécialement à Sylvain pour les vins, la bouffe et l’accueil.
On a commencé la dégustation hors thème, en France en plus, avec en apéro un très bon vin, soit le Pinot gris Steinert Pfaffenheim Alsace grand cru 2005. Pas de notes, mais j’ai bien aimé. Merci Normand.
En rouge, on a commencé avec le Cabernet Sauvignon, 1989, Colchagua, Los Vascos, un vin à la robe tuilée qui ne titre qu’à 12% d’alcool, et qui s’est montré encore bien en vie, avec un beau mélange d’arômes évolués typiques des Cabs d’un âge certain, mais toujours avec une bonne dose de fruit et une structure tannique intéressante. Le vin a gagné à l’aération et je suis sûr qu’il aurait créé la surprise dans une dégustation en pure aveugle. Mon plus vieux vin chilien à date. Je ne peux pas dire que j’ai été étonné, car par expérience je connais le potentiel de garde des vins chiliens, même ceux d’entrée de gamme comme ce Los Vascos. Toutefois, cette expérience renforce ma confiance en cette matière. Une bonne chose pour moi avec le grand nombre de fioles chiliennes que j’ai mises à l’ombre.
Les vins jeunes servis par la suite, montraient bien la différence que le temps peut faire. Autant le Los Vascos n’aurait pu être identifié comme chilien à l’aveugle autant les deux vins suivant exprimaient clairement leur origine. En l’occurrence, il s’agissait du Carmenère, Barrica Seleccion, 2007, Santa Carolina et du Merlot, Coleccion, 2007, Colchagua, Casa Silva. L’aspect végétal de certains jeunes rouges chiliens de la vallée centrale était bien notable dans ces vins, ainsi qu’un aspect boisé primaire, tout en douceur, sur les épices douces.
Les deux vins qui suivirent étaient plus âgés et m’ont bien plu. D’abord, il y a eu Luis qui a offert le Merlot, Marquès de Casa Concha, 2002, Rapel, Concha y Toro. Une bouteille qu’il avait rapportée du Chili avant que ce vin ne soit offert par la SAQ, depuis le millésime 2005. Ce vin fut pour moi un autre bel exemple de ce que le temps peut faire à un bon vin rouge chilien. J’avais essayé ce Merlot dans le millésime 2005, malgré sa qualité évidente, son profil de jeunesse m’avait laissé songeur, si bien que je n’en ai pas racheté. Ce 2002 montre bien que le temps sait transformer les choses. Le vin est encore riche et généreux, mais sans aucune trace de boisé trop appuyé. Le focus est mis sur le fruit noir et sur les premières notes d’évolution qui commencent à poindre. Le Merlot n’a pas été jusqu’à maintenant le point fort du Chili, à cause de la chaleur de la vallée centrale, mais ce Marques est un des mieux coté, et ce 2002 montrait bien pourquoi. L’autre vin était le House of Morandé, 2001, Maipo, Vina Morandé. Ce vin que j’ai déjà commenté sur ce blogue a été fidèle à l’idée que j’en avais. Un beau vin à mi-chemin dans son évolution, mais montrant malheureusement une pointe d’arômes brettés. Ce fut la favori de la majorité, moi j’ai préféré le Los Vascos.
Pour compléter la soirée en rouge, on a eu droit au Clos Apalta, 2001, Colchagua, Casa Lapostolle. Une première pour moi avec ce fleuron de la viticulture chilienne. Probablement le vin chilien le plus long et le plus concentré qu’il m’ait été donné de goûter jusqu’à maintenant. La qualité et le potentiel sont indéniables. Pour le moment toutefois, le nez est bien timide et plutôt simple, et en bouche bien que la puissance impressionne, l’équilibre optimal n’est pas encore atteint. Belle expérience quand même qui me permet d’améliorer ma perspective du paysage vinicole chilien.
Pour ce qui était supposé être la conclusion, on est retourné en France avec un vin de très haute qualité, soit le Château de Fargues, 2002, Sauternes. Vraiment un superbe vin liquoreux, riche, opulent, avec un bel équilibre, sucré, bien sûr, mais tout en sachant éviter la lourdeur, sur une texture onctueuse. Une véritable caresse pour le palais.
En prolongation, Sylvain a ajouté un Chardonnay, Medalla Real, 2007, Casablanca, Santa Rita. Un chardonnay typique de la région, mais sur le mode de la finesse plus que de la puissance. C’est sûr qu’après un vin riche comme le Fargues, il y avait un contraste, mais j’ai quand même bien apprécié.
Merci à tous les participants pour la soirée, pour votre bonne humeur, et spécialement à Sylvain pour les vins, la bouffe et l’accueil.
mardi 10 novembre 2009
CHARDONNAY, 2008, CASABLANCA, VINA ARBOLEDA
Vina Arboleda est une création de Eduardo Chadwick. Celle-ci est présentée comme une “boutique winery”, mais ses activités se confondent un peu avec celles de Vina Errazuriz. Les deux sont centrés sur des vins de la vallée de l’Aconcagua pour les rouges et Casablanca pour les blancs. De plus, Francsco Baettig est le “winemaker” en chef pour les deux étiquettes. Finalement, les raisins pour ce vin proviennent du même vignoble que ceux servant à élaborer la cuvée “Wild Ferment” de Errazuriz. Donc, beaucoup de similarités, mais deux vins du même cépage passablement différents, à tout le moins, selon ma perception à quelques semaines d’intervalle. La preuve à mon avis que si le bon vin se fait au vignoble, ce sont les décisions de l’homme qui impriment le style. Dans le cas de ce vin, 45% du moût a été fermenté avec des levures indigènes, alors que le reste a été fermenté avec des levures sélectionnées. De façon surprenante, ce vin voit moins de bois neuf (8%) que le “Wild Ferment” (21%). La contre-étiquette du Arboleda parle d’un vin robuste, c’était très vrai la journée de l’ouverture, où le vin était tout d’un bloc et avait l’air massif. Toutefois, le lendemain, il m’a semblé moins “rentre dedans”, plus subtil, même si ça demeurait un vin volontaire. Le CR qui suit représente mes impressions du deuxième jour où le vin me semblait vraiment à son mieux.
La robe est d’une belle teinte or pâle. Le nez s’exprime avec une certaine modération sur des arômes de pêche, d’orange et d’ananas, complétés par de subtiles notes boisées, une touche de maïs en grains et un léger côté rappelant la noisette grillée. En bouche, l’attaque est équilibrée, dans un style rond et assez volumineux. Les saveurs fruitées sont éclatantes et de très bonne intensité, avec un léger côté boisé/épicé qui vient agrémenter l’ensemble. Le milieu de bouche permet de prendre la mesure du niveau de concentration élevé de ce vin. C’est très intense et riche, mais le vin possède une onctuosité qui permet d’amortir un peu cette énergie gustative. La finale poursuit dans la même veine d’intensité et de richesse, avec un beau fondu de saveurs et une longueur de bon calibre.
En matière de vin, quoi qu’on en dise, quand la qualité est au rendez-vous, le suite est affaire de style. Certains ne prêcheront que par la finesse, c’est légitime. Toutefois, ceux qui adoptent cette position restrictive semblent bouder de possibles plaisirs pour des raisons qui semble parfois étrangères au vin lui-même, lorsqu’il est de qualité. Disons les choses clairement, ce vin n’est pas un parangon de finesse. Toutefois, il brille autrement, par sa richesse et son intensité, par la générosité de sa matière, tout en sachant demeurer un vin équilibré dans son style. Je pense que si un blogue comme celui-ci dédié aux vins de l’hémisphère sud a un sens, il ne peut faire autrement mettre de l’avant ce genre de vin et proférer leur légitimité. La beauté du vin réside dans la diversité, et un vin comme ce Chardonnay, par sa palette aromatique et par son énergie contribue à enrichir cette diversité. Ici, on est très loin du prototype bourguignon, et c’est tant mieux ainsi. Ça montre une facette nouvelle de ce que le cépage Chardonnay peut donner, ni meilleure ni pire, simplement différente, pourvu que le vin soit de qualité, et il l’est. Si mon propos vous rejoint le moindrement, n’hésitez pas à faire l’essai de ce vin. Je recommande toutefois un passage en carafe de quelques heures, suivi d’une remise en bouteille pour consommation le lendemain. Fait intéressant, la LCBO vient de mettre sur le marché le millésime 2007 de ce vin. Si j’en ai la chance, je vais l’acheter et vous en reparlerai ici, histoire de voir un peu, même si ce n’est pas le même vin, ce que le temps en bouteille peut apporter à cette cuvée.
samedi 7 novembre 2009
CHENIN BLANC, 2008, WESTERN CAPE, KEN FORRESTER
J’ai déjà eu la chance de discuter avec Ken Forrester lors d’un salon des vins de l’Afrique du sud. Il m’est apparu comme un homme très sympathique et passionné par son métier. J’avais alors eu la chance de déguster sa gamme de vins, dont le GSM, “The Gypsy” et son Chenin haut de gamme “FMC”. Deux excellents vins commandant toutefois des prix autour de 60$. J’avais alors goûté à son vin de Chenin régulier du millésime 2006, si ma mémoire est bonne. J’avais bien aimé. Le prix (18.70$) est trois fois moindre, mais bien sûr, le vin n’était pas trois fois moins bon. Ce vin est issu de vignes non irriguées de 35 ans d’âge et est élevé 9 mois sur lies en barriques de chêne français.
Le nez est délicat et dégage de subtils arômes de citron, de melon et un soupçon de poire. À cela s’ajoute des notes de florales et de miel, ainsi qu’un très léger aspect doucement épicé. En bouche, l’attaque est bien ronde et le vin déploie de belle saveurs fidèles à ce qui était perçu au nez. Le milieu de bouche montre un vin de bonne concentration, avec du volume et laissant une superbe impression tactile. La finale est frappée au sceau de l’harmonie avec de saveurs qui se fondent admirablement, sur une longueur de bon calibre.
Très beau vin de Chenin Blanc, fidèle à l’idée que j’ai de ce cépage. Le Chenin Blanc est vraiment un cépage distinctif et sous-exploité. Il est malheureusement dans l’ombre des Chardonnay et Sauvignon Blanc associés à des région françaises plus prestigieuses. Dans le cas de cette interprétation de Ken Forrester, on a le côté citronné du Sauvignon et la rondeur boisée souvent associée au Chardonnay, avec en plus un aspect miellé typique de ce cépage qui est difficile à mettre en mot, et qui lui donne son caractère original. L’Afrique du Sud est le spécialiste de ce cépage dans le Nouveau-Monde, mais je pense que d’autres pays possédant des climats frais auraient avantage à le planter pour diversifier leur offre de vins blancs. Une chose est sûre toutefois, cette version sud-africaine est une réelle réussite et un achat avantageux.
vendredi 6 novembre 2009
MALBEC, SELECCION, ALAMOS, 2007, MENDOZA, CATENA
J’ai acheté ce vin un peu par hasard, intrigué de voir ce que ce “super” Alamos pouvait donner en terme qualitatif par rapport au Malbec Catena que je connais bien. Son prix (17.40$) est situé à peu près entre celui du Alamos régulier et celui du Catena. Pour le reste, je n’ai pas trouvé d’informations sur ce qui distingue ce vin, sinon qu’il vient de la sous-région de La Consulta, plus fraîche car située à une altitude plus élevée. J’ai bu ce vin sur trois jours, et il a fort bien tenu.
La robe est bien colorée et presque opaque. Le nez est bien démonstratif et exhale des arômes de cerises et de mûres, d’épices douces comme la vanille, de goudron et de torréfaction. Beau nez bien agréable et assez complexe, avec de l’éclat, mais sachant éviter l’excès boisé. La bouche est équilibrée dès l’attaque et déploie d’intenses arômes fruités bien complétés par un aspect épicé/boisé bien dosé. Le milieu de bouche montre un vin de corps moyen, juste assez concentré, à la structure compacte et à la fine texture tannique. Le caractère épicé et goudronné s’impose un peu plus en finale sur une longueur de bon calibre.
J’ai vraiment bien apprécié ce vin. Son profil m’a semblé assez différent de celui du Catena, moins rond, moins typé Malbec argentin. En fait, ce vin me faisait plutôt penser à un bon Cab californien de milieu de gamme, du genre Beringer “Knight’s Valley”. Ce n’est qu’une impression, mais omme on peut le voir sur la photo, ce vin s’est mérité un 90 du Wine Spectator. Je ne crois pas aux notes, mais si on peut traduire ce chiffre par très bon vin, alors je suis bien d’accord. Bien sûr, un très bon vin offert au prix de 17.40$ représente une formidable aubaine. Malheureusement, Catena a décidé de boucher la bouteille avec un liège aggloméré. Ce n’est donc pas un vin à garder très longtemps, mais je pense quand même qu’il pourrait être intéressant à suivre au cours des trois à cinq prochaines années. La SAQ annonce le 2008, mais il sûrement de ce 2007 en tablettes.
mardi 3 novembre 2009
TORRONTES, LABORUM, 2007, CAFAYATE, BODEGAS EL PROVENIR DE LOS ANDES
Quand on pense vin et Argentine, généralement on se retrouve dans la région de Mendoza, mais l’Argentine ne se limite pas à cette région, même si elle demeure de loin la plus importante. La région de Cafayate, située plus au nord, se démarque par ses vignobles en altitude, les plus élevés au monde. Ici au Québec, cette région est connue avec des producteurs comme Etchart, Michel Torino, ou bien le vin haut de gamme de Michel Rolland, Yacochuya. El Provenir est un autre producteur axé sur la qualité qui opère dans cette région. Cette maison fondée en 1890 a été reprise en 1999, et a depuis entrepris un virage qualitatif. Pour en juger, nous avons ici un blanc élaboré avec le cépage blanc emblématique du pays, le Torrontès. Les vignes de 40 ans d’âge sont menées selon le système ancien de pergolas, avec toutefois des rendements contrôlés à 45 Hl/ha. Le vin est élaboré totalement en inox et est ainsi une pure expression du cépage.
Le nez est bien expressif et fait penser à un vin alsacien de Gewurztraminer, avec des arômes de poire et de pêche, un caractère légèrement miellé et épicé, ainsi que des notes florales bien marquées. Très beau nez, bien aromatique et très agréable, auquel on revient souvent. En bouche, l’attaque est équilibrée, et montre une bonne amplitude. Comparativement au nez, les saveurs fruitées gagnent en importance, avec toujours cette touche doucement épicée et unléger trait d’amertume, alors que l’aspect floral est un peu plus en retrait. Bonne concentration en milieu de bouche, sur une belle tenue avec un peu de gras pour étoffer l’ensemble. La finale est harmonieuse et de bonne longueur sur de légers relents d’amertume.
J’ai vraiment bien aimé ce vin qui est un des meilleurs Torrontès que j’ai eu l’occasion de déguster. J’aime ce cépage pour son profil aromatique complexe, mais les vins issu de celui-ci manque généralement de tenue et de matière en bouche. Ce n’est heureusement pas le cas avec ce Laborum, un vin de très belle qualité. Je n’avais qu’une bouteille de ce vin, achetée il y a presqu’un an en Ontario pour 19.99$. Il reste des bouteilles au prix réduit de 16.45$. Si j’en avais la chance, je n’hésiterais pas à en racheter. Compte tenu de la qualité de ce vin, j’aimerais bien goûter les rouges de ce producteur. Je vais garder l’oeil ouvert.
dimanche 1 novembre 2009
CHARDONNAY, RESERVE, 2007, STELLENBOSH, VERGELEGEN
Vergelegen est une maison historique d’Afrique du Sud dont la fondation remonte à l’année 1700. Rachetée en 1987 par le groupe minier Anglo-American, les vignobles furent replantés après une analyse des sols et du climat, et aujourd’hui à cause de problèmes de virus affectant certaines vignes, le vignoble doit déjà être en partie restauré. Néanmoins, Vergelegen est reconnu comme étant un des meilleurs producteurs de vin du pays. Un chai de vinification sur trois étages, utilisant la gravité pour l’élaboration des vins a été construit, de plus, le plan à long terme est de se convertir à la biodynamie, une idée à la mode chez les producteurs ayant de hautes visées qualitatives. Ce vin est fermenté avec les levures indigènes. Il est élevé pendant 12 mois en barriques de chêne français, dont la moitié sont neuve et l’autre moitié de second usage.
La robe est d’une teinte dorée assez pâle. Le nez s’exprime librement sur des arômes de citron, d’ananas, de pêche, de noix et de caramel. En bouche, l’attaque est très ample, mais parfaitement équilibrée, avec un mélange de saveurs intenses reflétant très bien ce qui était perçu au nez. Le vin est gras, presque onctueux, mais il y a suffisamment d’acidité pour préserver une nécessaire fraîcheur. Le milieu de bouche permet de jauger le très bon niveau de concentration et la richesse de la matière contenue dans ce nectar caressant. Le vin, malgré son bon volume, coule facilement et en douceur, pour mener vers une finale qui ne dévie pas, continuant dans la droite ligne harmonieuse et agréable déjà tracée par ce Chardonnay séducteur. La longueur est très bonne, sur de légers relents amers en toute fin de bouche et un retour caramélisé.
Les vins du Nouveau-Monde sont souvent méprisés par certains puristes comme étant trop ceci ou trop cela. Moi je dis une chance que le Nouveau-Monde existe et qu’il peut produire ce genre de vin caressant et séducteur. Le monde du vin serait plus pauvre si ce genre de vin n’existait pas. Celui-ci est rond, son fruité est doux et son boisé est généreux, mais tout est fait avec mesure et le résultat est harmonieux et très bien réussi. On sait éviter les excès, mais on n’essaie pas d’imiter vainement le prototype bourguignon. Ce vin assume son origine et son terroir. L’homme qui l’a conçu sait y faire, car il a pris les bonnes décision pour tirer le meilleur de sa matière, en choisissant bien le style de ce vin qui selon moi est une réussite exemplaire. Vous aurez compris que j’ai adoré ce vin. Il est de très grande qualité. Il montre qu’élégance et style séducteur peuvent aller de paire. Il montre que le boisé, lorsque bien maîtrisé, est un atout pour ce style de vin. Il en reste quelques bouteilles dans le réseau de la SAQ. Si votre vision de ce que peut être un bon vin de Chardonnay n’est pas limitée et si ma description vous inspire, faites-vous plaisir, car pour les 26.35$ demandés, ce vin est un excellent achat.
samedi 31 octobre 2009
THE GAZETTE: SYRAH DU MONDE (MES CHOIX)
Voici de courts commentaires sur mes deux vins favoris de chaque vague. Pour le reste, je n'ai pas fait de classement. Toutefois, ces choix sont un peu arbitraires, car dans plusieurs cas le niveau qualitatif était très similaire. De plus, je ne suis pas habitué à ce genre de dégustation intensive. Mon taux de réussite sur l'identification de l'origine est d'environ 50%. Là où j'ai le mieux visé, c'est avec l'Australie où je n'ai manqué que le Rosemount. Comme Bill le mentionne dans l'article, je n'ai pas reconnu les deux Syrahs chiliennes de climat frais, mais j'ai bien identifié les deux venant de la vallée centrale, ce qui explique probablement en partie le bon classement que je leur ai donné. À qualité qui me semblait similaire, mon préjugé favorable au Chili a joué. N'ayez crainte, ça n'a pas eu d'impact sur les résultats globaux de la dégustation!!!
VAGUE -1
1- SHIRAZ, DIAMOND LABEL, 2007, SE AUSTRALIA, ROSEMOUNT: J'ai pris ce vin pour un argentin. Il avait une bonne richesse, mais en même temps était assez contenu. Je l'ai trouvé bien équilibré et agréable.
2- SYRAH, DON DAVID, 2007, CAFAYATE, MICHEL TORINO: J'ai pris celui-ci pour un australien, son boisé sur le café et l'encens me rappellait celui d'un vin australien haut de gamme, The Octavius, 2003, Yalumba, bu plus tôt cette année. Le côté mûr du vin allait aussi dans ce sens. Bon vin pour le prix.
VAGUE -2
1- SYRAH/VIOGNIER, GOAT-ROTI, 2007, WESTERN CAP, COASTAL REGION, GOAT DE ROAM: Bien identifié comme originaire de l'Afrique du Sud, j'ai trouvé que l'identité Syrah était bien là avec du poivre et des herbes amères au nez. Belle matière, bon équilibre, sans excès.
2- SYRAH, CASTILLO DE MOLINA, 2007, LONTUÉ, VINA SAN PEDRO: Bien identifié comme chilien. Fruit rouge, pâtisserie, menthol et vanille au nez. Çe se transpose bien en bouche avec une matière compacte et un boisé bien dosé. Bon vin qui laisse transparaître son origine. N'est-ce pas là une qualité?
VAGUE -3
1- SHIRAZ, MARME BROOK, 2005, BAROSSA, SALTRAM: Bien identifié comme australien. Fruits rouges, café, réglisse, pâtisserie au nez. En bouche, doux fruité, intensité et boisé bien intégré. Style Shiraz évident, mais la qualité et l'équilibre sont au rendez-vous.
2-SYRAH, 2007, VIN DE PAYS DES CÔTES RHODANIENNES, GÉRIN: Reconnu comme français. Viande fumée et fruit rouge au nez. Structure compacte en bouche avec une bonne acidité. Bon équilibre et bel exemple de ce style de vin à bon prix.
VAGUE -4
1-SYRAH, WINEMAKER'S RESERVE, 2005, MAIPO, CARMEN: Bien identifié comme chilien. En fait j'ai reconnu le vin. J'ai été un peu surpris de sa belle performance. J'ai écrit un CR sur ce blogue à son sujet où j'étais un peu sévère, lui reprochant surtout de ne pas être une aubaine. La faible proportion de Cabernet qu'il contient le rend inmanquablement chilien, mais la qualité est là.
2-SYRAH, 2006, SICILIA (i.g.t.), PLANETA: N'ayant aucune idée de ce que serait suposée être une Syrah italienne, et encore moins scicilienne, j'ai identifié ce vin comme étant sud-africain. Fruit rouge sucré au nez, avec un peu de poivre. Bon équilibre en bouche, belle concentration et fruité intense.
VAGUE -5
1 - SHIRAZ, RESERVE, 2006, YARRA, COLDSTREAM HILLS: Bien identifié comme australien. Le nez est plutôt timide, avec un beau fruité rouge et des épices douces, bien amalgamé à un boisé de qualité. En bouche, le fruit est d'une belle douceur, le vin est équilibré et bien concentré, avec un boisé bien dosé. Beau vin qui démonte le stéréotype du Shiraz "bodybuildé".
2- CHANTE-PERDRIX, 2005, CORNAS, DELAS: J'ai visé Australie avec celui-ci, à cause de la douceur du fruit, à l'évidence, je me suit trompé. Le nez montre un beau fruit rouge tout en douceur, aidé en cela par des notes de vanille. En bouche, le vin montre une structure serrée et une bonne acidité, avec toujours ce doux fruit rouge bien allié à un boisé bien dosé. Bel équilibre d'ensemble. Beau vin.
VAGUE -1
1- SHIRAZ, DIAMOND LABEL, 2007, SE AUSTRALIA, ROSEMOUNT: J'ai pris ce vin pour un argentin. Il avait une bonne richesse, mais en même temps était assez contenu. Je l'ai trouvé bien équilibré et agréable.
2- SYRAH, DON DAVID, 2007, CAFAYATE, MICHEL TORINO: J'ai pris celui-ci pour un australien, son boisé sur le café et l'encens me rappellait celui d'un vin australien haut de gamme, The Octavius, 2003, Yalumba, bu plus tôt cette année. Le côté mûr du vin allait aussi dans ce sens. Bon vin pour le prix.
VAGUE -2
1- SYRAH/VIOGNIER, GOAT-ROTI, 2007, WESTERN CAP, COASTAL REGION, GOAT DE ROAM: Bien identifié comme originaire de l'Afrique du Sud, j'ai trouvé que l'identité Syrah était bien là avec du poivre et des herbes amères au nez. Belle matière, bon équilibre, sans excès.
2- SYRAH, CASTILLO DE MOLINA, 2007, LONTUÉ, VINA SAN PEDRO: Bien identifié comme chilien. Fruit rouge, pâtisserie, menthol et vanille au nez. Çe se transpose bien en bouche avec une matière compacte et un boisé bien dosé. Bon vin qui laisse transparaître son origine. N'est-ce pas là une qualité?
VAGUE -3
1- SHIRAZ, MARME BROOK, 2005, BAROSSA, SALTRAM: Bien identifié comme australien. Fruits rouges, café, réglisse, pâtisserie au nez. En bouche, doux fruité, intensité et boisé bien intégré. Style Shiraz évident, mais la qualité et l'équilibre sont au rendez-vous.
2-SYRAH, 2007, VIN DE PAYS DES CÔTES RHODANIENNES, GÉRIN: Reconnu comme français. Viande fumée et fruit rouge au nez. Structure compacte en bouche avec une bonne acidité. Bon équilibre et bel exemple de ce style de vin à bon prix.
VAGUE -4
1-SYRAH, WINEMAKER'S RESERVE, 2005, MAIPO, CARMEN: Bien identifié comme chilien. En fait j'ai reconnu le vin. J'ai été un peu surpris de sa belle performance. J'ai écrit un CR sur ce blogue à son sujet où j'étais un peu sévère, lui reprochant surtout de ne pas être une aubaine. La faible proportion de Cabernet qu'il contient le rend inmanquablement chilien, mais la qualité est là.
2-SYRAH, 2006, SICILIA (i.g.t.), PLANETA: N'ayant aucune idée de ce que serait suposée être une Syrah italienne, et encore moins scicilienne, j'ai identifié ce vin comme étant sud-africain. Fruit rouge sucré au nez, avec un peu de poivre. Bon équilibre en bouche, belle concentration et fruité intense.
VAGUE -5
1 - SHIRAZ, RESERVE, 2006, YARRA, COLDSTREAM HILLS: Bien identifié comme australien. Le nez est plutôt timide, avec un beau fruité rouge et des épices douces, bien amalgamé à un boisé de qualité. En bouche, le fruit est d'une belle douceur, le vin est équilibré et bien concentré, avec un boisé bien dosé. Beau vin qui démonte le stéréotype du Shiraz "bodybuildé".
2- CHANTE-PERDRIX, 2005, CORNAS, DELAS: J'ai visé Australie avec celui-ci, à cause de la douceur du fruit, à l'évidence, je me suit trompé. Le nez montre un beau fruit rouge tout en douceur, aidé en cela par des notes de vanille. En bouche, le vin montre une structure serrée et une bonne acidité, avec toujours ce doux fruit rouge bien allié à un boisé bien dosé. Bel équilibre d'ensemble. Beau vin.
vendredi 30 octobre 2009
THE GAZETTE: SYRAH DU MONDE
J'ai eu la chance d'être invité par Bill Zacharkiw, chroniqueur-vin émérite de The Gazette, pour participer à une dégustation comparative à l'aveugle de vins de Syrah de diverses origines et de prix variés. Il y avait au total 26 vins à déguster, distribués par niveau de prix en 5 vagues. Ce fut un exercice difficile mais enrichissant, qui demandait beaucoup de concentration. J'ai trouvé le niveau général des vins très bon, même si la plupart étaient encore très jeunes. Je serais curieux de goûter de nouveau ces vins dans 5 ans pour voir de quoi il en retournerait. Une chose est sûre, cette dégustation m'a confirmé que je n'ai pas un palais Nouveau-Monde, malgré ce que peut laisser croire le thème de ce blogue. J'ose penser que j'aime le bon vin, peu importe son origine. Le bon vin n'est pas l'apanage d'une région ou d'un pays, même si des stéréotypes stylistiques existent vraiment. Le dipôle stylistique Syrah/Shiraz associé au duo France/Australie existe vraiment, mais chacun de ces pays peut produire des vins allant à l'opposé de ce stéréotype, ou quelque part entre les deux, et pouvant ainsi brouiller les cartes pour le dégustateur à l'aveugle. Ce constat s'applique aussi pour les vins venant des autres pays. Au fond, tout est question de terroir et de l'interprétation que l'homme veut en faire. En ce sens, la Syrah est un cépage tout indiqué, car son adaptabilité permet plusieurs interprétations de qualité. Merci à Bill pour l'invitation. Je joins le lien vers l'article.
http://www.montrealgazette.com/life/food-wine/syrah+shiraz/2164642/story.html
http://www.montrealgazette.com/life/food-wine/syrah+shiraz/2164642/story.html
mardi 27 octobre 2009
PINOT NOIR, WILD FERMENT, 2008, CASABLANCA, ERRAZURIZ
Comme le Chardonnay “Wild Ferment” est un vin que j’apprécie beaucoup. J’ai décidé de redonner une chance au Pinot Noir de la même gamme. Je dis redonner, car c’est un vin qui m’a déçu par le passé. Je pense que le dernier millésime que j’avais acheté était le 2005. À la lumière de la progression qualitative du Chardonnay, je me suis dit que Errazuriz avait peut-être réussi à affiner leurs méthodes d’élaboration avec ce cépage capricieux entre tous qu’est le Pinot Noir. Ce vin est issu de fruits provenant du vignoble “La Eascultura”, le même que pour le Chardonnay, situé dans la relativement fraîche région de Casablanca. Le vignoble a été planté en 1996 avec deux clones bourguignons de Morey St-Denis (115 et 777). Les rendements sont relativement faibles à environ 35 Hl/ha. La fermentation alcoolique, comme le nom anglais l’indique, a été effectuée avec les levures indigènes du milieu. Le vin a été élevé pendant 9 mois en barriques de chêne français, dont la moitié étaient neuves.
La robe est d’une teinte grenat assez foncée, mais facilement pénétrée par la lumière. Le nez est de bonne intensité, et exhale de beaux arômes de fruits rouges (fraises, cerises), ainsi qu’un arôme typique pour moi du cépage, mais que je n’arrive pas à nommer. À cela s’ajoute aussi des notes de fumée et d’épices douces, rappelant un peu la pâtisserie. Beau nez de Pinot très jeune. En bouche, on retrouve un vin assez solide pour un vin de ce cépage. La matière montre une bonne densité dès l’attaque, avec une structure plutôt compacte et une texture raffinée. Rien n’accroche dans ce vin épicé au fruité généreux et au boisé modéré de belle qualité. Le niveau de concentration est assez élevé, ce qui donne une belle présence du vin en milieu de bouche. La finale, poursuit dans la même veine, avec harmonie, sur une persistance de bon calibre.
Il semble que Errazuriz comprennent maintenant mieux le capricieux Pinot, car celui-ci est le meilleur millésime parmi ceux goûtés à date. Ce vin est de très belle qualité. Il est très jeune, bien sûr, et il est fort probable que quelques années de plus sous sa capsule à vis lui seront bénéfique. Mais il est déjà abordable, malgré sa prime jeunesse. En fait, je dirais que son niveau qualitatif est comparable à celui du Chardonnay de la même gamme. Ce qui n’est pas peu dire. Selon moi, c’est un vin qui peut rivaliser avec des vins de Pinot Noir du Nouveau-Monde vendus pas mal plus chers. Un des bons vins chiliens issu de ce cépage qu’il m’ait été donné de goûter jusqu’à maintenant, et un RQP de très bon niveau. Le Pinot progresse au Chili.
NINQUÉN, 2006
Je me tue à dire que si la sélection de vins chiliens à la SAQ était meilleure, les vins de ce pays connaîteraient un bien meilleur succès. La preuve? Le Ninquén, 2006. Ce vin est pratiquement disparu des tablettes en seulement une semaine. Même moi j'ai été surpris et malheureusement, je l'ai raté. Dommage car c'est un excellent vin qui était offert à un prix très avantageux. En espérant un deuxième arrivage. Sinon, la LCBO qui offre actuellement le 2005, devrait suivre avec le 2006.
dimanche 25 octobre 2009
SAUVIGNON BLANC, 2007, MARLBOROUGH, CLOS HENRI
La culture de notre monopole d’état est très marquée par la France. Cela se reflète jusque dans ses choix de vins du Nouveau-Monde. La SAQ semble bien aimé offrir les vins de producteurs français ayant décidé d’étendre leurs opérations hors de l’Hexagone. C’est le cas avec ce vin issu de l’opération néo-zélandaise de la famille sancerroise Bourgeois. Après le Cipreses Vineyard de Casa Marin, dégusté deux jours plus tôt. J’ai décidé de remettre ça avec un autre Sauvignon ambitieux de l’hémisphère sud, vendu pour le même prix (32$), histoire de préciser mes repères qualitatifs. Les premières vignes du Clos Henri furent plantées en 2001. Le rendement des vignes pour ce vin est plutôt élevé à 55 Hl/ha. L’élaboration entière du vin a lieu en inox, avec élevage sur lies de huit mois.
La robe est d’une teinte jaune très pâle aux légers reflets verdâtres. Le nez est de bonne intensité et dégage des arômes de citron et de melon, avec juste un peu de pamplemousse et une touche de fruits tropicaux. Un caractère végétal de poivron vert et d’herbes coupées vient complété le portrait. En bouche, l’attaque est d’une amplitude surprenante, c’est bien équilibré, mais l’acidité demeure modérée pour un vin de ce cépage. Les saveurs de citron intense dominent la palette gustative, bien complétées par l’aspect végétal et une amertume évoquant le zeste de pamplemousse. Le milieu de bouche permet de se rendre compte du bon niveau de concentration et de la tenue impeccable de ce vin. La finale est très intense, avec un léger gain au niveau de l’amertume, et une longueur de très bon niveau.
Ce vin m’est apparu clairement comme étant de qualité supérieure. Il a tous les éléments d’un très bon vin, équilibre, concentration, longueur, qualité des arômes et des saveurs. Au niveau du style, il évite le piège du stéréotype néo-zélandais au caractère de pamplemousse exubérant. En fait, il me fait penser à un très bon Sauvignon Blanc chilien de Casablanca. C’est-à-dire un Sauvignon un peu entre deux mondes, avec une générosité typique du Nouveau-Monde, mais en même temps avec une certaine retenue et un caractère citronné qui pour moi évoquent des exemples dégourdis de la Loire. Pour ce qui est de la comparaison avec le Casa Marin. Je dirais que le Clos Henri est plus civilisé, alors que le Cipreses Vineyard est un vin plus original, plus sauvage, avec plus de matière, d’acidité et de concentration. Ceci dit, le Clos Henri est clairement un très bon vin et son prix me semble parfaitement justifié. Bien content d’en avoir une autre bouteille.
samedi 24 octobre 2009
SAUVIGNON BLANC, CIPRESES VINEYARD, 2005, SAN ANTONIO, CASA MARIN
Casa Marin a été fondé en 2000, et a été le premier producteur à s’installé dans la région de San Antonio pour produire des vins de Sauvignon Blanc et de Pinot Noir. Par la suite, ce sont ajoutés le Sauvignon Gris, le Riesling, le Gewurztraminer et la Syrah. Cette décision audacieuse de la fondatrice, Maria Luz Marin fut importante pour l’évolution de la viticulture chilienne. Depuis, plusieurs producteurs nouveaux et anciens l’ont suivie dans cette région au climat frais, directement exposée à l’océan Pacifique et au courant froid Humbolt remontant depuis l’antarctique. Les vignobles de Casa Marin sont situés à seulement 4 km de l’océan. J’ai déjà bu plusieurs bouteilles de ce vin au profil très original. C’est un vin avec une claire identité du cépage, mais en même temps avec des caractéristiques de terroir très marquées, et qui peuvent être déroutantes au premier abord. C’est donc un vin qui n’essaie pas de copier les classiques français, ou bien le profil néo-zélandais très à la mode. C’est selon moi un vin de terroir dans toute la force du terme, mais surtout, c’est un vin sérieux et de qualité supérieure, élaboré par un producteur qui ne fait pas de compromis. Vous aurez compris que je suis vendu d’avance aux vertus de ce vin. J’en ai d’ailleurs acheté douze bouteilles pour pouvoir suivre son évolution dans le temps, et ainsi pouvoir juger du potentiel des bons Sauvignons de cette région. J’y suis donc allé avec la première bouteille de cette réseve.
La robe montre maintenant une teinte verdâtre plus prononcée. Le nez est encore bien intense avec des arômes de citron, de poivron vert, d’herbe coupée, ainsi qu’un caractère minéral et salin typique de cette cuvée de bord de mer. En bouche, le vin attaque toujours de front, avec cette densité de matière et cette acidité citronnée tranchante. Les saveurs de citron sont bien complétées par le caractère végétal. Ce qui donne un mariage réussi. Le milieu de bouche permet de confirmer la matière dense et le niveau de concentration supérieurs de ce vin intense et tranchant. La finale est à l’avenant, avec une intensité qui arrive à gagner un cran, avant un très long déclin des saveurs.
J’étais vendu à ce vin avant, et vendu je demeure après. Ce vin est encore loin de son déclin. C’est vraiment un vin de grande qualité qui devrait rallier ceux pour qui le caractère distinctif est important comme critère d’appréciation. Bien sûr, pour cela, il faut être prêt à sortir du classicisme européen pour appréhender des horizons nouveaux, mais à la fois pas totalement différents. Car ce vin témoigne très bien du cépage dont il est issu, mais en même temps, il témoigne clairement du lieu qui l’a engendré. C’est un vin intriguant et original. Un vin dans lequel, avec un brin d’imagination, on peut se voir dans un pré verdoyant de Lo Abarca, humant l’air salin, le regard porter vers l’océan à l’horizon, devinant le sourd son des vagues au loin... Un vin de terroir je vous dit.
mercredi 21 octobre 2009
CHARDONNAY, 2006, YARRA VALLEY, COLDSTREAM HILLS
Cette maison fut fondée par le critique James Halliday dans les années 80 dans la fraîche vallée de Yarra. Ce vin a été élevé en barriques de chêne français, neuves pour environ un quart, les autres étant de deuxième, troisième et quatrième usages. Le vin est issu d’un millésime chaud et titre à 14% d’alcool.
La robe est d’une teinte dorée assez pâle. Le nez est d’intensité modérée et dégage des arômes de pêche, d’ananas et de citron, auxquels s’adjoignent des notes d’amandes grillées et de miel. La bouche manque un peu de tonus en attaque, avec un fruit bien rond. Le vin manque d’intensité gustative et de concentration pour un vin de ce prix. La finale ne récupère pas la mise, continuant plutôt dans la même voie du manque de matière et d’intensité.
J’ai peu de choses à dire à propos de ce vin qui fut pour moi une déception, compte tenu de son prix de 27.95$. Je ne sais pas si le millésime 2006, qualifié de chaud par le producteur, y est pour quelque chose. Il faut dire que ce vin est celui d’entrée de gamme chez Coldstream Hills. Ce n’est pas un mauvais vin. Il est assez fidèle à ce que l’on attend d’un Chardonnay boisé, mais il est trop cher pour ce qu’il offre. Un vin comme le Chardonnay, Boschendal, d’Afrique du Sud, en donne autant pour environ la moitié du prix.
mardi 20 octobre 2009
ENTREVUE AVEC ANTONIO BRAVO DE VINEDOS EMILIANA
Lors de la dégustation: Vins du Chili, j'ai eu le plaisir de rencontrer et de discuter assez longuement avec Antonio Bravo von Bischoffshausen, vinificateur en chef chez Vinedos Emiliana, le leader de la production de vins certifiés biologiques et biodynamiques au Chili. Dans l'entrevue vidéo qui suit, apparue aujourd'hui sur YouTube, ce passionné parle des défis de ce type d'opération vinicole. Pour lui, l'important et l'argument de vente principal, c'est la qualité du vin offert, le fait qu'il soit bio vient ensuite. Pour avoir goûté ses vins. Je peux dire que l'argument premier est au rendez-vous.
http://www.youtube.com/watch?v=UYVzAh_4VSo
http://www.youtube.com/watch?v=UYVzAh_4VSo
dimanche 18 octobre 2009
LE TERROIR ENTRE LES MAINS DE L'HOMME
Dernièrement, au fil de mes nombreuses lectures sur le monde du vin, je suis tombé sur une nouvelle annonçant l’embauche comme consultant, par le producteur chilien Santa Rita, de Brian Croser. M. Croser est le fondateur de la réputée maison australienne Petaluma, et il a aussi été un professeur d’oenologie. Il est considéré comme une figure très influente dans l’évolution vinicole de l’Australie au cours des 35 dernières années. Il a été nommé homme de l’année dans le monde du vin en 2004 par la revue britannique Decanter. J’ai lu une entrevue qu’il avait donné pour l’occasion, entrevue au cours de laquelle on l’interrogeait sur son parcours et sur sa vision du vin. Dans cette entrevue, on mentionne que M. Croser n’a pas eu que des admirateurs et qu’il a été fortement critiqué pour son obsession à préserver les saveurs fruitées dans le vin en misant sur une hygiène stricte et sur des techniques anaérobiques pour préserver le vin de l’oxydation. On dit dans l’article de Decanter que plusieurs ont blâmé cette philosophie, dont Croser fut l’ardent promoteur, pour le stéréotype voulant que les vins australiens ne soient rien d’autre que des vins simples et très fruités.
Quand j’ai lu cela, j’ai été interloqué, mais en même temps, pas vraiment surpris. Il existe un courant de pensée dans le monde du vin, c’est un courant diffus et plutôt souterrain, pour qui le vin intéressant origine d’autre chose que du fruit lui-même et du lieu où il a été produit, même si plusieurs intervenants de cette mouvance aiment parler de terroir. J’ai de la difficulté à comprendre en quoi l’hygiène stricte et des techniques de limitation de l’oxydation peuvent être des ennemis du bon vin et de son identité réelle. Ce que l’accusation mentionnée ci-haut envers la vision de Croser sous-entend, c’est que les vrais bons vins complexes ne proviennent pas essentiellement des qualités du fruit et de la fermentation et de l’élevage du vin en conditions hygiéniques. Qu'il doit y avoir autres chose.
Ce qui est paradoxal dans tout ça, c’est que ce même Croser est un des pionniers de la notion de terroir en Australie. Il est un des premiers à avoir prôné la plantation des différents cépages en des lieux leurs étant adaptés, chose qu’il a appliquée dès les années 70 avec son projet Petaluma. D’ailleurs, Croser, malgré les critiques et les années, n’a pas changé d’idée et persiste avec sa vision des choses. Pour lui la maîtrise des conditions de vinification est la base essentielle à l’élaboration d’un bon vin. Selon lui, quand toutes les bonnes pratiques sont en place, c’est là que le “winemaker” peut s’aventurer à des choses plus risquées, comme l’utilisation de levures indigènes, la non filtration, et même, à la limite, au non usage de sulfites
Une chose est sûre pour moi, le bon vin, son caractère et sa complexité se font d’abord au vignoble, en plantant le bon cépage au bon endroit, et en menant la vigne de la meilleure façon possible par rapport aux conditions. Le processus de vinification de base ne devrait être qu’un transducteur de ce qui a été obtenu au vignoble. La qualité du vin ne vient pas d’activités microbiologiques secondaires, ou bien d’un processus oxydant prématuré. Bien sûr le “winemaker” a de nombreux choix à faire en cours d’élaboration qui peuvent influencer le style du vin qui sera obtenu, mais ces choix n’ont rien à voir avec un manque d’hygiène ou un laisser-aller oxydant. Pour faire le lien avec le message précédant où je disais que le vin n’est pas un produit naturel, et bien le contrôle et la maîtrise de ce qui se passe au chai de vinification va directement dans ce sens, et ça va aussi dans le sens de ce que devrait être un vrai vin de terroir. Quand un vigneron a produit un vin en contrôlant les choses du vignoble au chai, il peut dire en toute honnêteté que pour lui ce vin est le reflet de son terroir, car il en a une idée claire et il a pu la concrétiser. Alors que le laisser-aller peut mener à n’importe quoi. Je suppose que c’est ça qu’on appelle le vin naturel...
http://www.decanter.com/specials/48127.html
http://www.decanter.com/news/news.php?id=290423
Quand j’ai lu cela, j’ai été interloqué, mais en même temps, pas vraiment surpris. Il existe un courant de pensée dans le monde du vin, c’est un courant diffus et plutôt souterrain, pour qui le vin intéressant origine d’autre chose que du fruit lui-même et du lieu où il a été produit, même si plusieurs intervenants de cette mouvance aiment parler de terroir. J’ai de la difficulté à comprendre en quoi l’hygiène stricte et des techniques de limitation de l’oxydation peuvent être des ennemis du bon vin et de son identité réelle. Ce que l’accusation mentionnée ci-haut envers la vision de Croser sous-entend, c’est que les vrais bons vins complexes ne proviennent pas essentiellement des qualités du fruit et de la fermentation et de l’élevage du vin en conditions hygiéniques. Qu'il doit y avoir autres chose.
Ce qui est paradoxal dans tout ça, c’est que ce même Croser est un des pionniers de la notion de terroir en Australie. Il est un des premiers à avoir prôné la plantation des différents cépages en des lieux leurs étant adaptés, chose qu’il a appliquée dès les années 70 avec son projet Petaluma. D’ailleurs, Croser, malgré les critiques et les années, n’a pas changé d’idée et persiste avec sa vision des choses. Pour lui la maîtrise des conditions de vinification est la base essentielle à l’élaboration d’un bon vin. Selon lui, quand toutes les bonnes pratiques sont en place, c’est là que le “winemaker” peut s’aventurer à des choses plus risquées, comme l’utilisation de levures indigènes, la non filtration, et même, à la limite, au non usage de sulfites
Une chose est sûre pour moi, le bon vin, son caractère et sa complexité se font d’abord au vignoble, en plantant le bon cépage au bon endroit, et en menant la vigne de la meilleure façon possible par rapport aux conditions. Le processus de vinification de base ne devrait être qu’un transducteur de ce qui a été obtenu au vignoble. La qualité du vin ne vient pas d’activités microbiologiques secondaires, ou bien d’un processus oxydant prématuré. Bien sûr le “winemaker” a de nombreux choix à faire en cours d’élaboration qui peuvent influencer le style du vin qui sera obtenu, mais ces choix n’ont rien à voir avec un manque d’hygiène ou un laisser-aller oxydant. Pour faire le lien avec le message précédant où je disais que le vin n’est pas un produit naturel, et bien le contrôle et la maîtrise de ce qui se passe au chai de vinification va directement dans ce sens, et ça va aussi dans le sens de ce que devrait être un vrai vin de terroir. Quand un vigneron a produit un vin en contrôlant les choses du vignoble au chai, il peut dire en toute honnêteté que pour lui ce vin est le reflet de son terroir, car il en a une idée claire et il a pu la concrétiser. Alors que le laisser-aller peut mener à n’importe quoi. Je suppose que c’est ça qu’on appelle le vin naturel...
http://www.decanter.com/specials/48127.html
http://www.decanter.com/news/news.php?id=290423
vendredi 16 octobre 2009
NATURA PLUS, 2007, MAIPO, VINA TARAPACA
Cet assemblage, élaboré avec des raisins de culture biologique, est composé en majorité de Cabernet Sauvignon (56%), et complété par du Cabernet Franc (22%), du Carmenère (12%) et de la Syrah (10%). Les raisins proviennent de deux sous-régions de Maipo, soit Alto Maipo en majorité et Isla de Maipo, une sous-région située sur le plat au milieu de la vallée. Le mélange final est composé après que chaque lot ait été élevé 8 mois en barriques de chêne français et américain dont 26% étaient neuves. Le CR qui suit représente le vin trois jours après l’ouverture. La journée de l’ouverture le vin était peu attrayant et déployait un caractère végétal marqué et dérangeant. Toutefois, un passage en carafe de quelques heures et une remise en bouteille pour deux jours ont totalement transformé ce vin qui est à l’évidence trop jeune actuellement. D’ailleurs, le producteur parle d’une garde de 5 à 10 ans pour celui-ci.
Le nez est maintenant d’une juste intensité et dégage un heureux mélange d’arômes de cassis et de cerises, auxquels s’entremêlent des notes de menthol, de vanille, de bois de cèdre, d’humus, ainsi qu’un léger aspect torréfié. Surprenant de constater comment le profil olfactif a pu changer en trois jours. En bouche, le même constat s’impose, avec une attaque beaucoup moins ferme, montrant maintenant un bel équilibre. Le vin déploie un fruité éclatant, supporté par une saine amertume, et amalgamé à des notes terreuses et doucement épicées. La structure, malgré l’assouplissement, demeure plutôt compacte et assez ferme, sur un niveau de concentration modéré et une texture tannique encore un peu rugueuse. La finale est intense avec une amertume chocolatée qui gagne en importance, sur une bonne longueur.
Ce vin est l’exemple parfait du vin mis en marché trop tôt, mais un vin tout indiqué pour qui veut comprendre en accéléré ce qu’il peut advenir avec le temps du caractère végétal si souvent décrié dans les jeunes rouges chiliens de la vallée centrale. Autant le vin m’a déplu à l’ouverture, autant il m’a convaincu deux jours plus tard. Le caractère végétal déplaisant et dominant avait presque disparu, pour n’être plus qu’un aspect mineur et complémentaire de son profil aromatique et gustatif. Cela a laissé la place au reste du vin qui en valait vraiment le coup. Comprenez-moi bien, on demeure assez loin du grand vin, mais ce qu’on obtient est un vin aromatique, bien équilibré, aux proportions bien ajustées, et qui se laisse boire facilement. Personnellement, c’est un style de vin que j’affectionne, car je n’ai pas toujours envie de boire des vins très concentrés. Mon expérience de garde positive avec le Cabernet Sauvignon, Gran Reserva, de cette maison me laisse penser que ce vin sera à son mieux dans environ cinq ans. L’aération est un pis aller à court terme. La vraie solution, c’est la garde et le temps, même pour un vin comme celui-ci qui se vend pour seulement 18.95$ à la SAQ.
jeudi 15 octobre 2009
LE VIN N'EST PAS UN PRODUIT NATUREL
J'ai suivi un peu la controverse à propos du reportage "Le vin est-il toujours un produit naturel?" de l'émission "Envoyé Spécial" sur France 2. J'ai malheureusement manqué la diffusion du reportage ici sur TV5, et le reportage n'est plus disponible sur le site web de l'émission. Est-ce dû aux protestations contre celui-ci? Je ne peux donc pas parler directement de ce reportage, mais j'ai bien aimé cet article de Bernard Brutschy sur Figaro.fr (voir le lien). Je trouve que ça remet les choses en perspective. J'ajouterais que le vin de garde tel qu'on le connait n'existerait pas sans l'usage des sulfites. Il faut arrêter de démoniser tout ce qui est nommé par un nom à référence chimique. Je trouve que la façon dont on nomme les choses détermine trop la façon dont elles sont perçues. Si je parle de vitamine C, la plupart des gens le percevront de façon positive, mais si je parle de la même molécule en disant plutôt acide ascorbique, le mot acide pourra faire peur à certains. Le vin est un mélange très complexe de molécules aux noms qui peuvent paraître très bizarres, mais la sonorité du nom n'est pas une indication de sa nature, bonne ou mauvaise. Qu'on me comprenne bien. Je ne suis pas pour l'ajout immodéré de tout et n'importe quoi dans le vin. Si le vin n'est pas un produit naturel, je ne veux pas non plus qu'il devienne un produit purement artificiel, voire synthétique. Je pense que le bon vin est une question d'équilibre, autant dans son mode d'élaboration que dans sa nature finale.
http://www.lefigaro.fr/vins/2009/10/08/05008-20091008ARTFIG00405-la-verite-sur-les-pesticides-et-les-additifs-.php
http://www.decanter.com/news/290680.html
http://www.lefigaro.fr/vins/2009/10/08/05008-20091008ARTFIG00405-la-verite-sur-les-pesticides-et-les-additifs-.php
http://www.decanter.com/news/290680.html
lundi 12 octobre 2009
SYRAH, 2006, MENDOZA, CATENA
Aucune information n’est disponible sur ce vin. Même le site de Catena n’en fait pas mention. La contre-étiquette indique qu’il s’agit d’un vin de vignoble unique, soit le vignoble La Piramide, situé à 3100 m d’altitude. Le vin titre à 13.5% d’alcool. J’avais essayé le millésime 2005, l’an passé, et j’avais été déçu par le niveau qualitatif du vin, que ne rejoignait pas celui du Cab et du Malbec de la même gamme. J’ai décidé de lui donner une nouvelle chance de m’impressionner avec le millésime 2006.
Le nez est de bonne intensité et dégage des arômes de cerises, de goudron, de bois brûlé (gaïacol), de vanille et de pâtisserie. En bouche, le vin est équilibré et intense en attaque, avec de douces saveurs de cerises vanillées et “gaïacollées”, c’est-à-dire avec un côté bois brûlé qui s’apparente un peu à la vanille (il faut sentir du 4-ethyl-gaïacol pour vraiment comprendre). Désolé pour le langage de chimiste. Toujours est-il qu’en milieu de bouche le vin montre un corps moyen, avec un bon niveau de concentration et une texture lisse, presque onctueuse. Toutefois, en finale, la poigne des tanins se révèlent , tout comme un caractère épicé-poivré jusque-là discret. Le tout sur une intensité à la hausse qui culmine, avant de décroître longuement, sur des rémanences de chocolat noir.
Cette Syrah de Catena a passé le test. Le niveau qualitatif m’a semblé bien meilleur avec cette version 2006, et rejoint le niveau habituel des cuvées de Cabernet Sauvignon et de Malbec de cette illustre maison. J’ai bu le vin sur trois jours. Le premier jour, j’y ai trouvé des ressemblances avec des vins de Syrah de la région de Hawkes Bay en Nouvelle-Zélande, alors que le côté goudronné m’évoquait des Shiraz australiens. Quand je suis revenu sur la deuxième demie de la bouteille, deux jours plus tard. J’ai alors trouvé que l’identité Catena et le terroir argentin ressortaient plus. Ce vin est encore très jeune, et je pense que quelques années de garde lui feraient du bien, surtout au niveau de l’intégration du boisé. Cette Syrah se situe donc du côté Nouveau-Monde du spectre stylistique, mais dans le bon sens du terme, sans excès. Pour un peu plus de 20$, c’est à mon avis un achat très avisé et un bel ajout à cette superbe gamme de vins.
Nicolas Catena: Homme de l'année de Decanter
Je sais, j'ai déjà publié un court message à propos de cette nouvelle. J'y reviens pour offrir un lien vers une version pdf de l'article complet sur ce visionnaire du vin de qualité en Argentine.
http://www.billingtonwines.com/admin/images/imgpress/DecanterApril09NCZmanOfYear.pdf
http://www.billingtonwines.com/admin/images/imgpress/DecanterApril09NCZmanOfYear.pdf
samedi 10 octobre 2009
CHARDONNAY, ESTATE, 2006, NOUVELLE_ZÉLANDE, KUMEU RIVER
Ce vin de Chardonnay, bu sur plusieurs millésimes, est pour moi une belle référence qualitative, à bon prix, pour les vins de ce cépage, toutes origines confondues. Toutefois, dans mes lectures récentes à son sujet, j’ai appris que des raisins qui servaient autrefois à élaborer cette cuvée “Estate”, en ont été retirés pour permettre l’élaboration de deux nouvelles cuvées “Single Vineyard”, vendues plus cher. Un autre point que j’aimais avec cette cuvée, c’est qu’elle avait un historique de garde positif. À ce sujet, il est intéressant de noter que le producteur s’est converti aux capsules à vis avec le millésime 2001, et que ce 2001, dégusté récemment par Harvey Steinman du Wine Spectator, est selon celui-ci en parfaite forme, avec encore plusieurs bonnes années devant lui. Le producteur recommande lui-même deux à quatre années de garde pour ce vin fermenté en barriques de chêne, avec des levures indigènes. La fermentation malo-lactique est à 100%, avec élevage de onze mois en barrique de chêne (25% neuves).
La robe montre une teinte légèrement dorée. Le nez est plutôt timide mais bien fidèle au cépage, avec des arômes de pêche, soulignés d’un trait de citron, et complétés par des notes d’orange, de noix, ainsi qu’une trace de vanille. En bouche, le vin est ample et équilibré en attaque, avec une bonne acidité. Les saveurs fruitées sont assez intenses et de belle qualité, reflétant ce qui était perçu à l’olfactif, et soutenues par une fine dose d’amertume. Belle présence en milieu de bouche, avec une bonne concentration, du gras, et un bon volume. Le vin glisse sans effort vers une finale aux saveurs bien fondues, où s’ajoute une touche de caramel sur une amertume qui augmente d’un léger cran. La longueur est bonne.
Ce vin de Chardonnay est impeccable, bien fidèle à ce que l’on attend d’un bon vin de ce cépage élevé en barriques. Toutefois, je l’ai trouvé un peu en deça du souvenir que j’en avais dans des millésimes antérieurs. Est-ce dû au fait que je savais qu’on avait transféré des raisins vers des cuvées supérieures? J’ose croire que non. Cela dit, ça demeure un bon vin, qui vaut son prix. Pas d’arnaque en vue avec cette cuvée. Juste qu’il me semble un RQP légèrement moins attrayant qu’auparavant.
jeudi 8 octobre 2009
SHIRAZ, NUMBER ONE, CONSTITUTION ROAD, 2006, WESTERN CAPE, ROBERTSON WINERY
Le nez est bien expressif avec de très doux arômes de fruits noirs et rouges, de pâtisserie, de vanille et autres épices douces et complété par un léger aspect torréfié. En bouche, le vin est riche et ample, avec un fruité très doux, intense, mâtiné de douces notes épicées. Le milieu de bouche dévoile une très bonne concentration, de la matière généreuse et ronde de bon volume, sur une texture très souple. La finale poursuit dans la même veine de douceur, mais avec une pointe d’amertume qui se révèle en toute fin, sur une allonge de bon calibre.
Ce vin est à mon avis impeccable et de très belle qualité pour le prix demandé (28.80$), mais c’est le style de vin qu’on se sent un peu obligé de justifier, car il ne cadre pas avec le profil classique du vin rouge sec. Ce vin est pourtant bien sec avec 3.5g/L de sucres résiduels. Ceci dit, le producteur a bien fait de choisir la dénomination Shiraz pour ce vin, car on est clairement du côté de l’archétype Nouveau-Monde. Le vin est puissant, le fruit est doux, certains diraient sucré. Le boisé est bien marqué, l’alcool titre à 14.9% et la texture est d’une grande souplesse. Mais malgré tout, le vin se tient et atteint un équilibre dans son style. J’ai bien aimé ce vin, le premier verre impressionne et se suffit à lui-même, alors que dès le deuxième on frôle la saturation. C’est donc le genre de bouteille à ouvrir pour plusieurs personnes, ou bien comme je l’ai fait, à boire sur trois jours. Le vin a d’ailleurs très bien tenu sur cette période, et le producteur parle d’un potentiel de garde de 7-10 ans pour celui-ci. J'avoue ne pas avoir de référence pour imaginer l'évolution de ce type de ce vin et le genre de profil qu'il pourra avoir dans quelques années.
DÉGUSTATION: VINS DU CHILI (FIN)
Conclusion de mon survol des vins intéressants goûtés à la dégustation Vins du Chili avec deux producteurs qui appliquent les principes de la biodynamie. Encore une fois, je ne crois pas au côté ésotérique de la chose, mais la culture biologique est assurément un avantage, sans compter la philosophie qualitative à la base de l'action de ces deux producteurs élite.
D'abord, Matetic Vineyards, installé dans la vallée de San Antonio. La SAQ n'offre que le Sauvignon Blanc, et l'agent m'a dit qu'à cause du processus très long pour faire accepter un vin par la SAQ, il lui a été jusqu'à maintenant impossible d'importer d'autres vins de ce producteur. Celui-ci ne fournit pas à la demande et refuse d'immobiliser des stocks pour six mois, le temps que la SAQ se décide. C'est bien dommage, car les vins sont d'une superbe qualité. Quatre vins de la première gamme EQ étaient offerts en dégustation, ainsi qu'un vin de la seconde gamme, Corralillo.
SAUVIGNON BLANC, EQ, 2008, SAN ANTONIO, MATETIC VINEYARDS (19.95$): Ce vin va suivre le 2007 sur les tablettes de la SAQ. Ce 2008 est dans le même style élégant, vif et minéral, avec un peu de pamplemousse que je n'avais pas remarqué dans le 2007. Belle concentration et très bonne longueur pour ce Sauvignon de fort calibre.
CHARDONNAY, EQ, 2007, SAN ANTONIO, MATETIC VINEYARDS (19.95$): Ce vin montre un bel équilibre, sur une acidité bien marquée et des saveurs fruitées de pêche et de mangues intenses . C'est un vin concentré et puissant qui est encore très jeune, mais qui montre un potentiel indéniable. Toutefois, je doute du prix indiqué de 19.95$. Le prix de ce vin doit plutôt se situer entre 25$ et 30$, ce qui en ferait tout de même un très bel achat.
PINOT NOIR, EQ, SAN ANTONIO, MATETIC VINEYARDS (34.75$): Ce vin offre un nez intense sur la cerise et la fraise, amalgamées à de doux arômes boisés de pâtisserie et d'épices douces. La bouche est concentrée et voluptueuse et offre un mélange intense et réussi entre le fruit rouge et un boisé séducteur. Très beau vin de très jeune Pinot. Devrait être encore meilleur dans deux ou trois ans. Qualité supérieure et prix parfaitement justifié.
SYRAH, EQ, 2007, SAN ANTONIO, MATETIC VINEYARDS (34.75$): Ce vin est tenu par plusieurs comme étant le meilleur vin de Syrah du Chili. Je ne suis pas du genre à penser qu'un vin puisse être déclaré LE meilleur. Toutefois, force est d'admettre qu'avec cette Syrah on est dans le très fort calibre. Le profil aromatique indique clairement que ce vin provient d'un climat frais. Au nez, le fruité est éclatant et vif, allié à d'agréables notes épicées et poivrées et complété par une légère touche de verdeur qui s'intègre bien à l'ensemble. La bouche est droite et concentrée, avec des saveurs de fruits rouges intenses et des notes boisées bien intégrées. Finale harmonieuse et longueur de niveau supérieur. Voici un chilien qui ne dormirait pas sur les tablettes de la Signature si notre monopole daignait se réveiller.
SYRAH, CORRALILLO, 2007, SAN ANTONIO, MATETIC VINEYARDS (27.90$): Ce vin est élaboré avec les lots jugés indignes de la Syrah, EQ. Tout ce que je peux dire, c'est que la différence est minime. Un peu moins de concentration, mais un profil aromatique très similaire. Une version un peu moins chère et juste un peu moins bonne. Remarquez. Je dis ça après avoir goûté les vins à étiquette découvertes. Un très bon vin dont je me contenterais facilement à la place du EQ.
Le dernier producteur de ma revue n'est pas le moindre puisqu'il s'agit de Vinedos Emiliana. Je me suis concentré sur les quatre vins plus haut de gamme offerts en dégustation. Les prix sont indicatifs, puisque que bien sûr, notre bonne SAQ n'offre pas les vins de ce producteur élite.
COYAM, 2007, COLCHAGUA, VINEDOS EMILIANA (30.75$): Comme mentionné dans mon premier message, ce vin fut mon favori de la dégustation, juste devant l'assemblage, Gran Reserva, 2006, de Chocalan. Il est intéressant de noter que ces deux vins sont des assemblages dans toute la force du terme, avec au moins six cépages dans le mélange, et aucun cépage majoritaire. Dans le cas de ce COYAM, voici un autre vin qui me conforte dans l'idée que la Syrah est LE cépage donnant les meilleurs résultats dans Colchagua. La syrah compte pour 38% dans l'assemblage de ce vin, complété par le Carmenère (21%), le Cabernet Sauvignon (21%), le Merlot (17%), le Petit Verdot (2%) et le Mourvèdre (1%). Ce vin est vraiment d'une qualité extraordinaire pouvant rivaliser avec ce que le Chili offre de mieux et à un prix plus que raisonnable. Un prix d'aubaine en fait. C'est un vin équilibré, riche, harmonieux et intense, avec une texture soyeuse. Le nez est envoûtant et complexe, et en bouche ça coule sans effort pour terminer sur une longue finale.
SYRAH/MOURVÈDRE, NOVAS WINEMAKER'S SELECTION, 2006, COLCHAGUA, VINEDOS EMILIANA (21.80$): Goûté avant le COYAM, c'était une belle entrée en matière, car le vin est dans le même style. Bien sûr, il n'est pas aussi complet que l'autre, pas aussi riche, mais quand même, le niveau qualitatif est très bon. Un autre vin que j'acheterais sans problème.
SYRAH, NOVAS WINEMAKER'S SELECTION, 2006, CASABLANCA, VINEDOS EMILIANA (21.80$): Ce vin de Casablanca, à côté de deux exemples de Colchagua, était un argument qui aurait pu convaincre n'importe quel dégustateur de bonne foi, que le terroir existe au Chili. Ce vin de Syrah montrait un profil très différent. Un profil similaire à celui des vins de Syrah de Matetic, avec des fruits rouges frais, des épices poivrées, et une note de verdeur. Le style est plus compact et évoque par plusieurs aspects des exemples du Rhône nord. Très beau vin.
CHARDONNAY/VIOGNIER/MARSANNE, NOVAS WINEMAKER'S SELECTION, 2007, CASABLANCA, VINEDOS EMILIANA (21.80$). Un vin à 65% Chardonnay de Casablanca, mais je pense que le Viognier et la Marsanne doivent provenir de Colchagua. Un peu comme dans le cas de l'assemblage blanc d'Anakena, on mélange les cépages et les terroirs. Le Chardonnay de climat frais apportant la fraîcheur et les saveurs de pommes, de pêches et de poires, alors que les cépages de climat plus chaud apportent des notes tropicales et un aspect floral. Ce type d'assemblage n'existe pas dans le contexte traditionnel européen, mais personnellement, je pense que c'est une très bonne idée qui donne des vins complexes et complets. Je pense qu'il s'agit d'une avenue que le Chili devrait développer encore plus, autant en blanc qu'en rouge, car ça fonctionne vraiment. Il faut goûter pour constater.
D'abord, Matetic Vineyards, installé dans la vallée de San Antonio. La SAQ n'offre que le Sauvignon Blanc, et l'agent m'a dit qu'à cause du processus très long pour faire accepter un vin par la SAQ, il lui a été jusqu'à maintenant impossible d'importer d'autres vins de ce producteur. Celui-ci ne fournit pas à la demande et refuse d'immobiliser des stocks pour six mois, le temps que la SAQ se décide. C'est bien dommage, car les vins sont d'une superbe qualité. Quatre vins de la première gamme EQ étaient offerts en dégustation, ainsi qu'un vin de la seconde gamme, Corralillo.
SAUVIGNON BLANC, EQ, 2008, SAN ANTONIO, MATETIC VINEYARDS (19.95$): Ce vin va suivre le 2007 sur les tablettes de la SAQ. Ce 2008 est dans le même style élégant, vif et minéral, avec un peu de pamplemousse que je n'avais pas remarqué dans le 2007. Belle concentration et très bonne longueur pour ce Sauvignon de fort calibre.
CHARDONNAY, EQ, 2007, SAN ANTONIO, MATETIC VINEYARDS (19.95$): Ce vin montre un bel équilibre, sur une acidité bien marquée et des saveurs fruitées de pêche et de mangues intenses . C'est un vin concentré et puissant qui est encore très jeune, mais qui montre un potentiel indéniable. Toutefois, je doute du prix indiqué de 19.95$. Le prix de ce vin doit plutôt se situer entre 25$ et 30$, ce qui en ferait tout de même un très bel achat.
PINOT NOIR, EQ, SAN ANTONIO, MATETIC VINEYARDS (34.75$): Ce vin offre un nez intense sur la cerise et la fraise, amalgamées à de doux arômes boisés de pâtisserie et d'épices douces. La bouche est concentrée et voluptueuse et offre un mélange intense et réussi entre le fruit rouge et un boisé séducteur. Très beau vin de très jeune Pinot. Devrait être encore meilleur dans deux ou trois ans. Qualité supérieure et prix parfaitement justifié.
SYRAH, EQ, 2007, SAN ANTONIO, MATETIC VINEYARDS (34.75$): Ce vin est tenu par plusieurs comme étant le meilleur vin de Syrah du Chili. Je ne suis pas du genre à penser qu'un vin puisse être déclaré LE meilleur. Toutefois, force est d'admettre qu'avec cette Syrah on est dans le très fort calibre. Le profil aromatique indique clairement que ce vin provient d'un climat frais. Au nez, le fruité est éclatant et vif, allié à d'agréables notes épicées et poivrées et complété par une légère touche de verdeur qui s'intègre bien à l'ensemble. La bouche est droite et concentrée, avec des saveurs de fruits rouges intenses et des notes boisées bien intégrées. Finale harmonieuse et longueur de niveau supérieur. Voici un chilien qui ne dormirait pas sur les tablettes de la Signature si notre monopole daignait se réveiller.
SYRAH, CORRALILLO, 2007, SAN ANTONIO, MATETIC VINEYARDS (27.90$): Ce vin est élaboré avec les lots jugés indignes de la Syrah, EQ. Tout ce que je peux dire, c'est que la différence est minime. Un peu moins de concentration, mais un profil aromatique très similaire. Une version un peu moins chère et juste un peu moins bonne. Remarquez. Je dis ça après avoir goûté les vins à étiquette découvertes. Un très bon vin dont je me contenterais facilement à la place du EQ.
Le dernier producteur de ma revue n'est pas le moindre puisqu'il s'agit de Vinedos Emiliana. Je me suis concentré sur les quatre vins plus haut de gamme offerts en dégustation. Les prix sont indicatifs, puisque que bien sûr, notre bonne SAQ n'offre pas les vins de ce producteur élite.
COYAM, 2007, COLCHAGUA, VINEDOS EMILIANA (30.75$): Comme mentionné dans mon premier message, ce vin fut mon favori de la dégustation, juste devant l'assemblage, Gran Reserva, 2006, de Chocalan. Il est intéressant de noter que ces deux vins sont des assemblages dans toute la force du terme, avec au moins six cépages dans le mélange, et aucun cépage majoritaire. Dans le cas de ce COYAM, voici un autre vin qui me conforte dans l'idée que la Syrah est LE cépage donnant les meilleurs résultats dans Colchagua. La syrah compte pour 38% dans l'assemblage de ce vin, complété par le Carmenère (21%), le Cabernet Sauvignon (21%), le Merlot (17%), le Petit Verdot (2%) et le Mourvèdre (1%). Ce vin est vraiment d'une qualité extraordinaire pouvant rivaliser avec ce que le Chili offre de mieux et à un prix plus que raisonnable. Un prix d'aubaine en fait. C'est un vin équilibré, riche, harmonieux et intense, avec une texture soyeuse. Le nez est envoûtant et complexe, et en bouche ça coule sans effort pour terminer sur une longue finale.
SYRAH/MOURVÈDRE, NOVAS WINEMAKER'S SELECTION, 2006, COLCHAGUA, VINEDOS EMILIANA (21.80$): Goûté avant le COYAM, c'était une belle entrée en matière, car le vin est dans le même style. Bien sûr, il n'est pas aussi complet que l'autre, pas aussi riche, mais quand même, le niveau qualitatif est très bon. Un autre vin que j'acheterais sans problème.
SYRAH, NOVAS WINEMAKER'S SELECTION, 2006, CASABLANCA, VINEDOS EMILIANA (21.80$): Ce vin de Casablanca, à côté de deux exemples de Colchagua, était un argument qui aurait pu convaincre n'importe quel dégustateur de bonne foi, que le terroir existe au Chili. Ce vin de Syrah montrait un profil très différent. Un profil similaire à celui des vins de Syrah de Matetic, avec des fruits rouges frais, des épices poivrées, et une note de verdeur. Le style est plus compact et évoque par plusieurs aspects des exemples du Rhône nord. Très beau vin.
CHARDONNAY/VIOGNIER/MARSANNE, NOVAS WINEMAKER'S SELECTION, 2007, CASABLANCA, VINEDOS EMILIANA (21.80$). Un vin à 65% Chardonnay de Casablanca, mais je pense que le Viognier et la Marsanne doivent provenir de Colchagua. Un peu comme dans le cas de l'assemblage blanc d'Anakena, on mélange les cépages et les terroirs. Le Chardonnay de climat frais apportant la fraîcheur et les saveurs de pommes, de pêches et de poires, alors que les cépages de climat plus chaud apportent des notes tropicales et un aspect floral. Ce type d'assemblage n'existe pas dans le contexte traditionnel européen, mais personnellement, je pense que c'est une très bonne idée qui donne des vins complexes et complets. Je pense qu'il s'agit d'une avenue que le Chili devrait développer encore plus, autant en blanc qu'en rouge, car ça fonctionne vraiment. Il faut goûter pour constater.
mercredi 7 octobre 2009
DÉGUSTATION: VINS DU CHILI (SUITE)
Suite des vins qui ont retenu mon attention à cette dégustation des vins du Chili
La maison Casa Silva est un très bon producteur qui a pris le virage qualitatif il y a une dizaine d'années, et les vins en dégustation étaient tous de belle qualité. Il était possible de faire la comparaison directe entre un Sauvignon Blanc de la chaude vallée de Colchagua, et un Sauvignon Blanc venant d'un tout nouveau vignoble établi sur la côte de Colchagua, à sept kilomètres du Pacifique.
SAUVIGNON BLANC, RESERVA, 2009, COLCHAGUA, CASA SILVA (14.95$): Un vin agréable, bien rond, légèrement onctueux, aux arômes de fruits tropicaux rappellant un peu le Viognier, et avec des arômes végétaux de Sauvignon en retrait.
SAUVIGNON BLANC, COOL COAST, 2009, COLCHAGUA COSTA, CASA SILVA (24.95$):
Premier millésime pour ce vin issu de vignes de trois ans d'âge. Le profil est totalement différent du Reserva, ci-haut. Le vin est marqué par une vive acidité, et dégage un mélange d'arômes de citron, de pamplemousse, d'herbe coupée et de poivron vert. Un vin dans un style proche des Sauvignons de San Antonio. Belle qualité pour un vin issu de si jeunes vignes, mais le prix indicatif n'est pas encore justifié. Néanmoins, un bel exemple de la direction que prennent les producteurs chiliens visant la qualité. L'an prochain, un Pinot Noir issu du même vignoble s'ajoutera.
http://www.winesofchile.org/woc-blog/casa-silva-launches-first-coastal-colchagua-wine/
QUINTA GENERACION, 2007, COLCHAGUA, CASA SILVA (29.95$): Ce vin est un assemblage à dominante de Cabernet Sauvignon et de Carmenère, complété par un peu de Syrah et de Petit Verdot. Très beau vin droit ert compact, montrant une bonne concentration de matière et une belle longueur. J'avais acheté le millésime 2004 de ce vin à la LCBO pour 19.95$. À ce prix, c'était un très bon RQP. À 29.95$, ce n'est pas de l'arnaque. Le vin vaut facilement ce prix, mais ce n'est plus une aubaine. Je vais garder un oeil à la LCBO, car le prix de 29.95$ est indicatif pour le Québec en IP. La LCBO offre des prix pas mal plus bas.
CARMENÈRE, GRAN RESERVA, LOS LINGUES, 2007, COLCHAGUA, CASA SILVA (19.95$): Un vin de Carmenère au fruité bien mature, à la texture crémeuse et au boisé agréable. De corps moyen, le vin montre un peu de ce caractère de poivrons rouges grillés, typiques des Carmenères récoltés à maturité. Beau vin pour le prix.
CARMENÈRE, MICROTERROIR DE LOS LINGUES, 2006, COLCHAGUA, CASA SILVA (49.95$): Ce vin est la version haut de gamme du cépage. Profil similaire au Gran Reserva décrit ci-haut, mais avec plus de concentration et de matière, un boisé plus appuyé et un peu plus sévère, et une allonge supérieure. Très beau vin qui démontre tout le potentiel qualitatif du cépage, mais à ce prix, on ne parle plus d'aubaine.
Pour en connaître plus sur le projet Microterroir de Casa Silva. Voici in lien vers un article intéressant du journaliste vinicole britannique Jaimie Goode.
http://www.wineanorak.com/chile/vinacasasilva_microterroir.htm
La maison Casa Silva est un très bon producteur qui a pris le virage qualitatif il y a une dizaine d'années, et les vins en dégustation étaient tous de belle qualité. Il était possible de faire la comparaison directe entre un Sauvignon Blanc de la chaude vallée de Colchagua, et un Sauvignon Blanc venant d'un tout nouveau vignoble établi sur la côte de Colchagua, à sept kilomètres du Pacifique.
SAUVIGNON BLANC, RESERVA, 2009, COLCHAGUA, CASA SILVA (14.95$): Un vin agréable, bien rond, légèrement onctueux, aux arômes de fruits tropicaux rappellant un peu le Viognier, et avec des arômes végétaux de Sauvignon en retrait.
SAUVIGNON BLANC, COOL COAST, 2009, COLCHAGUA COSTA, CASA SILVA (24.95$):
Premier millésime pour ce vin issu de vignes de trois ans d'âge. Le profil est totalement différent du Reserva, ci-haut. Le vin est marqué par une vive acidité, et dégage un mélange d'arômes de citron, de pamplemousse, d'herbe coupée et de poivron vert. Un vin dans un style proche des Sauvignons de San Antonio. Belle qualité pour un vin issu de si jeunes vignes, mais le prix indicatif n'est pas encore justifié. Néanmoins, un bel exemple de la direction que prennent les producteurs chiliens visant la qualité. L'an prochain, un Pinot Noir issu du même vignoble s'ajoutera.
http://www.winesofchile.org/woc-blog/casa-silva-launches-first-coastal-colchagua-wine/
QUINTA GENERACION, 2007, COLCHAGUA, CASA SILVA (29.95$): Ce vin est un assemblage à dominante de Cabernet Sauvignon et de Carmenère, complété par un peu de Syrah et de Petit Verdot. Très beau vin droit ert compact, montrant une bonne concentration de matière et une belle longueur. J'avais acheté le millésime 2004 de ce vin à la LCBO pour 19.95$. À ce prix, c'était un très bon RQP. À 29.95$, ce n'est pas de l'arnaque. Le vin vaut facilement ce prix, mais ce n'est plus une aubaine. Je vais garder un oeil à la LCBO, car le prix de 29.95$ est indicatif pour le Québec en IP. La LCBO offre des prix pas mal plus bas.
CARMENÈRE, GRAN RESERVA, LOS LINGUES, 2007, COLCHAGUA, CASA SILVA (19.95$): Un vin de Carmenère au fruité bien mature, à la texture crémeuse et au boisé agréable. De corps moyen, le vin montre un peu de ce caractère de poivrons rouges grillés, typiques des Carmenères récoltés à maturité. Beau vin pour le prix.
CARMENÈRE, MICROTERROIR DE LOS LINGUES, 2006, COLCHAGUA, CASA SILVA (49.95$): Ce vin est la version haut de gamme du cépage. Profil similaire au Gran Reserva décrit ci-haut, mais avec plus de concentration et de matière, un boisé plus appuyé et un peu plus sévère, et une allonge supérieure. Très beau vin qui démontre tout le potentiel qualitatif du cépage, mais à ce prix, on ne parle plus d'aubaine.
Pour en connaître plus sur le projet Microterroir de Casa Silva. Voici in lien vers un article intéressant du journaliste vinicole britannique Jaimie Goode.
http://www.wineanorak.com/chile/vinacasasilva_microterroir.htm
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