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mercredi 16 septembre 2015

SAUVIGNON BLANC, RESERVA, 2013, LIMARI, VINA TABALI



Tabali est un producteur dont j'ai maintes fois vanté les mérites sur ce blogue. Avec Vina Leyda et Falernia/Mayu, il s'agit d'un de mes producteurs chiliens favoris. Il offre des vins de qualité très relevée de l'entrée jusqu'au haut de gamme, et ce pour des prix toujours très favorables. Ce qui est intéressant avec Tabali, c'est que ce producteur ne s'est pas assis sur ses lauriers. L'esprit pionnier est demeuré, ce qui a mené au développement d'un nouveau vignoble unique au Chili. Ce vignoble côtier au climat très frais, nommé Talinay, est planté sur un sol à haute teneur en calcaire. Les commentaires sur les premiers vins issus de ce vignoble et de très jeunes vignes sont forts élogieux. Ce Sauvignon, Reserva a été élaboré avec 80% de fruits venant de Talinay et 20% issu d'un vignoble plus ancien et tempéré, situé plus à l'intérieur des terres. Avec un tel pourcentage de fruits de Talinay, il est logique de penser que ce vin peut donner une indication du potentiel de ce vignoble, même s'il s'agit d'un vin d'entrée de gamme.

La robe est d'une pâle teinte jaune aux reflet verdâtres. Le nez nous amène tout doit au bord d'un ruisseau avec ses arômes de roches mouillées et de verdure bien appuyés sur une solide base de citron-lime. À cela s'ajoute une touche de cassis et de fruits de la passion. Beau nez franc et frais possédant des arômes de qualité supérieure. La bouche quant à elle n'est vraiment pas pour les palais sensibles et les amateurs de sucreries. Le vin s'y montre simplement tranchant avec une acidité vive. Heureusement, il possède un très bon niveau de matière, ce qui permet d'absorber en partie la vivacité. Ceci dit, le style demeure très affûté avec le fruité citronné qui domine la palette de saveurs. Le milieu de bouche révèle un vin à la présence renversante. Wow! Les saveurs irradient, tout simplement, et les sens sont pleinement sollicités. Malgré cela et à cause de la grande qualité des saveurs, le vin demeure délicieux et relativement facile à boire, du moins pour quelqu'un comme moi qui apprécie l'acidité marquée qui ne compromet pas l'équilibre. La finale est logique avec un cran de plus dans l'intensité et un persistance aromatique absolument renversante.

On a eu droit à un article récemment dans La Presse où l'on traitait d'un certain nouveau Chili. Un Chili où l'on remet au goût du jour un patrimoine ancien et négligé. Un Chili où l'on vante les mérites du producteur artisan tout en le mettant en opposition avec les géants du monde vinicole chilien et avec le Chili vinicole moderne. Ce Sauvignon Blanc de Tabali pilonne à grand coups cette vision manichéenne des choses. Tabali est la propriété du groupe San Pedro Tarapaca, le deuxième producteur chilien, derrière Concha y Toro. Tabali est donc une composante d'un de ces géants, et ça ne l'empêche pas de produire des vins pionniers de très grande qualité. Pour moi, planter un vignoble comme celui de Talinay sur un type de sol rare au Chili et sous un climat côtier très frais, c'est vraiment ça le nouveau Chilil. Les vignes centenaires de cépages négligés qu'on redécouvre c'est le fait d'une nouvelle mentalité, mais sur le fond ça n'a rien de neuf. Au surplus, ça ne renierait pas un vignoble comme celui de Talinay, tout moderne soit-il. Si ce Sauvignon d'entrée de gamme est un indice valide du potentiel de ce vignoble, le moins que je puisse dire c'est qu'à terme, et dans le haut de gamme, les résultats seront impressionnants. D'ailleurs, si je me fie à Patricio Tapia du guide chilien Descorchados, la qualité du haut de gamme est déjà renversante. Il a octroyé 91 points à ce Reserva, mais 96 points et le titre de meilleur vin de Sauvignon du Chili à la cuvée haut de gamme du millésime 2013, issue à 100% du vignoble Talinay. Le millésime 2012 est disponible en importation privée par le biais de l'agence Sélections Oeno, tout comme le Chardonnay et le Pinot Noir issus du même vignoble. En conclusion, je dirais que le mot minéralité est souvent galvaudé en matière de vin, mais un nectar comme celui-ci permet d'en comprendre la réelle signification, même si le terme demeure inadéquat. J'ai acheté ce vin pour le prix absolument ridicule de 14.95$ à la LCBO..


samedi 23 mai 2015

SAUVIGNON BLANC, RESERVA, 2013, CASABLANCA, CASAS DEL BOSQUE




Après la Syrah de Casas del Bosque, pourquoi ne pas continuer avec leur Sauvignon Blanc Reserva? Ce vin est pour moi un classique chilien et un de mes vins favoris de consommation courante. Casas del Bosque est situé dans la partie ouest de la vallée de Casablanca. C'est la partie la plus proche de l'océan et donc, la plus fraîche. Ce vin est issu de trois clones du cépage et de deux types de sols. La vendange est mécanique et a lieu la nuit à des températures très basses ( entre 3 et 7° C), entre le 8 et le 22 avril. Le vinification inclut l'égrappage complet, le pressurage suivi d'une macération à froid pré-fermentaire de 64 heures en cuves d'inox, transfert du jus surnageant par gravité, pressurage de la suspension de peaux et de jus restante et séparation des fractions de basses et de hautes pressions. Tous les jus ainsi obtenus sont laissés au repos pour quatre jours à 10° C et ensuite inoculés avec des levures sélectionnées pour une fermentation alcoolique à très basses températures (aussi bas que 6.5° C au pic de fermentation). 93% du jus est fermenté en inox et 7% en barriques de chêne français de quatrième et cinquième usages. La fermentation en barriques atteint des températures beaucoup plus élevées (22° C). Après deux mois d'élevage sur lies, le vin en barriques est assemblé au gros du vin en inox et ensuite stabilisé à froid et embouteillé. Le vin titre à 13.5% d'alcool, pour un pH très modéré de 3.37 et est bien sec à 2 g/L de sucres résiduels.

La robe est jaune pâle avec des reflets verdâtres. Le nez à l'ouverture est exubérant avec de forts arômes de pamplemousse et de zeste de pamplemousse. Le tout se calme par la suite pour livrer un profil où le cassis, les fruits de la passion et le citron gagnent en importance. Il y a aussi un aspect floral très agréable qui vient agrémenter l'ensemble qui est complété par un léger trait végétal évoquant le bourgeon de cassis et le poivron vert. Beau nez de jeune Sauvignon, complexe et élégant, où l'aspect thiolé marque fortement le profil. En bouche on retrouve un vin équilibré et simplement délicieux. Les saveurs sont intenses et offrent un heureux mélange dominé par le fruité et complété par le végétal. L'acidité offre un bon tonus à l'ensemble, sans être tranchante, et le vin possède une touche de gras qui ajoute un aspect tactile bienvenu. Le niveau de concentration est bon et bien ajusté au style du vin qui ne vise pas à impressionner par l'excès. La finale conclut en beauté le parcours, toute en harmonie et avec une très bonne longueur.

Ce Sauvignon cadre parfaitement avec l'idée que je me fais du vin chilien de type Reserva, soit un vin axé sur l'aromatique, montrant une belle présence, un bon équilibre, mais qui évite toute forme d'excès. En fait, le seul excès de ce vin se présente dès l'ouverture alors qu'il offre un court festival du pamplemousse. Le caractère éphémère de la chose fait en sorte que ce n'est pas un problème, au contraire. Au-delà ce ça, le vin est un cas de figure pour qui veut comprendre le potentiel aromatique du Sauvignon Blanc. On a les thiols qui nous offrent les arômes de pamplemousse, de cassis, de bourgeon de cassis et de fruits de la passion. On a des terpènes qui apportent le caractère citronné et floral, puis des pyrazine pour le caractère végétal évoquant le poivron vert. Dans ce vin, ce cocktail est bien dosé, avec le fruité en mode majeur, alors que le floral et le végétal jouent les seconds violons. C'est très bien ainsi. Cette cuvée de Casas del Bosque est une de mes favorites pour les vins chiliens de ce cépage car elle offre le compromis idéal. Ainsi ce vin offre tout ce qu'on peut attendre d'un bon jeune vin de SB, sans chercher à en mettre plein la vue, et le tout pour un prix incroyablement abordable (13.95$ en Ontario). Le 2012 est toujours disponible au Québec à un prix plus élevé (17.60$), mais comme toujours à la SAQ il faut acheter lors des promos moins 10%, cela ramène le prix à 15.85$. L'écart demeure significatif, mais même à ce prix le vin demeure une véritable aubaine. J'écris cette note de dégustation après ma sixième de huit bouteilles. À boire jeune pour en tirer le maximum de plaisir. En espérant que ce vin apparaisse sur les tablettes de la SAQ, il n'a pas traîné sur celles de la LCBO. L'aubaine était telle que c'est facilement compréhensible.



jeudi 2 avril 2015

SAUVIGNON BLANC, OUTER LIMITS, 2013, ZAPALLAR, ACONCAGUA COSTA, VINA MONTES



Je poursuis, quand je le peux, mon exploration des nouveaux terroirs chiliens. Cette fois c'est avec un vin de la région de Zapallar située sur la côte du Pacifique, dans la région de l'Aconcagua Costa, quelques dizaines de kilomètres au nord des vignobles du pionnier de cette région, Errazuriz. Le vignoble de Montes est aussi plus proche de l'océan, à seulement 7 km de la côte. Le vin a été élaboré en inox avec élevage sur lies et est issu d'un millésime particulièrement frais. Le résultat est un vin qui titre à seulement 12.5% d'alcool, pour un pH de 3.22 et est bien sec à 2.54 g/L de sucres résiduels.

La robe est de teinte jaune pâle aux reflets verdâtres. Le nez est modéré tout en montrant un profil aromatique particulier qui évoque pour moi un assemblage improbable de Sauvignon Blanc et de Riesling. On détecte des arômes de citron, de fruits de la passion, de conifère, de roche mouillée et de poivron vert. Un beau nez difficile à bien décrire et qui se démarque des différents styles SB chiliens que je connais. La bouche montre aussi un profil particulier pour un vin de climat si frais. L'acidité n'y est pas aussi marquée que ce que l'on rencontre habituellement dans ce genre de vin. Le tout demeure bien vif, mais pas tranchant. Le vin montre aussi une certaine rondeur avec un léger gras qui contribue probablement à adoucir la perception de l'acidité. Le saveurs sont dominées par l'aspect citronné. L'ensemble est intense et avec un bon niveau de concentration. La finale est à l'avenant avec une très bonne persistance.

Vin irréprochable de Vina Montes qui offre aussi sa part d'originalité. Ceci dit, pour moi il lui manquait quelque chose pour être un vin impressionnant. Vous me direz que j'en demandais beaucoup à un vin payé 19.95$. C'est vrai, mais quand explore et qu'on touche à un vin d'un lieu inédit, il y a une part de soi qui demande à être impressionnée. Ce ne fût pas le cas ici, mais le vin n'en demeure pas moins à la hauteur au plan qualitatif, et il exprime clairement la fraîcheur du climat d'où il est issu. Au prix payé il constitue un bon achat, mais le Chili offre certains vins de ce cépage, du même niveau, pouvant être achetés pour quelques dollars de moins.


jeudi 5 mars 2015

SAUVIGNON BLANC, BOYA, 2013, LEYDA, VINA GARCES SILVA



Boya est une nouvelle marque de Vina Garces Silva qui produit aussi des vins sous la marque Amayna qu'on connaît au Québec. Le vin dont il est question ici provient d'un vignoble situé à 14 km de l'océan Pacifique, à 525 pieds d'altitude. Les vignes ont sept ans d'âge, la vendange est manuelle et la fermentation a lieu en inox. Le vin titre à 12.5% d'alcool pour un vif pH de 3.10.

La robe est d'un léger verdâtre bien clair. Le nez est modéré et dégage des arômes typiques de ce cépage lorsque cultivé sous un climat frais, citron, fruits de la passion et bord de ruisseau, complétés par une touche herbacée. La bouche est plus démonstrative avec des saveurs nerveuses et intenses où l'aspect citronné mène la charge. Le vin est de style élancé et vif, mais avec de la densité de matière et une certaine élégance. Le faible taux d'alcool se ressent par l'absence de ce léger caractère onctueux qu'on retrouve dans d'autres vins de ce cépage. Le milieu de bouche confirme l'aspect svelte et léger de ce nectar au niveau tactile, mais cela ne se fait pas au détriment de la concentration qui est bien focalisée. La résultante est un vin facile à boire, mais qui a en même temps une belle présence en bouche. La finale confirme le tout sur une allonge de très bon niveau.

Je reviens souvent avec le mot diversité pour parler du Chili vinicole actuel, et un vin comme celui-ci valide ce discours. Il offre un style distinctif et tout en fraîcheur avec son acidité soutenue, son faible taux d'alcool et ses saveurs tout de même intenses. Le contraste avec un autre vin de ce producteur, issu de la même région, est frappant. Ce vin est le Sauvignon Blanc de Amayna qui titre à 14.5% et offre du volume et de l'onctuosité dans un style à la limite de la lourdeur. Un vin que j'ai cessé d'acheter car je le trouvais excessif. Le moins que je puisse dire c'est que l'interprétation du terroir de Leyda qu'offre ce Boya me plaît beaucoup plus. Autre avantage comparatif, le Boya est vendu 14.95$ en Ontario, soit 3$ de moins la bouteille que l'Amayna. Cela en fait une superbe aubaine au rayon des vins de Sauvignon Blanc chiliens.


vendredi 18 avril 2014

FUMÉ BLANC, GRAN RESERVA, 2012, LEYDA, VINA CARMEN




Vina Carmen est un producteur établi au Chili depuis plus d'un siècle, si bien qu'avec le temps on en est venu à oublier le haut niveau qualitatif des vins qu'il produit. Il y a quelques années, Carmen a pris un virage terroir en sortant de la vallée de Maipo qui l'a vu naître. Bien sûr, les vins de Cabernet Sauvignon de la maison viennent toujours de l'Alto Maipo, le meilleur terroir au Chili pour ce cépage, mais les vins issus d'autres variétés proviennent maintenant de différents terroirs mieux adaptés. C'est le cas de ce vin de Sauvignon Blanc qui provient de la région fraîche de Leyda, sur la côte de l'océan Pacifique. Je n'ai pas trouvé de données à propos de millésime 2012, mais pour le 2011, un quart du vin avait été fermenté en barriques de chêne de deuxième usage et le reste en inox. Ce qui explique probablement pourquoi on le désigne comme Fumé Blanc. C'est un vin issu d'un vignoble unique situé à 14 km du Pacifique. La vendange est manuelle et le vin titre à 13% d'alcool.

La robe est de teinte jaune paille avec des légers reflets verdâtres. Le nez est moyennement expressif et exhale des arômes de lime, de fruits de la passion, de bourgeon de cassis, de zeste de pamplemousse et de poivron vert. Il y a aussi un trait floral et un aspect subtil rappelant le conifère, ce qui évoque une légère impression de Riesling. Nez agréable, complexe et bien dosé. En bouche, le vin offre une matière citrique dense et acérée. C'est un vin élancé et sec, marqué par une acidité affirmée et une touche d'amertume évoquant le zeste d'agrume. Oubliez le gras, la rondeur et le moelleux. On a ici affaire à un laser citronné, si bien que le vin ne semble pas très concentré en milieu de bouche, mais la finale montre une longueur incroyable pour un vin de prix si abordable.

J'ai acheté quatre bouteilles de ce vin aujourd'hui car il est actuellement en double promo (circulaire et moins 10%). À 11.65$ après rabais, le risque de déception était très faible, mais loin de me décevoir, ce vin m'a emballé par son profil épuré et sérieux. La qualité est formidable et c'est un RQP de haut vol. Si la bouteille était parée d'une étiquette plus renommée, on parlerait sans gêne de vin de gastronomie et on pourrait facilement doubler son prix. La réalité c'est que le vin vient du Chili et d'un gros producteur en plus. Ça n'a pas de quoi inspirer les amateurs en quête d'image bucoliques et qui aiment rêver terroir. Pourtant, ce vin est bel et bien un vin de terroir. Le climat frais de la région côtière de Leyda transparaît clairement dans son profil. Jamais une région plus chaude aurait pu donner un vin au profil aussi tranchant. En ce sens, ce n'est pas un vin consensus. Il faut vraiment aimer l'acidité marquée dans le vin pour l'apprécier à sa pleine valeur. Le mariage avec un plat approprié pourrait aussi aider à atténuer cet aspect pour ceux que ça dérange. Une température de service plus élevée contribue aussi à calmer ses ardeurs. Quoi qu'il en soit, si ce profil vous convient, il reste une journée pour profiter de cette aubaine formidable. Personnellement, je vais rajouter quelques bouteilles demain. Un vin de cette qualité offert à 11.65$, ça dépasse l'entendement, surtout qu'on aime bien dire que la SAQ n'offre plus de vins à prix très abordables. Dans ce cas-ci, vous avez le prix très abordable, mais une qualité qu'on retrouve habituellement dans des vins d'une gamme de prix plus élevée.


mardi 17 décembre 2013

SAUVIGNON BLANC, COOL COAST, 2012, PAREDONES, COLCHAGUA, VINA CASA SILVA



Désolé pour le peu d'activité sur ce blogue au cours du dernier mois. Voici un vin que j'ai eu le plaisir de découvrir un peu plus tôt cet automne.

Lors des trois dernières dégustations annuelles de "Vins du Chili", cette cuvée m'avait impressionné, et je regrettais qu'elle ne soit pas disponible à la SAQ. Cette année il n'y a pas eu de dégustation de "Vins du Chili", mais voilà que ce vin fait son apparition sur les tablettes de la SAQ. Il est issu d'un des nouveaux projets les plus intéressants du Chili au cours des dernières années. Il s'agit, à ma connaissance, du vignoble côtier le plus méridional du pays, donc potentiellement le plus frais. Toutefois, la distance avec la côte est un autre facteur influençant le niveau de fraîcheur, dans ce cas-ci, le vignoble est situé à 7 km de la côte du Pacifique. Plus au nord, dans San Antonio, on s'approche jusqu'à 4 km de l'océan. Toujours est-il que ce projet pionnier de Casa Silva change radicalement la définition de l'appellation Colchagua. La température au vignoble de Paredones n'excède pas 26°C les jours les plus chauds de l'été. Les vignes de sept ans d'âge ont été vendangées manuellement, cinq semaines après les vieilles vignes de Sauvignon Blanc de Casa Silva situées dans la partie intérieure de Colchagua. En fait, ce Sauvignon Blanc côtier est vendangé après le Cabernet Sauvignon de la partie intérieure de la vallée. Les raisins ont donc le temps de mûrir très lentement. Les vignes sont irriguées à partir des eaux de pluie captées dans des réservoirs pendant l'hiver. Le vin est élaboré en inox à partir des grappes entières et subit une longue fermentation alcoolique à basse température. Il titre à seulement 13% d'alcool, ce qui est très rare au Chili, même si depuis quelques millésimes les titres alcooliques sont généralement à la baisse.

La robe est de teinte jaune pâle avec des reflets verdâtres. Le nez est délicat et déploie un beau mélange aromatique basé sur les agrumes (citron, lime, pamplemousse, orange) et complété par un peu de fruit de la passion, de cassis, ainsi que par un aspect évoquant le bord de ruisseau et de subtiles notes florales. Il y a aussi une très légère touche de verdeur pour compléter le tableau. Superbe nez montrant le meilleur du cépage avec retenue et raffinement. La bouche est un fidèle reflet du nez, on y retrouve un vin jouant la carte de la délicatesse et de la subtilité. L'acidité est fine et les saveurs sont intenses et de superbe qualité, mais on ne tombe pas dans la surenchère. Même chose au niveau de la matière, le vin montre une bonne concentration et tout ce qu'il faut de présence, mais tout en préservant une certaine impression de légèreté. Un vin sans excès et sans lourdeur donc, et qui du coup est facile à boire. Chaque gorgée en appelle une autre tellement ça coule sans effort. La finale se veut le révélateur ultime confirmant l'équilibre irréprochable de ce délicat nectar à la très bonne persistance.

Que dire de ce vin, sinon qu'il arrive à faire rimer une version de climat frais et non boisée du cépage avec élégance et complexité. Il n'y a pas d'artifices ni d'excès dans ce vin, juste une expression subtile et bien équilibrée des caractéristiques variétales. Une pure expression du Sauvignon Blanc de climat frais qui sait éviter l'écueil de l'excès de verdeur. Casa Silva a réussi le tour de force d'obtenir des fruits bien mûrs au point de vue aromatique, mais qui avaient réussi à conserver un bon niveau d'acidité, et par conséquent un titre alcoolique modéré. Tous les éléments sont dans des proportions idéales pour donner un vin raffiné, modéré et très agréable à boire. Ce vin est selon moi un incontournable pour quiconque veut se faire une idée du potentiel du Sauvignon Blanc au Chili. À 20$, peu de vins blancs montrent autant d'élégance. Pour moi, ce vin est une aubaine incroyable, mais surtout, un superbe vin. Si vous essayez ce vin, tentez d'oublier les préjugés que vous pourriez avoir sur son origine et laissez lui une véritable chance. Parfois on reproche aux vins du Nouveau-Monde d'être trop démonstratifs, mais quand ils se risquent à jouer la carte de la retenue, ils ne sont pas toujours jugés sur la même base que les vins des grandes régions historiques. Il existe plusieurs très bons vins de SB au Chili, et il est clair pour moi que celui-ci compte parmi les meilleurs que j'ai pu goûter. Il en existe des plus concentrés, des plus démonstratifs, mais en terme d'équilibre global et de profil rassembleur, cette fraîche cuvée côtière est difficile à battre.



samedi 26 octobre 2013

SANCERRE, 2009, GÉRARD BOULAY




Surprise, surprise! Vous avez bien vu, un vin français sur ce blogue. Une fois n'est pas coutume. En fait, ce vin est un cadeau d'un ami que je soupçonne de vouloir me convaincre qu'il existe de bons vins hors de Chili! Je blague, bien sûr, car il sait que je le sais déjà. Ceci dit, j'aime bien sortir de mes habitudes et confronter mes préjugés, mais si je parle de ce vin ici, c'est parce qu'il est de belle qualité. Je n'ai pas de détails sur son élaboration. Le vin titre à 13.5% d'alcool et la bouteille était une demie (375 ml).

La robe est de teinte dorée assez intense. Le nez est discret et exhale des arômes de citron, de noix et de bord de ruisseau, amalgamés à de légères notes florale et un faible trait végétal évoquant le poivron vert. En bouche, le vin se rattrape avec une expression beaucoup plus intéressante. Les saveurs reflètent bien ce qui était perçu au nez, mais elles sont beaucoup plus intenses et bien soutenues par une belle acidité. Le milieu de bouche confirme la droiture et la bonne présence du vin qui ne manque pas de concentration. Une touche d'amertume évoquant la peau blanche de pamplemousse ajoute un brin d'austérité à l'ensemble. Il y a aussi toujours cette légère touche d'oxydation, mais à ce stade ce n'est pas un problème. La finale est harmonieuse, avec toujours les saveurs citronnées qui dominent sur une persistance de bon calibre.

Beau vin de profil sérieux et légèrement évolué. Par certains aspects, dont une légère pointe d'oxydation et le type d'acidité, il m'a fait pensé au Chardonnay, 2010, Clos des Fous dont j'ai parlé récemment. Je n'y ai détecté aucun arômes thiolés typiques du Sauvignon Blanc élaboré à l'abri de l'oxygène. En ce sens, il se démarque clairement du style plus charmeur auquel je suis habitué avec des vins de ce cépage. J'avais d'ailleurs une bouteille de SB, Garuma Vineyard, 2011, Vina Leyda d'ouverte en parallèle et il y avait un clair contraste stylistique entre les deux vins. Ceci n'est pas dit négativement, c'est une simple constatation. Il est clair pour moi que ce sont des choix humains qui distinguent ces deux styles, plus que la spécificité du terroir. J'ai déjà goûté des Sancerres qui sentaient et goûtaient le pamplemousse et le fruit de la passion, mais ces vins étaient sûrement élaborés en inox, sous gaz inerte, à l'abri de l'oxygène, ce qui ne semble pas être le cas pour ce vin de Boulay. C'est un style que j'apprécie toutefois, pour moi ça fait partie de la potentialité de styles qu'offre le Sauvignon Blanc. En conclusion, j'ai bien apprécié ce vin, mais la pointe d'oxydation que j'y ai perçue ne me le ferait pas garder plus qu'une année ou deux encore. Finalement, il y a le fameux facteur RQP qui pour moi est primordial. J'ignore le prix de ce vin, mais sous les 20$ pour une bouteille de 750 ml, ce serait pour moi un bon achat. Toutefois, comme je l'ai dit au début, dans ce cas-ci la vin m'a été donné gracieusement par un ami passionné, alors ça bat le meilleur RQP qu'on puisse imaginer! Merci!



jeudi 19 septembre 2013

SAUVIGNON BLANC, 20 BARRELS, 2012, CASABLANCA, VINA CONO SUR



Cono Sur est une filiale indépendante de Concha y Toro et un des meilleurs et plus versatiles producteurs de vins blancs au Chili. La gamme 20 Barrels représente l'énoncé qualitatif à prix abordable de ce producteur, un peu l'équivalent de la gamme Terrunyo pour la maison-mère. Ce qu'il y a de particulièrement intéressant avec ce vin, c'est qu'il est issu du vignoble le plus maritime du Chili. Bien que l'appellation soit Casablanca, on parle ici d'un Casablanca bien différent au niveau climatique. Le vignoble El Centinela, d'où est issu ce vin, est situé à l'extrême ouest de l'appellation, au-delà de la cordillère côtière, à seulement 2 km de l'océan Pacifique. Il est donc directement exposé aux vents et à la fraîcheur de l'océan. En ce sens, ce vignoble se compare plus à certains vignobles (Casa Marin, Malvilla) de la région de San Antonio, située juste un peu plus au sud et elle aussi directement exposée à la mer. Selon le producteur, ce vignoble est de loin le plus frais de l'appellation Casablanca. Cela se reflète dans le titre alcoolique modéré (12.5%) du vin.

La robe est de teinte jaune pâle aux reflets verdâtres. Au nez l'expression est modérée et on retrouve des arômes de lime, de fruits de la passion, de zeste de pamplemousse et de bord de ruisseau, complétés par juste une légère pointe de végétal pyrazinique. En bouche, le vin est surprenant de souplesse avec une matière riche et concentrée d'où émane un caractère fruité intense dominé par des notes acidulées d'agrumes et de fruits de la passion. Le milieu de bouche confirme le haut niveau de concentration du vin, la tendresse de l'acidité et le bon volume. Ces éléments donnent au vin une bonne présence, mais lui permettent aussi d'être facile à boire et de couler sans effort. La finale résume bien l'ensemble, avec un sursaut d'intensité et une très bonne longueur.

Ce vin m'a agréablement surpris, non pas par sa qualité, mais par son profil. Mes lectures préalables à propos du vignoble très frais me faisaient anticiper un vin à l'acidité tranchante et à l'aspect végétal bien présent. Finalement, c'est tout le contraire qui fut livré par cette bouteille. La clé de l'énigme semble être la nature du millésime 2012. Cette année ayant été plus chaude que la normale dans cette région du Chili. Cela s'est transposé d'une certaine façon dans le profil du vin. Ceci dit, ce vin n'a rien à voir avec un Sauvignon de la chaude vallée centrale. On peut reconnaître la nature fraîche du terroir dans le vin, les 12.5% d'alcool en témoignent, mais modulée par une année plus chaude. Au final ça donne un vin de profil plus modéré qui devrait avoir plus de chance de plaire à ceux qui n'aiment pas l'acidité mordante et le caractère végétal appuyé qu'on peut retrouver dans les vins de ce cépage issus de climats vraiment frais, d'années fraîches. Il est aussi à noter que le niveau de concentration et la longueur en bouche de ce nectar le placent clairement dans une catégorie supérieure. En ce sens, son prix de 24.20$ est pleinement justifié. Le vin n'est pas une aubaine fantastique comme c'est le cas de certains SB chiliens de prix plus abordables (Vina Leyda Garuma Vineyard, Casas del Bosque Reserva), mais c'est une façon somme toute peu coûteuse de goûter un des meilleurs vins chiliens de ce cépage sur un millésime charmeur.


dimanche 10 février 2013

SAUVIGNON BLANC, RESERVA, 2011, CASAS DEL BOSQUE



Ce vin est pour moi un incontournable. J'ai déjà commenté les millésimes 2008 et 2009 sur ce blogue. Avec le Garuma Vineyard de Vina Leyda, c'est mon Sauvignon Blanc favori en terme de RQP. Casa del Bosque est installé dans la partie la plus fraîche de Casablanca, à l'ouest de la vallée, voisin de Loma Larga, un autre de mes producteurs chiliens favoris. Ce vin est élaboré sous la gouverne de Grant Phelps, un néo-zélandais installé en permanence au Chili. Celui-ci œuvrait auparavant chez Viu Manent dans la chaude vallée de Colchagua, mais il a décidé de prendre le virage fraîcheur et minceur en déménageant chez Casas del Bosque. Je dis minceur car Casas del Bosque est ce qu'on appelle une "boutique winery" où l'accent est mis sur la qualité et non sur le volume, bien que les deux ne soient pas nécessairement incompatibles. Si vous voulez les détails de l'élaboration minutieuse de ce vin, référez-vous ici. Un élément de l'élaboration du vin a retenu mon attention, soit la vendange mécanisée de nuit à une température ambiante très basse, variant entre 4 et 8ºC. Comme la vinification débute par une macération à froid de 48 heures à 5ºC, le temps de refroidissement de la matière doit être raccourci de beaucoup. Normalement on associe la vendange mécanisée à des vins de qualité inférieure, mais dans un cas comme celui-ci, la rapidité et la basse température du procédé sont probablement des éléments plus importants. Surtout que le Sauvignon Blanc, de par son style fruité/végétal, est le cépage qui supporte le mieux la maturité hétérogène des raisins. Trêve de technicités, voyons ce que ça donne dans le verre.

La robe montre une pâle teinte verdâtre. Le nez est un peu discret, mais tout de même très agréable avec ses arômes de citron, de zeste pamplemousse, de melon et de fruit de la passion, complétés par de fraîches notes de bourgeon de cassis. Le fruité domine et l'aspect végétal vert que l'on retrouve dans beaucoup de vins de ce cépage est ici en mode très mineur. En bouche, le vin est plus dégourdi, et ce faisant, plus impressionnant. L'attaque est pleine et équilibrée et le vin déborde de riches saveurs fruitées auxquelles s'amalgame une amertume évoquant le zeste de pamplemousse. Le niveau de concentration est très bon, sur un bon volume, ce qui procure au vin une belle présence en bouche. La finale est harmonieuse, intense et d'une longueur de fort calibre.
Inutile de dire que j'ai beaucoup apprécié ce vin qui confirme tout le bien que je pensais déjà de cette cuvée. Celui-ci est à la fois rafraîchissant et consistant, mais par dessus tout il est simplement délicieux. C'est donc un vin qui donne beaucoup de plaisir en offrant une interprétation du Sauvignon axée d'abord et avant tout sur le fruit. Le millésime 2012 vient d'arriver en tablettes à la SAQ. Je ne lui ai pas encore goûté, mais il reste des bouteilles de ce 2011 dans le réseau. Casas del Bosque est un des producteurs élites du Chili et cette cuvée est sa carte de visite privilégiée, en ce sens que c'est le vin le plus largement distribué de ce producteur. C'est un vin de prix très abordable, fait sans artifices, et issu du cépage roi de Casablanca. Si vous voulez découvrir le Sauvignon Blanc du Chili, ce vin est un très bon point de départ. Il y a des vins plus chers et plus ambitieux, mais cette cuvée mise dans le mille en offrant l'essence du cépage et du lieu pour un prix formidable.

lundi 14 janvier 2013

SAUVIGNON BLANC, GARUMA VINEYARD, 2011, LEYDA, VINA LEYDA



S'il y a un producteur chilien dont j'aimerais mieux connaître les vins, c'est sûrement Vina Leyda car les trois vins de cette maison que j'ai eu la chance de goûter jusqu'ici m'ont beaucoup plu. Il s'agit d'un simple Chardonnay d'entrée de gamme non boisé, du délicieux Pinot Noir, Las Brisas, et du millésime 2006 de cette cuvée Garuma dont je vous parle aujourd'hui. J'aime cette page sur le site du producteur qui illustre joliment ses différents vignobles en coteaux avec les cépages qui y sont associés pour les cuvée "vignoble unique". Ça permet de voir les différentes expositions et inclinaisons de ces vignobles, ainsi que leur proximité par rapport à l'océan. Parmi ces vignobles, celui d'où est issu ce Sauvignon, est le plus proche et le plus exposé à l'influence de l'océan Pacifique. Ce qui en fait le plus frais de tous. Les raisins pour ce vin ont été vendangés manuellement, 30% dans le deuxième semaine de Mars, et le reste 12 jours plus tard. Le but étant de complexifier le vin par l'utilisation de raisins de maturité différentes. Le vin a été élaboré en inox à l'abri de l'oxygène, sauf pour 6% de la vendange qui a été fermentée en barriques usagées. Le vin titre à 13.5% d'alcool, pour un pH de 3.16, avec 1.5 gramme de sucres résiduels, ce qui en fait un vin très sec.

La robe est d'une pâle teinte verdâtre. Le nez est bien dégourdi et exhale des arômes de citron, de fruits de la passion et de zeste de pamplemousse, complétés par un léger trait végétal évoquant l'herbe fraîchement coupée. Très beau nez, frais et agréable, qui transpire la qualité. Cette impression se répercute en bouche où le vin se montre d'un équilibre impeccable, à la fois frais, dense et intense. Le vin a de la présence, une légère rondeur et un niveau de concentration appréciable. La finale conclut en beauté, avec un sursaut d'intensité et beaucoup de persistance.

Ce vin est un pur ravissement. Un modèle d'équilibre et de justesse qui en donne beaucoup, sans tomber dans l'excès. Ainsi, le vin demeure facile à boire et rafraîchissant, tout en donnant au dégustateur l'impression d'être dans un registre qualitatif supérieur. C'est une très belle expression de Sauvignon Blanc de climat frais axée sur les caractéristiques intrinsèque du cépage, sans influence boisée notable et sans effet oxydatif ayant pour effet d'atténuer les arômes variétaux. Ce vin, malgré son prix très abordable (17$), est régulièrement classé parmi les meilleures cuvée de Sauvignon Blanc du Chili. Pour en avoir goûter un grand nombre, je confirme le statut enviable de ce vin dans la hiérachie naissante des vins de Sauvignon Blanc chiliens. Un modèle d'équilibre. Vina Leyda, voilà un producteur qu'on devrait retrouver sur les tablettes de la SAQ. Un des meilleurs producteurs chiliens de vins de climat frais, et un producteur qui offre parmi les meilleurs RQP du pays sur l'ensemble de sa gamme de vins. Le Nouveau Chili à son meilleur.


jeudi 8 novembre 2012

SAUVIGNON BLANC, WAIRAU RESERVE, 2011, MARLBOROUGH, SAINT CLAIR FAMILY ESTATE





Sur ce blogue je parle surtout de vin chiliens car ce sont les vins que j'achète et déguste le plus souvent. Toutefois, plusieurs de ces vins ne se retrouvent jamais sur ce blogue parce que je ne parle ici que des vins que j'ai suffisamment aimé pour que j'aie envie de prendre le temps d'écrire à leur sujet. Ce qui est vrai pour les vins chiliens est aussi vrai pour les vins d'ailleurs dans l'hémisphère sud que je déguste. La seule exception à cette règle est lorsqu'un vin pique mon intérêt pour une raison autre que sa qualité ou son RQP favorable. C'est le cas de ce Wairau Reserve du réputé producteur néo-zélandais Saint Clair. J'ai décidé de m'offrir ce vin car selon mes lectures c'est un bon exemple de ce que la Nouvelle-Zélande peut faire de mieux, à prix assez raisonnable (27.65$), en terme de Sauvignon Blanc non boisé. J'ai dégusté pas mal de Sauvignon Blanc chiliens cet été, dont plusieurs vins qui me sont apparus des RQP de fort calibre. Alors j'avais envie de goûter à une référence crédible venant d'ailleurs pour ce style de vin. Cette cuvée Wairau Reserve est le haut de gamme chez Saint Clair pour les vins de Sauvignon Blanc. Les raisins proviennent des parcelles les plus proches de l'océan. Le vin est élaboré totalement en inox, avec pressage rapide pour minimiser le contact avec les peaux. Le jus clarifié est fermenté à basse température en utilisant plusieurs types de levures sélectionnées. Le vin titre à un très raisonnable 13% d'alcool pour un pH de 3.39, ce qui est plutôt élevé pour un blanc de ce genre. Voyons ce que ça donne dans le verre.

La robe verdâtre surprend par sa pâleur. Le nez aussi surprend par son aspect modéré. Ceci dit il est facile d'y détecter des arômes de fruits de la passion, de zeste de pamplemousse, complétés par un léger trait citronné et une touche végétale évoquant le poivron vert. En bouche, le vin se montre sous un jour généreux et gras pour un vin de ce cépage. Cela est en accord avec une acidité très modérée et des saveurs fruitées matures tirant sur l'aspect tropical. Le milieu de bouche permet de constater le bon niveau de concentration et le volume assez généreux du vin. Une impression d'onctuosité se dégage de l'ensemble, cela permet au vin de glisser sans effort vers une finale harmonieuse et de bonne persistance.

En matière de vin il est important de juger honnêtement la qualité au-delà du style. En ce sens, la qualité de ce vin est indéniable, mais personnellement ce n'est pas mon style favori. Comprenez-moi bien. C'est un très bon vin et je ne dédaigne pas ce style mature et rond une fois de temps en temps, mais je préfère le côté nerveux et ferme que peut offrir le Sauvignon Blanc. Ce vin plaira aux amateurs qui n'aiment pas le Sauvignon Blanc frais et vif, au fruité citrique marqué et à l'aspect végétal plus prononcé. Pour ce qui est du RQP du vin, dans un contexte de marché global, son prix de 27.65$ me semble justifié. Ceci dit, je ne peux m'empêcher de comparer avec mes joyaux chiliens de même niveau qualitatif vendus entre 14 et 20$. Dans ce contexte le vin m'apparaît assez cher. Ceci dit, je ne suis pas sûr d'être tombé sur le vin idéal pour mon exercice de comparaison.

mercredi 22 août 2012

SAUVIGNON BLANC, LAUREL VINEYARD, 2009, LO ABARCA, SAN ANTONIO, VINA CASA MARIN




Après le controversé 2005 qui évolue très bien, voici que j'ai pu mettre la patte sur un autre millésime de cette cuvée parcellaire. Avec la cuvée « Cipreses », ce vin a contribué à faire la réputation de Casa Marin depuis le premier millésime en 2003. Les premiers millésimes de ces vins pouvaient être déroutants pour l'amateur habitué à une esthétique européenne, mais depuis 2007 un tournant stylistique donne à ces vins un aspect plus civilisé. Les fruits entrant dans l'élaboration de ce vin sont vendangés manuellement. Le jus reste en contact avec les peaux pour une journée avant une fermentation à 14° C. Le vin est entièrement élaboré en inox. Il titre à 15% d'alcool pour un pH de 3.25.

La robe est de teinte légèrement verdâtre. Le nez est quelque peu retenu mais il est possible d'y détecter des arômes de lime et de fruits de la passion, complétés par un une légère touche végétale et un aspect évoquant pour moi la roche mouillée des ruisseaux à truite de mon enfance. En bouche, le vin montre un bel équilibre entre la fraîcheur et la rondeur. L'acidité y est bien présente, mais modérée par le gras et la matière généreuse du vin. C'est un vin consistant, avec du volume, qui déploie des saveurs fruitées de grande intensité mélangeant, comme au nez, citron, lime et fruits de la passion. Le milieu de bouche confirme la pleine présence de ce vin au niveau de concentration supérieur. La finale conclut en beauté et avec générosité sur une bonne persistance des saveurs.

Je suis un amateur des vins de Casa Marin. C'est à mon sens une maison admirable par son esprit pionnier et la qualité générale de ses vins. Mais je dois avouer que j'étais très dubitatif à propos de ce vin lorsqu'après l'achat j'ai constaté que son titre alcoolique affiché sur l'étiquette était de 15%. Sur le site web du producteur on mentionne plutôt 14%. Je redoutais donc un vin lourd et alcooleux à l'équilibre déficient. Heureusement, et à ma grande surprise, il n'en est rien. Ni au nez, ni en bouche l'alcool ne se fait sentir de façon négative. Toutefois, je pense que le haut taux d'alcool contribue à la rondeur quasi onctueuse de celui-ci et cela fonctionne admirablement en donnant un vin de Sauvignon au style distinctif. En terme qualitatif, ce vin est clairement d'un niveau supérieur qui justifie amplement son prix de 25$. Si on ajoute son style distinctif à l'équation, ce prix est encore plus justifié. Ceci dit, certaines maisons chiliennes qui n'ont pas encore la réputation de Casa Marin offrent des vins de Sauvignon Blanc de même niveau qualitatif à bien meilleur prix. Toutefois, ces vins montrent un style plus habituel pour ce cépage, plus nerveux et moins opulent que cette cuvée Laurel. C'est ce style plus nerveux que je préfère, mais un vin comme ce Laurel a sa place pour moi sur une base moins régulière.

vendredi 17 août 2012

SAUVIGNON BLANC, RESERVA, 2011, CASABLANCA, VINA SANTA RITA





Ceux qui me lisent avec une certaine régularité savent l'importance que j'accorde aux prédispositions mentales dans l'appréciation du vin. Ce Sauvignon Blanc de Santa Rita me semble un bon vin pour mettre au défi la capacité d'un dégustateur à rester indépendant d'esprit dans son jugement. D'abord, c'est un vin chilien de prix modeste (15.45$ au Québec et 13.95$ en Ontario). C'est aussi un vin de milieu de gamme chez un très gros producteur. Déjà il partirait avec trois prises contre lui pour plusieurs snobinards de la bouteille (origine, prix, taille du producteur). Mais la beauté de l'histoire, c'est que ce vin de pedigree somme toute modeste a récemment obtenu une ronflante note de 95+ de la revue britannique Decanter, tout en terminant premier d'une dégustation à l'aveugle de vins de Sauvignon Blanc chiliens menée par l'expert britannique en vins chiliens Peter Richards, battant au passage de nombreux vins plus chers et plus réputés. Ce résultat est rien de moins que surprenant et ne peut faire autrement que piquer la curiosité, à moins que ce ne soit soulever le scepticisme. Toujours est-il que la dégustation à étiquette découverte sera exigeante car si on se fie à Decanter ce vin n'est rien de moins qu'exceptionnel.

La robe arbore une teinte pâle et verdâtre typique des jeunes vins de ce cépage. Le nez évite l'exubérance et la retenue en exhalant franchement des arômes de fruits de la passion, de citron et de cassis auxquels s'entremêlent de légères notes végétales de feuillage et de poivron vert. Le profil me semble typique des bons vins de Sauvignon de Casablanca, avec ce côté citronné élégant. En bouche, le vin se démarque dès le départ par un très bel équilibre intégrant acidité et rondeur sur une matière aux saveurs éclatantes et intenses. Le milieu de bouche révèle un niveau élevé de concentration qui donne beaucoup de présence à l'ensemble. Une amertume évoquant le zeste d'agrume supporte très bien l'aspect fruité, alors qu'une juste dose de gras absorbe l'acidité pour produire une agréable sensation tactile qui permet au vin de couler sans effort. La finale condense l'essence de ce vin avec un sursaut d'intensité et une longueur de calibre supérieur.

Ma conclusion sur ce vin en décevra peut-être certains car elle n'est pas tranchée. J'ignore ce qu'est un vin se méritant une note de 95+, alors ne me demandez pas si Decanter a péché par excès d'enthousiasme. Ceci dit, les experts de la revue britannique sont loins d'avoir erré en donnant un classement favorable a ce vin, car celui-ci en donne clairement beaucoup plus que le prix qu'on en demande. Il a un équilibre, un niveau de concentration et une persistance qu'on associe généralement à des vins de catégories supérieures. Ce vin est donc une formidable aubaine. Pour ceux qui aiment détester par avance les vins à forts volumes et issus de grosses compagnies, ce vin est la preuve qu'il faut éviter les généralisations. Aussi, pour ceux qui aiment remettre en cause la valeur incontournable de la dégustation en pure aveugle, un vin comme celui-ci a la vertu de poser la question à l'envers. Franchement, j'ai dégusté plusieurs bouteilles de ce vin en toute connaissance de cause, mon appréciation de celui-ci fut assez similaire de fois en fois, mais au final je ne pourrais jurer que mon jugement n'a pas été altéré par l'éloge enthousiaste qu'a reçu ce vin de prix modeste. Je persiste à croire que seul un contexte favorable de dégustation en pure aveugle pourrait me donner l'heure juste. C'est vrai pour ce vin et c'est vrai pour tous les autres. À étiquette découverte, il faut rester très prudent et humble face à soi-même. Ce qu'on sait d'un vin, et la relation de ce savoir avec nos convictions personnelles, influence immanquablement notre jugement et il est impossible de départager tout ça soi-même par la suite. C'est pourquoi je ne note pas les vins que je déguste et c'est aussi ce pourquoi je demeure un partisan inébranlable de la dégustation à l'aveugle comme outil de contrôle.



jeudi 16 août 2012

Sauvignon Blanc: Le Chili pourrait déloger la Nouvelle-Zélande en pole position

Rassurez-vous, le titre de ce court article n'est pas un autre de mes élans d'enthousiasme pour se qui se passe actuellement dans le Chili vinicole. Non. C'est le constat qui sert d'introduction à un article intéressant du New Zeland Herald à propos de l'émergence du Chili en tant que producteur de Sauvignon Blanc de qualité. L'article n'est pas condescendant. Il est plutôt réaliste et illustre le fait que le Chili joue maintenant sur le même terrain que les Kiwis. On y mentionne même qu'il y a plus de variété stylistique au Chili pour les vins de Sauvignon Blanc de qualité. On y rapporte les propos de Felipe Marin qui est maintenant en charge de l'élaboration des vins chez Casa Marin à Lo Abarca, et ceux de l'expatrié néo-zélandais Grant Phelps qui œuvre avec brio comme œnologue en chef chez Casas del Bosque dans Casablanca, un des meilleurs producteur de Sauvignon Blanc du Chili. Un élément négligé par l'article est que le Chili, en plus d'offrir de la haute qualité et des variantes stylistiques, offre ses vins de Sauvignon à des prix imbattables.

jeudi 7 juin 2012

SAUVIGNON BLANC, CIPRESES VINEYARD, 2007, LO ABARCA, SAN ANTONIO, CASA MARIN


 


La cuvée Ciprese Vineyard, 2005, fut un de mes premiers contacts avec ce que j'appelle le nouveau Chili. Ce vin avait été une révélation pour moi et j'en avais acheté pas moins de 18 bouteilles, dont une douzaine pour en suivre l'évolution et le potentiel de garde. Il m'en reste aujourd'hui huit. C'est donc un vin dont j'ai suivi l'évolution de près. Il tient encore très bien la route et a évolué de belle façon tout en conservant avec l'âge son caractère baroque. Je n'aurai pas la chance de faire de même avec ce 2007, car je n'avais pu mettre la main que sur deux bouteilles. Celle-ci est la première que j'ouvre. J'ai bien hâte de voir ce que ça donne.

La robe est encore de teinte vert pâle, sans signe apparent d'évolution. Le nez est modéré et étonnant dans son expression. À l'aveugle j'aurais probablement misé sur un vin de Riesling plus que sur un Sauvignon Blanc. On y retrouve des notes légèrement citronnées et miellées, ainsi qu'un très bel aspect floral. Le point le plus surprenant est l'absence de notes végétales vertes typiques de ce cépage et surtout de cette cuvée. Beau nez agréable, mais quand même déroutant pour quelqu'un qui connaît très bien le millésime 2005 et qui s'attendait à retrouver un lien de parenté dans ce 2007. En bouche le vin montre un bel équilibre qui s'appuie sur un aspect citronné plus marqué qu'au niveau olfactif. L'acidité est bien présente, mais le temps semble en avoir un peu émoussé le tranchant, ce qui donne un vin plus facile à boire par lui-même. En milieu de bouche le vin est intense et bien concentré. Il affirme bien sa présence et l'aspect floral se marie bien au fruit pour donner une agréable sensation gustative. La finale montre un beau mariage des saveurs, avec une certaine rondeur et une allonge de haut calibre.

Pour parler un langage de chimiste, je dirais que cette cuvée est passée du mode pyrazinique en 2005 au mode terpénique en 2007. J'ai dégusté ce vin en relative jeunesse lors d'une dégustation thématique sur le Chili il y a deux ans et il m'avait alors semblé plus près du profil standard pour un Sauvignon Blanc de climat frais. Deux jours après la dégustation du 2007 j'ai ouvert une bouteille de 2005 pour comparer. Le contraste était frappant. Je sais qu'il y a deux ans de différence entre les deux vins, mais la robe du 2005 était beaucoup plus foncée. Il faut dire que le 2005 est embouteillé sous liège, alors que le 2007 est sous capsule à vis. Je ne sais pas si cette différence explique en partie le profil atypique du 2007. Je complète la rédaction de ce texte en terminant la bouteille de 2005, et je dois avouer que je suis un peu triste. Ce n'est pas que je préfère le 2005 au 2007 en terme de qualité, à ce niveau ils sont comparables, mais le 2005 est un vin tellement original que ça m'attriste de penser que ce style a été abandonné. C'est comme boire une espèce en voie de disparition. Bien sûr, on pourrait penser que cette différence n'est due qu'à une question de millésime, mais selon ce récent texte de Petrer Richards à propos de Casa Marin, un changement stylistique a été opéré à partir de 2007. Maria Luz Marin attribue ce changement à l'âge des vignes, mais je ne suis pas totalement convaincu par cette explication. Le changement est trop marqué pour s'expliquer par cet unique facteur. Je pense qu'il s'agit surtout d'une décision commerciale. En un sens cette décision de changer le style de ce vin est un peu compréhensible car le style sauvage du 2005 était loin de faire l'unanimité. On se souvient que la SAQ avait retiré ce vin de la vente, alléguant que celui-ci était défectueux, avant de changer d'idée plus tard, non sans avoir créer un froid durable avec le producteur. Ce fut d'ailleurs la première et dernière apparition des vins de Casa Marin sur les tablettes de la SAQ. C'est bien dommage. Malgré cela, j'avais réussi à me procurer deux bouteilles de ce 2007 et il est clair que si la qualité est toujours au rendez-vous, le style est plus rassembleur, même si moins original. Casa Marin est un producteur qui continue de m' intéresser et dont je vais continuer de rechercher les vins, en espérant les revoir un jour à la SAQ. La SAQ offre de plus en plus de vins chiliens intéressants, des vins venant de certains des meilleurs producteurs du pays. Ceci dit, il y encore bien des absences regrettables et Casa Marin est assurément une de celles-ci.


jeudi 5 avril 2012

SAUVIGNON BLANC, 2008, MARLBOROUGH, SERESIN ESTATE





Après le Sauvignon Blanc de Matetic et la Syrah de Casa Lapostolle, voici un autre vin élaboré par un producteur suivant les préceptes de la biodynamie. Ça peut sembler paradoxal pour moi de boire ce type de vin car je ne suis pas un adepte du culte. Ceci dit, je pense aussi que certains producteurs épris de qualité et qui sont déjà en culture biologique, même s'ils ne sont pas totalement convaincu par la chose, en particulier par ses éléments les plus ésotériques, décident de se convertir en biodynamie un peu par superstition. Ça me fait penser à ma mère qui cachait des médailles religieuses dans mon portefeuille et mes valises pour me protéger, en me disant pour se justifier, une fois découverte, que même si je n'y croyais pas, ça ne pouvait pas me faire de tort. La plupart des vignerons qui font le pas vers la biodynamie sont très méticuleux et pour moi c'est ce qui explique la qualité de plusieurs vins élaborés par ceux-ci. Seresin Estate est un domaine qui a été fondé au début des années 90 par Micheal Seresin, un neo-zélandais œuvrant en Europe comme directeur photo dans le monde du cinéma. Le premier millésime du domaine est 1996. Le domaine de 45 hectares est situé dans la vallée de Wairau, une sous-région de l'appellation Marlborough. Les raisins entrant dans l'élaboration de ce vin proviennent de trois vignobles différents et de six clones du cépage. Le vin contient aussi 6% de Sémillon. Le vinification a été effectuée en petits lots et 29 de ceux-ci se retrouvent dans l'assemblage final. Des levures indigènes ont été utilisées pour fermenter 40% de se qui se retrouve dans la bouteille, alors que 15% de l'ensemble a été élevé en barrique de chêne français. Le vin a été embouteillé sous capsule à vis et titre à 13.5% d'alcool.

La robe est de teinte jaune aux reflets verdâtres. Le nez s'ouvre sur un trait de zeste de pamplemousse qui se dissipe assez rapidement pour laisser la place à des notes fruitées d'agrumes et de melon, auxquelles s'entremêle un léger caractère végétal d'herbe coupée et de poivron vert, ainsi qu'une subtile touche florale. Beau nez qui évite l'écueil de la surexpressivité, probablement aidé en cela par le temps passé en bouteille. La bouche confirme avec assurance. Le vin s'y montre intense et concentré, toujours sans excès, et avec une belle présence en milieu de bouche et un bon volume pour un vin de ce cépage. La finale n'est pas en reste, avec un beau fondu de saveurs et une allonge de niveau supérieur.

Ce vin ne m'aura pas convaincu des effets magiques de la biodynamie, sceptique je suis et je reste, mais au moins il m'aura convaincu que Seresin est un producteur à surveiller. Ce vin est très bon et se démarque du prototype néo-zélandais marqué par des arômes insistants de pamplemousse. Au prix payé de 21.95$, il s'agit d'un bon RQP. J'avais déjà goûté un Gewurztraminer de ce producteur que j'avais trouvé un peu moins convaincant que ce Sauvignon Blanc. Je poursuivrai mon exploration bientôt avec un Chardonnay de ce producteur que j'ai en réserve. À suivre.



mardi 6 mars 2012

SAUVIGNON BLANC, EQ, 2010, SAN ANTONIO, VINA MATETIC




Matetic est un des leaders de ce que j'appelle le Nouveau-Chili. C'est un producteur de petite taille, selon les standards chiliens, qui mise sur des vins de climat frais élaborés en respectant les préceptes de la biodynamie. Personnellement, je préfère y voir des vins biologiques auxquels ont a apporté beaucoup de soin dans le processus d'élaboration. Ce vin est issu du clone 242 cultivé sur quatre parcelles distinctes présentant des exposition différentes. Dans le but de donner un peu plus de corps et de complexifier l'ensemble, 14% du vin a été fermenté en barriques de chêne français de second usage, le reste ne voyant que l'inox. Un élevage de sept mois avec bâtonnage périodique des lies fines a eu lieu, tant en barrique qu'en cuve d'inox, dans le but de donner un peu plus de volume au vin. Celui-ci titre à 13.5% d'alcool, pour un pH très faible de 3.06. Le vin est aussi très sec avec seulement 1.36 g/L de sucres résiduels.

La robe est d'une teinte verdâtre très pâle. Le nez est plutôt timide pour un jeune vin de ce cépage. Il est tout de même possible d'y déceler des arômes de citron, de zeste de pamplemousse, de melon, complétés par une légère touche florale et un léger aspect végétal évoquant l'herbe fraîchement coupée. Je n'ai pas décelé d'aspect boisé. En bouche, le vin est bien affûté, l'acidité y est tranchante et donne beaucoup de vivacité au fruité citronné. C'est donc un vin à la structure droite et très ferme qui montre de l'élégance par son caractère épuré. Le milieu de bouche permet de mieux jauger la matière de ce vin qui se révèle d'un bon niveau, marquée par la densité et la tension. Le vin est rafraîchissant et relativement facile à boire, compte tenu de son style. La finale ne déçoit pas, alliant intensité fruitée et fraîcheur acidulée, le tout sur une belle allonge des saveurs.

Ce vin est un superbe exemple de ce que le Chili peut maintenant faire avec ce cépage, mais il faut apprécier l'acidité marquée pour en tirer tout le plaisir possible. Pour les palais plus sensibles, ou qui ne seraient pas encore rompus à ce style trempé, il est clair que de le boire sur un plat approprié pourrait le faire paraître plus souple. Je dis ça un peu à reculons, car trop souvent selon moi on justifie des vins de qualité douteuse en recommandant de les prendre avec de la nourriture. Dans ce cas-ci, je pense que la qualité est indéniable et le vin délectable par lui-même, mais je conçois que le style demande à être apprivoisé. Pour ce qui est du contexte par rapport à ce vin, il est clair que Matetic a décidé de prendre un tournant stylistique majeur avec cette cuvée en optant pour moins de maturité et plus de fraîcheur. Ce virage a été pris avec le millésime 2009, que j'ai raté, et se poursuit avec ce 2010. Le vin titre à un plein degré  d'alcool de moins que les deux millésimes précédents que j'avais goûtés et achetés, soient les 2007 et 2008, qui tous deux titraient à 14.5% d'alcool. J'appréciais le style plus rond et plus tropical au niveau du fruit des millésimes sus-mentionnés, et il m'est difficile de dire si je préfère le nouveau style. C'est comparer deux choses différentes qui ont un charme qui leur est propre.


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dimanche 7 août 2011

SAUVIGNON BLANC, RESREVA, 2009, CASABLANCA, CASAS DEL BOSQUE




Après un mois sans vin au printemps, et une résolution de boire moins à l'avenir. C'est un été très tranquille en ce qui me concerne côté vin. Il faut dire que la chaleur ne m'incite pas tellement à boire. En ce sens, une des rares bouteilles ouvertes fut ce Sauvignon Blanc de Casas del Bosque. J'avais fort apprécié le millésime 2008 de ce vin. Casas del Bosque est situé dans la partie ouest de la vallée de Casablanca. Cette zone est plus fraîche car plus proche de l'océan Pacifique. Ce monocépage est un assemblage composé de trois clones (78% clone 1, 16% clone 107 et 6% clone 242) provenant de trois types de sols différents (82% argileux, 15% sablonneux et 3% volcanique). Le rendement des vignes est très modéré pour un vin de ce prix à environ 35 hl/ha. Le vin est vinifié en inox avec des températures de fermentation basses. Il titre à 12.4% d'alcool pour un pH de 3.24 et 2.8 g de sucres résiduels.

Le nez est plutôt intense à l'ouverture avec des arômes de pamplemousse à l'avant-plan. Le tout se calme par la suite et c'est alors le citron qui occupe le premier rôle, complété par des notes de zeste d'agrumes, d'herbe coupée et de bord de rivière à truite. En bouche, l'attaque est vive et déploie un fruité citronné intense mâtiné de légères notes végétales. Le milieu de bouche se révèle sous le signe de la fraîcheur et de l'équilibre, avec une matière concentrée et de bon volume. La finale garde le cap sur l'intensité des saveurs et montre une superbe persistance.

Ce millésime 2009 confirme avec brio la qualité de cette cuvée. Après seulement deux millésimes goûtés, je me rend compte que l'excellente réputation de ce Reserva de Casas del Bosque n'est pas surfaite. Il se classe assurément parmi mes vins de Sauvignon Blanc chiliens préférés et représente probablement le meilleur RQP parmi ceux que j'ai pu goûter. Il faut ce rappeler que ce vin constitue l'entrée de gamme de ce producteur, qui produit aussi un Gran Reserva et une cuvée supérieure en faibles volumes appelée « Pequenas Producciones ». Le millésime 2010 de la cuvée Reserva vient d'arriver sur les tablettes de la SAQ. J'ai d'ailleurs profité de la récente promo pour m'en procurer quelques bouteilles à 10% de rabais. Ça me permettra de voir si l'adage « jamais deux sans trois » se confirme.


lundi 4 juillet 2011

SAUVIGNON BLANC, 2010, LEYDA, AMARAL




Si vous connaissez et aimez des rouges chiliens comme Ninquén, Intriga ou Quattro de MontGras, et bien Amaral fait partie de la même famille de vins regroupés sous le chapeau de MontGras Properties. Il est fini le temps au Chili où l'on cultivait tous les cépages, blancs ou rouges, au même endroit. Le virage terroir est bien enclenché et la création d'une unité de terroir frais comme Amaral est un geste logique dans cette direction pour les producteurs comme MontGras qui étaient déjà basés dans la chaude vallée centrale. Ce vin est issu de vignes de 5 ans d'âge, plantées sur un sol granitique et alluvial, à seulement 12 km du Pacifique. Les raisins ont été vendangés manuellement à différents moments entre le 11 et 25 mars. L'élaboration a eu lieu entièrement en cuves d'inox. Le titre alcoolique est de 14.5% pour un pH de 3.15.

La robe est de teinte vert pâle. Le nez est modéré et exhale des arômes de citron, de melon et de bord de rivière (roche mouillée), ainsi qu'un très léger caractère végétal et de fines notes florales. Beau nez civilisé montrant une belle variété d'arômes. La bouche est plutôt ronde pour un vin de ce cépage, avec des saveurs riches qui tapissent bien le palais. Une bonne dose d'acidité est présente, mais peut-être à cause de la rondeur déjà évoquée, elle n'a pas le caractère tranchant que l'on rencontre parfois avec le Sauvignon Blanc de climat frais. Le milieu de bouche permet de confirmer la qualité de la matière offerte, bien équilibrée, avec du volume et un bon niveau de concentration. La finale est harmonieuse, avec une pointe d'amertume qui fait son apparition et une persistance de bon calibre.

Un des plaisirs de bien connaître les vins d'une région est de pouvoir y distinguer les styles possibles. Bien sûr le terroir est un élément incontournable de la donne, mais les décisions humaines contribuent aussi fortement à déterminer le style. Dans ce cas-ci, il est clair que l'on a pris le parti d'un style au fruité plus mature, ce qui implique acidité et caractère végétal moins marqués, ainsi que plus de gras et de volume en bouche. En ce sens, ce Sauvignon Blanc, Amaral, rejoint le style préconisé dans la même région de Leyda par Amayna. Toutefois, au contraire d'Amayna, du moins dans le millésime 2008 disponible à la SAQ, qui dépasse un peu la limite, pour cet Amaral on su ne pas pousser trop loin la recherche de maturité et ainsi préserver fraîcheur et équilibre. Au final on obtient un vin réussi, offrant un profil distinctif, et dont le prix (16.95$) est très attrayant en regard de la haute qualité offerte. Un bel ajout à la gamme de vins chiliens de la SAQ.


mardi 10 mai 2011

SAUVIGNON BLANC, NATURA, 2009, CASABLANCA, EMILIANA



J’ai parlé à quelques reprises de ce producteur sur ce blogue. Il s’agit du pionnier chilien en matière de vins biologiques et biodynamiques. Les deux premiers vins certifiés biodynamiques au Chili par DEMETER, les cuvées Ge et Coyam, trônent au somment de la gamme offerte par Emiliana. Pour sa part cette cuvée de Sauvignon Blanc Natura est certifiée biologique IMO Suisse et ne contient que 21 mg/litre de souffre libre.

La robe est de teinte jaune pâle aux légers reflets verdâtres. Le nez est très typique du cépage avec des arômes de citron et de zeste de pamplemousse, amalgamés à des notes végétales d’herbe coupée et de poivron vert. Un léger aspect de roche mouillée vient compléter cet ensemble relativement simple, mais franc et de belle qualité. En bouche, le vin est marqué par une bonne dose d’acidité qui apporte de la tension à un fruité citronné intense. En milieu de bouche, l’aspect végétal ressort avec plus d’acuité pour former un heureux mélange avec le fruit acidulé. La matière est assez dense, avec quand même du volume et un bon niveau de concentration. Le vin a de la présence et remplit bien la bouche. La finale montre un sursaut d’intensité citronnée et surprend par sa longueur.

Voici un bel exemple permettant de comprendre pourquoi le Chili est maintenant une force dans le domaine des vins de Sauvignon Blanc. Avec son profil frais et vif axé sur le citron, et sans présence végétale trop importante. Ce vin correspond à l’idée que je me fais de l’expression de ce cépage dans la vallée de Casablanca. Au prix payé de 15.95$, il est très compétitif parmi les meilleurs exemples chiliens dans cette gamme de prix, et représente évidement une réelle aubaine dans le contexte de l’offre mondiale de vins de ce cépage. En terminant, à chaque fois que je déguste un vin bio, je tente d’y percevoir quelque chose de distinctif, une saveur clairement bio, mais en vain. À l’aveugle, jamais je n’aurais pu identifier ce vin comme bio, ou comme un vin montrant une faible concentration de sulfites. Ceci dit, il est très bon et je suis un partisan des vertus écologiques de l’approche biologique. Le risque d’ingérer des résidus de pesticides est aussi moindre. Mais en terme de qualité dans le verre, l’aspect bio ne me semble pas déterminant.


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